FINALE COUPE DES CLUBS CHAMPIONS 1976. Bayern Münich vs Saint-Etienne.

- 12 mai 1976 -
Hampden Park. GLASGOW. 63.269 spectateurs.
Bayern Münich bat St-Etienne : 1-0 (0-0).
Arbitre Mr Palotaï (Hongrie).
But: Roth (57ème) pour le Bayern.
Remplacements : Sarramagna par Rocheteau (83ème) à St-Etienne.
BAYERN : Maïer – Hansen, Schwarzenbeck, Beckenbauer, Horsman – Durnberger, Roth, Kapellmann – K-H Rummenigge, G. Müller, U. Hoeness. Entraîneur : Dettmar Cramer.
ST-ETIENNE : Curkovic – Janvion, Piazza, Lopez, Repellini – Bathenay, Larqué, Santini – P. Revelli, H. Revelli, Sarramagna. Entraîneur : Robert Herbin.


A Glasgow, les Verts sont à la ducasse. Les supporters stéphanois ont envahi la ville et les joueurs de Robert Herbin ont la faveur du public local. Tout le Forez s'est donné rendez-vous, ce mercredi 12 mai 1976, dans la cité écossaise. La colonie allemande, moins représentée, jouit cependant du soutien des « people ». Les Rolling Stones, en tournée dans le coin, ont choisi leurs favoris. Franz Beckenbauer et Gerd Müller sont des noms bien plus ronflants que Lopez ou Santini. « Vous allez gagner » balance Mick Jagger au Kaiser, sûr de son coup, avant de filer sur la scène de l'Apollo Theatre où le biggest rock'n'roll band of the world se produit pour le deuxième soir d'affilée. L'entraîneur de l'ASSE Robby Herbin s'en moque comme d'un fer à lisser. Le rouquin frisé préfère la musique classique et l'opéra. 

Dès le coup d'envoi, les Verts sont dans leur match. Curko est vigilant dans ses bois, et les remplaçants Sarramagna et Repellini font oublier les habituels titulaires Synaeghel et Farison, massacrés lors d'une rencontre de championnat contre Nîmes quelques jours avant ce rendez-vous crucial pour le pays. Sainté est bien en place, et le jeune Rummenigge dans ses petits crampons face à la détermination de Curkovic. Pourtant, à la 5ème minute, Gerd Müller « der Bomber » fait parler la poudre en inscrivant un but refusé pour un hors-jeu discutable. Bon ou mauvais présage, Saint-Etienne se lance alors à l'assaut du but bavarois gardé par Sepp Maier. Christian Sarramagna prend la mesure de son adversaire direct, le Danois Hansen. Jacques Santini est sur tous les fronts du pré, tandis que Patrick Revelli distribue les centres à qui en veut sur son aile. A Hampden Park, les Verts font le show et Mick Jagger fait la moue, comme à son habitude finalement, dans le backstage de l'Apollo. D'autant que Bathenay récupère le ballon au milieu du terrain et balance un missile qui s'écrase sur la transversale de Maier. Ping... et un poteau carré à zéro ! Hervé Revelli, seul au point de pénalty, récupère la balle mais sa tête manque de puissance et de précision pour inquiéter le gardien allemand. Le match s'emballe et le Bayern se rebiffe. Uli Hoeness, servi par Rummenigge, oblige Curko à un exploit. La réponse stéphanoise ne tarde pas. Sarramagna, virevoltant, délivre un caviar pour Santini dont la tête est une nouvelle fois repoussée par la transversale du chanceux Maier. Deux poteaux carrés à zéro, et toujours rien au tableau d'affichage à la mi-temps.

En seconde période, le Bayern semble retrouver des couleurs. Gerd Müller, plus pressant sur la défense des Verts, joue du popotin pour provoquer la faute. Le fougueux Piazza tombe dans le panneau à la 57ème minute. Coup-franc indirect pour le Bayern. Beckenbauer passe à Roth qui envoie le ballon dans les filets de Curko. Il est 21h27 et Hampden Park semble brusquement silencieux, frappé en plein coeur par le « Taureau » du Bayern. Sur la scène de l'Apollo, Keith Richards plaque le riff grinçant de « Happy » comme pour mieux enfoncer le couteau dans la plaie. Fichu destin pour les Verts qui ont bâti leurs succès européens sur des coup-francs rageurs du capitaine Larqué. L'ASSE ne désarme pourtant pas et continue de presser. Sans succès. L'entrée en jeu de Dominique Rocheteau, le grand absent de cette finale, fait souffler un vent de panique chez les Allemands. Il reste sept minutes à jouer, et « l'Ange Vert » malheureusement diminué se balade dans la défense bavaroise. Ce dernier offre même la balle d'égalisation à Patrick Revelli dans un ultime rush presque désespéré à quelques secondes du temps réglementaire. Mais la chance ne sourit pas à Sainté qui s'incline avec les honneurs. Les yeux rougis par la tristesse, les Verts quittent Hampden Park sans trop s'attarder durant la cérémonie de la remise de la coupe. D'ailleurs, il se met à pleuvoir sur Glasgow. Les cieux étaient aussi pour les Verts ce soir-là.

Le coup-franc de 21h27.

- LE MATCH EN PHOTOS -


Les protagonistes de la finale (Piazza et Müller).


Bathenay les pieds carrés.

Le show Rocheteau.


La déception des Verts contraste avec la joie allemande.


3 commentaires:

  1. belle épopée...

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  2. en ce soir de déroute de L'OL contre ce meme Bayern en demi finale retour de la C1 (0-3), l'ASSE n'avait pris qu'un but pourri en finale.
    Allez les verts...

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  3. j'avais 9 ans... avec mes potes de cm1 on a chialé comme des gonzesses pendant des jours... 35 ans plus tard la blessure est toujours présente. à cause de ce fu*ier de roth et son coup franc pourri de m*rde...

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