Les Black Stars du Ghana
CAN 1978
Le Ghana est prêt pour la CAN 78 qu'il organise sur son territoire du 5 au 16 mars. Une préparation de trois mois au Brésil, un Djoudjou surmotivé pour emmener les Black Stars vers le titre et quelques gri-gri extra-sportifs pour déstabiliser l'adversaire. Les étoiles sont bien alignées pour des Ghanéens qui rêvent d'un troisième sacre après ceux de 1963 et 65.
The Cranes of Ouganda
La victoire des Black Stars lors de cette XIème édition reste cependant guère convaincante aux yeux des observateurs. Un premier tour arraché aux forceps grâce à une victoire chanceuse sur la Zambie en ouverture de la compétition (2-1), puis un match nul sans panache contre le Nigeria (1-1) et une balade laborieuse aux dépens de la Haute-Volta (3-0) qui participe à son premier tournoi continental. Le bilan est tout de même mitigé pour les hommes de Fred Osam-Duodu qui sortent néanmoins en tête du groupe A.
Dans l'autre groupe, la surprise vient de l'Ouganda. Les Cranes, dirigé par l'entraîneur Peter Okee (qui a appris les bases du métier du côté de Birmingham City), grâce à un jeu court et direct dominent largement le Congo et le Maroc (3-1 ; 3-0) et tombent avec les honneurs face à la Tunisie (3-1), futur mondialiste et favori de l'épreuve qui s'octroie le leadership au classement devant les valeureux ougandais.
En demi-finale, les Cranes prennent largement la mesure des Green Eagles du Nigeria, pas vraiment supers pour le coup, trop présomptueux et certains de leur succès. Déroute d'un côté et victoire méritée à l'inverse (2-1) pour l'Ouganda qui valide ainsi son ticket pour la finale.
L'affrontement entre le Ghana et la Tunisie se joue d'abord dans les coulisses. Les Aigles de Carthage déplorent en effet, au matin de la rencontre, que l'eau est coupée à leur hôtel et ce, sous des températures avoisinant les 40°. Même constat à la mi-temps du match, plus d'eau pour la Tunisie dans les vestiaires. Dans ces conditions, les Tunisiens capitulent à l'heure de jeu, foudroyé par Abdul Razak qui envoie les siens en finale au plus grand bonheur du public ghanéen.
Les drôles de coïncidences se poursuivent à Accra la veille de la finale. L'hôtel des Cranes est victime d'une panne de climatisation. Les joueurs ougandais, émoussés par une nuit sans sommeil et la chaleur, se présentent alors au stade fatigués et usés. Les organisateurs, ayant choisi le début de la rencontre à l'heure de la sieste et de la canicule, voient juste. Sur le pré, le Ghana impose son jeu face aux Cranes éprouvés physiquement. La formation ougandaise rate sa finale et l'attaquant Opoku Afriyie profite de l'aubaine pour inscrire un doublé. C'est le sacre de la ruse pour le Ghana, victorieux à tout prix d'une compétition pour le moins rocambolesque. En effet, lors du match comptant pour la troisième place, les Tunisiens quittent le stade et abandonnent la partie juste avant la mi-temps. En cause, l'égalisation du Nigeria entachée d'un hors-jeu flagrant. C'en est trop pour les Aigles de Carthage, déjà victimes de situations anti-sportives tout au long du tournoi.
- LA FINALE EN PHOTOS -
Le Djoudjou du Ghana
Le capitaine des Cranes James Kirunda face à Mohammed Polo et Abdul Razak
Samuel Musenze protège son gardien Paul Ssali
Le Ghannéen Mohammed Polo







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