F.C NANTES 1976-77.


F.C NANTES 1976-77
- Champion de France -

Debout : Bertrand-Demanes, Bibard, Michel, Van Straelen, Fenillat, Triantafilos, Bossis, Steck.

Au milieu : Lacombe, Denoueix, Baronchelli, Bargas, Rio, Desrousseaux, Sahnoun, Tusseau.

Assis : Jean Vincent (ent.), Pécout, Vendrely, O. Müller.

BIO EXPRESS DEGRADABLE. Georges Van Straelen. (1956-2012).

GEORGES VAN STRAELEN.
Au moment où les Canaris semblent se remplumer au premier tiers du championnat de Ligue 2, c'est dans la tristesse que le F.C Nantes entame sa résurrection, pleurant tour à tour les disparitions de Michel Pech (décédé le 20 septembre 2012) et de George Van Straelen ce vendredi (26/12), juste avant le week-end qu'il occupait en général à la pratique de la bicyclette. Né à Lorient avec un nom de vieux routier flahute, Georges enfourche d'abord un vélo dans sa jeunesse avant de préférer le football et d'intégrer les rangs du F.C Lorient. Une intégration et une ascension rapides chez les Merlus, sous les ordres de son mentor Yvon Goujon, conduisent le « petit prodige élastique » à rejoindre le grand club local : le F.C Nantes et la jeune pépinière de Coco Suaudeau. Van Straelen a quatorze ans et se comporte comme un grand. Il décroche son BEPC, n'en finit pas de gravir des étapes en club (international scolaire, cadet) et remporte la Gambardella à deux reprises (1974 et 75), la seconde avec le brassard de capitaine autour du bras. Il est temps de se jeter dans le grand bain. Georges Van Straelen débute en D.I chez les pros le 9 septembre 1975 à Nancy. En fin tacticien, José Arribas flaire le bon coup et ramasse le jackpot. Son protégé offre le point du nul aux siens en répondant à un but de Platini. Une semaine plus tard, pour sa première à Saupin, c'est encore lui qui donne la victoire au F.C.N sur Bastia (1-0) en marquant à 5 minutes de la fin. Van Straelen gagne une place de titulaire (20 apparitions) avant qu'une blessure ne l'éloigne du terrain. La saison suivante, obligé de répondre à ses obligations militaires au Bataillon de Joinville, le jeune nantais apparaît peu sur la feuille de match mais participe quand même à la conquête du seul titre de sa carrière, le championnat de France 1977. « Comment pourrais-je me passer d'un élément aussi précieux pour l'équipe ? » interroge le technicien nantais Jean Vincent au sujet de son poulain qu'il laisse partir à Bordeaux l'année d'après. Van Straelen signe en effet aux Girondins pour 3 ans (1978-81). Pour fuir la concurrence de l'effectif breton, riche en éléments talentueux, et devenir un titulaire indiscutable à son poste. Un projet contrarié par l'arrivée de Tigana en Gironde (1981) qui pousse à nouveau le Breton vers la sortie et revenir sentir l'air du pays du côté de Brest. Suivent d'autres voyages - comme si George accomplissait son rêve de gosse de participer au Tour - et de nouvelles étapes à pointer sur la carte. Toulouse ( de 1982 à 84) et Strasbourg (de 1984 à 86). Van Straelen boucle sa (grande) Boucle à Lorient, sa vie natale, à la fin de la saison 88. Un dernier tour pour l'honneur et une manière de rendre hommage à son père, champion cycliste de Belgique que la Guerre mit brutalement fin à une carrière en plein essor. Georges Van Straelen s'est définitivement échappé, emporté par un cancer des poumons. Il en avait trois sur la pelouse mais la grande faucheuse est passée par là. C'est oublier que l'homme était aussi discret, simple et fair-play. Un Juste injustement parti trop tôt à 55 ans.

ITALIE 1978.


ITALIE 1978 - Coupe du Monde -
Allemagne-ITALIE
- 14/6/1978 -
Debout : Benetti, Rossi, Bellugi, Zoff, Bettega, Gentile.
Accroupis : Causio, Cabrini, Scirea, Antognoni, Tardelli.

FAN PICS. Juventus.

Des bagnards tentent de s'échapper de leur prison.
- saison 1982/83 -

A l'affiche ce soir... DINO ZOFF vu par SLip.

S'il était entraîneur, SLip imposerait le marquage à la culotte à ses défenseurs. Mais l'artiste n'est pas sur le banc. Son tableau noir, c'est plutôt la feuille blanche sur laquelle il couche sa vision du football et son Histoire, en mettant à l'honneur les plus grands joueurs, les matches du siècle et les clubs de légende. A l'affiche ce soir... DINO ZOFF.


BIO EXPRESS DEGRADABLE. Roger Jouve.

ROGER JOUVE.
Un nom à fouler la pelouse du stadio Comunale sous le maillot bianconero. Mais finalement, Roger Jouve de Turin (il est de Marseille en vérité) a porté d'autres rayures au cours de sa carrière. Celles de l'OGC Nice. En rouge et noir, Roger affiche son cœur, va plus haut que toutes ces montagnes de douleur (les blessures) sans trop ramener de trophées à la maison. Ses luttes, ses faiblesses qui font tâches sur le palmarès du joueur, monstre de régularité sur le pré (327 matches de D.I) et de dévouement à son club. Roger Jouve reste fidèle aux Aiglons pendant 13 ans. Plus d'une décennie à souffrir le martyr, suer sang et eau sur le pré pour rien. Titre(s) : non-acquis. Dur sur le bulletin, et pourtant il a croisé du beau monde sur la Côte le Jouve pendant son séjour niçois. Adams, Huck, Guillou, Baratelli, Katalinski, Bjekovic, Daniel Sanchez et une grande tablée pour accueillir les autres. Du gros sur le papier mais la réalité du terrain est autre. Dans les 70's, l'OGCN est l'éternel outsider qui rate toujours la dernière marche. N'est-ce pas Roger (Jouve) ? Las, l'international aux sept sélections (la première contre la Grèce le 8 septembre 1973) quitte la maison niçoise sur un ultime échec, collectif et personnel, en finale de la coupe de France 78 contre la jeune génération nanciénne : Platini, Rouyer, Moutier, les coups-francs, jamais raplapla. Ras le bol du pays, c'est marre la défaite. Roger a trente ans et espère gouter aux joies du succès au moins une fois dans sa vie. Le rouge et noir, c'est aussi le drapeau de ses colères. De la déveine aussi. La poisse et la lose, ça lasse son homme. « Je crois que j'avais fait mon temps à Nice, entonne Jouve sans trémolos dans la voix. Il fallait que je change d'air ». Mais au lieu d'aller chez le coiffeur, Roger rejoint Strasbourg et son mentor Gilbert Gress, en grande forme capillaire à l'époque. Avec son prof à lunettes aux commandes, le Racing est en état de Gress et remporte le titre à la surprise générale (1979). Le premier est le plus beau a t-on coutume de dire chez les joueurs. Pour Roger Jouve, ce sera le seul. Celui qui récompense la carrière d'un homme d'honneur, un pilier du championnat de France des seventies, droit dans sa tête et ses crampons, toujours prêt à partir au front et batailler sur tous les terrains. Un type à l'ancienne, avec une autre mentalité. Une sorte de dinosaure du foot français comme on en fait plus. Quand même, la Jouve, Roger...

Roger Jouve. Un homme qui n'a pas froid aux dents.

IDENTITE NATIONALE. La fiche Edf de... Francis Piasecki.


Première sélection ?
Heu, si c'est pour se foutre de moi, c'est vraiment pas sympa. Déjà que je ne compte pas beaucoup de sélections. C'était à Luxembourg le 7 octobre 1978, au Grand Duché, sur la pelouse du stade municipal du patelin, comble pour l'occasion. 12.000 Luxembourgeois chauds comme des marrons pour voir les Bleus tomber dans un traquenard. En face, y a du beau linge : Hubert Meunier, le poumon de l'équipe, son moulin bat trop vite. Camille Neumann, l'homme du renouveau et Nicolas Rohmann, le pompier de service, celui qui éructe ses ordres sur le pré. Pour ce match aller de qualification au championnat d'Europe 80, Jean-François Larios honore également sa première sélection. Avec Dropsy, Jouve et Gemmrich, tous Strasbourgeois, je ne me sens pas top intimidé pour mes débuts chez les Tricolores. Puis oh, hé, c'est à Francis que tu causes là. Cisco quoi ! Et une victoire au bout (3-1), en marchant pendant 90 minutes.

La der ?
Bah au match retour en fait, quatre mois plus tard (25 février 1979). Vraiment, merci pour la considération Mr Michel Hidalgo. Je ne digère toujours pas. Rien à signaler en particulier. On torche le Luxembourg (3-0), en marchant un peu plus vite, mais on est quand même éliminé. Eric Pécout débute en Bleu et moi, je suis remplacé par Larios à l'heure de jeu.

Fait marquant en Bleu ?
A dire vrai, tu me poses une colle là. Pff. Ah si, un jour Platini m'a dit « Eh Piasecki, fais-moi une passe ». Alors, je lui ai fait la passe. Il était content. Et Maintenant quand il me croise dans la rue, il me calcule même pas, 'tain merde. Bonjour la considération encore une fois !

Anecdote ?
Nan, en fait je déconnais pour Platoche. Pour tout dire, je ne jamais joué avec lui chez les Bleus. On était deux pour le même poste, donc je ne te fais pas de dessin, hein. Mais à part ça, je vais bien. Je suis juste le loser de la génération Platini. Saleté d'époque.


R.C STRASBOURG 1978-79.


R.C STRASBOURG 1978-79

De gauche à droite : 
Wagner, Tanter, Deutschmann, Duguépéroux, Ehrlacher, Gemmrich, Jouve, Novi, Domenech, Piasecki, Marx, Specht, Vergnes, Dropsy.

Le dico argot-foot du professeur Migeon. (Part 13).


Gérard Migeon traîne une drôle de réputation sur un terrain. Considéré comme un cave dans ses bois, le prince de la toile est un cador des vestiaires. Un fondu de la langue française qui travaille à la craie. « La Mige », son surnom dans la famille du ballon rond, connaît tout des rouages du football: ses vertus, ses vices et les petites formules qui fleurissent au ras du gazon. Le « Titi parisien » de Longjumeau décrypte et flingue le dictionnaire du foot, celui du temps des grandes heures, sur le tableau noir. Avec sa gouaille et sa moustache malhonnête, notre fine gâchette prend la plume et passe au vitriol les expressions du milieu. Et faut reconnaître, c'est du brutal ! Avis aux non-initiés.

DECROCHER LA CARAVANE:
Se dit d'un joueur qui a du mal à démarrer.
  • « J'ai peut-être du mal à démarrer mais quand j'y suis, Giresse ». (Luis Fernandez, le pitre de l'équipe de France à Mexico 86).
  • « Perso, je préfère décrocher lune. C'est mieux comme rêve ». (Bernard Mendy, le roi du centre au troisième poteau).
  • « Décrochez la caravane ?!!!?? Faîtes pas les cons les gars, on est d'dans ». (Les Gipsy King, en choeur et en guitares).
  • « Heu, ça veut pas dire faire caca, ça ? » (Francesco Totti dans son livre de blagues).
- Le cas en image -

- Bon, j'ai la moustache, le jean spécial jambes XXL, la Taunus et la bonne vieille Roller. Mais bon, y avait pas assez de place pour elle sur la photo.
- Ronald Spelbos avant son départ en vacances dans le Sud de la France -

CHINE 1979. (Celtic-China programme 8-8-1979).

CHINE 1979.
A l'occasion de la tournée de l'équipe asiatique en Grande-Bretagne. Des rencontres amicales contre West Bromwich Albion (0-4), Middlesbrough (0-2), Celtic (1-6) et Chelsea (1-3).

CELTIC-CHINA PROGRAMME - 8/8/1979 -


MAILLOT DE LEGENDE. Chine.

Force rouge comme le petit livre qui accompagne les joueurs de la sélection de la République populaire de Chine. Une équipe révolutionnaire qui tente d'exister, par ses principes et son sens tactique, au sein de la FIFA. En 1982, la petite armée - onze bonhommes bien disciplinés et aguerris aux batailles anti-impérialistes - livre le combat de sa vie. Une qualification pour la coupe du Monde en Espagne face à la Nouvelle-Zélande. Deux équipes, un match de barrage pour un seul visa. Presque une question d'honneur pour la délégation chinoise qui part à Singapour, en terrain neutre, le couteau entre les dents et la photo de Mao au fond de la poche du short. Malgré sa bonne volonté, la Chine s'incline (1-2) et laisse les « All Wight » découvrir un autre Monde, le football de haut niveau. Déshonorés après cette défaite, la plupart des joueurs se tournent vers le ping-pong et retrouvent leurs principales activités : les études pour la majorité et le travail à l'usine pour les autres. C'est de là que partent les premiers conflits en général et les grand bouleversements socio-politiques. Et sur le tableau noir, mille fois tu méditeras sur les schémas tactiques et l'art du contre-pied. La révolution dans le foot a ses limites et ne goûte guère aux contrefaçons.

Liu Li Fu. Un Chinois pas commode avec un ballon.

MATCH REPLAY. Le jour où... La Chine visite les USA.

CHINE 1977.
Usa-CHINE 
- Tournée US du 6 au 16/10/1977 -

En Chine, football se traduit par Tsu-Chio. Un mélange de choux et de petit chien. Une recette basique que les Américains vont devoir apprendre à cuisiner à l'automne 77. Au mois d'octobre de cette année punk, une armée de vingt-cinq Chinois envahit les States. Une attitude un peu « no future » et guerrière du commando asiatique qui ne ressemble pourtant pas à une provocation politique, ni une volonté de semer le trouble entre les deux blocs. La délégation chinoise - composée de dix-huit joueurs, deux interprètes et cinq membres du staff - est en fait la sélection nationale de football débarquée aux USA dans le cadre d'une tournée préparatoire au « tournoi asiatique », une compétition majeure sur le Continent, qui doit se dérouler l'année suivante (1978) en Thaïlande.

- Hello, face de citron !
- Honorable Yankee !
Les capitaines Hsiang Heng-Ching (Chine) et Al Trost (USA).

Un drôle de choix tout de même pour préparer dans des conditions optimales un tel évènement, en terre hostile et impérialiste, qui répond cependant à un accord de principe entre les deux pays et la visite quelques mois plus tôt du New-York Cosmos en République populaire chinoise. Un échange de bons procédés en quelque sorte. Un donné pour un rendu sans équivoque comme le confirme le secrétaire général de la Fédération Chinoise de Football Yang Hsiu-Wu. « En venant en Chine, lance le boss de la Fédé, le Cosmos nous a fait prendre conscience de l'impact du football aux Etats-Unis. C'était la promotion du soccer américain. Quant à notre venue ici, elle découle d'un même besoin d'information et d'expérience pour une équipe toute nouvelle ». Et jeune. La formation chinoise affiche une moyenne d'âge de 23 ans et veut apprendre du Monde. Par exemple sur le professionnalisme et les salaires ronflants de la NASL, et sur le plan technico-tactique selon la version officielle. Une visite très pacifique en tous cas, les joueurs partagent leur repas au self un soir, placée sous le signe de la tolérance entre les peuples, si différents soient-ils. Décidément, il n'y a que dans le sport et le football en particulier où l'on peut réunir des ennemis idéologiquement farouches. Un vrai message de paix et une manière d'agiter le drapeau blanc en citant presque du Courbertin un peu saké. « Ce qui compte, récite Yang Hsiu-Wu, c'est l'amitié. La compétition vient ensuite ».

Des Chinois de la CIA avec des ballons.

Enfin, ils sont quand même venus pour ça et la tournée, organisée avec minutie, mène la délégation chinoise aux quatre coins des States. A Washington, New-York, Atlanta, Tampa Bay et San Francisco. Des destinations de choix pour affronter Cosmos (1-1) et Rowdies (2-1) et la sélection US à trois reprises. Une opposition symbolique qui se termine néanmoins à l'avantage des Américains. Deux victoires (1-0 et 2-1) et un match nul (1-1). La Chine tombe sur os mais repart avec des images et des idées plein la tête afin de préparer l'avenir. « Seul le travail et les échanges nous feront progresser », l'entraîneur Chang Hung Ken, un peu Foufou, songe déjà à sa prochaine destination. Les voyages, ça forme la jeunesse. Et en Chine, on apprend vite.

Repas collectif à la cantine.

POLOGNE 1974.


POLOGNE - WM 74 -
Argentine-POLOGNE.
- 15/6/74 -
De gauche à droite : Maszczyk, Gadocha, Musial, Lato, Szarmach, Kasperczak, Szymanowski, Zmuda, Gorgon, Tomaszewski, Deyna.



A l'affiche ce soir... ZBIGNIEW BONIEK (par SLip).

S'il était entraîneur, SLip imposerait le marquage à la culotte à ses défenseurs. Mais l'artiste n'est pas sur le banc. Son tableau noir, c'est plutôt la feuille blanche sur laquelle il couche sa vision du football et son Histoire, en mettant à l'honneur les plus grands joueurs, les matches du siècle et les clubs de légende. A l'affiche ce soir... ZBIGNIEW BONIEK.


FK RADNICKI NIS 1980-81.


FK RADNICKI NIS 1980-81.


FAN PICS. FK Radnički Niš.

Un gars qui sort de l'hôtel-restaurant avec la serviette encore autour du cou.
- (80's) -

FOOT ROCK AND ROUFLAQUETTES. Dragan Pantelić.


Dragan Pantelić.
Le loulou en question est né dans les noisettes, Lešnica en fait, la traduction française du patelin serbe où il commet ses premiers méfaits. Faut dire aussi que Dragan Pantelić une gueule de pôle emploi : des cheveux gras comme du gazon par temps de pluie, des rouflaquettes huileuses qui longent ses grandes cages à miel, et un bouc de bandit des Balkans. Un look de biker tchetnik parti en résistance contre le conformisme et les bonnes mœurs du football au pays de Candy. En Yougoslavie, traduisez par Tito. D'ailleurs, Dragan ne fait rien comme les autres. Portier (presque) inamovible de Radnički Niš (1971-81), il prend pour fâcheuse habitude de tirer les pénos, volant ainsi la vedette aux attaquants de son équipe. Pantelić est un frontman et inscrit vingts buts dans sa carrière, dont deux avec la sélection nationale. On est jamais aussi bien servi que par soi-même. Tournée générale pour tout le monde, c'est Dragan qui rince. Et qui trinque aussi, lors de son passage en France chez les Girondins de Bordeaux. Le dragon déboule sur les bords de la Garonne avec une image d'aboyeur au sang-chaud. Bonne pioche. Il se prend la tête un soir avec un arbitre et le secoue un peu, histoire de lui montrer qui est le vrai patron sur le pré. Il prend un an de suspension. Le Yougo plie bagage et retourne chez lui avec le scalp de l'homme en noir pour retrouver son championnat national. De niveau D4 comme le groupe qu'il écoute en boucle avant de pénétrer sur la pelouse. Motherfucker, Dragan is not dead.


PARIS S.G 1979-80.


PARIS S.G 1979-80.
Debout: Pilorget, Abel, Renaut, Huck, Bathenay, Baratelli.
Accroupis: Boubacar, Lemoult, Bureau, Alves, Dalheb.

BIO EXPRESS DEGRADABLE. João Alves.

JOAO ALVES.
Son histoire est d'abord celle d'une légende, non pas celle de Paris St Germain, elle naîtra bien plus tard après le passage éphémère du Portugais dans la Capitale. Toute la vie de João António Ferreira Resende Alves est inscrite dans ses gants noirs qu'il porte sur tous les terrains. Un hommage au grand-père, Carlos Alves, ancien international avant-guerre. A l'époque, le public se passionne pour les rencontres Portugal-Espagne. Un jour, avant le derby entre les deux pays, une jeune femme s'approche du papy et lui offre une paire de gants noirs. « Pour vous porter chance » lui assure l'inconnue. Et le Portugal gagne. La première victoire des Lusitaniens sur l'Espagne. Le grand-père, superstitieux, ne quittera plus son porte-bonheur et enjoint son petit-fils lorsqu'il intègre les juniors de Benfica de perdurer le mythe. João Alves refuse, ce n'est pas son histoire, jusqu'au jour le bien-aimé quitte ce monde. Ce grand-père qui a élevé et servi de modèle au bambin. Dès ce jour, João Alves poursuivra alors la tradition familiale et honorera la mémoire du défunt, sans pour autant qu'elle n'épargne le joueur des pépins inhérents à la vie de footballeur.


De ses débuts à Benfica, Alves garde un souvenir amer. Une vilaine blessure au ménisque et des problèmes avec les dirigeants du club le conduise à s'expatrier du coté de Varzim (1972-73) et Montijo (1973-74) avant de s'installer à Porto pour deux saisons. Avec Boavista, la carrière de João Alves prend un vrai départ, l'effet du maillot à damier, avec quelques titres au bout de la course : un doublé en coupe du Portugal (1975 et 76). C'est de là que club espagnol de Salamanque vient le chercher. Une bonne affaire pour quelques pesetas (10 millions) qui ravit tout le monde et le principal intéressé. « Le championnat espagnol est beaucoup plus dur et surtout plus rapide que le championnat portugais, lance Alves en pleine bourre. Je m'y suis adapté et y ai progressé car la préparation y est également plus intense ». C'est avec un nouveau mental et toute une palette technico-tactique que le Portugais retourne au pays après son expérience en Espagne. A Benfica. Pour effacer les déboires de sa jeunesse et gagner la confiance de ses dirigeants et de son entraîneur, l'Anglais John Mortimore, qui se frotte les mains à l'idée de voir évoluer le milieu ganté dans ses rangs. « A natural skill » dit de lui le coach britannique. Des éloges qui ne laissent pas insensibles Francis Borelli. Un an après son come-back, le président du PSG débauche la perle rare à l'été 79 en mettant ma main au porte-monnaie : 300 millions de centimes. Une somme rondelette mais Paris a besoin de faire rêver son public. «  Non seulement c'est une recrue de choix, lâche le dirigeant parisien après les négociations, mais c'est aussi un transfert intéressant. D'autant plus appréciable que Bordeaux était sur le coup ».


L'idée (géniale) de Borelli est de ramener du monde au Parc. Avec la star portugaise, international de surcroît, le bon président a le nez creux et des idées plein la tête. Les nombreux Portugais exilés en Ile-de-France viendront remplir l'enceinte de la porte d'Auteuil et son PSG se hissera au sommet du championnat. A 27 ans, Alves débarque avec un statut de vedette et les attributs inhérents à sa condition. C'est le plus gros salaire du club (50.000 francs/mois), amorti cependant par les recettes aux entrées où des milliers de compatriotes viennent applaudir dès le début de la saison le Portugais dans ses œuvres. Le public est ravi mais déjà les observateurs spécialisés ne tardent pas à remarquer les carences du joueur qui rechigne à se fondre dans le jeu collectif. Les dirigeants réclament de la patience, João doit s'adapter au jeu de partenaires qu'il découvre. Or, il n'en aura pas le temps. Fin août 79, PSG se déplace à Sochaux. En cours de match, Alves subit un tacle trop appuyé de Genghini. Le Portugais se tort de douleur et pour cause : fracture de la jambe. Alves ne se relèvera jamais de cette blessure sans pour autant accuser son bourreau d'un soir : «... A Sochaux, la pelouse est glissante, se souvient João. Genghini me tacle, sans intention de me blesser. Je ne lui en veux pas, ce sont les risques du métier. Mais il me casse la jambe droite. Jamais je n'ai ressenti une telle douleur. J'avais le pied et un morceau de la jambe d'un côté, le reste de l'autre côté. L'arbitre n'a même pas sifflé faute... ». Les choses se remettent en place mais la rééducation du joueur prend plus de temps que prévu. Au sein du club parisien, on soupçonne le Portugais d'y mettre un peu de mauvaise volonté. L'accusé se défend en affirmant aimer Paris. Trop en fait. Le Portugais préfère les lumières de la ville à celles du Parc des Princes. Il cache surtout un gros malaise. L'homme aux gants noir a le cafard et le mal du pays. Un an après son arrivée bling-bling au club, Alves quitte Paris dans l'indifférence et 19 matches officiels au compteur. L'épisode parisien refermé, l'homme qui valait 300 millions de centimes revient à Benfica (1980-83) où il réalise deux doublés coupe-championnat (1981 et 83) avant une ultime pige à Boavista (1983-85). Aujourd'hui retraité, João Alves garde cette cicatrice profonde qui lui déchire le cœur au sujet de Paris. « Je vis toujours avec une plaque et dix broches dans la jambe, avoue l'ancien international aux 36 sélections. Je continue de percevoir tous les trimestres une pension de la Sécurité sociale française ». PSG est magique en quelque sorte, même sur une jambe.


Des gants noirs et une barbe folk. Un hommage à Grandaddy.

BENFICA 1977-78.


BENFICA 1977-78.
Debout : Eurico, Toni, Antonio Bastos Lopes, Alberto, Humberto, Vitor Baptista.
Accroupis : Shéu, Nené, Chalana, Pietra, Bento.

A l'affiche ce soir... EUSEBIO vu par SLip.

S'il était entraîneur, SLip imposerait le marquage à la culotte à ses défenseurs. Mais l'artiste n'est pas sur le banc. Son tableau noir, c'est plutôt la feuille blanche sur laquelle il couche sa vision du football et son Histoire, en mettant à l'honneur les plus grands joueurs, les matches du siècle et les clubs de légende. A l'affiche ce soir... EUSEBIO.


MATCH REPLAY. Le jour où... Israël rend visite au Parc des Princes.

ISRAËL 1977.

Le 16 octobre 1977, l'équipe nationale d'Israël foule pour la première fois de sa courte histoire la pelouse du Parc des Princes, à l'occasion d'un match de gala contre Paris St Germain. Une fête amicale et sportive pour célébrer le trentième anniversaire de l'Etat hébreu devant 30.000 spectateurs, la plupart issue de la communauté juive de Paris, conquis par la prestation maladroite mais prometteuse des leurs dans une ambiance familiale. A l'époque, le Kop de Boulogne n'existe pas et la (future) tribune des ultras parisiens ne draine pas encore les crânes rasés qui infiltreront plus tard les groupes de supporters du PSG (à partir de 1982). Un match sans heurts et sans risque pour le public et la police, la venue d'équipes israéliennes au Parc occasionneront dans le futur les débordements que l'on sait jusqu'à l'épisode tragique de la mort de Julien Quémeneur en marge de la rencontre de coupe UEFA contre Hapoël Tel Haviv (novembre 2006), lequel se termine pour la petite histoire par une victoire parisienne (2-1).

Gidi Damti au Parc.

Le dico argot-foot du professeur Migeon. (Part 12).


Gérard Migeon traîne une drôle de réputation sur un terrain. Considéré comme un cave dans ses bois, le prince de la toile est un cador des vestiaires. Un fondu de la langue française qui travaille à la craie. « La Mige », son surnom dans la famille du ballon rond, connaît tout des rouages du football: ses vertus, ses vices et les petites formules qui fleurissent au ras du gazon. Le « Titi parisien » de Longjumeau décrypte et flingue le dictionnaire du foot, celui du temps des grandes heures, sur le tableau noir. Avec sa gouaille et sa moustache malhonnête, notre fine gâchette prend la plume et passe au vitriol les expressions du milieu. Et faut reconnaître, c'est du brutal ! Avis aux non-initiés.

SE DECHIRER:
Faire un loupé. Synonyme : se trouer.
  • « J'avoue, j'me suis souvent déchiré durant ma carrière ».(Bernard Lama évoque son passé de footballeur et sa vie privée).
  • « Moi, j'ai toujours eu un problème avec mes chaussettes trouées» (Gerd Müller, l'homme aux gros mollets).
  • « Moi je sais pas jouer autre chose que du reggae ». (Pierpoljak qui n'en touche pas une au foot).
  • « Rastaman live up ». (Bob Marley qui, au contraire de Pierpolkojak, avait la classe balle au pied).
Le cas en image.

Wouah, j'me suis bien déchiré la tronche moi hier. J'ai trop la gueule de bois c'matin.
- Le soleil vient de se lever avec l'ami déchiré. Diego Maradona pendant sa jeunesse -

Suisse-FRANCE 1977.


Suisse-FRANCE 1977.
De gauche à droite : Six, Platini, Rocheteau, Giresse, Baronchelli, Sahnoun, Tusseau, Janvion, Rio, Rey, Lopez.


- 23 avril 1977 -
Stade des Charmilles. Genève. 27.600 spectateurs.
- amical -
FRANCE bat Suisse : 4-0 (1-0).
Arbitre Mr Delcourt (Belgique).
Buts: Platini (31ème), Six (73ème), Rocheteau (87ème), Rouyer (89ème) pour la France.
Remplacements : Jeandupeux par Sulser (62ème), Müller K. par Risi (74ème) pour la Suisse. Baronchelli par Rouyer (46ème) pour la France.
FRANCE : Rey – Janvion, Lopez, Rio, Tusseau – Sahnoun, Giresse, Platini – Rocheteau, Baronchelli, Six. Entraîneur : Michel Hidalgo.
SUISSE : Küng – Brechbühl, Bizzini, Chapuisat, Trinchero – Von Wartburg, Barberis, Botteron – Elsener, Müller K., Jeandupeux. Entraîneur : Roger Vonlanthen.



- LE MATCH EN PHOTOS -

Platini show aux Charmilles.

Eisener contre Sahnoun.

Rocheteau et Sahnoun mangent des p'tits suisses.

Omar Sahnoun en face de Bizzini.

Olivier Rouyer clôture le score.

BIO EXPRESS DEGRADABLE. Lucio Bizzini.

LUCIO BIZZINI.
Leny Escudero meets Didier Six aux Charmilles. C'est dans le cadre champêtre du stade du Servette F.C que le footballeur mi-bohème mi-gitan effectue la plus grande partie de sa carrière (de 1975 à 82), auréolée d'un titre de champion (1979) et deux coupes de Suisse (1978 et 79) avec les Grenats. Un palmarès plutôt maigre en apparence mais Lucio Bizzini a déjà la tête ailleurs depuis ses premiers pas sur le pré du C.S Chênois (1972-75). Pour le Tessinois, le football apparaît plus comme un loisir qu'un réel métier. Lucio vivote avec les débuts du professionnalisme en Suisse et mène des études de médecine en parallèle afin d'assurer sa reconversion. Bizzini est un homme qui pense, toujours tourné vers l'avenir, et n'hésite pas à ruer dans les brancards dès que l'occasion se présente. De quoi se floquer une sacrée réputation de gaucho-syndicaliste au dos du maillot lorsqu'il fonde en 1976 la Fédération suisse des joueurs de football, le premier syndicat des footballeurs de la Confédération. Bizzini mène bataille sur tous les fronts, sur le terrain et en coulisses, pour la cause et la défense (son poste de prédilection) des intérêts des joueurs helvètes, considérés à l'époque comme des esclaves par les présidents de clubs avec le contrat à vie. Bizzini Machine kills fascists. Une note qu'il paiera cher quelques années plus tard au moment de négocier une rallonge. A la fin de la saison 82, son contrat n'est pas reconduit. Lucio file alors à Lausanne-Sports (1982-84) voir si l'eau est plus claire de l'autre côté du Léman et élabore de nouveaux plans au crépuscule de sa carrière. Il érige ainsi une charte des droits de l'enfant dans le sport puis, son doctorat de psychologie en poche, devient par la suite psychologue du sport et psychothérapeute. Il fonde plus tard l' « Association suisse de Psychothérapie Cognitive », une technique visant à mieux vivre avec ses troubles, angoisses et autres phobies. Bizzini chercherait-il aussi quelque part son bien-être avec ce traitement, lui qui confessait à l'heure de sa retraite sportive au sujet de la Nati : « En 40 sélections, j'ai l'impression d'avoir perdu vingt fois 1-0 ». Effectivement, c'est rageant de vivre avec ça dans la tête. Mieux vaut-il perdre une fois 20 à 0 ou bien.... Bizzini planche sur le sujet.

Lucio Bizzini. Une grosse tête au service de la Nati.