BOBBY MOORE. La main au collier.


La Coupe du Monde 1966 gagnée par l'Angleterre, at home, a provoqué un contentieux entre les nations sud-américaines et européennes. Les premières s'en prennent au style de jeu des pays du vieux continent, le taxant de physique et rugueux, alors qu'elles mêmes représentent le beau jeu, axé essentiellement sur la technique. Bref, les Européens sont des bourrins et ils nous ont laminé sur le terrain. Et alors ? Alors, ils vont payer lors de la Coupe du Monde qui aura lieu sur nos terres, chez nous, au Mexique. On crie vengeance en Amsud...

Et tous les moyens sont bons pour parvenir à déstabiliser l'adversaire. Hasard ou pas. Le 25 mai 1970 éclate l'affaire Bobby Moore. Il est arrêté à l'aéroport de Bogota et accusé du vol d'un bracelet en or d'une valeur de 1300 dollars. Si, si c'est bien lui qui a chouravé le bracelet dans une bijouterie du coin une semaine auparavant, affirment deux témoins. Clara Padilla, vendeuse, et Alvaro Suarez, marchand ambulant qui était là par hasard. La lumière, tout ça. Bobby Moore est alors emmené au poste pour subir un interrogatoire. A J-6 du début des hostilités sur la pelouse, le mondial mexicain (31 mai -21 juin 1970) prend une tournure de guet-apens pour la sélection anglaise. L'affaire vire au drame Outre-Manche, où l'ambassade de Colombie est assaillie par des supporters furieux. Elle remonte même jusqu'aux oreilles du Premier Ministre anglais, Harold Wilson, qui joue la contre-attaque, fort de son influence sur le jeu. Durant son audition, Bobby Moore démêle les points faibles de l'accusation. Arrestation sept jours après la constatation du vol par la police, pris en flagrant délit il n'a pas été arrêté sur le champs, et pourquoi lui et pas les autres because ils étaient plusieurs dans la bijouterie à ce moment là... d'abord ! Bobby 1 - justice colombienne 0. Moore obtient le silence pour réponse et doit quand même passer la nuit en taule. La Colombie égalise. Mais fair-play décide aussi que le British n'ira pas peupler les geôles du pays et l'assigne en résidence surveillée chez un pote du président du Real Madrid (Alfonso Sonor).


Le temps presse pour Bobby. C'est alors que durant la reconstitution des faits, Clara et Alvaro perdent soudain la mémoire. Ils savent plus trop et sont beaucoup moins catégoriques que lors de la confrontation. Naaan franchement là, pfff... Clara hésite. D'autant plus que le fameux Alvaro Suarez, qui était juste là pour déconner dans la bijouterie - souvenez-vous - s'avère être un personnage influent du trafic des émeraudes, après enquête sur sa tronche. En gros, ça sent le roussi pour nos deux escrocs alors que Bobby Moore, qui lui est déjà roux, se frise les rouflaquettes. Il vient de marquer le but en or. Toutes les preuves contre lui tombent les unes après les autres. Il est libéré sous condition, et rejoint sa sélection et ses potes à Mexico le jeudi 28 mai au soir. J-3 avant le Mondial...

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire