MONTPELLIER-HERAULT S.C 1989-90.


MONTPELLIER-HERAULT
SPORT CLUB
1989-90

En haut : Gérardy (kiné), Jean-Claude Lowitz, Michel Der Zakarian, Julio Cesar, Georges Frèche (maire), Laurent Blanc, Jean-Jacques Nono, Aimé Jacquet (ent.).

Au milieu : Albert Rust, Mr Colombo (inspecteur), Franck Lucchesi, Stéphane Paille, Louis Nicollin (pdt), Eric Cantona, Michel Mézy (dir. gén.), Alain Bonnafous, Jérôme Palatsi.

En bas : Christian Navarro, Jean-Claude Lemoult, Pascal Baills, Daniel Xuereb, Mr Saumade (conseil général), Vincent Guérin, Kader Ferhaoui, Christophe Bentoumi.

BIO EXPRESS DEGRADABLE. Stéphane Paille (1965-2017).

STEPHANE PAILLE.
Il formait un putain de duo avec son pote Canto lors du championnat d'Europe espoirs en 1988. Des deux enfants terribles du football français, il n'en reste désormais plus qu'un seul. Stéphane Paille est décédé ce mardi 27 juin, jour de son anniversaire (il entrait sur ces 52 ans), d'une maladie foudroyante. Sur la touche pour toujours, Stéphane Paille laisse un vide abyssal aux supporters, de bons souvenirs, parfois rock'n'roll, partout où il est passé, notamment son club formateur le F.C Sochaux-Montbéliard.

Quand il fait ses adieux à Bonal au terme de la saison 1988-89, tout le monde s'accorde ou presque pour voir à l'endroit de Stéphane Paille un attaquant d'avenir. Le joueur est un surdoué formé à l'école sochalienne, véritable bastion de futures stars (Stopyra, Anziani, Sauzée...). Les propositions affluent de toute l'Europe, il choisira celle du cœur. Arrivé dans le Doubs en provenance de Thonon, Stéphane Paille intègre le centre de formation et débute en D.1 à 17 ans au cours de la saison 1982-83. Cette même année, il devient champion d'Europe junior et remporte la coupe Gambardella en 1984 avec une équipe dont il est le capitaine et le meilleur joueur sur le pré. Après le départ de Philippe Anziani à Monaco, le néo-lionceau succède à son ancien coéquipier à la pointe de l'attaque sochalienne. Il a 19 ans, marque 15 buts et termine meilleur buteur de l'équipe (1984-85), un titre honorifique qu'il s'adjuge au cours des cinq saisons suivantes. Paille met le feu à la grange et s'ouvre naturellement les portes de l'équipe de France. Le jeune prodige honore sa première sélection le 10 septembre 1986, au lendemain du mondial mexicain, en Islande. Devenu international, Stéphane Paille ne peut cependant éviter la relégation du F.C.S.M en 1987. Un drame pour le joueur qui craint pour l'avenir : « La division 2, c'est pour nous l'oubli garanti, un enterrement de deuxième classe. Sans parler des guets-apens permanents qui nous attendent. » Sochaux sort haut la main de ce traquenard et remonte dans la foulée (1er, 61 pts, 27 victoires, 3 nuls, 2 défaites, 97 buts pour, 17 contre). C'est un récital offensif qui mène par ailleurs les Lionceaux en finale de la coupe de France, malheureusement perdue aux tirs au but contre Metz (1988) . Déçu mais pas touché, Stéphane Paille se rattrape en devenant champion d'Europe avec les espoirs, sacré par ailleurs meilleur joueur français.


Malgré un statut de promu lors de la saison 1988-89, Sochaux garde le même rythme que l'exercice précédent et termine au pied du podium (4ème). Stéphane Paille inscrit 15 buts mais il est temps de partir voir ailleurs. Toute l'Europe est séduite par l'avant-centre doubiste, mais ce dernier opte pour Montpellier afin d'y retrouver son copain du service militaire Eric Cantona. Un mauvais choix qui annonce son déclin. Stéphane Paille reste seulement quatre petits mois dans l'Hérault. Montpellier, avec Aimé Jacquet aux commandes, ne décolle pas et Paille part pour Bordeaux en novembre 89. En Gironde malheureusement, il cire trop souvent le banc et perd sa place en équipe de France. Son compteur reste ainsi bloqué à huit sélections (1 but, contre la Tchécoslovaquie). Stéphane Paille traverse alors les années 90 comme une âme en peine, balloté entre Porto (1990-91), Caen (1991-93) alors qu'il espérait un retour à Sochaux, de nouveau Bordeaux (1993-94) puis des piges à Lyon, au Servette, à Mulhouse et une fin de carrière à Heart of Midlothian (1996-97) en compagnie de l'ancien portier sochalien Gilles Rousset. Une deuxième partie de carrière en dents de scie, à l'image d'un moral bien souvent en vrac à cause d'une vie dissolue, bercée par les excès et les abus artificiels. Une vie d'artiste pour conclure.


LILLE O.S.C 1975-76.


LILLE OLYMPIQUE
SPORTING CLUB
1975-76
1/32è de finale coupe de France vs USM Malakoff

Debouts : Alain de Martigny, Antoine Gianquinto, Serge Besnard, Bernard Gardon, Thierry Denneulin, Jean-Noël Dusé.

Accroupis : Christian Biard, Patrick Parizon, Michel Mézy, Christian Coste, Stanislas Karasi.

LA FICHE DETAILLEE. Patrice Rio.

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La fiche détaillée par les éditions Rencontre Lausanne
PARTICE RIO
- Le fils de Roger  -
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F.C METZ 1975-76.


F.C METZ 1975-76
1/2 finale coupe de France vs Lyon.

Debouts : André Rey, Joël Delpierre, André Coustillet, Joël Muller, Fernand Jeitz, Patrick Battiston.

Accroupis : Patrick Rémy, Claude Hausknecht, André Betta, Hugo Curioni, Nico Braun.

HOLIDAYS IN THE SUN. Nico Braun.


Ah, les vacances à l'inter-saison, le soleil, les nanas qu'on va se foutre jusque-là. Tout un programme pour les footballeurs en villégiature aux quatre coins du globe. Sauf pour Nico Braun, bloqué en Moselle pendant l'été 77. « Je suis resté à Metz chez moi, entame l'attaquant luxembourgeois des Grenats. Je me suis promené, j'ai eu la raison ? ». Mais ça on sait pas Nico, dis-nous pourquoi tu as eu la raison en fait. « Ma femme était enceinte. Depuis la fin juillet, je suis père d'un fils, Gordon. Je n'ai pas pris de vacances, mais je ne regrette rien » lâche le Messin, la mâchoire serrée et les dents qui grincent. Sans trop s'attarder, les journalistes quittent la demeure de l'international made in Luxembourg.
- Bon bah, désolé pour la visite, en espérant ne pas avoir été trop rasoir avec nos questions.
Là, Nico sort la 22, un peu à cran quand même.

F.C UTRECHT 1981-82.


F.C UTRECHT 1981-82

Gardiens :
Jan Stroomberg, Hans van Breukelen.

Défenseurs :
Ton de Kruyk, Ton du Chatinier, Gerard Tervoort, Koos van Tamelen, Herman Verrips.

Milieux :
Frans Adelaar, Wim Flight, Gert Kruys, Ron Steenhart, Jan van den Akker, Gerard van der Lem, Jan Wouters.

Attaquants :
Willy Carbo, Bert Gozems, Jan Monster, Harry van den Ham, Leo van Veen.

Entraîneurs :
Han Berger
Ton du Chatinier (ent. adj.).


DOMINIQUE ROCHETEAU session.


A la veille de la fête de la musique, The Vintage Football Club se penche sur un cas très particulier qui a traversé les années 70-80 sous le pseudo de « l'Ange vert », surnom pas très catchy pour un gars branché sur les amplis Manhattan et le son made in USA. La musique, c'est un mode de vie pour Dominique Rocheteau, bercé depuis sa tendre jeunesse par les pop-songs des Fab Four et qui, au fil des ans, étoffe sa soif de connaissances musicales par le biais de ses voyages à l'étranger, des copains et la lecture de Rock'n'Folk. A l'aube des 80's, l'attaquant bouclé serait presque incollable sur les styles et les genres, à l'image d'un chroniqueur spécialisé, et revient sur sa passion et ses goûts hétéroclites. So Dominique « sonic » Rocheteau.

La musique représente tout pour le footballeur bohème frisé comme Robert Plant. « Je vis constamment avec elle. Et depuis longtemps, avoue t-il pour commencer. Quand j'avais 10-11 ans, c'étaient les BEATLES » poursuit l'ancien vert, influencé par le groupe de Liverpool et sans doute son idole, George Best, un Mancunien surnommé le cinquième Beatles. A l'adolescence, le futur Stéphanois s'encanaille et opte pour le gros son hard-rock. « J'ai été séduit par une musique plus dure, celle de LED ZEPELLIN et DEEP PURPLE ». Dominique Rocheteau trouve dès lors un style capillaire en choisissant la branche dure du rock anglais. Une période cornes du diable qui dure cependant un temps, avant de découvrir une « musique plus évoluée, le country-folk à base mélodique. C'était la musique californienne ». Et des noms qui pleuvent dans la bouche de l'intéressé : AMERICA, POCO, EAGLES ou encore IAN MATTHEWS, un Anglais sous influence California dream. Plus tard, à force de creuser les sillons, ses influences portent plutôt vers JACKSON BROWNE et PAT BENATAR puis vers la new-wave de l'époque avec THE PRETENDERS et Chrissie Hynde en tête de gondole. 

Néanmoins, Dominique Rocheteau ne renie pas les vieux classiques et cite sans ciller BOB DYLAN, GRATEFUL DEAD ou le JEFFERSON AIRPLANE. Paul Kantner, c'est la bière qu'il faut au lointain sosie de Julien Clerc, surtout en période de spleen. « La musique que j'aime entendre est souvent fonction de mes états d'âme, confesse t-il. Je sais qu'après certains matchs de coupe d'Europe avec Saint-Etienne, je ne parvenais jamais à trouver le sommeil et je passais la nuit entière à écouter de la musique ou à taper sur ma batterie. Dès que j'ai pu avoir un peu d'argent, je me suis acheté une super chaîne hi-fi avec d'énormes enceintes. C'est la raison pour laquelle j'ai toujours voulu habiter dans des demeures isolées ». Pour profiter un maximum des décibels, tel un teufeur de l'époque, comme il le faisait dans son chalet de Saint-Héand lorsqu'il jouait à Sainté ou à quinze bornes de Saint-Germain-En-Laye quand il évoluait au PSG.

Le Rock, c'est toutafond !
 (Dominique Rocheteau).

FOOT ROCK AND ROUFLAQUETTES. Jean-Christophe Thouvenel.


JEAN-CHRISTOPHE THOUVENEL.
J.C, c'est le prototype de l'auditeur assidu de Francis Zegut, le défenseur ultime, sur les grandes ondes, du hard-rock en France dans les 80's. Les cheveux raides comme la justice for all de Metallica, Jean-Christophe Thouvenel fait Wango Tango lorsqu'il signe au Paris F.C en provenance de Genève et sa fameuse équipe : la serviette de Geneviève. Un peu trop neutre tout ça pour un gars plutôt porté sur le bandana collé au front comme Axl Rose. A Paris, J.C ouvre grand les cages à miel et se colle une réputation de dur à cuir tendance perfecto. Quelques écarts de conduite sur le pré et de vilains tours entre les murs de la cité plus tard, J.C se retrouve à Bordeaux chez Claude Bez, sa moustache et son château du Haillan. Dans son cabas, J.C a gardé ses cassettes de Manowar, Judas Priest ou Twisted Sister mais en Gironde, le défenseur heavy apprend l'art de vivre et le bon vin. Bien mieux pour la vie en société que les riffs casque à pointe d'ACCEPT, pour lequel il garde cependant une tendresse particulière. La rigueur allemande peut-être.


Sponsor en toc. STADE BRESTOIS (Brittany Ferries).

En 1979-80, la compagnie maritime Brittany Ferries, fondée en 1972, flotte sur le maillot du Stade Brestois. En fait, le partenariat entre le spécialiste du transport de passagers vers l'Angleterre et l'Irlande et l'équipe de la péninsule armoricaine débute en 1977, et court jusqu'au mitan des 80's. Mais durant l'exercice 1979-80, le Stade Brestois navigue dans les eaux territoriales de la D.1. Une première pour le club breton qui mouillait jusque-là dans les divisions régionales avant d'accéder à la D.2 au cours des années soixante-dix. Or, en 1980, Nantes est champion, Monaco remporte la coupe et Brest coule à pic. Les hommes de l'entraîneur-joueur Alain De Martigny ont le mal de mer parbleu ! L'équipe est lanterne rouge au classement final avec une amère sensation de naviguer à vue pendant le championnat. Dans le brouillard, le Stade Brestois affiche en effet quatre petites victoires au compteur et une tripotée de défaites (27). Avec une attaque timide (35 buts) et une défense qui prend l'eau (87 buts encaissés), la note est plutôt salée. Brest retourne illico en seconde classe. Un avis de tempête en quelque sorte du côté du stade Francis Le Blé, lequel retrouve l'élite dès 81 après une année au purgatoire.


STADE BRESTOIS 1979-80

Debouts : Kédié, Kéruzoré, Justier, Boutier, Roch, Leroux, Guennal, Martet.
Accroupis : Goavec, Honorine, Lenoir, Bernard, De Martigny, Letemahulu, Vabec.

Brittany Ferries : des tarifs à se friser les moustaches.

FRANCE-Angleterre 1982.

FRANCE-Angleterre 1982
Debouts : Trésor, Ettori, Larios, Battiston, Girard, Bossis, Lopez.
Accroupis : Rocheteau, Soler, Giresse, Platini.

- 16 juin 1982 -
San Mames. Bilbao. 44.172 spectateurs.
- coupe du Monde 1982 -
Angleterre bat FRANCE : 3-1 (1-1). 
Arbitre Mr Antonio Garrido (Portugal).
Buts : Robson (1ère et 67ème), Mariner (83ème) pour l'Angleterre. Soler (24ème) pour la France.
Remplacements : Rocheteau par Six (71ème), Larios par Tigana (74ème) pour la France. Sansom par Neal (90ème) pour l'Angleterre.
FRANCE : Ettori – Battiston, Lopez, Trésor, Bossis – Larios, Girard, Giresse, Platini – Soler, Rocheteau. Entraîneur : Michel Hidalgo.
ANGLETERRE : Shilton – Mills, Butcher, Thompson, Sansom – Coppell, Wilkins, Robson, Rix – Mariner, Francis. Entraîneur : Bobby Robson.

Allons z'enfants !

- LE MATCH EN PHOTOS -

Air battle against RAF.

Missile Soler.

Battiston, Giresse et Larios vs Robson, Rix and Wilkins.

Angry man (Michel Platini).

- LE MATCH EN VIDEO -


IDENTITE NATIONALE. La fiche Edf de... Jean Petit.


Première sélection ?
Le 8 octobre 1977 contre l'URSS au Parc des Princes. A l'heure où certains prennent leur retraite internationale, j'entame une carrière en Bleu à 28 ans. Il était temps. D'ailleurs, je ne m'attendais pas à cette sélection contre les Popov. Quand Michel Hidalgo m'a appelé, j'ai cru que c'était le KGB qui me jouait un vilain tour. Tout était possible avec eux pour déstabiliser le bloc de l'Ouest !

La der ?
Pratiquement trois ans, jour pour jour, après ma première cape. C'était le 28 octobre 1980 contre l'Irlande, toujours au Parc. J'entre en jeu dans le dernier quart d'heure à la place de Platoche. Du coup, j'me fais tout p'tit sur le pré pour ne pas dépasser le maître.

Fait marquant en Bleu ?
Mon but contre le Luxembourg le 25 février 1979, encore au Parc. Lors de ce match qualificatif pour le championnat d'Europe, j'ouvre le score de la... tête ! Eh, pas si petit que ça l'arsouille.

Anecdote ?
J'ai quand même participé à la coupe du Monde en 78. Pas mal avec si peu de sélections. J'ai même joué le dernier match contre la Hongrie avec une victoire à la clé. Du coup, je suis invaincu en coupe du Monde. C'est ma petite fierté personnelle.

Jean Petit contre la Brésil et la Hongrie.


Suède-FRANCE 1989.

Suède-FRANCE 1989
Debouts : Bats, Sauzée, Cantona, Le Roux, Amoros, Di Méco.
Accroupis : Pardo, Pérez, Deschamps, Ferreri, Papin.

- 16 août 1989 -
Malmöstadion. Malmö. 16.619 spectateurs.
- amical -
FRANCE bat Suède : 4-2 (1-0). 
Arbitre Mr Svi Sharir (Israël).
Buts : Thern (5ème), Lindqvist (63ème) pour la Suède. Cantona (57ème et 87ème), Papin (61ème et 83ème) pour la France.
Remplacements : Ferreri par Blanc (70ème) pour la France. Magnusson par Lindqvist (53ème), Limpar par N. Larsson (67ème) pour la Suède.
FRANCE : Bats – Amoros, Le Roux, Sauzée, Di Méco – Ferreri, Deschamps, Pardo, Pérez – Cantona, Papin. Entraîneur : Michel Platini.
SUEDE : Ravelli – R. Nilsson, Hysen, P. Larsson, Ljung – Limpar, Stromberg, Thern, J. Nilsson – Hellström, Magnusson. Entraîneur : Ole Nordin.

Cantona que l'amour.

- LE MATCH EN PHOTOS -

JPP dribble, passe et marque.

Canto un ton au-dessus.

Sauzée et Pérez sous la flotte suédoise.

Ferreri tente le petit pont.

- LE MATCH EN VIDEO -


S.V WERDER BREMEN 1987-88.


S.V WERDER BREMEN 1987-88

En haut : Pezzey, Kutzop, Bratseth, Votava, Wolter, Sauer, Borowka, Riedle, Ordenewitz.

Au milieu : Berger (masseur), Neubarth, Burgsmüller, Eilts, Rose, Otten, Möhlmann, Kamp (ent. adj.), Rehhagel (ent.).

En bas : Ehrke (intendance), Ruländer, Meier, Burdenski, Hermann, Reck, Hanses, Schaaf.


FINALE COUPE DES CLUBS CHAMPIONS 1985. Juventus vs Liverpool.

- 29 mai 1985 -
Stade du Heysel. BRUXELLES. 58.000 spectateurs.
Juventus bat Liverpool : 1-0.
Arbitre Mr Daina (Suisse).
But : Platini (60ème s. pen.).
Remplacements : Briaschi par Prandelli (85ème), Rossi par Vignola (89ème) à la Juventus. Lawrenson par Molby (2ème), Walsh par Johnston (46ème) à Liverpool.
JUVENTUS : Tacconi – Favero, Brio, Scirea, Cabrini – Tardelli, Bonini, Boniek, Platini – Rossi, Briaschi. Entraîneur : Giovanni Trapattoni.
LIVERPOOL : Grobbelaar – Neal, Lawrenson, Hansen, Beglin – Nicol, Dalglish, Wark, Whelan – Rush, Walsh. Entraîneur : Joe Fagan.


L'horreur. Mais ce mot est-il assez fort pour décrire ce que les spectateurs et téléspectateurs ont vécu ce 29 mai 1985 à Bruxelles. La coupe d'Europe des clubs champions qui fête cette année-là ses 30 ans, l'âge de raison dit-on, s'offre un voyage au bout de l'enfer. Pourtant l'affiche est belle, presque rêvée au goût des observateurs présents au Heysel. Elle oppose la Juve de Platoche aux tenants du titre Liverpool. La coupe à 30 ans, elle est jolie et s'est mise son 31 pour accueillir les deux meilleurs équipes européennes du moment. Seule ombre au tableau, le théâtre des festivités pose question. Comment un stade aussi vétuste (grillage rouillé, gradins qui s'effritent...) a-t-il reçu le feu vert pour obtenir l'organisation de cette finale ? Le Heysel est beau mais vieux, un peu trop, et le stade est plein ce soir-là, comme la plupart des supporters anglais qui ont commencé tôt dans la journée à siffler leur boisson favorite.

Il fait beau et chaud sur Bruxelles ce 29 mai. Malgré l'ambiance bon enfant qui règne dans la ville, les premiers esprits s'échauffent. L'abus d'alcool et la chaleur tapent sur le système des premiers Scousers éméchés, dont certains sont devenus des spécialistes du vol de produits de luxe à travers leurs nombreux déplacements en Europe. Des incidents éclatent ci et là, une bijouterie est vandalisée autour de la Grand-Place. Mais le cœur est encore à la fête, veut-on croire, surtout chez les forces de l'ordre et les organisateurs. Autour du stade, les supporters des deux équipes, mélangés, flânent sur les pelouses, échangent des maillots de leur club, se chambrent aussi. A l'heure de l'ouverture des portes, cependant, la tension monte. Les Reds, prennent place en tribunes X et Y. D'autres, sans billet, transpercent les grillages et les murs de l'enceinte pour pénétrer dans le stade. Il règne une atmosphère d'anarchie d'autant que les forces de l'ordre sont trop peu nombreuses pour juguler une foule anglaise imbibée de bière.

Autre problème majeur, la tribune Z, censée être neutre, est envahie par les Bianconeri. Les supporters de la Juve ont, en effet, achetés leur billet dans ce secteur par le biais de la communauté italienne de Belgique. Seuls une poignée de gendarme et un pauvre couloir de sécurité séparent Italiens et Anglais. Une heure avant le début de la rencontre, les premiers incidents éclatent. Les Anglais chargent le bloc Z. Les tifosi répliquent et devant ce flux et reflux, le « cordon de protection » éclate. Les supporters de Liverpool, plus aguerris aux batailles des terraces, redoublent alors de violence et compressent littéralement les Italiens, paniqués, qui se réfugient à l'extrémité de leur bloc. Piégés par un muret et les grilles fermées qui séparent les gradins de la piste d'athlétisme, les fans s'entassent les uns sur les autres. Les policiers présents sur la pelouse repoussent même à coups de matraque ceux qui tentent de sauver leur peau. Sous cette pression humaine, les protections finissent par céder et entraînent dans leur chute des centaines de spectateurs écrasés, piétinés, étouffés par la marée venue du haut des tribunes.

Le bilan est lourd. Au fil des minutes, le nombre de blessés augmente. Puis on parle de morts. Un, deux, puis très vite une dizaine. On relève finalement 39 cadavres et plus de 400 blessés. Pour ne pas empirer une situation déjà catastrophique, les organisateurs (en accord avec les dirigeants de l'UEFA et du staff de Liverpool) décident de faire jouer le match. On sacrifie ainsi la mémoire des victimes sur l'autel de la sécurité des spectateurs, afin d'éviter la guerre dans la ville en cas de report. La rencontre débute avec une heure de retard sur l'horaire. Elle ne ressemble à rien. Michel Platini, unique buteur de la partie sur un pénalty imaginaire, donne la victoire à la Juve et devient par ailleurs le second joueur français, après Raymond Kopa, à soulever la coupe aux grandes oreilles. 


Une coupe malheureusement tâchée de sang, qui n'a pas de valeur, pas même pour la presse italienne qui titre sur l'horreur au lendemain de la finale : « Massacre pour une coupe » (Corriere della Sera), « Massacre à Bruxelles » (La Gazzetta dello Sport), « Tragédie au stade de Bruxelles » (La Stampa), « Carnage au stade de Bruxelles » (Giornale di Brescia). Le mensuel Guerin Sportivo ose même un « Olocausto » en Une. L'effroi, le dégoût, la honte s'emparent de toute l'Europe. C'est « La finale de la mort » pour Marca tandis que The Mirror affiche un « Wanted » avec photos de supporters recherchés par la police anglaise. En France, on parle de « Football assassiné » dans L'Equipe et Le Parisien n'hésite pas, un doigt vengeur « Les salauds du foot les ont tués » ! France Football laisse carte blanche à Blachon qui représente un joueur, comme décapité, lequel soulève un cercueil aux grandes oreilles. Il y a comme quelque chose de brisé ce soir-là : pour Platini, pour les amoureux du foot, dont moi du haut de mes 14 ans, incrédule devant ma télé.