MATCH REPLAY. Le jour où... Le Paris Football Club relance le tournoi de Paris.

Dans les années cinquante-soixante, de 1957 à 1966 pour être plus précis, le tournoi de Paris était une institution dans la capitale. C'était l'occasion, pour le public parisien, de venir voir et découvrir les grandes équipes sud-américaines, le Santos de Pelé ou Vasco de Gama, se frotter aux cadors européens comme Benfica et sa perle noire Eusebio, le Milan A.C de Cesare Maldini, Anderlecht ou encore le grand Real de Di Stefano. Une sorte de mondial des clubs dans un Parc des Princes ancienne formule et dans son jus. C'est l'heure des duels homériques entre le Racing et le Stade de Reims, le clasico de l'époque sans les caméras de Canal +.

Au mitan des 60s, le Racing Club de Paris entraîne toutefois le tournoi dans sa chute. La situation économique du club, descendu en deuxième division en 1966, est dans un état catastrophique. Le club abandonne l'idée d'un plateau international réunissant les stars du football sur le carré du Parc. D'ailleurs à Paris, il n'y a plus rien depuis la mésaventure des Pingouins. Mais au début des années soixante-dix, l'idée de relancer l'événement germe dans l'esprit des dirigeants du Paris Football Club. Ces derniers prennent date pour les 5 et 7 juin 1973. Avec du spectacle sur la pelouse selon le vœu du staff parisien, grand manitou de l'épreuve, qui intervient au chevet du rendez-vous estival des amateurs de ballon rond dans la capitale. « Il importe surtout, d'après Mr Sevestre, membre du board du PFC, que les formations aient des styles opposés. L'intérêt des matches ne peut qu'y gagner. Le choix des quatre équipes est en fait très important. » C'est pourquoi à la surprise générale, en accord avec son équipe, il choisit Feyenoord, le Bayern de Münich et l'O.M pour cette édition relookée 70s, dans un Parc des Princes flambant neuf. Un choix surprenant pour un tournoi 1973 à but caritatif, dont la recette servira à remplir les caisses de l'association pour le développement de la recherche sur le cancer. Les dirigeants du P.F.C ont-ils oublié que le succès des éditions précédentes reposait justement sur la présence de formations sud-américaines ? Feyenoord Rotterdam, vainqueur de la coupe des clubs champions 1970, est depuis le sparring-partner de l'Ajax et son génie Johan Cruyff. Le Bayern n'a pas encore cette aura sur le plan européen, et l'O.M manque de tonus cette saison. L'affiche attire tout de même 52.000 spectateurs sur les deux soirées. Un bilan certes honorable sur le plan comptable, qui laisse cependant perplexe sur le plan du jeu.

Raymond Kéruzoré et Antoine Kuzowski au tournoi de Paris 1973.

Le 5 juin, en match d'ouverture, l'O.M s'incline devant Feyenoord (2-3) malgré les efforts de Keita, Skoblar et Kéruzoré. Un résultat logique pour une équipe sur le déclin depuis son doublé coupe/championnat acquis la saison précédente (1972). En prime-time, le Bayern corrige sans surprise Paris F.C (4-0) au cours d'une rencontre à sens unique. L'occasion de mettre à l'essai, côté parisien, un jeune défenseur nommé Rolland Courbis... formé à l'O.M. Le match des perdants revient au P.F.C. Le 7 juin, l'équipe au maillot orange harcèle Marseille (4-2) et sauve l'honneur de la capitale. L'O.M joue petit et Courbis fait des merveilles. Le P.F.C fait le forcing pour obtenir sa signature, mais l'ex-olympien file au Pirée dans la foulée. La finale oppose Feyenoord au Bayern. Une rencontre équilibrée qui file jusqu'au temps réglementaire sans la moindre trace de spectacle sur le pré (1-1). Les Bavarois ont quand même raflé un chèque de 16 millions d'anciens francs pour sa participation à l'épreuve et assurer la kermesse. Les Hollandais s'imposent finalement aux tirs aux buts (5-4). Sans vraiment convaincre le public, déçu de la performance de Beckenbauer et ses coéquipiers, ni les spécialistes, dubitatifs à l'annonce de l'affiche du tournoi, pas plus que les dirigeants du Paris F.C. « Si la finale de cette année n'a pas répondu tout à fait aux souhaits des spectateurs, concède Mr Sevestre ennuyé, c'est parce qu'il s'agissait de deux équipes pratiquant, à quelques variantes près, le même football. D'où une certaine monotonie, dans la mesure où elles ne sont pas décidées à livrer toutes les facettes de leur talent. » Décidés à poursuivre l'expérience, les dirigeants parisiens sont prêts à revoir leur copie, et apporter des améliorations, afin que le tournoi retrouve son lustre d'antan. A commencer par inviter des équipes de tout premier plan. « Comme Ajax et Santos, relève Football Magazine, afin d'offrir un grand spectacle. » L'année suivante, le tournoi de Paris disparaît du calendrier avant de revenir en 1975, à l'initiative de Daniel Hechter et du Paris SG.

FEYENOORD - TOURNOI DE PARIS 1973
Debout : Reitsma, Israël, Schneider, Boskamp, Vos, Van Hanegem.
Accroupis : Schoenmaker, Ryspergen, De Jongh, Kristensen, Ressel.

BAYERN MÜNCHEN - TOURNOI DE PARIS 1973
Debout : Beckenbauer, Roth, Schwarzenbeck, Müller, Krauthauser, Breitner, U. Hoeness.
Accroupis : Hoffmann, Zobel, Maier, Durnberger.

1 commentaires:

  1. Kéru à l'OM... Et une question : pourquoi ?

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