PARIS SG 1985-86.


PARIS SG 1985-86.
Debout : Jeannol, Bats, Susic, Charbonnier, Pilorget, Vermeulen, Fernandez.
Accroupis : Jacques, Bacconnier, Lowitz, Rocheteau.


BIO EXPRESS DEGRADABLE. Paul Canoville.

PAUL CANOVILLE.
Quand il a vu Didier Drogba être accueilli par un tonnerre d'applaudissements pour son son retour à Stamford Bridge sous les couleurs de Galatasaray, Paul Canoville a dû esquisser un timide sourire en coin, presque gêné par l'ovation suscité par le joueur ivoirien. Non pas par jalousie ni envie mal placées, Canoville n'a pas ce caractère, mais parce que les souvenirs (et beaucoup de regrets peut-être) sont remontés à la surface ce soir-là. Et pas les meilleurs. Le temps a parfois du mal à soigner certaines blessures, surtout quand elles sont basées sur l'ignorance, l'intolérance ou l'incompréhension et attaquent l'intégrité d'un homme qui rêvait simplement d'être une star du football. Une vie tranquille et sans emmerdes en somme, sinon essuyer quelques défaites amères, mais « Canners » - un surnom qu'il adore - n'avait pas mis sa bonne étoile dans la poche de son short moulant.

Fils d'émigrés antillais débarqués en Angleterre après la Seconde Guerre Mondiale, Paul Canoville grandit dans la banlieue Nord-Ouest de Londres à Hillingdon. Le père parti faire sa vie ailleurs, c'est sa maman qui éduque seule le jeune homme. Une mère qu'il considère comme une héroïne. « Elle m'a conseillé pour agir et bien penser » concède Canners avec affection. Et qui ne le lâche pas sur sa progression. Très tôt, le garçon se passionne pour le cricket, un sport qu'il pratique toujours lorsque sa carrière décolle, mais le football tient la corde. « J'ai toujours voulu être footballeur professionnel, depuis tout petit » confesse Canoville, qui se donne les moyens de ses ambitions en signant une licence pour l'équipe locale : Hillingdon Borough. Et le gamin progresse sous les yeux et les conseils avisés de maman. « Elle me disait d'acheter des vidéos de Pelé, se souvient Paul, et de réaliser deux fois par jour ce que je voyais à l'écran pour améliorer mon jeu ». Canners s'imprègne des remarques maternelles et bosse comme jamais durant les séances d'entraînement, ou sur son aile en cours de match. Une recette qui paie puisqu'en décembre 1981, alors qu'il n'a pas encore vingt ans, Paul Canoville signe à Chelsea. Et devient par là le PREMIER JOUEUR BLACK à jouer pour les Blues.

Si l'intégration dans l'équipe se passe plutôt bien, la nouvelle recrue suscite cependant la haine des supporters locaux. A l'époque, le National Front recrute dans les « terraces » et le club londonien n'échappe pas à ce fléau. Les « Chelsea Headhunters », le noyau dur des fans des Blues, sont d'ailleurs les plus virulents du territoire anglais. « Je ne savais rien des supporters de Chelsea, se défend le jeune attaquant. Je ne supportais pas cette équipe et n'étais jamais allé les voir jouer ». Plus jeune, la recrue londonienne est en effet plutôt Leeds United des 70's. « Une équipe classe avec de bons joueurs à tous les postes, avoue t-il sans ciller. Une grande équipe ». C'est dans ce contexte que Canners effectue ses débuts quatre mois après la signature de son contrat. Un match à Selhurst Park contre Crystal Palace. Remplaçant ce jour-là, il se souvient douloureusement, encore attristé par l'attitude des supporters de Chelsea, de l'ambiance du match et son entrée en jeu. « Je ne voulais pas entrer sur la pelouse, explique t-il. Je voulais m'échauffer dans les vestiaires et sortir juste avant que je pénètre sur la pelouse ». Sur le terrain, Canoville est accueilli par des insultes : « Sit down you, black cunt » ou des chants racistes : « We don't want the nigger ». Le début de l'amour vache entre les fans et le joueur, qui durera jusqu'au départ de Canners en 1986. Le joueur est fier de sa différence mais semble désarmé face à la bêtise et l'ignorance. Les batailles sur le pré sont parfois perdues d'avance en tribunes. « Quand je marquais, les gens disaient ne pas l'avoir vu, ajoute Canners, black and blue, comme l'album des Rolling Stones, par un mariage de raison. C'est le négro qui a marqué, donc il ne compte pas ».

Des buts, l'attaquant des Blues en a marqué peu pour son club en cinq ans, contrairement aux jets de bananes qu'il reçoit à chacune de ses apparitions. Sans doute déstabilisé par le climat malsain qui règne autour de Stamford Bridge, mais aussi par le manque de régularité du joueur pourtant bourré de talent. Paul Canoville est fragilisé par les actes racistes et les (nombreuses) blessures, mais réalise parfois des exploits. En tête de ses meilleurs souvenirs, le titre de Division Two remporté par Chelsea en 1984 « avec une bonne équipe. C'était de la folie ». De la folie comme dans son jeu quand il rivalise parfois avec le Roi Pelé. Notamment le jour où il inscrit un hat-trick contre Swansea (1983), son seul triplé avec les Blues, ou qu'il marque onze secondes après son entrée en jeu en quart de finale de la Milk Cup contre Sheffield Wednesday (1985). « J'espère être accepté par les supporters maintenant » confie d'ailleurs à l'époque l'intéressé à Hugh Hastings, lequel travaille pour le magazine officiel du club. Mais le mal ronge, même à l'intérieur, et Canners restera à jamais l'autre, cet homme de couleur pour les bas du front de Stamford Bridge. C'est d'ailleurs à la suite d'une altercation avec un coéquipier bourré à l'été 86 qu'il quitte le club. Un « black cunt » de trop pour Paul qui voit rouge, tarte le mal-poli et part pour Reading rencontrer des festivaliers sympas. Trois mois après son arrivée, il doit mettre un terme à sa carrière professionnelle, victime d'un tacle assassin d'un défenseur de Sunderland qui lui broie le genou en mille morceaux.

Acte raciste ou non, le rêve de Canners est brisé comme son genou par un nouvel épisode malheureux dans sa carrière. Le temps de réfléchir sur soi, mais surtout sur les autres. « J'ai cessé de comprendre pourquoi les gens sont contre moi, philosophe le blessé de la vie. Je pense beaucoup à eux mais ne trouve aucune raison logique dans leurs actes ». Un traitement par l'indifférence suffirait mais Canners est humain et cherche des solutions. C'est un battant sur le terrain et dans la vie, même si celle-ci est souvent dure avec lui. Un de ses nombreux enfants, il en a eu onze avec dix femmes différentes, meurt dans ses bras, atteint d'une malformation cardiaque, en 1995. Il plonge alors dans la drogue et l'année suivante, on lui diagnostique un cancer du système lymphatique qu'il combat comme un adversaire sur la pelouse. En rémission, Canners travaille aujourd'hui comme éducateur auprès des jeunes. Histoire de rattraper le temps perdu avec ceux qui le sifflaient du haut des gradins. Avec, toujours en mémoire, cette phrase lâchée au mitan des eighties dans un programme officiel de Chelsea : « Donnez sa chance à un joueur. Applaudissez-le et il vous récompensera ». La classe, on l'a sur un terrain mais aussi dans la vie de tous les jours.

L'équipe du dimanche après-midi. S.S.C PALERMO 1969-70.

S.S.C PALERMO 1969-70.
Debout : Mario Giubertoni, Edoardo Reia, Enzo Ferrari, Gaetano Troja, Silvino Bercellino, Franco Landri.
Accroupis : Ido Sgrazzutti, Giorgio Constantini, Franco Causio, Carlo Lancini, Giovanni Ferretti.

A Palerme, on a peu goûté à la série A depuis la création du club en 1900 et quelques changements d'identité en cours de route. De brèves apparitions avant et après le second conflit mondial (de 1931 à 36 puis de 1948 à 52), et l'ascenseur par la suite à la fin des années cinquante (1956-57 et 1958-59) et au début des sixties (deux saisons entre 1961 et 63). Pas grand-chose donc à se mettre sous la dent pour les supporters du club sicilien, qui accueillent cependant la promotion de l'équipe au maillot rose - comme le leader du Giro - pour la saison 1969-70 avec un sourire aux lèvres et le bouquet du vainqueur à la main.

Pour affronter les « grandi » du calcio nazionale, Palerme s'est adjoint les services d'un vieux baron du coaching à l'italienne : Carmelo Di Bella. Arrivé en 1967, Di Bella a mené sa carrière de joueur entre Catane, là où il est né le 30 janvier 1921, et Palerme. L'homme a des principes : la fidélité et l'amour du travail à l'ancienne. Celui que l'on surnomme en Sicile « le magicien du Sud » est un émule d'Helenio Herrera, une variante de son autre pseudo (« le Herrera du Sud »). Voilà qui en dit long sur la tactique adoptée par l'équipe pour son retour en série A : un bon cadenas défensif pour assurer de solides bases arrières. Di Bella est un homme simple aux principes inhérents à sa nature, et le catenaccio correspond à sa mentalité.

Sur le pré malheureusement, la défense sicilienne bâtie autour de la recrue Ivan Bertuolo (qui arrive de Bergame) et des vieux guerriers de la Série B (Franco Landri, Mario Giubertoni et Ido Sgrazzutti) prend l'eau. Les jeunes, comme Franco Causio qui débarque de la Reggina, sont encore trop tendres. Palerme encaisse quarante-cinq buts. Un record pour la saison dont le « Herrera du Sud » se serait bien passé. De quoi passer au mieux pour un « Herrera du pauvre » pour les rigolards qui pouffent également sur l'efficacité des attaquants. Gaetano Troja (photo à gauche) et Sergio Pellizzaro (en provenance de l'Inter. Photo du bas) marquent à eux deux la moitié des buts inscrits (six chacun sur un total de vingt-trois) par le club sur l'année. Avec une défense absente et une attaque bien (rose) pâle, Palermo Calcio termine son exercice à l'avant-dernière place (15ème) avec seulement cinq petites victoires au compteur.


Un tour d'Italie pendant lequel les maillots roses tutoient régulièrement la lanterne rouge, après un départ catastrophique où le club enchaîne quatre défaites consécutives et obtient seulement son premier succès lors de la onzième journée (une victoire 3-0 contre la Sampdoria). Une saison qui ressemble à chemin de croix ou une étape de montagne pour un routier-sprinter. L'élimination prématurée au premier tour de la Coppa Italia n'arrange pas les affaires du sorcier de Catane qui ronge son frein sur le banc, mais touche parfois les étoiles avec ses joueurs. Comme avec cette victoire contre Cagliari, le futur vainqueur du championnat. Un but de Gaetano Troja en fin de première période. Redescendu sur terre, Di Bello constate néanmoins les dégâts et déplore la faiblesse de son équipe qui peine à enchaîner les résultats. Au contraire, les défaites s'accumulent et Palerme termine la saison avec quatre petits points pris à l'extérieur (et seulement seize à domicile).

Une nouvelle fois, le pensionnaire de « La Favorita » retourne en série B aussitôt après l'avoir quitté. En janvier 1971, Carmelo Di Bello démissionne à la suite d'un revers contre la Reggina et retourne chez lui à Catane, c'est bien connu, l'herbe y est plus plane, où il prend dans la foulée les rênes de l'équipe locale. Palerme retrouve encore la Série A au cours de l'exercice 1972-73. Et toujours le coup de l'ascenseur avant la descente aux enfers et la dissolution du club au mitan des années quatre-vingt. Et une nouvelle résurrection.

S.S.C PALERMO 1969-70 by PANINI

Stadium view. HILLSBOROUGH.


Stade : HILLSBOROUGH. 
Lieu : SHEFFIELD. 
Pays : ANGLETERRE. 
Club résident : SHEFFIELD WEDNESDAY. 
Année : 80's.



Les « Hiboux » n'ont pas toujours joué à Hillsborough. Il est arrivé à Sheffield Wednesday de fouler la pelouse de Bramall Lane, l'antre du club rival de la ville : United. C'était à la fin du XIXème siècle. Avant que les dirigeants des « Owls » ne trouvent un terrain du côté du quartier d'Owlerton justement, et que le génial Archibald Leitch ne dessine dans son bureau les premiers plans du futur stade de Wednesday. Le 2 septembre 1899, Sheffield Wednesday pénètre pour la première fois dans sa nouvelle enceinte, à l'occasion d'un match contre Chesterfield. Quatre-vingt dix ans plus tard, le stade de Hillsborough, qui a accueilli la coupe du Monde 1966, est le théâtre d'un drame qui endeuille l'Angleterre, et laisse des traces indélébiles aux habitants de Liverpool.

Le 15 avril 1989, les derniers bus en provenance de Liverpool arrivent en retard, et dégueulent des centaines de supporters des Reds qui ne veulent pas rater le coup d'envoi et se pressent vers les tourniquets. C'est toujours la bousculade avec les Reds, l'un des clubs les plus populaires du pays. Le coup d'envoi entre Liverpool et Nottingham Forest, demi-finale de la Cup, a lieu dans pas longtemps et des milliers d'autres fans ont déjà investi la « West Stand », laquelle accueille les supporters adverses lors des matches de Wednesday à domicile. Celle-ci a d'ailleurs été équipée de grillages depuis peu, comme dans bon nombre de stades anglais, afin de lutter contre le hooliganisme et les envahissements de terrain. A l'extérieur, la Police du Comté ne sait plus que faire avec les milliers de fans qui s'entassent devant les tourniquets, et ordonne l'ouverture d'une autre entrée sans trop réfléchir aux conséquences . La marée rouge s'y précipite et se dirige vers les zones bondées de la tribune ouest, qui provoque un mouvement de foule et les premiers spectateurs comprimés contre le grillage. La rencontre a débuté depuis six minutes lorsqu'elle est interrompue par des spectateurs venus trouver refuge sur la pelouse, alors que se déploie une attaque de Nottingham sur l'aile droite. C'est la dernière action du match. Le reste se passe de commentaires et tient en quatre mots. Quatre-vingts seize morts ! Cinq ans après le drame du Heysel où les supporters des Reds sont impliqués, Liverpool paie à nouveau un lourd tribut au football malgré des circonstances différentes, même si certains ont tenté de faire croire le contraire afin de minimiser les responsabilités de la police dans ce drame.


Trois jours après la tragédie, le tabloïd « The Sun » publie un article à charge - THE THRUTH - contre les supporters de Liverpool, dans lequel le journaliste affirme que les fans étaient ivres et attaquaient les forces de polices et les secouristes. Tous les défunts n'ont visiblement pas le droit de reposer en paix, et les familles des victimes de vivre un deuil décent. Pour beaucoup en Angleterre, le supporter de Liverpool garde cette image écornée de Bruxelles, et en aucun cas la police n'est à mettre en cause dans pareil drame. Sur les bords de la Mersey, on organise la résistance et la réhabilitation de la mémoire, des victimes et leurs familles, par la voie du boycott du journal dans la ville. Quelques années plus tard, l'auteur du papier se confond en excuses, prétextant avoir été trompé par ses sources, dont certaines policières.

Ce n'est que vingt après la tragédie que la vérité sort enfin. Grâce au travail d'une commission d'enquête indépendante qui accable la police dans son rapport final rendu public. Celle-ci a donné de fausses informations à la presse et censuré des témoignages dans le but de faire porter la responsabilité de la catastrophe aux seuls fans des Reds. Or, selon la conclusion du rapport sorti en 2012, « la tragédie d'Hillsborough a été provoquée par une affluence massive, et l'incapacité des forces de l'ordre à gérer la foule ». Dans la foulée, le premier ministre David Cameron demande aussi pardon à Liverpool : « au nom du gouvernement, et du pays tout entier, je veux dire que je suis profondément désolé de cette double injustice, qui est restée en l'état pendant si longtemps ». Justice est rendue et vingt-cinq ans après les faits, pas sûr qu'elle ajoute du baume au cœur aux familles des victimes qui continuent d'honorer la mémoire d'un disparu. Comme Steven Gerrard, dont « la réaction de ses proches l'a poussé à devenir le joueur que je suis devenu ». Le capitaine des Reds avait un cousin, Jon-Paul, dix ans, présent ce 15 avril 1989 à Hillsborough. Il n'en est jamais revenu et demeure la plus jeune victime de cette tragédie.


Sponsor en toc. OLYMPIQUE LYONNAIS (Banga).


« Dans Banga, y a des fruits juste ce qu'il faut » et aussi un peu d'O.L en cette saison 1976-77. Pas trop, un bail d'un an en fait. Un partenariat opportun pour la société Pampryl qui s'invite à la fête des vingt-trois années de présence du club rhodanien parmi l'élite du football français. Presque un quart de siècle, mon cadet, donc ça s'arrose au jus de fruits et on trinque avec les Domenech, Lacombe, Chiesa et leur entraîneur Mémé Jacquet. C'est la nouba en coulisses et sur le terrain, l'Olympique Lyonnais échoue à quelques places d'une qualification européenne (6ème au classement) à l'issue d'un exercice remporté par le F.C Nantes. Dans le derby, malgré un bon nul à Geoffroy-Guichard au match aller, les Lyonnais s'inclinent au retour à Gerland par deux buts à zéro (Larqué et Rocheteau sont les buteurs). « Dans Banga, y avait des fruits verts » et beaucoup trop ce jour-là. Et pas assez d'O.L. Du coup la fête a fait « pschittt » dans les vestiaires !

OLYMPIQUE LYONNAIS 1976-77.
Debout : Delestre, Domenech, Mariot, Viskaino, Jodar, Mihajlovic, Cacchioni, Spiegel, Broissart.
Assis : Marasi, Olio, Paillot, Maroc, Bernad, Chiesa, Lacombe.

Platini tire des coup-francs sur des bouteilles vides.

OLYMPIQUE de MARSEILLE 1971-72.


OLYMPIQUE de MARSEILLE 1971-72.
Debout : J. Zvunka, Kula, Novi, Carnus, J.P Lopez, Bosquier.
Accroupis : Magnusson, Bonnel, Gress, Skoblar, Couécou.

MATCH REPLAY. Le jour où... Gérard Tonnel devînt le premier footballeur au chômage.

Sérieux coup de froid sur la carrière de Gérard Tonnel en ce début d'année 78. C'est même le blizzard. Le 14 janvier, comme tous les matins avant de partir à l'entraînement, le Picard - Gérard est né à Albert dans la Somme - va au courrier et découvre dans la boîte, ô surprise, une lettre recommandée de son club de l'époque : le Stade Rennais. Pas vraiment un bon signe. Un truc qui ressemble à un tacle dans le dos. D'ailleurs le reste, c'est l'ancien buteur du T.A.F qui raconte.

«  J'ai reçu, par courrier recommandé, un avis de licenciement à dater du 20 janvier, explique l'ex-international B (une sélection en 1974). Mais le statut de joueur pro ne prévoit pas une situation de ce genre ». C'est bien normal, car à ce jour, Gérard Tonnel devient le premier footballeur professionnel à pointer au chômage. Dur à avaler pour celui qui n'en démord pas, et crache sur son statut de pionnier. « Mon contrat avec Rennes expire le 30 juin, précise la terreur du stade de l'Aube. Et au terme de la loi, il doit être respecté par le club ». Oui mais voilà, les dirigeants bretons ont décidé de sabrer dans la masse salariale. Le club est en proie à une grave crise économique et doit se séparer des gros salaires. Dont celui de Tonnel. « J'ignore si je touchais le salaire le plus élevé, tempête le joueur. Mais je précise que celui-ci a été déterminé après discussions entre les dirigeants et moi ». Des promesses sans doute, mais quand il n'y a plus d'argent, on économise. Ce que fait le staff rennais en ajoutant l'entraîneur Claude Dubaële et le directeur technique Antoine Cuissard à la short-list. Un coup dur pour notre trentenaire formé à Sedan, dont le dossier s'empile sur tant d'autres aux ASSEDIC.

Le buteur tient à garder la forme malgré un moral en berne. « Je m'entraîne pour l'entretien, concède t-il sans trop y croire. Or, il ne m'est pas possible de trouver de l'embauche à cette époque de l'année, la période des mutations est terminée ». Seul une dérogation du Groupement pourrait changer la donne, mais Gérard ne croit pas au Père Noël. Puis de toute façon, c'est plus la période. « Mon cas ne semble pas émouvoir grand monde » lâche t-il en serrant les dents et ses photos jaunies de l'époque troyenne. Finalement, après six mois de chômage, le Stade de Reims appelle le Picard. Une pige d'une saison au cours de laquelle il ne dispute que les matches de coupe de France (5 matches, 4 buts). L'ancien n'a rien perdu de sa superbe, mais termine sa carrière à Chalons-en-Champagne. Un club qu'il entraîne par la suite et relègue en division inférieure dès sa première saison. Là, c'est Gérard Tonnel qui démissionne...

WAGs RETRO. Sepp Maier und frau Mannschaft.


« Du willst faire prosit afec moi, kleine fraülein ? » Sepp Maier utilise son charme et son sens de l'humour à l'heure de s'envoler pour l'Argentine. La Bavière, Münich et la fête de la bière, sur le cliché le trait est un peu grossi, mais c'est l'occasion pour « Die Katze » de se payer une bonne tranche autour d'une blonde, la bière et la fille sont compris dans le service, et d'évoquer avec une Mireille Darc locale les chances de la Mannschaft de conserver son titre au Mundial argentin. Sans Kaiser ni Bomber. Les fidèles compagnons du portier allemand, en club comme en équipe nationale, ont pris leur retraite internationale, laissant Maier sur le bord de la route. « Je jouerai au football tant que Beckenbauer et Müller pourront me pousser sur le terrain en fauteuil roulant » déclarait-il avec dérision à l'époque. En Argentine, les tauliers du Bayern n'étaient pas derrière lui et la nouvelle génération bâtie par Helmut Schön un peu trop tendre pour marcher sur les traces de leurs aînés, héros du WM 74. L'Allemagne est éliminée par l'Autriche. C'est l'Anschluß à l'envers et l'humiliation. La gueule de bois pour Maier, qui vomit sur le passé et le maillot de madame.