BIO EXPRESS DEGRADABLE. Rob Rensenbrink.

ROB RENSENBRINK.
De près comme de loin, Rob Rensenbrink a tout de Johann Cruijff: une ressemblance physique à s'y méprendre parfois, la nationalité, l'élégance et le style sur un terrain. Les comparaisons s'arrêtent là. Quoique. Si au niveau palmarès la grande bringue évolue à l'ombre du maître, tous deux partagent le goût de la lose en coupe du Monde malgré le style de jeu des Flying Dutchmen, le fameux football total, qui marche plus au diesel qu'au super dès lors que Johann 1er décide de quitter la sélection batave à quelques semaines du mondial argentin.

Rob et Johann boivent un godet. Visiblement ça passe pas trop pour Cruijff qui fait la gueule.

Pieter Robert Rensenbrink naît à Amsterdam le 3 juillet 1947. Le même jour que Roland Magdane. Lin lin. Aucun rapport donc, quoique, avec le comique moustachu sauf peut-être le côté pince sans rire du Batave qui a une tête à se fendre la poire quand il rate le ballon et frappe dans une motte de terre. Un Oranje qui se fend la poire. C'est bien du niveau du Collaro show tout ça. De l'humour au ras des pâquerettes. Normal pour un footballeur. C'est au DWS pour Door Wilskracht Sterk à Amsterdam que la carrière de Robby débute en 1965. A l'ombre du grand Ajax qui ne l'est pas encore. Quatre années durant, le longiligne ailier gauche apprend le métier et commence à faire parler de lui. En 1969, alors que toute la jeunesse défroquée file vers Woodstock gober des acides et fumer de la barrette de teuteu, Robby débarque à Bruges pour s'enfiler de la barre de chocolat et signer au Club Brugge K.V. C'est moins peace and love mais plus rationnel pour poursuivre une carrière. Comme entre-temps le jeune Rob connait les honneurs de la sélection contre l'Ecosse (1968), ça plane pour lui mais sans psychotrope. Un Hollandais volant en somme. Rensenbrink évolue deux saisons à Bruges, devient très vite une pièce maîtresse de l'équipe et remporte son premier titre en 1970: la coupe de Belgique. Pas mal mais Rensenbrink voit plus grand. Pour ça, il doit jouer dans une équipe de standing.

Rensenbrink et la littérature.

En 1971, il déboule donc naturellement au Royal Sporting Club Anderlecht. The club of Belgium. Neuf saisons durant, Rob se taille un vrai palmarès, glanant deux titres de champion de Belgique (1972, 1974) et quatre coupes nationales (1972, 1973, 1975 et 1976). Sur la scène européenne, Robby et ses potes ne sont pas en reste non plus en remportant deux fois la coupe des coupes. La première aux dépens de West Ham (1976) à domicile au stade du Heysel (4-2) et la seconde face à l'Austria de Vienne (1978) au Parc des Princes (4-0). Deux belles branlées qui installent Robby dans le gotha des grands joueurs mondiaux et lui valent quelques distinctions personnelles: soulier d'or et onze d'or 1976, onze de bronze 1978 et 79. Robby est sur son petit nuage. Anderlecht joue les terreurs partout en Europe, et lui ne rate jamais un péno, se permettant même le luxe d'indiquer au gardien adverse l'endroit où il va placer son ballon. La frime. Qui en prend un coup dans l'aile (gauche) au sortir des seventies, la trentaine bien tapée, lorsqu'il décide de quitter Bruxelles et la Belgique à la fin de la saison 1980.

ROYAL SPORTING CLUB ANDERLECHT 1979-80.

Rensenbrink tente alors l'aventure US et son championnat NASL, très en vogue pour faire un peu de caillasse avant la retraite dorée au soleil. A 33 ans, il signe en faveur des Portland Timbers. Pas le meilleur choix pour Robby qui effectue une saison sur une jambe (18 matches). Las, il quitte les States au bout d'une année. Rob retourne alors en Europe pour se fixer à Toulouse et terminer ses cours d'anglais. Au Téfécé, c'est comme à Mulhouse: un peu la lose. Robby est sur le déclin, joue à peine une douzaine de matches et termine sa carrière à la fin de la saison 1982, juste avant la coupe du Monde en Espagne. Une compétition qui lui reste d'ailleurs en travers de la gorge, perdant deux finales successives contre l'Allemagne en 1974, mais surtout contre l'Argentine en 1978 où, à quelques centimètres près et une poignée de secondes avant le terme de la rencontre, Rob reprend un ballon qui vient mourir sur le poteau de Fillol et l'empêche ainsi de devenir un héros dans son pays et sortir de l'ombre du grand Johann. En lot de consolation, Robby a le privilège d'inscrire le 1000ème but de l'histoire de la coupe du Monde durant le mondial argentin. Mince consolation quand même pour un joueur qui méritait bien plus encore.

Rob en sueur dans son maillot. Du bon jus d'orange qui donne des vitamines.

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