BIO EXPRESS DEGRADABLE. Robert Herbin (1939-2020).


Pour les « Verts », il était une légende du club définitivement associée à la période faste de l'A.S Saint-Etienne. Pendant une décennie, grâce à ses méthodes sur le terrain, le duo fusionnel qu'il forme avec le président Roger Rocher, – on peut également inclure Pierre Garonnaire – Saint-Etienne va devenir l'équipe n°1 en France, celle que tout un pays soutient durant son épopée européenne. Entre 1972 et et 83, l'ASSE remporte ainsi quatre championnats (1974, 75, 76 et 81) et trois coupes de France (1974, 75 et 77). Le « Sphynx » a bâti un Empire, sorti le football français du marasme sportif et placé Saint-Etienne sur la carte de l'Europe. L'ancien entraîneur des « Verts » nous a quitté ce 27 avril des suites de complications cardiaques et pulmonaires à 81 ans. Le « Chaudron » n'est plus en ébullition, noyé par les larmes de chagrin de ses fervents supporters.


C'est à l'âge de 33 ans, et à la surprise générale, que « Roby » embrasse la carrière d'entraîneur en 1972. Pris de court par la démission d'Albert Batteux, Roger Rocher propose le poste à son joueur qui tient encore à l'époque un rôle important dans l'effectif stéphanois. Arrivé dans le Forez en 1957 après ses années de formation au Cavigal de Nice, Robert Herbin se construit un joli palmarès à Sainté. Auréolé de cinq titres de champion (1964, 67, 68, 69 et 70) et trois coupes de France (1962, 68 et 70), le milieu défensif reconverti en défenseur central par Albert Batteux est un pilier des « Verts » et de l'équipe de France dont il honore la première de ses vingt-trois sélections le 6 juillet 1960 face à la Yougoslavie (4-5). Un statut d'international qui l'amène à participer à la coupe du Monde 66 en Angleterre, sans trop y briller comme les Tricolores dans l'ensemble. Pour « Roby » la vie est plus douce sous le maillot vert qu'avec la tunique frappée du coq.


Le seul « hic » d'une carrière professionnelle remplie de trophées et menée avec le sens du devoir. Une méthode qu'il applique sans transiger lors de sa prise de fonction au poste d'entraîneur de l'ASSE. Puisant dans le centre de formation, Robert Herbin forge une identité de jeu à son équipe. Mais il construit surtout un club qui ressemble à ses fans amassés dans les travées de Geoffroy-Guichard. Une équipe sans vedette qui cravache sur le pré pour obtenir le meilleur résultat. Grâce à ce travail, l'éclosion de nombreux jeunes sortis de la pépinière stéphanoise, Saint-Etienne grandit au fil des saisons jusqu'à atteindre la finale de la coupe des clubs Champions en 1976. On connaît tous le résultat, l'histoire des poteaux carrés, le défilé sur les Champs-Elysées le lendemain. Sainté est alors au sommet de sa popularité. La chute est à venir.

Changement de cap à la fin des années 70, Roger Rocher veut gagner une coupe d'Europe et ne compte plus trop s'appuyer sur la jeunesse du centre de formation. L'omnipotent président des « Verts » mène par conséquent une politique de starisation du club avec les arrivées de Michel Platini et Johnny Rep en 1979. Le « Sphynx » doit composer avec cette nouvelle mentalité, et son patron avec qui les prises de bec commencent à poindre. Un désaccord politique et sportif qui conduit fatalement le club dans la crise avec l'affaire dite de la « caisse noire ». Les amis d'hier deviennent ainsi les ennemis du présent, lesquels complotent chacun de leur côté pour sauver la face et un club en perdition. Une situation rocambolesque qui provoque la chute de « l'Homme à la pipe » en mai 82 et l'éviction de son ancien entraîneur six mois plus tard. Le « Sphynx » à la tignasse rousse débarque alors à Lyon pour une autre vie, celle de l'après-ASSE. Celle des vrais « Verts » pour employer une expression chère à Jacques Vendroux. Robert Herbin retourne bien à Saint-Etienne à l'été 87, mais depuis la crise le vert tire au pâle et Sainté est à la recherche de son glorieux passé. L'amateur de grande musique (Brahms, Beethoven...) n'arrive pas à accorder les violons et quitte une nouvelle le club en 90 pour occuper d'autres fonctions dans le football. Tout en restant cependant un inconditionnel de l'A.S Saint-Etienne. Un club qui l'a fait et inversement.


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1 Commentaires

  1. Rien à rajouter à ce magnifique hommage si ce n'est les souvenirs que j'en garde et qui sont gravés à jamais dans ma mémoire . La 1ere fois que je vois les verts c'est à Chorzow le 5 mars 1975 . les verts subissent en 1ere mi-temps et arrivent à la pause avec un déficit de 2 buts (0-2) . Un 3e but est marqué par les Polonais au début de la deuxième mi-temps . On se dit que c'est fini , on est déjà content d'être arrivé en quarts (la 1ere fois depuis Reims en 1959) mais voilà ces verts là sont fait d'une autre trempe . Ils se disent qu'ils n'ont pas passé 5 buts à Split pour rien . Larqué va réduire le score avant que "Tintin" Triantafilos (le héros de Split) ne marque un deuxième but à 6 minutes de la fin . 2-3 l'affaire est jouable et les verts vont la régler 15 jours plus tard sur un terrain enneigé grâce à 2 buts de Gérard Janvion et Hervé Revelli . La légende verte est en marche . Il faudra le Bayern (2 fois) et Liverpool pour l'enrayer . Robby n'avait pas besoin de faire de grands discours pour mobiliser ses joueurs (Larqué et Rocher étaient plus prolixes dans les vestiaires) mais il savait fédérer ses joueurs . Prenant la suite de la légende Albert Batteux il a su apporter sa patte . Les Verts (tu as raison ce sont les VRAIS VERTS) sont les verts d'Herbin c'est incontestable . Merci Robby pour toutes ces soirées magiques . RIP

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