MAI 1976. Une marée verte à Glasgow.

Les Verts à Hampden Park.
Si les Verts ont perdu sur le terrain la finale de Glasgow, au moins ont-ils largement gagné le match des tribunes du vieux Hampden Park. « Glasgow […], ce fût le Lisbonne ou le Milan des finales 1966 et 1970, emporté par un tourbillon populaire qui vous transforme une ville en un véritable carnaval de football, s'extasie Jean-Philippe Rethacker, envoyé spécial de Football Magazine, noyé sous une marée verte. Pendant quarante-huit heures, toute la ville fut peinte en vert, agitée jour et nuit par des soubresauts, des cris et des chants. Pas une rue, pas un pub, pas un magasin sans une écharpe ou sans un drapeau vert. On se serait cru à Wembley pour une finale de la Cup ». En 1976, la mode est au vert . Les habitants de la ville ont d'ailleurs pris fait et cause pour les Stéphanois. Même la presse. « Ils sont sympas ces Français » titre une journal local à la veille de la rencontre, « Go on, the Greens ! » balance en Une un autre. Glasgow est sous le charme des supporters français qui apportent de la joie et de la fantaisie dans les rues.

Et dans les gradins aussi, comme en témoigne un journaliste sur place. « L'exaltation à Hampden Park faisait littéralement chavirer la raison dans un tourbillon d'acclamations et de ALLEZ LES VERTS à l'unisson, écrit-il dans les pages de Foot Supporter Magazine. Pas une fausse note dans ce public ardent et fidèle, d'amis écossais et de fervents français de l'ASSE ». 10.000 ? 15.000 ? 20.000 ? 30.000 ? On ne sait pas trop du côté de la police locale, ni des manifestants. Trop nombreux en tous cas au goût des Allemands choqués par l'accueil. A Hampden Park, ils sont 80.000 contre eux ! Tous armés de trompettes, casquettes, t-shirts, maillots, sous-pulls et autres gadgets pour vaincre la grosse artillerie du Bayern. C'est une véritable invasion que l'on commente amèrement de l'autre côté du Rhin. La presse germanique jalouse également l'effervescence provoquée par les fans stéphanois. Sabotage !

Des artistes de la petite reine.
Par les airs, par la mer, les dirigeants de Saint-Etienne ont levé une véritable armée pour se rendre en Écosse. Une troupe de volontaires qui laisse les moins chanceux sur le carreau. Cette finale est un succès populaire à Sainté. « Quand je me suis présenté au stade Geoffroy-Guichard pour acheter un ticket, tout est déjà vendu m'a-t-on répondu avec surprise, lâche un supporter déçu. La ruade avait été authentique. Les guichets, ouverts le 26 avril à 14 heures, avaient dû fermer le lendemain à midi. 20.000 places vendues en moins de 24 heures. Un record ». D'autres, plus malins, utilisent la débrouillardise pour ne pas rater l'événement. Par la route et... à vélo. C'est le cas de deux fadas que rien n'arrête. André Zins, à la suite d'un pari, enfourche sa bicyclette depuis son village de l'Ain le samedi 24 avril. Paul Chomel prend sa roue le lendemain en partant de l'Ardèche. A leur arrivée à Glasgow, immortalisée par une photo sur la pelouse d'Hampden, le président Roger Rocher offre un billet et un repas avec les joueurs pour le premier, et une journée en compagnie de l'équipe stéphanoise, la veille de la finale, au second. La chance sourit aux audacieux qui, pour certains, déboulent de la France entière. « T'es d'où toi ? De Brest... Moi, de Lille... Et lui, de Marseille, peuchère. » Les journalistes du Progrès révisent leur géographie avec toutes ces provinces françaises venues encourager les Verts. Saint-Etienne, c'est la France. Et pour les Stéphanois, Glasgow c'est Sainté, comme le remarque un fan observateur : « C'est fou, toute la ville est pour nous. On se croirait à Saint-Etienne. » C'était il y a 40 ans, une autre époque.


- LES VERTS A GLASGOW EN PHOTOS -


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