Le dico argot-foot du professeur Migeon, (PART 20).


Gérard Migeon traîne une drôle de réputation sur un terrain. Considéré comme un cave dans ses bois, le prince de la toile est un cador des vestiaires. Un fondu de la langue française qui travaille à la craie. « La Mige », son surnom dans la famille du ballon rond, connaît tout des rouages du football: ses vertus, ses vices et les petites formules qui fleurissent au ras du gazon. Le « Titi parisien » de Longjumeau décrypte et flingue le dictionnaire du foot, celui du temps des grandes heures, sur le tableau noir. Avec sa gouaille et sa moustache malhonnête, notre fine gâchette prend la plume et passe au vitriol les expressions du milieu. Et faut reconnaître, c'est du brutal ! Avis aux non-initiés.

FAUT SE LE FARCIR :
Se dit d'un adversaire que l'on a du mal à contenir.


  • « Les Canaris ! Faut s'les farcir !!! » (Guy Roux, lors de la finale de la coupe de France 79).
  • « Tu devrais farcir du terrain, tocard ! » (Un supporter mécontent qui a du mal à causer).
  • « Faut s'les farcir. Oui... mais à la viande » (Une blague de Denisot).
  • - Le cas en image -

    « Tiens, tu te farciras un jaune pour la peine ! »
     - Toninho Cerezo. Brésil-Pologne- Argentina 78 -

    RDA-France 1975.


    Rda-FRANCE 1975.
    Debout : Trésor, Adams, Janvion, Bracci, Bathenay, Baratelli.
    Accroupis : Rocheteau, Gallice, Michel, Guillou, Emon.



    - 12 octobre 1975 -
    Zentralstadion. Leipzig. 28.544 spectateurs. 
    RDA bat FRANCE : 2-1 (0-0). Arbitre Mr Erik Fredriksson (Suéde).
    Buts : Streich (55ème), Vogel (77ème s. pen.) pour la RDA. Bathenay (50ème) pour la France.
    Remplacements : Streich par Hoffmann (75ème) pour la RDA. 
    FRANCE : Baratelli – Janvion, Adams, Trésor, Bracci – Michel, Gallice, Guillou – Emon, Gallice, Rocheteau. Entraîneur : Stefan Kovacs. 
    RDA : Croy – Fritsche, Weise, Dörner, Weber – Häfner, Schade, Lauck – Streich, Ducke, Vogel. Entraîneur : Georg Buschner.


    - LE MATCH EN IMAGES -

    Les Bleus pendant les hymnes.

    François Bracci dans de sales draps contre Streich (à gauche) et Ducke (droite).

    Adams, Janvion et Trésor aux prises avec Ducke (photo de gauche) et Häfner (droite).

    Dörner échappe à Marius Trésor.

    Commentaires d'après-match.

    - LE MATCH EN VIDEO -


    FINALE COUPE DE FRANCE 1982. PSG-SAINT-ETIENNE.


    15 mai 1982.
    PARIS SG bat St-ETIENNE : 2-2 (6-5 tab).
    46.160 spectateurs.
    Arbitre Mr Vautrot.
    Buts : Toko (58ème), Rocheteau (120ème) pour PSG. Platini (76ème et 99ème) pour St-Etienne.
    Remplacements : Paganelli par Roussey (67ème), Gardon par Noguès (67ème) à St-Etienne. Dalheb par N'Gom (84ème), Col par Renault (120ème) au PSG.
    PARIS SG : Baratelli - Fernandez, Pilorget, Bathenay, Col - Boubacar, Dahleb, Lemoult - Surjak, Toko, Rocheteau. Entr : Georges Peyroche.
    ASSE : Castaneda - Battiston, Gardon, Lopez, Lestage - Larios, Janvion, Zanon - Paganelli, Platini, Rep. Entr : Robert Herbin.

    PARIS SG - Coupe de France 1982 -
    Debout : Pilorget, Bathenay, Col, Baratelli, Dalheb.
    Accroupis : Fernandez, Boubacar, Lemoult, Rocheteau, Toko, Surjak.

    La soixante-cinquième édition de la finale de la coupe de France est l'occasion pour Paris St Gemain de gagner le premier trophée majeur de sa jeune histoire. Le jeu en vaut peut-être la chandelle même si, ce samedi 15 mai 1982, c'est Sainté devant ! Les Verts sont des spécialistes de l'épreuve (vainqueurs en 1970, 1974, 1975 et 1977) malgré une erreur de parcours l'année passée contre Bastia (1-2). L'ASSE revient donc au Parc avec un esprit de revanche, d'autant que c'est la der de Platini sous le maillot stéphanois avant son départ pour la Juve. Une source de motivation supplémentaire pour les joueurs de Robert Herbin qui restent sur deux écrasantes victoires contre Metz en championnat (9-2) et Bastia, encore lui, en coupe (2-0). Mais St-Etienne a perdu le titre sur le fil au profit de Monaco. Cette finale, c'est l'occase de sauver la saison et permettre à Platoche de glaner son deuxième trophée chez les Verts. Un maigre bilan au final (champion en 81). De leur côté, les PSG ont dû faire des heures sup' à Tours lors de sa demi-finale quatre jours plus tôt. Et compter sur le talent de Baratelli au cours de la séance de tirs aux buts (quatre arrêts). Comme son adversaire du soir, Paris a laissé aussi quelques plumes en championnat. Quatrième au printemps, les Parisiens craquent en fin de parcours pour terminer à la septième place au classement. Loin d'un ticket européen et des prétentions du club en début de saison...

    Dominique Rocheteau. Un ex-ange vert passe...

    Les Verts partent légèrement favoris chez les pronostiqueurs. En tous cas à l'applaudimètre, l'ASSE remporte la faveur des 46.000 spectateurs présents au Parc. La bataille des tribunes est gagnée par les Stéphanois, massés dans le virage Boulogne. Sur le terrain, c'est un combat de bouchers auquel on assiste durant les vingt premières minutes. Avec Mustapha Dahleb dans un rôle d'exécuteur de basses tâches, auteur de plusieurs fautes grossières. Paris est fatigué mais accroche son adversaire malgré la tactique ambitieuse mise en place par Robby. Ce dernier a placé Platini en pointe. Un plan qui ne se déroule pas vraiment sans accrocs puisque à la mi-temps, les Verts n'ont pas réussi à déployer leur jeu, surpris par le marquage individuel des Parisiens. Pas de but donc, ou bien un demi, avec ce coup-franc de Surjak qui transperce les cages de Castaneda. Pas de bol, il était signalé indirect par l'arbitre. Côté stéphanois, une occase foireuse de Paganelli régale l'assistance qui peine, elle aussi, à rentrer dans le match.

    Toko et Dalheb face aux Verts.

    C'est à l'heure de jeu que l'ambiance monte d'un cran. A la cinquante-huitième minute, Surjak déborde sur l'aile gauche et centre dans la surface. Dans les parages, Toko récupère et envoie le ballon dans les filets d'une demi-volée imparable. C'est la folie à Auteuil. Et le Parc est conquis par la ténacité des hommes de Georges Peyroche. Les Verts partent alors à l'abordage et à un quart d'heure de la fin de la rencontre, Platini, à la réception d(un centre de Zanon prolongé de la tête par Noguès, échappe au marquage de Lemoult et égalise pour Sainté. Les Verts reviennent sur le fil et prennent un ascendant psychologique sur son adversaire à l'approche des prolongations.

    Les faits marquants de la finale.

    C'est d'ailleurs ce que tout le monde croit, le président Mitterrand en tête, lorsque Platini réalise le doublé. Une nouvelle fois à la réception d'une transversale de Zanon et sa patte gauche magique. Saint-Etienne est d'ailleurs tout proche de faire le break avec Roussey, mais ce dernier échoue devant Baratelli. La fin du premier quart d'heure est proche lorsque Boubacar manque l'égalisation sur un tir trop croisé à l'entrée de la surface. Dès la reprise, Paris attaque et Surjak reprend un centre de N'Gom qui termine dans les bras de Castaneda. El Gato croit tenir sa place de leader pour la coupe du Monde en Espagne. Il déchantera vite. Et encore plus ce soir quand à la dernière seconde Rocheteau égalise pour PSG, un but qui ressemble à celui marqué contre Kiev, etaprès un centre de Surjak. Le Parc explose et est envahit par les supporters qui scandent des « Paris, Paris! ». Francis Borelli brave le système de sécurité et file embrasser la pelouse. C'est du délire d'autant que les Parisiens n'ont jamais perdu une séance de tirs aux buts. Le match peine à reprendre, l'arbitre Monsieur Vautrot ne sait plus où donner de la tête. Et siffle la fin du match dans la confusion. Et à nouveau la pelouse est envahie par un public enthousiaste. Le Maire de Paris en profite pour en griller une petite. Après une longue interruption, Battiston débute la série pour Sainté (1-0). Bathenay, le capitaine parisien et ancien stépahnois, s'avance et tire... dans les nuages ! A rejouer estime Vautrot, Castaneda a bougé. Nouvelle tentative et un partout. Puis c'est Zanon. Et encore à retirer. Cette fois, c'est Baratelli qui est en cause, pour les mêmes raisons que son homologue moustachu. C'est dedans (2-1). Eric Renault met les pendules à l'heure (2-2). Rep (3-2). Rocheteau (3-3). Larios. Boum (4-3). Surjak répond (4-4). Platiini et Fernandez terminent la série (5-5). C'est la mort directe. Chez les Verts, personne veut y aller. Lopez interroge puis se décide. Il part d'un pas hésitant vers le point de pénalty et place son ballon. Il s'élance et tire dans les pieds du gardien parisien. Dominique Baratelli est le héros de cette coupe de France. Mais Pilorget doit marquer, et ne manque pas l'occasion de donner au PSG son premier trophée majeur sur le plan national. Malgré son doublé, Michel Platini part de Saint-Etienne avec une défaite. Et le club de s'enliser dans la crise quelques semaines plus tard. (artwork by SLip).

    Dominique Bathenay, Chirac et les Parisiens sont à la fête.


    Sponsor en toc. STADE QUIMPEROIS (Rallye).


    En Grande-Bretagne pour les amateurs de sport automobile, le rallye du RAC est une sorte d'institution. En Bretagne, à Quimper plus précisément, le rallye est juste un hypermarché, le premier implanté dans la ville en 1969 sur une surface de vente de 10.000 mètres carrés. Une autre institution quelque part dans le Finistère ! Qui pose son aura locale sur le maillot du club de la ville une dizaine d'années plus tard : le Stade Quimpérois. Au début des années 70, l'équipe a pris la fâcheuse habitude de faire le yoyo entre la D.II et la D.III mais tout change avec l'arrivée du sponsor tout-terrain durant la tempête punk de 1977. De l'ambition qui frise la démesure, un peu comme le rayon poissonnerie de la boutique, et c'est le dérapage mal contrôlé, la durite qui pète en pleine spéciale chronométrée. Les Bretons sont collés au fond de la grille, entre la 12ème et la 14ème position de 1978 à 1981, jusqu'à la descente aux enfers au cours de la saison 1981-82. Malgré la présence de Jean-Marie Lachivert - l'anagramme de Chilavert – dans les bois, de quelques jeunots aux dents longues (Serge Le Dizet, Dominique Barberat, Alain Jaffres...) et du vieux druide rasta-rocket Michel Kaham, les hommes de Marc Rastoll finissent dans le ravin, les crampons plantés dans la semoule du stade de Penvillers. Dernier de son groupe, le Stade Quimpérois présente des stats faméliques. Six victoires, huit nuls et une ardoise de vingt défaites dont une mémorable contre le rival du coin l'En Avant Guingamp (0-5). Quimper sur le terrain et boit le chouchen jusqu'au rallye en quelque sorte. Depuis, le club s'appelle le Quimper Kerfeunteun Football Club. Le Clairefontaine breton quoi...

    STADE QUIMPEROIS 1981-82
    Debout : Michel Kaham, Thierry Reillier, Gérard Déru, Jean-Marie Lachivert, André Hémon, Jean-François Bideau.
    Accroupis : Dominique Barberat, Patrick Kaminski, Patrick Le Polotec, Patrick Toulhoat, Luc Barraud.

    STADE QUIMPEROIS 1979-80 (Panini).

    ALICE COOPER. A.F.C Haarlem shuffle.

    Fuck le soccer. Alice Cooper montre son kiki 

    C'est jour de fête en ce dimanche du 10 mars 1974 à Haarlem. Le club local, perdu dans la banlieue ouest d'Amsterdam, accueille le grand rival voisin Ajax, ses titres en fanfare et ses stars. Dans les tribunes du petit stade Jan Gijzenkade, l'ambiance est chauffée à blanc. A cause du prestige de l'adversaire de l'A.F.C Haarlem, c'est un peu le sommet de la saison pour le club, mais aussi par la présence d'un invité surprise et ô combien atypique pour un match de football. Alice Cooper, de passage dans le coin malgré une tournée européenne annulée, débarque dans l'enceinte avec les bagouzes aux doigts pour s'incruster à la fête. Et recevoir accessoirement un disque d'or, remis par le sorcier local gallois Barry Hugues, pour son album « Billion dollar babies ». Un opus qui cartonne d'ailleurs aux Pays-Bas. Le hard-rockeur américain reste en tête des charts pendant sept semaines d'affilées ! Ce qui explique la cérémonie d'avant-match, pas vraiment sataniste, entre le coach d'Haarlem et la rock-star décadente, adepte quelque part de la défonce totale comme le football de l'Ajax sur le plan sportif. Hard-rock is a lifestyle. Haarlem perd un à zéro. Après le match, Alice Cooper file répondre à une interview. Et pas un commentaire sur le match. Barry Hugues, lui, se demande encore ce qui était le plus important ce jour-là. Neeskens, Blankenburg, Krol, la défaite ou bien la remise des trophées avec son invité du jour qui a eu le toupet de sortir son membre pour l'occasion ? (voir la photo en détail).

    C.S.K.A SOFIA 1970-71.


    C.S.K.A SOFIA 1970-71.
    Debout : Manolov (manager), Zafirov, Penev, Nikodimov, Yordanov, K. Stankov, Gaganelov, B. Stankov, Kovatchev (ent.).
    Accroupis : Tichanski, Atanassov, Jekov, Yakimov, Denev, Marachliev.