Alors, EURO ? Panini SLip.


Euro 2000


- DAVID ONZETRYST -

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Il ne fallait pas l'énerver, David, on le savait depuis longtemps. Mais lorsqu'au terme de la partie, les deux équipes étaient encore à égalité, le défenseur adverse lui susurra quelques mots doux au sujet de sa mère (ou sa sœur, on n'est pas sur), cela réveilla son appétit de buts et d'un simple coup de patte, il réduisit le malotru à néant.
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By SLip.
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Alors, EURO ? Espagne 1984.


ESPAGNE - EURO 84 -
Roumanie-ESPAGNE.
- 14/6/84 -
Debout: Arconada, Maceda, Goicoechea, Urquiaga, Gordillo, Camacho.
Accroupis: Carrasco, Señor, Santillana, Victor Muñoz, Gallego.

Alors, EURO ? Le dico argot-euro-foot du professeur Migeon.


Le professeur Gérard Migeon, flying goalkeeper à moustache et maître du tableau noir, décrypte les expressions du football dans sa chronique régulière sur le Vintage Football Club. A l'occasion de l'Euro, « La Mige » s'est mis à l'heure du tournoi spécialement pour toi et s'est plié en quatre pour sortir du grenier son vieux dico argot-foot. Histoire de trouver la définition adéquate sur les gestes et la technique de ses pairs. A travers l'histoire du championnat d'Europe des Nations, un fait de jeu a retenu son attention avant de rentrer dans le langage commun de ceux qui suivent de près ou de loin le football. Normal, celui-ci a fait le tour du monde et rendu son auteur aussi célèbre que la Vénus de Milo, la tour Eiffel, la main de Vata ou de Dieu, au choix. Attention, Gégé n'est pas tendre avec les Espagnols, victime de sa gouaille de banlieusard et du syndrome de la Tourette aussi quelque part.

FAIRE UNE ARCONADA:
Faire une toile. Synonymes: faire une boulette, une tuile, une cagade. Par extension: Se manger les couilles, être à la rue, se chier sur les crampons, la lose, se pisser dessus, quel connard, etc...
  • « A Glasgow, les poteaux étaient carrés. En finale de l'Euro 84, la balle était ronde. Etonnant, non ? » (La minute nécessaire de Mr Cyclopède).
  • « Quel Arconada ce Platoche ». (Luis Miguel Arconada qui mélange les syllabes en conférence de presse sous le poids de l'émotion).
  • « Le pire, c'est que je n'étais même pas chargé comme une mule. Heu, bourré comme un coing, pardon ». (Toujours Arconada qui a du mal à supporter le poids de sa nouvelle notoriété).
  • « Les critiques des journalistes ? Ça glisse sur moi comme un ballon tiré en feuille morte ». (Arconada, enfin, pour tirer un trait définitif sur cette histoire).
Le cas en image.
« Alors, Arconada comme tu veux ou bien ? »
- Luis Miguel Arconada joue à la baballe -

Alors, EURO ? Yougoslavie 1984.


YOUGOSLAVIE - EURO 84 -
Belgique-YOUGOSLAVIE.
- 13/6/84 -
De gauche à droite: Zajec, Simović, Hadžibegić, Nenad Stojković, Sušić, Halilović, Zlatko Vujović, Šestić, Gudelj, Baždarević, Katanec.

Alors, EURO ? Todor Veselinović nique la mort.

Les exploits sportifs peuvent avoir parfois des conséquences désastreuses sur la santé. Surtout quand on est la victime directe des coups de génie de l'adversaire. C'est du moins ce que pense Todor Veselinović aujourd'hui, lequel profite d'une retraite paisible et bien méritée chez lui en Serbie, à 80 ans passés, après avoir vu sa dernière heure arriver en compétition officielle alors qu'il dirige la sélection yougoslave pendant l'Euro 84 en France.

Né un 22 octobre à Novi Sad, Todor Veselinović, que ses amis surnomment « Toza » avec tendresse, a vécu une carrière de footballeur bien remplie à la pointe de l'attaque du FK Vojvodina et de l'équipe nationale de Yougoslavie. Quatre titres de meilleur buteur du championnat (1956, 57, 58 et 61) - il est toujours le meilleur scoreur de l'histoire du club - et quelques 37 sélections internationales durant lesquelles il plante 28 buts (de 1953 à 61), « Toza » est une fine gâchette. Un buteur-né qui brille par son sens de la finition de l'autre côté du rideau de fer et lors des coupes du Monde auxquelles il participe (1954 et 58) avant se s'expatrier à l'Ouest vers la trentaine. En Italie (Sampdoria), l'Autriche ensuite (First Vienna) et la Belgique (Union St-Gilloise) puis un retour en Autriche à Klagenfurt où il termine sa carrière en qualité d'entraîneur-joueur à la fin des sixties. Une reconversion presque normale pour l'ex-international qui le pousse à voyager à travers le Monde, en Colombie (Indepediente Santa Fé, de 1969 à 71) et en Grèce (Olympiakos, de 1977 à 80) notamment, ou faire partager son expérience à son club formateur (entre 1974 et 77) avant de prendre en main le destin de la sélection yougoslave après le mundial espagnol (1982). Une expérience au niveau international - pas une première pour lui puisqu'il dirige la Colombie pendant une année (1972-73) - débutée sur de bonnes bases. La Yougoslavie, à la lutte dans son groupe avec le Pays de Galles, se qualifie en effet pour l'Euro 84. Une compétition qui sent un peu le sapin pour une génération dorée (Sušić, Katanec, Zlatko Vujović, Nenad et le jeune Dragan Stojković,...) et son entraîneur. Battue logiquement par la Belgique (0-2), corrigée par le Danemark (0-5), la Yougoslavie termine son tournoi face à la France à St-Etienne. C'est le retour de Platoche dans le « Chaudron ». Un rendez-vous à ne pas manquer pour le capitaine des Bleus. L'ancien Vert ne rate pas l'occasion de se mettre (encore une fois) en évidence.

L'équipe de France menée à la mi-temps, Platini s'offre un triplé (son deuxième après la Belgique) dès la reprise et fait chavirer Geoffroy-Guichard de bonheur, qui ne se doute pas du drame qui se joue sur la pelouse. Sur son banc, miné par une nouvelle défaite des siens et l'exploit du bianconero, Todor Veselinović vire au pâle, victime d'une attaque cardiaque. Pris en charge par les médecins, le coach yougoslave est évacué du terrain sur une civière, les yeux révulsés, et n'assiste pas à la fin de la rencontre. C'est une autre partie qui commence pour lui, entre le pré et la grande prairie. Avec un dénouement heureux pour le sélectionneur qui quitte son poste à sa sortie de l'hôpital avant de reprendre du service en Turquie quelques semaines plus tard aux commandes de Fenerbahçe SK. « Toza » remporte même le titre de champion dès la fin de sa première saison (1984-85) avec le club stambouliote. La bête a repris du poil après avoir tutoyé la mort. Et Todor de se sentir fort comme un Turc depuis cet épisode à ranger du côté des mauvais souvenirs, attendant tranquillement son heure. Celle qu'il aura choisi...

Alors, EURO ? Comme une Panenka dans les filets.

Andrea Pirlo vient d'en réaliser une superbe lors du récent ¼ de finale de l'Euro 2012 entre l'Italie et l'Angleterre, et fait s'égosiller Denis Balbir qui en a presque avalé son micro pour le coup : « C'est une Pa-nen-ka de l'Italien. Oh la la, quel joueur ». Un geste qui a permis d'ajouter un peu plus de dramatique à une rencontre qui n'en manquait pas et de mettre en lumière le bagage technique du milieu de terrain azzurri, célébré en tribune de presse pour sa bravoure, sa vista et sa classe naturelle. L'occasion pour les journalistes présents de sortir leur science du football et donner dans le sens de la formule, puisée dans les pages jaunies du dictionnaire du football. Au même titre que la « Madjer » de Rabah ou les « Papinades » de Pa-p1, la « Panenka » tire son nom de son auteur Antonin Panenka, l'international tchécoslovaque qui invente une figure lors de la finale de l'Euro 76. Une prouesse technique qui consiste à humilier le gardien adverse en délivrant une feuille morte au centre du but lors d'un coup de pied de réparation. Coup de génie ou coup de bluff ? La « Panenka » symbolise aujourd'hui le beau geste, signe d'une parfaite maîtrise du ballon, et chaque tentative réussie est une forme d'hommage à celui qui l'inspira quelques années auparavant.

Le joueur tchécoslovaque n'est pas d'un caractère intuitif. Seul au point de pénalty face au meilleur gardien du Monde à l'époque, l'Allemand Sepp Maïer, Antonin Panenka s'élance vers le ballon avec une idée en tête : la mettre au fond. D'autant plus qu'il est le dernier tireur de la série. Comment ? De quelle manière ? Pas à l'instinct ni à l'inspiration du moment contrairement à ce que les images laissent paraître. Antonin Panenka avait préparé son coup depuis belle lurette, attendant l'occasion opportune pour réaliser son geste pas si dément, comme il l'explique en se frisant la moustache.

« Personne n'avait tiré un pénalty de la sorte auparavant. J'ai trouvé cette idée parce que j'avais pris l'habitude de faire quelques séances en compagnie de Zdenek Hruska, le gardien des Bohemians, après l'entraînement »
Comme Platini et Moutier pour l'exercice du coup-franc à Nancy, Antonin révise ses gammes aux tirs au but dans son club de Prague avec un sparring-partner conciliant. Un bon copain qui prend son mal en patience devant la ténacité du milieu praguois, et attend la récompense à la fin des heures supplémentaires : « Pour rendre notre exercice intéressant, on pariait sur une bière ou une barre de chocolat à chaque pénalty. Malheureusement, comme il était un très bon gardien, j'ai perdu beaucoup d'argent parce qu'il en arrêtait plus que je n'en marquais. J'ai passé des nuits entières à réfléchir sur la meilleure manière de le tromper. J'ai alors réalisé que le gardien de but attendait jusqu'au dernier moment pour anticiper la trajectoire du ballon, et choisir un côté. De là, j'ai pensé qu'il serait plus simple de marquer en faisant une feinte, de taper doucement dans le ballon et viser le milieu du but. Le goal ayant choisi de plonger d'un côté ou un autre, il lui serait difficile de revenir au centre des cages. J'ai essayé cette méthode sur les terrains d'entraînement, et ça a fonctionné comme un charme. C'est devenu d'ailleurs un vrai problème par la suite car j'ai commencé à grossir à force de gagner des bières et du chocolat ». Antonin Panenka a le sens de l'humour avant de passer aux choses sérieuses et à la réalité de la compétition. De la théorie à la pratique, il n'y a qu'un pas d'élan que le milieu des Bohemians prend avec une légèreté et une assurance aériennes (ou presque à cause des kilos en trop) : « J'ai commencé deux ans avant le championnat d'Europe. D'abord au cours des matches amicaux, puis deux-trois fois pendant le championnat de Tchécoslovaquie. Ça a si bien marché que j'ai décidé d'adopter cette technique pour le championnat d'Europe. Bien sûr, j'ai eu une chance inouïe que cela arrive en finale, après l'égalisation de la RFA dans les dernières minutes du temps réglementaire, et qu'un joueur allemand (Uli Hoeneß, ndr) manque son tir avant mon tour ».


Humble et réservé, Antonin Panenka ne cherche pas à se mettre en avant malgré un statut de héros de retour au pays. La victoire des Tchécoslovaques dans le tournoi est avant tout un triomphe collectif. Real-socialisme oblige. Pour services rendus à la nation, le moustachu bedonnant obtient l'autorisation de quitter sa république de l'Est en 1981 - il a alors 32 ans à l'époque, l'âge légal imposé par la fédé pour envisager un transfert à l'Ouest - pour rejoindre l'Autriche et le Rapid de Vienne, où il termine sa carrière en 1985. Sur un acte manqué. Antonin loupe son geste, rentré dans toutes les écoles de foot depuis, au cours d'une ½ finale de coupe d'Europe des vainqueurs de coupe contre Dynamo Moscou. Penalty stoppé par le gardien russe Alexei Prudnikov. Manque de vista à cause du poids des ans ? Les kilos superflus qui s'accumulent ? Ou simplement la malchance ? Antonin Panenka ne veut pas croire au mauvais sort, toujours sûr de lui quand il évoque sa technique et ce moment qui a fait sa gloire : « J'étais certain à 100% de placer le ballon là où je l'avais décidé et de la manière dont je voulais marquer ». CQFD.


Alors, EURO ? Panini SLip.


Euro 96

- JÜRGEN EICHHÖRNCHEN -

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Malin comme un singe, rusé comme un renard, Jürgen amassait les buts dans toutes les positions. S'il n'arrivait pas à trouver les chemins des cages, il finissait par s'asseoir dans la surface et pleurait jusqu'à ce que l'arbitre lui accorde un penalty.
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By SLip.
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Alors, EURO ? Mais où est donc passé Berni ?

Juin 88, l'Allemagne est au centre de tous les regards. Le pays de Goethe organise l'Euro de football quatorze ans après son Weltmeisterschaft qui nous laisse sur le souvenir ému de Tip et Tap, deux gugusses aux joues rosies par l'abus de cochonaille locale affichant un sourire niais mais radieux, et fait apparaître leurs dents déchaussées. Une manière très germanique de souhaiter la bienvenue aux visiteurs. La marque de fabrique du fameux bon goût allemand arrosé des relents de bière pas fraîche. Du passé, la Mannschaft fait table rase au moment d'accueillir son championnat d'Europe. Exit nos deux benêts. L'Allemagne veut un symbole fort présenté sous les traits d'un léporidé à grandes oreilles qui répond au nom de Berni. Bah oui les chouchous, notre bon voisin d'Outre-Rhin est un petit lapin, agile et chaud comme la braise à l'image d'un pays qui ne débande plus depuis le choix de l'UEFA - signe d'une croissance démographique en pleine explosion dans le futur. La Mannschaft battue en ½ finale de son tournoi, la bête à poils disparaît subitement de la circulation sans laisser de trace. Mais alors, what's new doc depuis le temps ? Enquête au fond du trou, histoire de faire sortir notre Garenne de son terrier.

Des recherches qui débutent près de chez nous. A la descente de scène de la tournée « Age tendre et têtes de bois » plus exactement, auprès de deux grands enfants séniles. Jean-Jacques Debout et sa compagne nous accueillent dans leur loge commune, lui tranquillement assis devant sa table de maquillage, elle toujours dans le feu de l'action. « Voulez-vous danser grand-mère ? » Non merci, je ne savais pas que je faisais si vieux, sympa, mais je suis là pour prendre des nouvelles de Berni. Vous savez, le lapin ? Dans un éclair de lucidité, nos deux vieillards se rappellent. C'est elle qui prend la parole : « Ah mais oui, maint'nant qu'j'y suis, j'me souviens. Ce matin, un lapin a tué un chasseur. C'était un lapin qui.... C'était un lapin qui... avait un fusil ». Pas toujours simple la mémoire qui joue des tours. J'espère au moins que ce n'étais pas un chasseur allemand. Un teuton armé, c'est jamais bon signe. Elle : « Pfff... non, c'était un chasseur alpin... hiiiiiihiii ». OK, nous sommes au moins sur une piste. Noire au vu des infos. Pas la moindre trace de petites crottes de ce côté de la frontière. Il nous faut passer le Rhin. On sonne chez Nena, toujours à compter ses ballons : « 96... 97...98 ...99... Ja, komm hier bitte ». La chanteuse allemande se lance dans un monologue à la gloire de la Bundesliga. Traduction : « Toutes ces longues transversales, ces grosses patates et ce ballet aérien des ballons en l'air, ça m'a inspiré une chanson. Un hit au sommet des charts et depuis, plus rien ». C'est dommage mais Berni alors ? « Il a fini en civet, avec des p'tits oignons et une sauce au vin rouge ». Jean-Pierre Coffe s'invite à table et corse un peu plus notre marché à l'information. « Et c'était pas d'la merde ! » Super Jipé. Nous, on pédale toujours dans la semoule quand, fruit du hasard et d'une rencontre sur une aire d'autoroute en pleine nuit, nous nous retrouvons nez à nez avec des membres de la société protectrice des lapins. Les yeux explosés par les phares et les cocktails douteux, les Little Rabbits - c'est le nom de l'organisation - reviennent d'une tournée en Suède où ils ont prêché la cause animalière : « Votre Berni, on l'a vu chez les Scandinaves. Il se faisait appeler Rabbit là-bas, et officiait en qualité de mascotte pour l'Euro suédois. Il avait toujours cette gueule souriante et s'était fait une nouvelle garde-robe pour l'occasion ». Un drôle de lapin celui-là. Mais de nous endormir soulagés d'avoir mené, enfin, notre enquête à son terme. Enfin presque. Depuis l'Euro 92, Tomas Brolin a sérieusement grossi et plus de news de Berni.


Alors, EURO ? L'affiche non-officielle de l'Euro 88.

EURO 88
- L'AFFICHE (non) OFFICIELLE -


- REVOLUTION ORANJE -

Alors, EURO ? Hollande-URSS 1988. Finale.

Finale.
Olympiastadion, Münich. 25 juin 1988. 70.000 spect.
PAYS-BAS 2
URSS 0
Buts:
Gullit (32ème), Van Basten (54ème) pour les Pays-Bas.
Pays-Bas: Van Breukelen; Van Aerle, Rijkaard, R. Koeman, Van Tiggelen; Wouters, Vanenburg, Muhren, E. Koeman; Gullit, Van Basten.
URSS: Dassaev; Demanienko, Aleinikov, Khidiatouline, Rats; Litovchenko, Zavarov, Mikhailichenko, Gotsmanov (Baltacha, 69ème); Belanov, Protassov (Pasulko, 71ème).

Les Hollandais fêtent dignement leur premier trophée.

Les Pays-Bas sont de retour à l'Olympiastadion de Münich quatorze ans après leur échec en finale de la coupe du Monde 1974. Une belle manière d'exorciser les vieux démons et les mauvais souvenirs qui hantent encore l'esprit des supporters de la Oranje. Cependant, au contraire de leurs prédécesseurs qui dominèrent le tournoi mondial de la tête et des pieds avec leur football total, l'équipe néerlandaise de 1988, moins spectaculaire sur le pré, privilégie l'efficacité et le résultat au beau jeu. Une option tactique qui porte enfin ses fruits pour une sélection nationale sevrée de trophées dans une compétition majeure. Presque un paradoxe au vu du palmarès des clubs bataves dans les coupes européennes grâce aux succès de Feyenoord, Ajax et encore PSV Eindhoven depuis le début des années 70.

Les Soviétiques sont les premiers en action dans cette finale.

Pour arriver en finale, les hommes de Rinus Michels doivent d'abord batailler ferme lors du premier tour. La Hollande tombe en effet dans un groupe relevé avec l'URSS et l'Angleterre comme principaux rivaux, la République d'Irlande faisant office de petit poucet pour le coup. Opposée à l'Union Soviétique pour son entrée dans le tournoi, la Oranje subit sur le terrain la loi de l'équipe de l'Est dirigée par Valery Lobanovsky, apôtre d'un jeu moderne justement inspiré par la Hollande de 74 que les spécialistes désignent comme le football de l'an 2000. Battue (0-1) - un but de Rats en seconde période - la sélection néerlandaise est déjà dos au mur lorsqu'elle doit affronter l'Angleterre au match suivant. Un adversaire dans la même situation qu'elle puisque défaite dans le même temps, à la surprise générale, par son rival irlandais. Malheur au vaincu. Au Rheinstadion de Düsseldorf, Marco van Basten élimine tout seul une pâle équipe anglaise. Un hat-trick et une victoire (3-1) qui remet la Oranje sur les bons rails avant d'affronter l'Irlande qui vient de tenir en échec l'URSS géant. La qualification, à la veille du dernier match décisif, se joue entre ces trois pays. De son côté, l'URSS enfonce l'Angleterre dans la médiocrité (3-1) et s'assure la première place de sa poule. Mais qui de l'Eire ou des Pays-Bas pour l'accompagner dans le dernier carré ? Dans un match tendu et fermé, Hollandais et Irlandais se neutralisent durant toute la rencontre - Jacky Charlton a mis au point une tactique pour endiguer les attaques de son rival et assurer le point d'avance sur son adversaire au coup d'envoi - jusqu'à la 82ème minute. Le moment choisi par Wim Kieft pour dévier de la tête une reprise anodine de Ronald Koeman. La Hollande se qualifie sur le fil et par hasard pour la demi-finale. Une rencontre sur fond de rivalités historique et sportive. La RFA est en face. Théâtre de cette lutte fratricide, le Volksparkstadion de Hambourg fait le plein pour l'occasion. Un match marqué par une histoire de pénalties en seconde période, Ronald Koeman répondant à Matthäus, et tourne en faveur des Hollandais en fin de partie. Van Basten délivre son pays à deux minutes du terme de la rencontre, au bout du suspense, et venge du même coup les idoles de sa jeunesse.


Ruud Gullit gagne la bataille des airs...
... et ouvre le score à la demi-heure de jeu.

La formation de Rinus Michels est bien partie pour ramener, enfin, un premier titre à nation orange. Pour cela, il faut sauter l'obstacle soviétique en finale. Pas une mince affaire si l'on se réfère au match précédent entre les deux équipes une dizaine de jours plus tôt. Mais la vérité d'un jour est-elle nécessairement celle du lendemain ? D'autant que côté soviétique, Lobanosvsky doit faire avec les absences de deux titulaires indispensables: Bessonov et Kouznetsov. Puis 25.000 Hollandais ont envahi les gradins du stade Olympique de Münich pour ajouter un peu plus de pression, et provoquer un climat hostile quand ces derniers se mettent à siffler l'hymne de l'URSS. Sans doute par peur. A raison d'ailleurs, les Soviétiques sont les premiers en action au coup d'envoi. Litovchenko sollicite Van Breukelen par deux fois. Sans conséquence. La Hollande joue sur un faux rythme et répond par des actions arrêtées, comme ce coup-franc de Gullit à la demi-heure de jeu qui oblige Dassaev à une superbe parade. C'est d'ailleurs le n°10 rasta qui décoince la partie quelques minutes plus tard en ouvrant le score de la tête, oublié par le bloc défensif de l'Est dans la surface. L'URSS est KO juste avant la mi-temps, et tarde à appuyer sur l'accélérateur à la sortie des vestiaires. Ce qui profite à Michels et ses hommes avant l'heure de jeu. Une montée de Van Tiggelen qui donne à Muhren, lequel sans contrôle change d'aile... dans les pieds de Van Basten, excentré dans la surface de Dassev, qui reprend du droit et lobe le gardien soviétique. Un but venu de nulle part qui permet à la Hollande de faire le break. Un coup de massue sur la tête des joueurs de Lobanovsky qui tentent cependant de renverser la situation. Surtout avec ce diable de Belanov qui trouve d'abord le poteau avant de rater un pénalty consécutif à une faute de Van Breukelen sur Gotsmanov. Le ballon d'or 1986 n'est pas dans un bon jour et c'est l'URSS qui boîte alors jusqu'au coup de sifflet final. L'Euro 88 désigne son vainqueur: les Pays-Bas. Pas la meilleure formation du tournoi, ni la meilleure équipe hollandaise au regard des précédentes, mais la plus opportuniste, laquelle a su prendre date avec un grand rendez-vous. Il était temps.

Belanov rate son pénalty. L'URSS manque une occasion de revenir dans le match.
A la fin, c'est Ruud Gullit qui gagne.

Alors, EURO ? Eire 1988.


EIRE - EURO 88 -
EIRE-Urss.
- 15/6/88 -
Debout: McCarthy, Stapleton, Bonner, Sheedy, Aldridge, Galvin.
Accroupis: Houghton, Whelan, Hughton, Morris, Moran.

Alors, EURO ? EUROVISION: The Boys in Green.

Au mitan des années 70 en France, Monty chante « Allez les Verts ». Un hymne à la gloire des joueurs stéphanois inspiré par les exploits européens de l'ASSE sur le terrain, repris en chœur par des milliers de supporters dans les tribunes, qui ne tarde pas à envahir les ondes au rythme des victoires des hommes de Robby Herbin. La mode est au vert et à un autre football, écolo-baba cool alter-mondialiste à l'image de Dominique Rocheteau, la conscience politique de l'équipe. Un succès qui donne des idées et traverse l'océan une décennie plus tard. A quelques heures de ferry des côtes bretonnes, l'Eire tient à fêter ses héros avec une cover locale en hommage à la sélection irlandaise qui vient de se qualifier pour l'Euro 88. « The boys in green » truste les charts de la petite île et célèbre ainsi la première participation de la République d'Irlande à un tournoi majeur. Un évènement qui vaut bien une petite chanson, histoire de donner force et moral d'acier à une équipe partie en Allemagne dans l'idée d'aller chatouiller les grosses cylindrées de son groupe (URSS, Pays-Bas et Angleterre). C'est du moins le vœu secret de son auteur Michael Carwood lorsqu'il balance ses premières strophes sur la feuille blanche: « We are the boys in green, the best you've ever seen ». Du tout cuit pour ce touche-à-tout passionné de football qui mène de front les carrières de journaliste sportif et de musicien aguerri à la scène avec ses groupes « Telephone Bill and the Smooth Operators » et « The Others ». Des paroles qui inspirent les hommes de Jack Charlton sur le terrain. « Everyone will see our boys in Germany ». Première victime : le faux cousin british, terrassé par la fièvre verte et la fougue de Houghton en début de match. Avec cette victoire sur le rival anglais (1-0), l'Irlande a déjà réussi son tournoi et joue l'esprit libre. L'URSS butte ensuite sur cette équipe remontée à bloc de l'Est et obtient le point du nul à l'approche du dernier quart d'heure (1-1). Une marée verte s'abat sur l'Allemagne. Malheureusement pour Jack et ses boys, la vague orange est irrésistible dans cette compétition, et renvoie l'Irlande dans son île lors du match décisif, dans les ultimes minutes de la partie (0-1). Cruelle déception pour cette équipe gagnée par l'enthousiasme et son statut de trouble-fête au fil du tournoi. La perruque verte de travers, joueurs et fans irlandais peuvent cependant quitter la compétition la tête haute, ou presque, laissant derrière eux un souvenir inoubliable et quelques ardoises dans les bars d'Outre-Rhin où « The boys in green » résonnent encore en écho. Peut-être en mémoire de Michael Carwood, décédé subitement en 2002 à l'âge de 54 ans alors qu'il jouait au golf. Mort sur le green. Une belle fin pour lui quelque part.



Alors, EURO ? Panini SLip.


Euro 92

- KIM SIFORT -

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Après avoir perdu toute sa famille dans un accident de voiture, Kim n'avait plus trop le goût de jouer à la baballe. Mais ses copains arrivèrent à le convaincre après moult bières et il finit par être décisif grâce à un taux d'alcoolémie inimaginable.
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By SLip.
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Alors, EURO ? Coupe d'heureux. CHRIS WADDLE.

CHRIS WADDLE.
On ne peut pas parler de Stock, Aitken et Waterman (voir post précédent) sans évoquer Chris Waddle. L'homme aux mille coupes de cheveux qui a tant fait pour la renommée des salons de coiffure de la cité phocéenne, et introduit le mulet sur la Canebière, lequel s'est étendu par la suite sur tous les terrains de France. Un exercice de style capillaire autrefois réservé à la seule Bundesliga et son modèle, Rudi Völler, sorte de pionnier dans le domaine des coupes à la con au mitan des 80's. Chris and Rudi. Un duo redoutable sorti toutes mèches dehors des clips de « Platine 45 ». Les icônes de toute une génération qui n'a pas froid aux yeux. Ni aux tifs. Et qui ne craint pas l'auto-dérision en ce qui concerne l'Anglais au visage poupon. Avec ou sans raie, sur le côté, au milieu ou même ailleurs, longue et courte selon les saisons de l'année, Waddle a la brosse versatile. Comme ce public qui le siffle ou l'adule sur le pré. L'humeur et la mode changent vite sur son Ile, au rythme des mouvements musicaux qui se succèdent les uns après les autres. Post-punk, new-wave, folklore bavarois et Kajagoogoo, Chris adopte le style de l'époque quand il ne les mélange pas toutes d'un coup parfois. A l'approche de l'Euro 88, l'attaquant british surfe sur la vague du succès des kids de Basildon et opte pour la solution David Gahan. « Never let me down again ». Un cri du cœur sans écho malheureusement. Titulaire lors du premier match de l'Angleterre dans le tournoi, manque de bol pour lui, le trèfle irlandais bouffe du lion. C'est le monde à l'envers. Et un cheveu dans la soupe pour le coach Bobby Robson qui lui demande de jouer au coiffeur pour la rencontre suivante contre les Pays-Bas. « Le sélectionneur anglais opère un grand coup de ciseaux dans son 11 type » pourrait-on lire dans les tabloïds. Peine perdue. La Three Lions est une nouvelle fois coiffée au poteau et subit un dernier revers, pas très glorieux, scalpée par les (peaux) rouges. L'URSS corrige le lion sous les yeux de Chris, l'épi en berne depuis les tribunes du Waldstadion de Francfort, qui reluque la coupe Henri Delaunay qu'il ne portera jamais. Dommage pour le style.

Alors, EURO ? Angleterre 1988.


ANGLETERRE - EURO 88 -
Urss-ANGLETERRE.
- 18/6/1988 -
De gauche à droite: Lineker, Steven, Sansom, McMahon, Barnes, Hoddle, Adams, Watson, Stevens, Woods, Robson.

Alors, EURO ? EUROVISION: All the (no) way. England football team (1988).


Le trio mainstream à la mode en cette fin des 80's, c'est SAW. Un acronyme en trois lettres derrière lequel se cachent les plus grands auteurs-compositeurs de l'époque, producteurs de succès en série. Mike Stock, Matt Aitken et Pete Waterman, puisqu'il s'agit d'eux, sont les patrons d'une usine à tubes planétaires. Leur premier buzz, c'est avec Dead or Alive qu'ils l'obtiennent. Sorti de sa période sombre goth-indus à la renommée pour le moins confidentielle à ses débuts, le combo de Liverpool signe sur une major en 1983 et fricote dans la foulée avec nos producteurs anglais alors en mal de reconnaissance. Une collaboration contre-nature qui porte cependant ses fruits et un max de royalties. DOA et SAW placent en effet le fameux single « You spin me 'round », (d)étonnant cocktail de new-wave et synth-pop, au sommet des charts au Royaume-Uni (1985). Suffisant pour que le guitariste du groupe Wayne Hussey, allergique à la notoriété, se taille pour rejoindre Sisters of Mercy et fonder The Mission plus tard. C'est le début de la gloire pour nos découvreurs de talents qui enchaînent alors les hits avec Mel and Kim (« Respectable »), Rick Astley (« Never gonna give you up »), Jason Donovan (« Too many broken hearts ») - des morceaux qui pourrissent au réveil le quotidien de la salle de bain - et mettent en lumière le joli minois d'une petite australienne timide et empruntée: Kylie Minogue. « I should be so lucky » fanfaronne la minette en 1987. Elle peut. Grâce au trio-soap, elle lance les premières banderilles de sa carrière de pop-star internationale. So lucky donc... D'accord mais le foot alors ?
De la boule à facette au ballon rond, il n'y a qu'un passement de jambes, surtout en Angleterre. SAW surfe sur sa notoriété pour enregistrer « All the way ». Un hymne euro-pop hi-NRG qui doit accompagner la Three Lions et sa horde de hooligans tout au long du championnat d'Europe des Nations 1988. Pour se donner un moral de vainqueur, les sélectionnés collaborent au single. Une vieille habitude dans l'Ile, puis la victoire en chantant, c'est toujours mieux. Certains poussent même le vice jusqu'à adopter un look de circonstance, adapté au style musical inventé par le trio disco-romantique (Chris « got a feeling » Waddle, Glenn « Medeiros » Hoddle et Mark Hateley pas très Crüe entre autres). L'Angleterre danse donc sur la voie du triomphe. Semble t-il. Sur le terrain, c'est une toute autre chanson qui attend les hommes de Bobby Robson. Après une défaite surprise contre le cousin irlandais pour son entrée dans le tournoi (0-1), la sélection anglaise n'arrive pas à suivre le rythme punk-hardcore des Pays-Bas et de l'URSS (deux défaites 1-3). Dernière du groupe. Zéro point. C'est no future et Anarchy in the U.K en quelque sorte. La Three Lions fait un flop à l'Eurovision. Le single de Stock, Aitken et Waterman ne monte quant à lui pas plus haut que la 64ème place dans les charts. Un échec commercial et sportif qui n'empêche pas le trio de producteurs de continuer ses méfaits, et certains protagonistes du bide allemand de mener une carrière parallèle par la suite. En chantant...

Alors, EURO ? L'affiche non-officielle de l'Euro 84.

EURO 84
- L' AFFICHE (non) OFFICIELLE -


- MICHEL PLATINI: 10 DE COEUR, 9 DE PIQUE -

Alors, EURO ? Allemagne 1984.


RFA - EURO 1984 -
Portugal-RFA.
- 14/6/84 -
Debout: Stielike, Schumacher, Briegel, Rummenigge, Rolff, B. Förster.
Accroupis: K.H Förster, Allofs, Brehme, Völler, Buchwald.

Alors, EURO ? Eurotrash (métal). Fan pics Deutschland.


Mais d'où vient ce cliché ? Des Monsters of Rock ? Du dernier Hellfest ? Nein petite Elsa Fräulein. Nos deux veuves noires chevelues prises dans le vif de l'action, bracelets de force aux poignets, T-shirt Iron Maiden et chaines sur la veste, font partie de la colonie des supporters allemands venus envahir la France à l'occasion de l'Euro 84. La branche dure du kop teuton - le 666 fan klub - qui célèbre de manière singulière chacune des apparitions de la Mannschaft, sous un déluge de décibels et les riffs satanistes du « Metal Heart » d'Accept. Radical pour plomber l'atmosphère dans les stades. Après le bruit des bottes de l'envahisseur, c'est au tour des talons de santiag de résonner sur le pavé français. Et toujours la grosse artillerie. Une sale habitude avec les Boches.
  

Alors, EURO ? Panini SLip.


Euro 88


- MARCO VAN PASTEK -

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Révolutionnaire dans sa tête, Marco voulait changer le monde. Il prit sa chance contre les ours rouges et d'une seule frappe en pleine lucarne, déclencha la chute du Mur.
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By SLip.
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Alors, EURO ? Le jeu (un maillot à gagner).

A l'occasion de la rétro sur l'Euro, THE VINTAGE FOOTBALL CLUB et son partenaire FOOTBALL VINTAGE.COM s'associent pour vous faire gagner un des trois maillots au choix ci-dessous. Pour cela, il suffit de trouver l'identité du joueur qui semble avoir perdu la tête à brandir le trophée Henri Delaunay. A vos archives et bonne chance à tous. Vous avez jusqu'au 1er juillet pour répondre à l'énigme:

URSS 1980 - HOLLANDE 1974 - ITALIA 1982 (away).

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Ján Pivarník (Benoit est le vainqueur).
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Règlement:
- Pour participer, il est préférable de s'inscrire à la liste des abonnés du Vintage Football Club. Aucune réponse anonyme ne sera acceptée.
- Les participants ont droit à 3 réponses maximum.
- Est déclaré gagnant le premier à trouver la bonne réponse. Cependant, l'identité du joueur (prénom + nom) doit être correctement orthographiée (accents, umlaut, ...). En cas de plusieurs bonnes réponses, afin de départager les ex-aequos, l'orthographe exacte du joueur détermine le vainqueur final du jeu.
- La solution et le vainqueur du jeu seront dévoilés le 2 juillet sur le blog.

Alors, EURO ? France 1984.


FRANCE - EURO 84 -
FRANCE-Danemark.
- 12/6/1984 -
De gauche à droite: Bellone, Lacombe, Giresse, Tigana, Fernandez, Bossis, Le Roux, Amoros, Battiston, Bats, Platini.

Alors, EURO ? Mais où est donc passé Péno ?

En 1984, Péno accompagne tous mes rêves du haut de mes 13 ans. Quelle riche idée que ce coussin offert par mes parents à l'effigie de la mascotte de l'Euro organisé par la France. Je m'endors les poings fermés chaque soir, imaginant dans un sommeil profond marquer le tir au but de la victoire en finale, la tête blottie sur l'oreiller. Je lève la coupe et tape la bise à Tonton. La France est championne d'Europe des Nations grâce à moi. Comme des millions de gosses du même âge qui partagent le même rêve, je suis le héros du pays, bien meilleur que Platoche. Seulement voilà, les années ont passé, Platini a pris des rides et moi quelques cheveux gris. Le temps a fait place à la nostalgie et Péno disparu de ma chambre de gamin. Mais bordel mon p'tit poulet, t'es devenu quoi enfin ? Tu ne peux pas me laisser comme ça sans nouvelle, sans rien, pas une lettre ni un coup de téléphone. The Vintage Football Club part à sa recherche. Heu, moi en fait...

Une enquête qui débute auprès des amis de « Footix », ces nostalgiques de la France qui gagne. Dîtes-donc les gars, votre Footix d'ailleurs, ça serait pas un look de récupération à mon Péno par hasard. On dirait un peu ses fringues. Silence radio pour toute réponse. La mafia de l'association Footix 98, auréolée de son titre de champion du Monde, répond aux abonnés absents ou se cache derrière des excuses bidons : « Je suis désolé mais là chuis pas chez moi, à l'autre bout de la planète sans téléphone, ni internet, sans tambour ni trompette - très étonnant au passage - sans chemise ni pantalon et gnagnagna. Tut tut tut... ». Je suis sur le cul... qui trempe dans une bassine. Personne ne veut se mouiller pour mon coq à crête rouge et ses crampons vernis. Je tente ma chance du côté de Gérard Migeon, un drôle de volatile lui aussi, lequel tient une chronique dans ce blog mais jure ne pas avoir entendu parler de mon tendre poulet depuis toutes ces années. Et de profiter de l'occasion pour faire un cours et ajouter un mot dans son dico argot-foot : « Péno: la sentence qui pénalise une équipe coupable d'une faute dans sa surface de réparation. On l'appelle aussi pénalty ou coup de pied de réparation ». Et mon coup de pied dans l'train mon Gégé. Et mon Péno à moi alors ? « Bah, je viens d'teul dire ! T'es nunuche ou bien ? ». Dialogue de sourd avec le gardien moustachu qui se sert un deuxième Ricard. J'appelle Thierry Henry et Robert Pirès pour obtenir des informations. Ces cons-là s'emmêlent les pinceaux et n'arrivent pas à s'accorder dans leurs déclarations. Et si j'orientais mes recherches vers Panenka. Qu'Antonin que l'amour. Fin de non recevoir. Lettre morte du héros de 76, telle une feuille tombée qui vient mourir derrière la ligne de Maier. Antonin « tchèque » ses mails. Zut. Malgré mes efforts, Péno reste introuvable. Dernière tentative auprès de Didier Six qui m'accueille en tongs piquées à un boche dans les douches de Séville : « Ce péno, c'est le drame de ma carrière. Mon boulet en quelque sorte. Enfin, façon de parler ». Super Didier, des gars comme toi y en a des biens mais quid de mon Péno ? « Ah bon, tu parlais pas de Schumacher ? ». Bah non. Je reste alors seul avec mes souvenirs. Malgré sa crête rouge, Péno is dead. Definitly.

A priori, Péno est aussi un punk à chien.

Alors, EURO ? Belgique 1980.


BELGIQUE - EURO 80 -
Angleterre-BELGIQUE.
- 12/6/1980 -
Debout: Van der Eycken, Pfaff, Ceulemans, Vandenbergh, Meeuws, Millecamps.
Accroupis: Gerets, Van Moer, Cools, Van der Elst, Renquin.

Alors, EURO ? RFA-Belgique 1980. Finale.

Finale.
Stadio Olimpico, Rome. 22 juin 1980. 47.864 spect.
ALLEMAGNE 2
BELGIQUE 1
Buts:
Hrubesch (10ème et 88ème) pour la RFA.
Van der Eycken (71ème sur pen.) pour la Belgique.
RFA: Schumacher; Kaltz, K.H Förster, Stielike, Dietz; Briegel (Cullmann, 53ème), Schuster, H. Müller; Rummenigge, Hrubesch, Allofs.
Belgique: Pfaff; Gerets, Millecamps, Meeuws, Renquin; Cools, Van der Eycken, Van Moer; Ceulemans, Mommens, Van der Elst.

RFA 1980 - CHAMPIONNE d'EUROPE -
Debout: Rummenigge, Schumacher, Cullmann, Schuster, Briegel, Hrubesch, H. Müller, Stielike, Derwall (sél.).
Accroupis: Allofs, Kaltz, Dietz, K-H Förster.

Peu de spectacle sur le terrain, des stades vides pour chacune des rencontres, l'Euro 80 - le premier organisé avec un système de poules (deux groupes) - n'attire pas la foule en ce mois de juin dans la Botte. L'Italie a du mal à créer une liesse populaire autour du tournoi qu'elle organise. Peut-être la conséquence de l'affaire du Totonero qui secoue le calcio depuis le mois de mars, et prive la formation italienne de son attaquant Paolo Rossi impliqué dans le scandale. Avec un seul petit but à son actif, acquis lors de la victoire contre l'Angleterre (1-0) à Turin, la Squadra Azzurra joue avec une boule au ventre et manque son rendez-vous devant son public, abattu par la pauvreté technique des rencontres qui se soldent bien souvent par des règlements de compte sur la pelouse. Et dans les tribunes, où les hooligans anglais se montrent très actifs pour rentrer dans le match entre fans rivaux, au contraire de leur sélection qui marche sur une jambe à l'image de la star Kevin Keegan, transparent durant la compétition. Seconde de son groupe (B), la « Nazionale » est doublée sur le fil par une surprenante équipe de Belgique qui se classe en tête grâce à une meilleure différence de buts après son nul contre l'Angleterre (1-1) et une victoire décisive devant l'Espagne (2-1) à Milan, puis assure sa qualification pour la finale en obtenant le partage des points avec les Azzurri lors de la dernière rencontre (0-0). Sans avoir proposé un jeu emballant, les hommes de Guy Thys ont-ils au moins assuré l'essentiel avec cette première place qui relève du miracle au regard de l'opposition (Angleterre, Espagne et Italie). Une équipe efficace comme la Mannschaft en quelque sorte.

Hans-Peter Briegel. Le décathlonien se bat comme un beau diable (rouge).

La RFA, de son côté, est toujours présente dans les grandes compétitions internationales. C'est un secret pour personne. Toujours aussi redoutables, les hommes de Jupp Derwall se sortent du piège tendu par la Tchécoslovaquie, le champion sortant, pour leur entrée dans le tournoi. Une victoire par le plus petit des écarts (1-0). L'Allemagne se venge ainsi de son échec en finale quatre auparavant à Belgrade. Puis tient à conserver son hégémonie sur l'éternel rival hollandais quelques jours plus tard. Sur sa lancée du premier match, la RFA bat les Pays-Bas (3-2) au terme d'une rencontre à suspense: menée 3-0, la Oranje se réveille en fin de partie, inscrivant deux buts coup sur coup (Rep et Willy Van de Kerkhof) dans le dernier quart d'heure. Assurée de jouer au moins la petite finale après deux rencontres, la Mannschaft obtient sa place pour la grande après un match nul et vierge peu glorieux face à la Grèce, Tchécoslovaques et Hollandais n'ayant pu se départager aussi de leur côté (1-1).

Horst Hrubesch: Sors de ce corps Alain Delon !

Comme en 1972 et 76, la RFA est de nouveau en finale. La Tchécoslovaquie, vainqueur de l'édition précédente, crée encore la surprise en chipant la troisième place aux Italiens après une séance de tirs au but interminable (1-1/9-8). A Rome, dans un stade Olimpico qui sonne creux, Derwall aligne son équipe type qui emballe la partie dès le coup d'envoi. A la 10ème minute, un une-deux Schuster-Rummenigge place Hrusbesch sur orbite qui ouvre le score. On ne donne alors pas cher de la peau des Belges, lesquels se rebiffent dans la foulée avec Van der Elst et Ceulemans qui manquent l'égalisation au cours d'une première mi-temps très tactique jouée sur un faux rythme. Le rouleau-compresseur teuton n'a pas de prise sur les « Diables rouges » qui se défendent plutôt bien avec leurs fourches. Il faut attendre la seconde période, et notamment l'approche du dernier quart d'heure, pour que la rencontre gagne en intensité. Lancé comme une fusée, Van der Elst s'échappe des griffes de la défense allemande avant d'être fauché par Stielike à la limite de la surface (71ème). L'arbitre siffle un pénalty, influencé par le plongeon de l'attaquant belge, que transforme sans trop se poser de questions sur le sujet Van der Eycken. Dans les minutes qui suivent l'égalisation belge, Ceulemans, Rummenigge et Schuster ont le but du KO au bout des crampons. L'issue du match devient indécise et sourit finalement aux Allemands à deux minutes du temps réglementaire, lorsque que Hrubesch reprend de la tête un corner tiré par Rummenigge. L'affreux Jojo - Horst en fait - offre un nouveau succès à la RFA dans le tournoi après sa victoire en 1972. Des Allemands toujours au front. Celui de Hrubesch évidemment.

La joie des Allemands et de Hrubesch à la fin.