Mon équipe de cœur par... Pietro B.


Un héros à la Ken Loach qui gagne à être connu ce Pietro. Pierre Buccafurri, c'est son vrai nom, est un prolo comme aime les filmer le réalisateur anglais. Maçon dans la vie, ce fan de foot à en crever qui a grandi dans la banlieue rouge - le 9.3 pour les plus jeunes - à Sevran, est désormais rangé des tribunes, « moins de temps et le prix excessif des places » sont en cause, tout en continuant de suivre les résultats de son équipe avec le plus grand de ses trois fistons, un mordu comme lui à qui il promet de l'emmener un jour au Parc. Bah oui, Pietro est « PSG pour la vie », une passion pour le club de la Capitale qui remonte « naturellement vers les années 1981 ou 82 » en marchant sur les traces du grand frangin, son influence divine qui lui ouvre les yeux : « Je dis naturellement car j'ai suivi l'influence de mon grand frère. Je pense que j'aurais presque pu devenir supporter des Verts car on sortait de la grande époque stéphanoise. Et petit, j'aimais Rocheteau qui était encore à Sainté. Ça s'est joué à pas grand chose.... Ouf ! ». Ce petit rien, c'est peut-être grâce à l'arrivée de l'Ange Vert dans la Capitale en fait ? Ou les baffes du frérot pour remettre le cadet sur les bons rails ? Bref, Pietro peut souffler de soulagement, son frère aussi, pris par le virus de l'équipe parisienne et de la chaude ambiance du Parc les soirs de match. Flashback sur les souvenirs de ce fidèle au grand cœur, qui a tout vu, tout vécu (ou presque) depuis le Kop de Boulogne naissant et ses premiers débordements. A suivre comme une chronologie, façon « Fever Pitch », car il y a du Nick Hornby chez ce mec-là.

- « J'ai eu la chance d'avoir vécu toutes les victoires du PSG en tant que supporter. Je me souviens d'avoir vibré devant ma télé pour les deux coupes de France 1982 et 83. PSG-ASSE de 1982, il me reste le souvenir de la séance de tirs au but, du péno raté par Bathenay mais heureusement à retirer, puis marqué. Aussi de cette égalisation inespérée de Rocheteau à l'ultime seconde. Par contre j'ai complètement oublié le fameux envahissement de terrain, cela m'était sorti de l'esprit. Lors de la finale PSG-Nantes de 1983, une chose m'a marqué, c'est l'égalisation de Safet, que mon père annonce presque en direct en lançant - Pourquoi il tire pas Susic ? Il a de la frappe - Dans la seconde qui suit, il envoie un missile ». Pleine lucarne ou presque, mais c'en est terminé du petit écran. Pietro veut du vrai live et humer le gazon fraîchement tondu. Assister enfin à un match en spectateur pour vibrer au plus près des siens.

- 1982-83: Premier match au stade pour voir le PSG contre Auxerre (0-0) avec Joël Bats dans le but visiteur. Il avait tout arrêté.
- 1983-84: Deux matches coup sur coup. Mon frère m'emmène pour PSG-Nimes (0-0) et PSG-Strasbourg (2-0). En tribune Boulogne. En 1984, j'avais 11ans et demi. Cétait l'époque des bandes de skins. Je me demandais un peu où j'avais atterri. L'impression d'être dans un autre monde. En allant reprendre le métro après le match contre Nimes,une bagarre éclate entre zéras et contrôleurs qui attendaient aux portillons. C'est parti dans tous les sens, des coups de poings échangés et du lacrymo à gogo. Ça m'a marqué, j'ai eu l'impression de revenir d'une autre planète, mais quelque part, je crois que ca m'a aussi fasciné.
- 1984-85: Pas de match au Parc du PSG. Juste un triste Racing-Toulon (0-1). Je suis déçu car je milite pour aller voir le PSG et mon père opte pour ce match. Je suis les rencontres à la radio. Je suis quelquefois limite au bord des larmes pendant cette saison éprouvante. Je prend les choses très à cœur. La finale de coupe de France 1985 perdue contre Monaco (0-1) me laisse un goût amer. En fait, mon grand copain était supporter de Monaco. Son père n'avait pas arrêté de me bassiner, à me dire que c'était truqué, que le match était joué d'avance et que PSG allait gagner. Je l'ai presque cru, inconsciemment, et j'étais hyper confiant à force de l'entendre pendant plusieurs jours. Je pensais vraiment qu'on allait gagner. Bon, on connait le résultat. Je me revois après le match au téléphone avec mon pote, limite haineux, et lui dire - Tu diras a ton père que c'est un charlot -
- 1985-86: Je vais voir deux matches et pas des moindres: PSG-Bordeaux (1-0) et PSG-Monaco (1-0). Contre Bordeaux, le but de Pilorget le revenant me rend heureux. Contre Monaco, le but de Sène donne pratiquement le titre à Paris. J'étais en famille et avec mon copain monégasque. Sur l'ultime corner, je lui dis : - Si Paris marque,je te donnes 20 balles. - Et voila que ça cafouille puis Sène crucifie Ettori. Je sais pas pourquoi j'ai dit ça. Bref, j'ai tenu ma parole, et ça l'a aussi rendu heureux du coup.
- 1986-87: Mon pere m'emmène pour le match de C1 contre Vitkovice (2-2). J'ai des mots durs envers le regretté Jules Bocandé qui rate occases sur occases.
- 1987-88: Je commence à aller au Parc avec des potes. Naturellement, je vais à Boulogne, coincé entre Gavroches et Firebirds. Ça charrie pas mal entre les deux clans. Je croise quelques figures emblématiques du Parc: les Giscard, Kronenbourg, Chômeur, le Snake, Mordicus, l'Anglais, président Reilletel, Delobel... Restent en mémoire de bons moments comme ce PSG-Matra (1-1). Je me rappelle d'une ambiance assez folle. Pas mal de fumis pour le derby. Le Matra était le véritable ennemi, plus que l'OM. Dans un match tendu et crispant où notre survie est en jeu, Liazid Sandjak égalise à la 86ème. Je dégringole quelques rangs, poussé par une vague. Dans la cohue, mon écharpe Le Coq Sportif disparaît, arrachée par quelqu'un. Je ne l'ai jamais revue. Heureusement Paris finit cette fin de saison 1987-88 par trois victoires, en sortant LE match à Marseille (1-2) grâce à Magic Safet et Gaby (Calderon, ndlr). Puis une victoire majestueuse 4-1) sur Lens au parc avec un grand Safet aux commandes, revenu en grâce. Houillier l'avait mis remplaçant pratiquement toute la saison. Pour l'occasion, le président Borelli avait fait portes ouvertes au Parc. Gratuit. Fallait des points ! A cette époque, les matches contre les petites équipes n'étaient souvent pas chers. C'etait de l'ordre de 10Frcs en Boulogne rouge. Mais y avait zéro contrôle, je pouvais donc monter en bleu. Souvent, en deuxième mi-temps, je redescendais en rouge (comme une partie du kop) pour suivre les attaques du PSG de ce côté.
- 1988-89: Perez, nouvelle recrue, enquille les buts. Je suis au Parc presque à chaque match. La saison arrive à son terme avec le traumatisme du OM-PSG (1-0) et du but de Sauzée à la 91ème. Je suis en vacances dans la famille de mon pote à Cavaillon, et ils sont tous à fond pour l'OM. Quand Sauzée marque, ils sautent tous au plafond. Moi je reste prostré de longues secondes. Je n'arrive pas à y croire. Ils voient ma tronche liquéfiée, et ils se foutent de moi. HORRIBLE ! Marseille passe en tête. Je mets énormément de temps à trouver le sommeil. Je refais le match mille fois dans ma tête. Je fais ensuite mon premier déplacement à Lens (0-0). On part à deux en R5. Le titre s'envole. Les Lensois envahissent la pelouse et viennent nous narguer. Les projectiles volent.
- 1989-90: Toujours au Parc pour presque chaque match. La coupe d'Europe nous désigne la Juve. Vujovic touche la barre, mais Rui Barros nous crucifie sur un coup franc joué vite. L'après-match est musclé porte de St-Cloud. Les Italiens sont armés de bâtons, ça charge et contre-charge. Finalement, ces derniers s'éparpillent dans les rues adjacentes. Il y a aussi PSG-OM (2-1) cinq jours après l'élimination de Marseille par Benfica. Des - merci Benfica - pleuvent. Là aussi, des fans parisiens vont chercher les quelques fans marseillais, pas encore en nombres, regroupés à Auteuil. Quelques coups pleuvent, mais les CRS canalisent assez vite les deux camps.
- De 1990 à 1992, je suis nettement moins présent. Je retourne au Parc assidument de 1993 à 1997. La saison 1992-93 débute. Je m'abonne en J. Mais je finis la fin de saison en échangeant mes places pour repartir en Boulogne rouge. En J, on se fait royalement chier !
- De 1993 à 1999, j'ai grandi et me déplace assez souvent. En France, mais aussi à l'Etranger (Anfield, Highbury, Santiago Bernabeu, San siro, Nou camp, De kuip, Heysel) . C'est un peu l'âge d'or du PSG. Second titre,vainqueur de la C2, diverses coupes, plus quelques matchs d'anthologies comme ce PSG-OM (2-1) sorti d'une saison catastrophique, où on enlève le titre à L'OM. Et ce sentiment bizarre, après l'égalisation de Marco (Simone, ndlr). Je ne sais pas pourquoi, je savais que le deuxième but allait venir.
- Je finis par être un peu usé par les mesures de sécurité, les contrôles et les fouilles, la séparation de la tribune. Passer son temps attendre, être parqué comme du bétail. Tout ça a un peu raison de moi ».

De quoi écrire un bouquin à la manière de Jérôme Reijasse (Parc - Tribune K - bleu bas, col. Tard le soir). Pietro a tout connu avec son PSG: les larmes de joie et de désespoir, les déplacements houleux et les coups de poings. Casual ? Hools ? Mais avant tout supporter à la vie, à la mort. Un fan qui se rend désormais au Parc pour les grandes occasions. En tribune Paris. Histoire de bien soulager son portefeuille et continuer d'encourager une équipe qui lui ressemble de moins en moins. Against modern football. Ce qui ne l'empêche pas de composer son 11 type, un 4-4-2 parfaitement équilibré entre les ères Borelli et Canal, et de justifier son choix. Pragmatique dans le doute : « Dégager une équipe n'est pas simple. Autant pour les latéraux, ça ne se bat pas à chaque coin de rue, autant gardien, milieux et attaquants, c'est pas simple ». Et la période Colony Capital et les Quatariens ? Pas trop son truc à voir la feuille de match.

- LE ONZE TYPE DE PIETRO -

Bats
Lowitz - Roche - Ricardo - Fournier
Fernandez - Guérin - Susic - Valdo
Simone - Pauleta

8 commentaires:

  1. N'en déplaise à Daniel Riolo (bon journaliste au demeurant) ce PSG version Qatar n'a aucun avenir à long terme. La venue de ce pays en France (et pas seulement dans le foot) est liée - comme par hasard - à la période sarkozyste (grand ami de la famille princière). Tout ceci est artificiel (dans quelques années bonjour la "gueule de bois" pour les vrais supporters). Mais bon, ils n'achètent que nos hôtels et nos clubs ; tant que ce ne sont pas nos ports, nos autoroutes, nos aéroports, nos lignes de chemins de fer...

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  2. Gaffe, ils ont déjà des vues sur nos stades...

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  3. Bon j'ai un peu craqué pour Lowitz,mais il avait fait une bonne saison l'année du titre.J'aurais peut etre du mettre Heinze....Mais cela m'est trop difficile.

    Devant il est dur d'évincer des weah,ginola,bianchi,dalheb,rocheteau...mais bon Marco et Pedro....Ca l'fait quand meme !

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  4. Effectivement, le trio Bianchi-Dahleb-Rocheteau, ça a de la gueule !

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  5. Pierre c'est ton grand frère .... Où est LE capitaine RAÏ dans ton 11 ??? Vire Simone !! Je crois que même si il est passé chez les rats Gaby mérite la place de latéral

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    1. Toujours ton frere j'adore joêl mais Lama etaIt meilleur je pense...

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  6. affaire de gout....simone pauleta en attaque je trouve ca beau....mon choix se portait soit sur valdo ou rai....pas facile,vrai que rai etait plus determinant....mais j'ai toujours adoré le jeu fin et léché de valdo....l'art du contre pied dans l'orientation du jeu....trop beau a voir jouer....le football par exelence.

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  7. Yes why not ? Can you send me your contact at: thevintagefootballclub@gmail.com

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