BIO EXPRESS DEGRADABLE. Yannick Stopyra.

YANNICK STOPYRA.
Renaud l'a écrit dans l'une de ses chansons - et il avait le flair pour ça une fois le nez sorti du litre, pas souvent certes - " rater Téléfoot, Pierre Cangioni et Stopyra après Dallas ce feuilleton pourri-dégueulasse, ça craint tatatin ". D'autant que Stop', le cheveu raide comme le chanteur au bandana à la fermeture des bars, présente des qualités intrinsèques du footballeur moderne: vista, puissance, sens du placement et jeu de tête. Une jolie panoplie qu'on aurait raté pour rien au monde, sans prendre conseil auprès du rockeur aux santiags.

Parizon, Revelli, Genghini et Stopyra défilent en sportswear !

Yannick Stopyra naît le 9 janvier 1961 à Troyes. A l'aube d'une carrière prometteuse, il part très vite à Sochaux pour y intégrer son centre de formation. En stop (d'où son surnom) parce qu'il a pas encore la dernière 104 Z produite par les usines Peugeot qui jouxtent le stade Bonal. A Sochaux donc, Yannick trouve rapidement ses marques - celles du lion pour rester dans le local - et gagne ses premiers galons de titulaire à l'âge de 17 ans, lors de la saison 1978-79. C'est l'époque des copains, une génération dorée comme la couleur du maillot qu'il porte (Anziani, Genghini, Benoît...) et des virées en mob' sur le 103 sport. Petit à petit, les Lionceaux sortent les griffes, trouvent un schéma de jeu et carburent en championnat ponctué par quelques places d'honneur (2ème en 1980, 3ème en 1982) qui mènent à l'épopée du club en C3 lors de la saison 1980-81 (élimination contre AZ'67 en demi-finale). Bénéficiant des bons résultats de l'équipe et de ses prestations de hautes (reprises de) volées sur le terrain, Yannick honore sa première cape internationale en 1980 contre la Grèce, qu'il connaît bien pour côtoyer de près les ouvriers de la Peuge qui viennent s'entasser dans les tribunes du vieux Bonal les mains pleines de cambouis. Stop', qui a gouté à la coupe d'Europe et la Sélection nationale, se sent alors à l'étroit dans le pays de Montbéliard et son pantalon à cause des saucisses locales. Il a besoin de changer d'air et de régime pour s'épanouir totalement sur le plan sportif .

Un sourire pour une saison noire à Rennes.

Les grosses cylindrées se l'arrachent mais bizarrement c'est au Stade Rennais que Yannick donne une nouvelle voie à sa carrière durant l'été 1983. Le club breton vient d'accéder à l'élite et rêve de noms ronflants et d'une grande équipe. En réalité, Rennes termine dernier à la fin de la saison et descend illico en D2. Stopyra perd sa place en équipe de France, loupe l'Euro 84 et l'occasion d'inscrire une première ligne à son palmarès encore vierge. Fin du cauchemar. Yannick rebondit alors sur les bords de la Garonne au Toulouse FC dirigé par Jacques Santini. Un peu comme avec le Sochaux de la grande époque, le Téfécé joue les troubles-fêtes en championnat et accède par deux fois à la coupe de l'UEFA, éliminant notamment le Napoli de Maradona au 1er tour lors de la saison 1986-87 au retour de la coupe du Monde au Mexique où Stopyra, rappelé par Henri Michel, figure dans le onze-type du mondial (alors qu'il est prévu pour faire banquette au départ) grâce à ses exploits avec les Bleus dans la compétition. De nouveau en selle, Stopyra suscite les convoitises des grosses écuries de la D1.

Stopyra, Christophe et Tarantini. Il en manque un pour la belote.

C'est Claude Bez et les Girondins de Bordeaux qui décrochent la timbale mais pas trop la lune à l'orée de l'exercice 1988-89. Bordeaux termine en effet dans le ventre du mou du championnat et Bez laisse partir Yannick à l'AS Cannes la saison suivante, déçu par son rendement alors qu'il voyait en lui le successeur de Lacombe. Coup dur ou coup du sort, Stop' entame alors une longue période de doute doublée par les blessures à Cannes d'abord (1989-91) puis au FC Metz ensuite (1991-92). Des bouts de matches et des buts au rabais, Stopyra a le moral en berne et c'est pas très loin, au FC Mulhouse, qu'il termine sa carrière pro où il revit niveau efficacité devant le but sous la houlette d'un ancien partenaire de club, Bernard Genghini. Yannick Stopyra tire un trait définitif avec le football de haut niveau en 1994 avec un palmarès vierge de trophées et un sentiment d'inachevé pour ce joueur moderne et (trop) sympa, éternel adolescent qui a survécu à Cangioni et Renaud parce qu'il a tout d'un grand. N'en déplaise à la concurrence.

GIRONDINS de BORDEAUX 1988-89.
En haut: Thouvenel, Gimenez, Roche, Dropsy, Senac, Péan, Thomas.
Au milieu: Michelena (ent. adj.), Tigana, Dewilder, Sence, Barragé, Scifo, Rohr, Jacquet (ent.).
En bas: Zo. Vujovic, Gnako, Pascal, Ferreri, Allen, Stopyra, Genghini.

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