MARIO ALBERTO KEMPES. Le buteur de Argentina 78.

Il est beau, il est grand et il est fort, a du poil sous les bras, et porte parfois la moustache (pas ce qu'il a fait de mieux dans sa vie mais bref). Mario Alberto Kempes, deux années de suite meilleur buteur de la Liga (1977 et 1978), arrive à la coupe du monde dans son pays en étant un peu contesté malgré ses titres de pichichi (pas dans sa caisse mais celles des gardiens adverses). Le gaillard joue en Espagne, au FC Valence, depuis quelques années (1974) et les Argentins, ils aiment pas trop ça à l'époque. Kempes est un exilé, le vilain. D'ailleurs, c'est avec le n°10 dans le dos qu'il est sélectionné pour le mondial, et non avec le n°9. Preuve que l'avant-centre argentin doit faire des concessions et se tenir à carreaux s'il veut jouer. Son début de coupe du monde est d'ailleurs très timide (aucun but marqué lors du 1er tour), mais la machine s'emballe à partir du match contre la Pologne lors du second tour. Le bel hidalgo inscrit un doublé et prend dès lors un abonnement pour cette formule. Il réitère contre le Pérou dans un match plus que décisif pour l'Argentine - une qualification en finale en vue - et inscrit encore deux buts lors de cette même finale contre la Hollande, qui en fait le héros du match et de toute une patrie. Le peuple est ainsi. Versatile. La coupe du Monde de Kempes se résume donc à 6 buts en 3 matchs. Suffisant pour se mettre le public dans la poche et retourner en Espagne avec l'esprit du devoir accompli et glaner encore un ou deux titres là-bas (une coupe du Roi en 1979, une C2 en 1980 et une super coupe d'Europe la même année). Heureusement qu'il dormait avant, sinon il aurait pèté un score là, et Gerd Müller de trembler (Just Fontaine aussi, mais lui il est intouchable).

Kempes est content. Il court sur une pelouse en papier.

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