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Y A PAS QU'LE FOOT. Gérard Janvion et Jacques Zimako.

Les Bronzés font du ski (Jacques Zimako et Gérard Janvion).

Bien avant l'énormissime, que dis-je, le géantissime, le Maradona du biathlon Martin Fourcade (houlà, du calme Nelson, sans quoi tu vas bouffer la neige), Gérard Janvion et Jacques Zimako passent leurs journées d'hiver de janvier 1981 sur des skis de fond. Durant la trêve hivernale, en effet, Doudou et Zig-Zag préparent en douce la Tranjurassienne sur les monts du Forez, dans l'espoir d'y réaliser un exploit digne des Verts sur le pré de Geoffroy-Guichard. Au programme pour nos deux compères, le planter du bâton, la pose du fondeur et bataille de boules de neige pour amuser la galerie. Si l'important c'est d'aimer, selon Rascal au bistrot, l'équilibre est un atout majeur pour nos deux stéphanois spécialistes des grandes remontées (mécaniques) et des courses folles sur la pelouse. Les sports dits Verts à la montagne, ça vous gagne, n'est-ce pas Doudou dis-donc ?


Le Père Noël noir de Renaud.

Y A PAS QU'LE FOOT. Didier Notheaux.

Consonne – voyelle – consonne – voyelle... Bon, et qu'est-ce qu'on a avec tout ça ? Bah, Didier Notheaux, pardi. En quatorze lettres ! Record battu. Et en matière de record, le Normand s'active à fond pour son activité préférée, compter et faire des mots, puisqu'il ne rate jamais « Les chiffres et les lettres », l'émission animée par Patrice Laffont sur la 2. Plus qu'un passe-temps, c'est une passion pour le diable rouge du F.C Rouen, comme pour des millions de Français pendus aux calculs savants de Bertrand Renard. Mais alors pourquoi une telle assiduité pour ce casse-tête télévisé ? Un truc de moustachus ou bien ? « C'est l'émission qui me détend » répond Notheaux en toisant la glorieuse à Bebert devant son poste, avec le stylo, le boc-notes et le sablier sur le coin de la table. « J'éprouve beaucoup de plaisir car je joue en même temps que les candidats » lance d'ailleurs notre téléspectateur qui s'entraîne tous les jours pour battre les candidats. Une attitude de compétiteur, tel qu'il est sur le terrain. Mais attention, « si la télévision est une excellente distraction, prévient Didier en Normand avisé, elle ne doit pas nuire à la façon de vivre d'un sportif professionnel. » En treize lettres, professionnel. Mince, Didier va devoir encore bûcher pour prétendre à devenir un champion du mot le plus long.

Didier Notheaux aime les chiffres, les lettres et RTL 9.

Y A PAS QU'LE FOOT. Les internationaux français et la politique.

Le 14 juillet, jour de fête nationale, c'est le bon moment pour boire une coupette à l'oeil dans les jardins du palais de l'Élysée, en marge des cérémonies officielles et du défilé militaire sur les Champs. La garden-party de l'Élysée, organisée par la présidence de la République, est aussi l'occasion pour beaucoup d'anonymes de tailler une bavette avec les nombreux invités, parmi lesquels les membres du gouvernement, du domaine artistique et des sportifs. Les politiques s'intéressent en effet au sport et au football notamment, surtout lors des grands événements internationaux, mais les joueurs, eux, que pensent-ils de la politique ? La garden-party est-elle the place to be pour nos gars en short ? The Vintage Football Club présente un florilège de réponses recensées parmi d'anciens et actuels internationaux de l'époque. Il y a les pour et les anti, et ceux qui s'en footent royalement. A toi, Ségolène...

- « Si le secrétaire d'Etat aux Sports demande à me voir, j'irai. J'aurai des choses à lui dire. Il faudra qu'il m'écoute. Qui a dit que j'avais peur de parler ? » (GEORGES BERETA, juin 1974).

- « Ce n'est pas mon tempérament de faire état de mes convictions politiques dans le cadre de mon métier. Je sais que Strasbourg a hésité à me prendre quand j'étais mis à l'écart de Rennes et, finalement, ne l'a pas fait car j'étais soupçonné d'être maoïste. Je n'ai rien contre les maoïstes, mais je n'aime pas que l'on me fasse passer pour ce que je ne suis pas. A la même époque, à Brest, dans mon pays, on a eu peur d'avoir à faire à un gauchiste et on m'a laissé sur le carreau. Je ne suis pas davantage gauchiste. Je respecte toutes les idées, je suis prêt à y opposer les miennes car je suis pour le dialogue, la concertation. J'aime la tolérance. Je ne me trouve pas un profil de révolutionnaire. » (RAYMOND KERUZORE, décembre 1976).

- « J'ai mes idées, mes convictions mais je ne me sens pas pour l'instant les possibilités, ni le droit de m'engager, de me déclarer. Plus tard, ce sera différent. » (DOMINIQUE ROCHETEAU, juillet 1976).

- « J'ai participé à de rares manifestations qui avaient un rapport plus ou moins direct avec la politique. Car le champion aujourd'hui n'échappe pas à certaines manipulations politiques ou publicitaires. Mais je ne me prêterai pas directement à une action politique publique car, à ce jeu-là, le sport n'est jamais payé en retour. » (JEAN-MICHEL LARQUE, septembre 1976).

- « Non, absolument pas. Mais je vote. » (CHRISTIAN DALGER, octobre 1977).

- « Surtout pas ! J'en ai une sainte horreur. Mais je m'amuse beaucoup en voyant les singeries des politiciens à la télévision. » (MARC BERDOLL, novembre 1977).

- « Non, cela ne m'intéresse pas du tout. Je suis un peu l'actualité dans ce domaine, histoire de savoir où ça en est, mais je n'y attache pas beaucoup d'importance. » (OLIVIER ROUYER, novembre 1977).

- « Non, pas du tout. Tout petit, chez mes parents, on n'en parlait pas tellement. Bien sûr, j'ai mes idées et certaines connaissances. Je sais situer la gauche et la droite. Mais je ne recherche jamais les discussions, au contraire, je les évite. D'après ce que j'ai pu voir autour de moi, ça se termine toujours mal. J'ai pas mal voyagé avec l'équipe de France; et notamment dans les pays de l'Est. Je pense qu'en France, on accepterait mal le communisme. » (FRANÇOIS BRACCI, décembre 1977).

- « Oui, mais je n'ai pas d'idées arrêtées. Je m'y suis mis depuis six mois seulement. Je ne suis pas devenu un fana mais je m'informe, c'est très intéressant. On ne peut ignorer la politique, elle fait partie de la vie. » (DOMINIQUE BATHENAY, janvier 1978).

- « Non, je ne fais absolument pas de politique et je ne vote pas. Cela ne me dit pas grand-chose. D'autre part, je pense que lorsqu'on pratique le sport au plus haut niveau, on ne doit pas se mêler de ces choses-là. » (MARIUS TRESOR, février 1978).

- « Je la suis en spectateur. Je vote pour le candidat qui me paraît défendre le mieux le style de vie auquel je tiens. On ne peut pas dire que le métier de footballeur soit une préparation idéale pour devenir député ou ministre. Il faudrait que le gars soit bien entouré. Après tout, on ne sait jamais. » (MAXIME BOSSIS, mars 1978).

- « Je la suis de très loin. C'est un phénomène de notre temps. On ne peut pas se désintéresser de ce qui nous régit. J'ai été sollicité, mais ça ne m'intéresse pas. Je ne prends pas parti. » (MICHEL PLATINI, avril 1978).

- « Oui, mais je reconnais que c'est un sujet délicat, qu'il fait suivre de très près. Je ne me sens pas capable de soutenir une discussion. » (BERNARD LACOMBE, mai 1978).

- « Je lis les articles politiques et je suis les débats à la télévision, mais je ne suis inscrit à aucun parti. Je considère qu'il serait déplacé, actuellement, que je m'engage politiquement. » (ANDRE REY, août 1978).

- « Non, pas du tout. » (CHRISTIAN SYNAEGHEL, septembre 1978).

- « Je suis conscient des inégalités qui existaient, existent et existeront toujours, car il est utopique de penser que tel ou tel parti politique puisse rendre les gens heureux, supprimer les privilèges de certains et relever les conditions sociales des autres. La politique, malgré tout, fait partie intégrante de la vie. Elle est présente partout. Il n'est pas possible de l'ignorer. Si vous ne vous occupez pas d'elle, elle, en revanche, s'intéresse à vous. » (JEAN-FRANÇOIS LARIOS, 1980).

Plutôt que parler politique, on pourrait pas causer un peu chasse !
(Christian Coste, Bernard Lacombe et Georges Bereta).

Y A PAS QU'LE FOOT. Some Gardon are bigger than others.

Bernard Gardon. Un gars qui n'a pas mal.

« Adriaaaan, Adriaaaan.... ». A l'image de Rocky Balboa, Bernard Gardon est un battant. Un mec qui prend des coups mais qui sait en rendre sur le ring comme sur le pré. L'archétype du défenseur au caractère entier et fonceur qui joue sur son physique.

« J'ai toujours eu pour moi mon gabarit, ma force et ma santé » explique d'ailleurs le jeune nantais dans les colonnes de Football Magazine en avril 73. Taillé dans le roc, le natif de Clermont-Ferrand ne cache pas son goût pour l'effort et quelques gouttes de suée sur son corps viril. Une passion qui lui vient à l'adolescence, à l'époque où Nanard était un peu bouboule à cause d'un gros appétit. Un bon repas en famille et hop, quatre kilos en plus sur la balance ! Pas vraiment le meilleur chemin pour épouser une carrière de footballeur. Mais Bernard s'achète une conduite alimentaire et s'impose un régime draconien par la voie du sport et des travaux physiques. Il bosse avec papa, fabriquant de fours de boulangerie, s'essaie comme garagiste puis monteur en charpentes métalliques tout en tâtant du basket, du rugby et de l'athlétisme. Une vocation chez les Gardon puisque l'un de ses (nombreux) frères, Christian, fut champion de France cadet au lancer de poids. Du lourd donc, qui influence Bernard à soulever de la fonte pour se tailler des abdos-tablettes de chocolat et opter bizarrement pour le ballon rond. Pas tant que ça d'après l'intéressé, car pour lui « … le football a évolué de telle façon ces dernières années qu'il favorise plutôt la promotion de joueurs de mon genre ». Pas faux, surtout quand il faut marquer des types comme Gerd Müller et ses gros mollets à la culotte. Il faut en imposer sur le terrain. Avec son physique d'Apollon, l'étalon clermontois ne craint rien. « C'est même un atout de plus pour moi » affirme le Canari entre deux séances d'épaulé-jeté.

Après une longue carrière professionnelle construite entre Nantes, Lille, Monaco et St-Etienne, Bernard Gardon endosse le costume de manager du R.C Strasbourg à la fin des 90's. Jacky Duguépéroux - l'entraîneur du Racing et sorte de sparring-partner à l'époque - le qualifie « comme l'un des hommes qui a fait le plus de mal au club » après la descente en D.II. Visiblement, le challenger n'était pas à la hauteur du champion. Knock-out au dernier round. Avec Nanard, les coups, ça fait vraiment mal.

Rocky Gardon à l'entraînement avant d'affronter Ivan Drago.

Y A PAS QU'LE FOOT. My secret garden by Bernard Lacombe.

L'arroseur arrosé.

Le passage de Bernard Lacombe à l'émission « Luis attaque » sur les ondes de RMC la semaine passée (25/3) a crée le buzz dans les médias et les réseaux sociaux. En cause, les propos du conseiller du président Aulas sur la gente féminine qui s'intéresse d'un peu trop près au ballon rond. « Je ne discute pas de football avec les femmes, lance t-il à l'antenne en réponse à une auditrice sur le cas (désespéré ?) de son poulain Karim Benzema en équipe de France. C'est mon caractère, c'est ma vision des choses. Qu'elles s'occupent de leurs casseroles ». Nanard provoque un tollé général chez les femmes, anonymes ou issues du monde sportif et politique, qui chargent à raison l'ancien attaquant de l'Olympique Lyonnais. Les réactions fusent, parfois au ras du gazon (mais y a t-il besoin de voler bien haut face à un courant de pensée archaïque), et l'ex-international de se confondre en excuses dès le lendemain, couvert à demi-mots par son président. Humour ou pas, l'attaquant français le plus prolifique de l'histoire du championnat de France révèle un trait de caractère inavoué jusque-là. Les femmes aux fourneaux et les hommes au bistrot. A chacun son jardin en quelque sorte. La cuisine et les tâches ménagères pour bobonne, et moi de m'occuper de mes plants de tomates. A condition de les arroser régulièrement et d'entretenir son potager contre les mauvaises herbes, un peu comme celles qui fleurissent dans l'esprit de l'ancienne idole de Gerland.

DEATH FOOTBALL CLUB. Ceux qui ne verront pas la fin du Monde.

A priori, on devrait tous y passer dans quelques heures puisque la fin du Monde est prévue le 21 décembre. Mais certains n'ont pas attendu les prédictions du calendrier Maya (qui aurait pu se caler avec celui du championnat de France et attendre la 38ème et dernière journée que l'on puisse au moins connaître l'équipe vainqueur) pour passer l'arme à gauche. Hommage aux défunts de l'année 2012 qui ont traversé les années 70-80 sur les terrains et n'assisteront donc pas à l'apocalypse, ou alors vu du haut des tribunes de l'éternité...

JANVIER
On commence avec Gareth Ian « Gary » Ablett qui entame l'année 2012 les pieds en avant. L'ancien joueur de Liverpool et Everton, entre autres, double vainqueur de la Cup (1989 et 94) avec les deux clubs de la Mersey meurt en effet le 1er janvier à 46 ans d'un cancer du système lymphatique. Le Gallois Graham Rathbone le suit une semaine plus tard (8/1). L'ancien pensionnaire de Newport County, Grimsby Town et Cambridge Utd décède chez lui après une longue bataille contre la démence. Les habitués du Blundell Park, le stade de Newport, pleurent « The leader of the Town », battu par la maladie à 69 ans. Le lendemain, Pyotr Petrovich Vasilevsky, champion d'URSS avec Dynamo Minsk en 1982, emporte ses souvenirs et sa médaille dans sa tombe (9/1). Le 16 janvier, la Catalogne se réveille en larmes en apprenant la mort de Juan Carlos Pérez López. Vainqueur de la Liga (1974) et de la Coupe du Roi (1971), l'ancien milieu du Barça (1968-75) et du Racing Santander (1975-78), décède à 67 ans après un long séjour à l'hopital. Capitaine à l'époque des Cruyff, Neeskens, Sotil... il n'a pu combattre la maladie. Pierre Sinibaldi, international français dans les années 40 qui défendit les couleurs du Stade de Reims pendant plus d'une décennie (1944 à 53) s'éteint de sa belle mort le 24 janvier à 87 ans. Il fût entraîneur du RSC Anderlecht (1960-66 puis 1970-71) avant d'émigrer en Espagne, à Las Palmas (1971-75) et au Sporting Gijon (1975-76). Formé à Newell's Old Boys, Juan Fernando Sarrachini Donati ne voit pas non plus la fin du mois et décède chez lui en Argentine à 65 ans (27/1). Au début, et jusqu'au mitan des 70's, Donati s'était essayé à la Liga avec RCD Mallorca (1969-70) puis Herculès (1970-74) et Alméria (1974-75) en seconde division.
FEVRIER
Ladislav Kuna, le milieu du Spartak Trnava (de 1964 à 80) qui faisait partie de la sélection tchécoslovaque au Mexique (1970) est au régime racines de pissenlit dès le 1er du mois. Il avait 64 ans et plus de 400 matchs avec son club (avant de partir à l'Ouest à l'Admira Vienne de 1980 à 83). Enrique Moreno Bellver lui emboîte le pas sept jours après (8/2). A 48 ans, le défenseur espagnol avait été formé à Valence (1981-85) avant de poursuivre sa carrière au Rayo Vallecano (1985-86) et Real Valladolid (de 1986 à 92). Vainqueur avec Aston Villa du championnat anglais 1980-81, l'Irlandais Eamonn Deacy succombe à une crise cardiaque le 13. C'était pas son jour de chance. Depuis, le stade de Galway, son club formateur, s'appelle désormais du nom du joueur. Hommage.
MARS.
Le 7, la Pologne est en deuil. La vieille gloire Włodzimierz Smolarek (3ème du mundial 82) s'éteint à l'âge de 54 ans. Ancien pensionnaire du Widzew Łódź (1974-78 puis 1980-86) et du Legia Warszawa (1978-80), Smolarek passe la deuxième partie de sa carrière à l'Ouest : en Allemagne (Eintracht Francfort) et aux Pays-Bas (Feyenoord et Utrecht). Il comptait 60 séléctions avec les A polonais. En France le même jour, Pierre Tornade perd définitivement la 7ème compagnie. Moins connu, Kees Guyt rentre aux vestiaires le 30 mars. Le Néerlandais, qui a fait sa carrière entre Volendam et AZ'67, était le papa de Danny Guijt, l'actuel joueur de Willem II, et accessoirement l'oncle d'Edwin van der Sar.
AVRIL.
Un mois qui débute par une mauvaise blague pour les amoureux du football et de l'histoire de la Mafia. Giorgio Chinaglia, le parrain du New-York Cosmos, décanille à 65 ans d'une crise cardiaque (1/4). Toutes les familles d'Italie portent le deuil. Les supporters de la Lazio sont eux toujours aussi cons et racistes. En avril, ne te découvre pas d'un fil. Le 10, l'international turc (30 sélections) Erdoğan Arıca (passé par Galatasaray de 1977 à 81 et Fenerbahçe de 1981 à 86, notamment) n'échangera plus son maillot avec ses adversaires, terrassé par un cancer à 57 ans. Chez nous, Raymond Aubrac ne fait plus de la résistance. Quatre jours plus tard, c'est à Eddie May de partir pour toujours. La légende de Wrexham (plus de 300 matches entre 1968 et 76) ne fera plus ce qui le plaît. Tant pis. Le lendemain, le gardien de but kowétien Samir Said (il a participé à la coupe d'Asie des Nations 84) disparaît dans un accident de voiture (15/4). Il fonçait toujours trop comme une balle malgré ses 58 printemps. C'est la loi des séries. L'Italien Carlo Petrini passe l'arme à gauche à son tour (16/4). Une carrière marquée par ses nombreux transferts (Milan AC, Torino, Varese, AS Roma, Hellas Verona, Cesena, Bologna,...) et quelques dérapages : des histoires de dopage et l'affaire du Totonero qui le prive des terrains pendant deux ans. Il vît désormais en paix et c'est mieux comme ça.
MAI.
Patrick Bosch était Hollandais mais n'aimait visiblement pas trop la petite reine comme la plupart de ses compatriotes. L'ex-défenseur du FC Twente (1985-89) se crashe en voiture et succombe à ses blessures quelques jours plus tard (11/5). Flying Dutchman in the air. Il avait 47 ans. Hugo Marcelino Gottfrit ne l'a plus vraiment. Le défenseur argentin du Gimnasio La Plata (plus de 200 matches de 1970 à 76) meurt après un séjour à l'hôpital le 16 mai.
JUIN.
La ligue anglaise voit partir coup sur coup deux anciens pensionnaires. Steve Buttle, formé à Ipswich Town (1971 à 73) puis passé par Bournemouth et enfin exilé dans la NASL (Seattle Sounders, Pittsburgh Spirit) décède des suites d'un cancer à 59 ans. Son compatriote Chris Thompson qui commença sa carrière à Bolton (1977-83) avant de la poursuivre à Blackburn (1983-86), Wigan, Blackpool et Cardiff City est retrouvé chez lui en état de décomposition avancée (5/6). D'après sa sœur, ce dernier était dépressif et un alcoolique invétéré. Rock'n'roll. Conséquence ou non, le lendemain l'inamovible défenseur du Racing Santander (1977-82) Manuel « Manolo » Preciado Rebolledo succombe à crise cardiaque. La France n'est pas épargnée par le malheur. Le 16 juin, Thierry Roland laisse son p'tit Jean-Mimi orphelin. Le populaire (et populiste) journaliste qui devait commenter l'Euro avec son binôme, et finalement resté à Paris, est victime d'un AVC à 74 ans. Athletic Vannes Club. Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, bonsoir ! A Tbilissi, en ce premier jour de l'été (21/6), on pleure la disparition de Ramaz Shengelia, vainqueur de la coupe des coupes 1981 avec son Dinamo. Chinaglia-Shengelia, trop gros pour être honnête tout ça. Bref. Deux jours après, c'est Alan McDonald qui rend tout le monde un peu Mickey en Irlande du Nord. L'international (52 sélections et une participation à la coupe du Monde 1986) de QPR meurt sur le green en jouant au golf. La balle au fond du trou comme on dit. Il avait 48 ans. Graham Horn, gardien de but de Luton Town et des L.A Aztecs pendant les 70's le rejoint dans la foulée sur les routes du paradis (29/6) avec sa green card en poche.
JUILLET-AOÛT.
Pendant les vacances, c'est relâche ou presque pour les croque-morts du foot. Le British Ernie Machin (ex-Coventry City, Plymouth Argyle et Brighton & Hove Albion) clamse le jour de l'arrivée du Tour sur les Champs (22/7) avec un Anglais en haut du podium. Drôle de truc. En Italie, Aldo Maldera, l'ancien défenseur du Milan AC (1973-82) et de l'AS Roma (1982-85) s'éteint le 1er août à 58 ans et emporte avec lui quelques titres (champion en 79 et 83, et vainqueur de la coupe 1977 et 84). Vladimir Vasilyevich Kobzev, le buteur du Torpedo Moscou, joue son dernier pion le 7 du mois et reste bloqué à 52 ans. Dix de moins qu'Erol Togay, international Turc qui participa à la qualification de son pays pour le mundial argentin (1978), qui périt deux jours après Kobzev. Les fans du Brésil 70 auront quant à eux du mal à se remettre du décès de Félix Miélli Venerando, le portier champion du Monde à Mexico. C'était le 24 août, presque la fin de l'été déjà. Surtout du côté de Nancy et Bastia. Le 27, Antoine Redin quitte la scène après avoir créé le meilleur footballeur français de tous les temps au début des seventies : Michel Platini. Respect Tony.
SEPTEMBRE.
C'est la rentrée, mais pas pour tout le monde. Michel Pech, champion de France avec le FC Nantes en 1973 est emporté par le crabe (20/9). Cui cui le Canari. Il n'avait que 66 ans. Pareil pour l'Espagnol Juan Baena Ruiz. Le joueur d'Hercules (près de 300 matches en 10 ans – 1972 à 82) ne résiste pas à une opération du cerveau et meurt sur le billard à 62 ans (28/9). Et l'automne qui arrive à grands pas...
OCTOBRE.
C'est le couac pour Milija Anthony Aleksic. Le gardien de Tottenham Hotspur, vainqueur de la Cup en 1981, n'est plus depuis la mi-octobre (17/10). Il s'était retiré en Afrique du Sud depuis quelques années et avait 61 ans. Un an de moins que Philippe Di Santo. Le Belge, qui a évolué à Charleroi, St-Trond et Pescara, décède d'une longue maladie (23/10) et se tait à tout jamais. Georges Van Straelen avait aussi des racines belges, des Flandres plus exactement. C'est pour ça que le joueur formé à Nantes adorait le vélo. Il l'a raccroché à 55 ans. Un cancer l'emporte (26/10) sur la ligne d'arrivée. Putain de classique automnale et ses feuilles mortes.
NOVEMBRE.
L'année se termine tranquillement mais n'oublie pas d'emporter son lot de défunts. C'est l'heure pour Heinz-Jürgen Blome. A 65 ans, l'ancien taulier du VfL Bochum (1965-73) passe l'arme à gauche (7/11). Pas son aile préférée mais c'est la vie. Manuel Peña Escontrela mise sur le 13. Le joueur de Valladolid (sept saisons de 1983 à 90) puis Saragosse (1990-93) a choisi le bon numéro pour partir d'un cancer à seulement 46 ans. Too young to die. L'Espagne, c'est aussi le souvenir de la coupe du Monde 82 avec le Cameroun qui sort de la compétition en étant invaincu. Théophile Abéga faisait partie de la liste des 22 Lions Indomptables. Le Camerounais, aperçu à Toulouse au mitan des 80's, est terrassé par un malaise cardiaque trente ans après l'exploit des hommes de Jean Vincent (15/11). Il avait 58 ans. Mais un lion ne meurt pas, il dort. Désormais profondément comme Raimund Krauth, l'Allemand du Karlsruher SC (1975-82) qui dût mettre un terme à sa carrière à 29 ans. Retraite prématurée comme sa mort à seulement 59 ans (22/11). Et pour finir, encore un joueur trop tôt parti. Herbert Oberhofer était fidèle au FC Admira Wacker. Il y rentre en 1973 et le quitte 17 ans plus tard à l'heure de la retraite (1990). Le club est bouleversé d'apprendre sa mort à 57 ans (27/12). Comme quoi la fidélité ne paye pas. Ce n'est pas Fidélis qui dira le contraire. Rattrapé par un cancer de l'estomac (28/11). Il avait participé à la World Cup 66 et faisait partie des meubles à Bangu (1963-68) puis Vasco de Gama (1969-75), ses de équipes de coeur... qui ne bat plus pour personne. Le nôtre bientôt non plus à priori.
(Hommage à ceux que j'ai oublié et aux autres, plus jeunes ou trop vieux).

Y A PAS QU'LE FOOT. La Guillotine Football Club.


Avec la réélection de Barack Obama, c'est un peu d'espoir et d'humanité qui perdurent aux States malgré la conjoncture actuelle. En dépit des efforts du premier président noir américain pour rendre son pays plus funky, les Etats-Unis restent cependant à ce jour l'une des dernières démocraties à appliquer la peine de mort sur son sol (dans 33 états sur les 50 que compte le pays). Un débat qui divise aussi toutes les classes en France. Face au fléau de l'insécurité grandissante, certains verraient d'un bon œil des têtes tomber. A l'époque de Giscard, la question est fréquemment posée aux footballeurs pros du pays, connus ou moins, et les réponses fusent au ras du gazon. Le Vintage Football Club a sélectionné onze avis (une équipe sur le terrain) sur le sujet. A couper le sifflet de celui qui arbitre la rencontre car ça colle vraiment les chocottes. Et dire que tout est de la faute à Sardou serait trop injuste. C'est un plébiscite en faveur de la peine capitale. Seul un joueur (Serge Chiesa) garde la tête sur les épaules. Et on se demande encore aujourd'hui pourquoi ce dernier a refusé de porter le maillot de la sélection nationale...

- « Pour. Premièrement parce qu'elle a valeur d'exemplarité. Deuxièmement elle évite aux irrécupérables de nuire encore et de finir leur vie entre quatre murs »
Marco Molitor. (Décembre 1973).

- « Contre. C'est cruel. Je n'admets pas »
Serge Chiesa. (janvier 1974).

- « Pour, dans le mesure où le crime a été commis volontairement »
Michel Mézy. (Mars 1974).

- « Il y a des cas qui méritent la peine de mort »
Dominique Dropsy. (décembre 1974).

- « Pour, du moment que l'on fait mal aux enfants et aux personnes âgées. Ensuite cela dépend de la gravité. En général je suis pour »
Jean-Noël Huck. (Mars 1975).

- « Je suis pour. Quand on tue quelqu'un on doit savoir ce que l'on fait, ce que l'on risque »
Daniel Leclercq. (Novembre 1975).

- « Dans certains cas pour : enlèvements, rapts d'enfants »
Christian Coste. (Décembre 1975).

- « Pour. Il y a des choses qui doivent se payer dans la vie. J'exècre les assassins. Je serai contre si j'étais intimement persuadé qu'une condamnation à perpétuité n'équivalait pas à une remise en liberté plus ou moins rapide »
Henri Michel. (Mars 1977).

- « Pour. Il se passe des choses inadmissibles, et malheureusement la justice se montre beaucoup trop clémente devant la violence »
Bernard Genghini. (1979).

- « Entièrement pour. La recrudescence de prises d'otages, de meurtres de gosses, de la torture sous toutes ses formes et pour quelque motif que ce soit me renforcent dans ce sentiment. Je crois à son exemplarité, à son action préventive »
Bernard Boissier. (1979).

- « Je suis pour. Je n'admets pas qu'un type qui a tué s'en tire avec vingt ans, et qu'au bout de dix il sorte de prison... et qu'il recommence »
Carlos Curbelo. (1980).

Y A PAS QU'LE FOOT. Didier Six.


Didier Six l'avoue sans ciller bois ni faire le souk machine pour autant lorsqu'on l'interroge au printemps 77 sur ses loisirs. Il y a bien une vie après le foot. Et pour le Nordiste, elle passe par le petit écran. Rien de mieux qu'une petite soirée pépère après l'entraînement afin de récupérer au mieux des efforts de la journée. Chez lui, le Valenciennois enfile le survête (peut-être qu'il ne l'a pas quitté en fait), se vautre dans le canapé et quémande une bonne Jup' bien fraîche à maman. Sweet « Didier » Sixteen in leather boots. Plutôt en charentaises. Et c'est parti pour le zapping. Notre enfant de la télé passe en revue ses programmes préférés, à commencer par ceux traitant du sport. « Concernant les commentateurs, j'ai mes têtes et mes voix » lâche bon pied bon œil Didier sans toutefois citer des noms. Certainement pour ne pas froisser Pierre Fulla, Christian, Jean ou Pierre. Fair-play le jeune international qui avoue aussi avoir un petit faible pour les émissions à débats. Le must ? « Les dossiers de l'écran » dont il ne rate pas un numéro et qu'il suit jusqu'à la fin, avant de rejoindre sa compagne qui dort déjà à l'hôtel du cul tourné. Télévore, Six feet under (mais pas que) suit également de près les informations. A vous Cognac-Jay, pardon, à toi Didier : « Il faut bien être au courant de l'actualité, se justifie t-il en beurrant les biscottes de sa femme au p'tit matin. J'ai ainsi un panorama de ce qui se passe dans le monde, et je me forge une opinion sur les évènements ». En attendant, son actualité à lui c'est descendre les poubelles avant de prendre la route de l'entraînement. Madame tire toujours la gueule, et le week-end qui touche à sa fin ne va pas lui faire décrocher un sourire. Le dimanche soir en effet, Didier Six consacre son temps aux émissions de variétés qu'il préfère à un bon film. « Des films, concède t-il sans pudeur à côté de maman qui lui tricote un bonnet pour l'hiver, j'en vois dans la semaine. Il y en a suffisamment pour que je puisse choisir ». Celle qui partage la vie de notre Pierre Tchernia du foot français se lève en baillant. Un suppo et au lit. « C'est mon choix » lâche t-elle en soupirant alors que son homme file au frigo pour s'ouvrir un deuxième Jup' bien fraîche.

Y A PAS QU'LE FOOT (ou presque). Gilbert Gress.

On peut être à la tête de l'Etat et malheureusement pas trop vacciné contre la connerie. Le 1er mai dernier, le président-candidat a fêté le « vrai travail » avec ses militants au Trocadéro, appelant les syndicats à baisser pavillon rouge pour une France plus forte. Mais bordel à maman qui tapine au fond des bois, c'est quoi en fait un vrai boulot pour la droite et cet amoureux du foot, du PSG en particulier, le parti sans générosité ? The Vintage Football Club a enquêté auprès des footballeurs et donne un début de réponse avec Gilbert Gress, émigré en Allemagne, modèle économique et social du chef de l'Elysée très regardant sur les 35 heures et les loisirs de ses concitoyens oisifs, surtout ces feignasses de fonctionnaires toujours à toussoter pour un oui pour un non. Sarko dit halte à la tricherie et aux arrêts-maladie en lorgnant du côté de la Bundesrepublik où les travailleurs frontaliers ont plutôt la vie cool à son grand étonnement.

En Allemagne, Gilbert Gress a le temps de prendre soin de lui.

Gilbert Gress arrive en Allemagne au mitan des sixties. Pendant 5 ans, de 1966 à 71, le lunatique attaquant aux lunettes rondes fait les beaux jours du VfB Stuttgart, roule en Porsche à fond les gamelles sur les autoroutes teutonnes et exerce, parfois, son métier de footballeur quand son temps libre lui en laisse le loisir. L'ancien Strasbourgeois ne s'en cache pas, la Bundesliga c'est Lady Gaga et la fête du slip : « Il y a certes des clubs comme Mönchengladbach où la préparation est intensive, mais d'une manière générale, dans la Bundesliga, l'entraînement est raisonnable. On part du principe qu'il faut garder l'essentiel de ses forces pour le match ». Le Français du Neckarstadion l'avoue sans détour: il ne se foule pas trop la semaine avant de s'éclater le week-end sur les vertes pelouses allemandes, et traîne sa dégaine de militant trotskyste dans les rues de la ville en sifflotant les mains dans les poches, hésitant entre là le coiffeur, ici un film au cinoche ou encore un concert des Toten Hosen. Son programme en dit long sur la mentalité germanique et casse la baraque de la droite libérale. A toi de juger :

Il a aussi le loisir de lire le journal seul...

  • Lundi: travail physique (½ heure) et technique (20 minutes).
  • Mardi: 1 heure de travail physique et technique suivi d'un petit match d'une durée variable, mais de toute façon inférieure au temps réglementaire.
  • Mercredi: léger travail d'entretien et petit match de ¾ d'heure.
  • Jeudi: Match contre la réserve ou une autre équipe d'une durée d'une heure.
  • Vendredi: pas d'entraînement. Promenade.
  • Samedi: match de championnat.
... ou avec Mémé.

En comptant large, l'Alsacien bosse une petite dizaine d'heure par semaine, match officiel inclus. Gress a trouvé la bonne formule en Allemagne: le courir moins sur l'aile droite pour gagner plus de Deutsch Mark. Et les libéraux liberticides de ruminer dans leur barbe un plan d'austérité. Sale rouge de coco Suaudeau, plus idéologique sur le sujet mais on ne lui a pas posé la question.

Et faire aussi une partie de cartes en famille.

Y A PAS QU'LE FOOT. Charly Loubet.


Charly Loubet et les crêpes suzettes. Non ce n'est pas le nom de la formation yéyé-rock'n'roll de l'international français pendant ses tendres années. Le natif de Grasse passé par Cannes, Nice et l'OM est un spécialiste des desserts à la maison tout en pratiquant le café-crème sur le pré. En homme d'intérieur accompli, Charly occupe ses mercredis après-midi en cuisine à préparer la pâte entre les pots de miel et de confiture au plus grand bonheur de ses enfants qui attendent avec impatience de déguster les crêpes de leur papa-footballeur. Et visiblement, malgré une bonne technique, le buteur français pêche un peu parfois dans le dernier geste et la finition: le retourné de la galette dans poêle. La faute à la pression de ses deux filles, souvent critiques sur le contenu du match : « Papa, on avait dit sans grumeau les crêpes ».

Y A PAS QU'LE FOOT. Eugène Battmann.

Encore une situation chaude à gérer pour Battmann.

Eugène Battman ne ressemble pas du tout à un super-héros. Pas la moindre cape internationale, tout juste une pré-sélection à un stage lors de la saison 1971-72, et une carrière pro qui commence sur le tard à 29 ans. La faute d'abord à une maman hyper-protectrice, sorte de wonder woman qui livre bataille contre « un jeu de sauvages » et redoute que son fils « prenne un mauvais coup » à trop fréquenter les forces du mal. Le destin de la vie aussi, tout connement. Eugène quitte l'école à 14 ans et file en apprentissage de serrurier dans son village natal de Masevaux. Un bon plan pour trouver les clefs de la tactique adverse et fermer le verrou aux attaques d'en face. Notre homme pratique en effet le football à l'insu de sa daronne, dans les bois, « son meilleur poste » selon l'avis de son fidèle compagnon et ami d'enfance Robin, tout en menant en parallèle le métier de ferronnier. Pas dans n'importe quelle branche puisque que le portier de Sochaux exerce la ferronnerie d'art. Son joker à lui en dehors du foot en quelque sorte. « Voir ce bout de ferraille » prendre vie entre ses doigts, c'est son truc. Une passion intense et profonde à laquelle il s'adonne sans compter dans son atelier, travaillant le fer avec l'enclume et le marteau dans le foyer incandescent de la forge. Une façon très personnelle d'être sous le feu des projecteurs quelque part, qui lui procure des émotions fortes : « J'éprouve une réelle satisfaction à créer quelque chose. Pas tant pour moi que pour les autres, pour leur faire plaisir. J'ai ainsi l'impression de donner un peu de moi-même à ceux pour qui je travaille ».

Eugène Battmann en studio remixe un morceau de Einstürzende Neubauten.

D'ailleurs le boulot, il ne craint pas. Gégène est un manuel qui déteste l'oisiveté, le fruit de son éducation qui l'entraîne très tôt dans la vie active. Avec ses frangins - ils sont six au total plus quatre sœurs - il a construit une maison pour l'un d'eux dans son patelin alsacien. Chez lui, Battmann ne vit pas comme une chauve-souris. Le carrelage, la cheminée sont le fruit de ses mains expertes, comme la grille de la porte d'entrée et toutes les coquetteries en fer forgé qui décorent « his home sweet home »: la rampe de l'escalier, les lustres et les appliques de la salle à manger. Pour finir, Eugène a même investi ses premières primes de joueur pro dans un salon de coiffure pour sa femme. Au rez-de-chaussée de sa maison. Une affaire qui « marche très bien » et permet d'anticiper sur l'évolution de sa carrière sur le banc des remplaçants.

Battmann chez le coiffeur. Un nouvel épisode des aventures du super-héros.


Y A PAS QU'LE FOOT. Franz Beckenbauer.


Y a pas qu'le foot dans la vie de Franz Beckenbauer, bordel de Boney M, il y a aussi le quotidien avec la famille. Et ça, ça compte beaucoup. Le mercredi après-midi, quand sa femme part faire du shopping avec les copines, le capitaine du Bayern et de la Mannschaft prend des RTT pour s'occuper des gosses à la maison. Pendant les journées d'hiver, c'est atelier peinture toutes les semaines, du plus grand au plus petit. Une manière de sensibiliser ses enfants à l'art. Et visiblement c'est pas une mince affaire. Si le libéro de classe mondiale est un meneur d'hommes sur le terrain, le « Kaiser » éprouve quelques difficultés à faire passer son message à la maison. La preuve avec ce cliché, les gamins ont peint les rideaux de la cuisine. D'un autre côté, nos Picasso en herbe ont-ils au moins appris l'harmonie des couleurs au contact de leur papa artiste, lesquels ont revêtu leurs plus beaux pulls pour l'occasion. Influencés par leur père très certainement. C'est ça le style : savoir s'adapter en toutes circonstances et surtout avoir l'œil.

Y A PAS QU'LE FOOT. Thierry Tusseau.


Le bricolage est devenu le passe-temps favori des Français. Personne ne semble échapper à ce phénomène de mode, pas même Thierry Tusseau. Le milieu défensif s'explique d'ailleurs sans détour sur sa passion devant les caméras de télé, à l'occasion d'une de ces nombreuses émissions spécialisées qui pullulent sur le PAF : « Comme tu peux le voir Cendrine, la déco c'est mon dada. Je fais tout, seul, en me nourrissant des tendances du moment ». Et le Canari de développer sur son addiction aux programmes TV consacrés au sujet et la lecture des magazines du bricoleur du week-end. Deux éléments essentiels dans le quotidien du joueur nantais qui y puise ses idées et son inspiration de l'artisanat do it yourself. Pas peu fier de nous ouvrir les portes de son home-concept, Thierry Tusseau présente sa dernière réalisation en date - la cuisine - un torchon dans les mains. Thierry la bricole est aussi un homme d'intérieur modèle. Et de justifier ses choix par les détails d'une maison au goût du jour: le cassage des ambiances et des couleurs. « Pour le papier peint, j'ai voulu garder un aspect rustique qui n'est pas sans rappeler la salle de séjour de mes grands-parents chez qui j'allais en vacances durant mes vertes années. L'odeur du chocolat chaud et des biscuits Lu trempés dans le bol pour mon quatr'heures. C'était la récompense après la pêche aux écrevisses. Que de souvenirs ». Des traces du passé et des jours heureux que l'on retrouve un peu sur la nature du carrelage mural visiblement, n'est-ce pas mon Thierry? « Oui et non à la fois. Le bleu, c'est surtout une manière personnelle d'évoquer que je nage dans un océan de bonheur dans ma cuisine à préparer des petits plats pour ma femme ». Des intentions qui vont droit au cœur que ne manque pas ce mari moderne lequel n'oublie pas, comme tout bricolo qui se respecte, d'aller chiner deux-trois babioles le dimanche matin avant le décrassage. « L'évier avec ses placards vernis? Une bonne affaire dégotée sur la brocante annuelle de l'Amicale des supporters du FCN, quai Malakoff, à deux pas de Saupin. En fait, j'avais fait un devis auprès d'une grande enseigne scandinave pour une cuisine intégrée. Trop cher. J'ai opté pour la solution démerde ». De la débrouille et des idées qui ne sont pas sans risque pour la survie du foyer. La question des goûts et des couleurs. Madame, qui ne semble guère apprécier l'ensemble, laisse le soin à son mari artisan-footballeur de se taper les tâches ménagères en prime. Voilà qui explique les torchons en fait. La punition pour ne pas avoir choisi un lave-vaisselle. Et sinon la chambre Thierry, tu nous fais visiter? « Houlala oui, mais c'est un sujet tabou. A cause d'elle, c'est l'hôtel du cul tourné tous les soirs pour moi ». Finalement, on va renter alors, c'est où la porte?

Y A PAS QU'LE FOOT (pas sûr). Carlos Bianchi.


Lorsqu'il signe à Strasbourg à l'été 79, Carlos Bianchi pense uniquement au ballon rond et à la coupe d'Europe. Ça tombe plutôt bien, le Racing vient d'être sacré champion de France la saison précédente. La C1 le fait rêver, donc le Ballon d'Alsace et le tourisme, pas le temps d'y penser ni trop son truc en fait. Rien n'est plus beau qu'un ballon qui transperce les filets pour le « Goléador » dont le cerveau pense foot 24/24. A la famille aussi, comme il l'affirme en alexandrin (ou presque) : « Quand je ne pense pas au football, je pense aux miens. Quand je ne pense pas aux miens, je pense au football et à mes futurs buts ». Et Fernande sinon, pas un peu des fois? L'ancien Rémois reste coi, sourd aux vannes comme aux discours politiques. Pourtant Strasbourg, le Parlement, tout ça. L'Argentin fait mine de tomber dans la surface plutôt que dans le panneau : « D'abord je mets les points sur les i : je ne fais et ne ferai jamais de politique. En Argentine, l'homme qui ne discute pas football, qui ne vit pas pour le football, est rare. Chez vous, c'est celui qui ne parle pas politique qui est considéré comme un paria ». Un ton ferme et accusateur qui n'empêche pas le buteur argentin de partir en campagne quand il pose ses valises en Alsace, et de prendre la posture d'un député gaulliste pour afficher ses opinions qu'il clame comme un slogan : « Manger des saucisses ». Du côté de la Meinau, on appelle ça de la politique d'intégration. Un peu plus lourd à digérer que les pommes de Chirac quand même. Et l'ex-attaquant du PSG de recentrer le débat dans la foulée du jogging matinal en évoquant sa ligne idéologique et son statut de joueur étranger du championnat :  « Je vis à la française dans la journée. Je redeviens un peu Argentin le soir. Je me couche vers minuit après avoir discuté... foot bien sûr, avec les copains ». Incorrigible Carlos qui rêve en secret d'un portefeuille au Ministère des sports après avoir compté les moutons jusqu'à 11 sans oublier les remplaçants.

Y A PAS QU'LE FOOT. Jean-Paul Bertrand-Demanes.

1,92 m et 83kg à la pesée, Jean-Paul Bertrand-Demanes est un « joli bébé » pour emprunter un terme au monde de l'ovalie. C'est d'ailleurs au pays du rugby, dans le Sud-Ouest, que le « Grand » comme l'appellent les potes découvre le football et le poste de gardien de but à 11 ans, grâce au daron, gardien lui aussi mais de la paix. Dans la famille, on a la même passion mais on ne souffle pas dans le même ballon. Et le goal nantais de goûter à tous les diamètres du cuir et se tourner naturellement vers le basket, au vu de sa taille, pour combler les heures creuses entre deux séances de pénalties : « C'est sûr qu'avec mon physique, j'aurai pu envisager une carrière de pivot dans un 5 majeur. Mais j'ai préféré me servir de mes paluches d'une autre manière. C'est mon choix. Mon anchois dirai-je étant donné que je garde les filets. Ce qui ne m'empêche pas d'aller taquiner la sphère sur le vieux parquet en bois de la salle municipale de Rezé. Et chuis pas un manchot sous les panneaux. Toujours bien placé au rebond ». Une manière de rebondir sur sa future reconversion que JPBD (comme le POPB mais à Nantes en fait) imagine nulle part ailleurs que dans le sport : « Pourquoi pas professeur d'EPS. Les sports collectifs, c'est vraiment mon truc ». Cette fameuse passion de la balle que l'on évoquait plus haut. Bon sinon Jean-Paul, tu nous ressers un p'tit ballon pour la route parce que là notre verre, c'est un peu comme la Loire en été. Tout sec.

Y A PAS QU'LE FOOT. Les mémés hools.


« Bah non, y a pas qu'le foot dans la vie ! ». C'est bien ce que semble se raconter nos deux Vamps venues accompagner leurs fistons au stade et repartir illico sur le marché en papotant sur la hausse des prix et du kilo de pommes de terre qui monte en flèche, tout ça le long de la ligne de touche :
- « Rôô, pis j'espère qu'y vont pas faire de bêtises nos deux ch'tios avec les aut' phénomènes là. Les houliganes. C'est pas des cadeaux ceux-là ».
- « Bah t'inquiète pas ma Liouceth, un dérivé de Lucette in English, au moins quand ils sont là, on sait qu'y sont pas ailleurs à traîner les rues avec les pounks ».
- « Certes ma chère Margareth, Marguerite fanée toujours en Anglais, mais bon t'as vu les nouvelles dans le journal. Y sont quand même pas commodes ces p'tits cons. J't'enverrais tout ça à l'armée moi. Allez hop, aux Malouines ! Ah pis tiens, v'là-t'y pas qu'y s'met à pleuvoir et j'ai pas pris mon pépin. Quelle nouille alors ! ».
C'est l'avantage des stades anglais et leurs tribunes au ras de la pelouse. La proximité du public avec les joueurs qui (mon fils ma) bataillent sur le pré. Une autre dimension du football, plus proche des gens, plus réaliste et chaleureuse.
- « Bon hé les fossiles, c'est pas un peu fini vos histoires là ? ».
Pas si amical que ça en fait, car visiblement le barbu mal luné aimerait voir un autre spectacle que celui offert par nos deux épicières qui squattent les meilleures places en prime.
- « Bah quoi, j'ai payé mon billet merde alors ! »
Honteux ce manque de respect envers le 3ème âge. Pas très fair-play non plus.

Y'A PAS QU'LE FOOT. Bobby Moore et Franz Beckenbauer.

Franz Beckenbauer-Bobby Moore: un duel de grands maîtres.

Sur un terrain, Franz Beckenbauer et Bobby Moore étaient des pièces essentielles dans leur club ou en sélection. Copains dans la vie, les deux stars se retrouvent souvent chez l'un ou l'autre pour le barbecue du dimanche qui se termine toujours par une partie d'échec au fond du jardin. Une manière pacifique de revenir sur les rencontres entre la Mannschaft et l'Angleterre, des matches sous tension et serrés comme un duel Karpov-Kasparov depuis une finale de coupe du Monde.
- « En 1966, mes deux tours de Wembley étaient imprenables. Échec et mat les boches ! Et God save la Reine. Sinon, la famille, ça va bien Franzy? ».
- « Ach ja, mais au Mexique elles sont tombées comme le World Trade Center tes tours. En fumée. Grâce à notre « der Bomber » Müller. Oui, ça va bien merci. Et très bonnes les côtelettes au grill Bobby ».
Le Kaiser parle en capitaine. Fin et courtois. La grande classe qu'il porte sur le pré comme dans le civil, ne manquant pas d'ajouter de la coquetterie au chic et d'assortir sa chemise avec les chaises de son hôte. La fameuse vision du jeu sans doute.

A la fin, tout le monde se serre la main.

Y A PAS QU'LE FOOT. Jean-Michel Larqué.

Jean-Michel Larqué. Une Rolex, ça le fait bien pour draguer les poupées !
« Oh oh oh jolie poupée » faisait danser Bernard Menez et tous les clubbers français au début des années 80. Une façon pour le roi des nanards de rendre hommage à la Femme, en utilisant des métaphores olé-olé qui comparent le sexe faible à son doigt coupé! Des paroles sous la ceinture et vides de sens qui relèvent de la psychologie, et que seul l'acteur franchouillard pouvait oser. Du premier degré pour évoquer un truc pas résolu avec les filles diront les détracteurs. Ou bien juste un clin d'œil à Jean-Mimi qui assure pas mal aussi avec les meufs au vu de sa vitrine à trophées, d'habitude remplie par les coupes et les médailles chez la plupart des footballeurs. Chez Jean-Mimi par contre, on préfère y exposer ces fameuses poupées, fruits de ses conquêtes sportives. Une passion qui lui est venue naturellement, souvenirs de ses nombreux voyages à travers le monde et des déplacements européens des Verts. Jean-Mimi bichonne sa collectionne comme un titre de champion de France, en prenant soin de la dépoussiérer et de lui causer tactique entre deux entraînements. En bon plangonophile maniaque, tel le capitaine de devoir qu'il est sur un terrain, Jean-Mimi n'oublie aucun sens du détail : « Le jupon doit bien être rentré dans le short, le jupon doit bien être rentré dans le short. Le jupon... Passe ta balle! ». Et voilà, Jean-Mi se croit au micro avec Thierry Roland et oublie de nous parler en deux-trois mots de son autre passion: les sous-pull. Comment on appelle ça un collectionneur de fringues pareilles Jean-Mimi ? « La poupée rouge est hors-jeu, la poupée rouge est hors-jeu, la pou... ». Un pulitzer non ? « A gauche, à gau... ». Bon bah on trouvera tout seul, te fatigue pas va.

Y A PAS QU'LE FOOT. Giacinto Facchetti.


Le défenseur de l'Inter était un solide gaillard (1,88m / 85kg). C'est pourquoi Giacinto Facchetti se tourne naturellement vers le basket dès l'adolescence après s'être essayé au rugby, au ski et à l'athlétisme où il brille sur les courses de 100m et 80m haies. Très à l'aise au rebond, Facchetti a aussi de l'allure et du style sous le panier, n'hésitant pas à se frotter aux joueurs du Simmenthal - ancienne dénomination de l'Olimpia Milan - son équipe favorite. Une passion qui jamais ne quittera « l'arrière fonceur » comme il se définissait lui-même. Giacinto tentera même de créer des vocations auprès de ses partenaires nerazzurri, comme ici le Brésilien Jaïr (à gauche sur la photo), éclaboussé par la classe du libéro intériste qui prenait l'habitude de peaufiner sa préparation physique sur les parquets, avec les basketteurs du Simmenthal de son ami Massimo Masini - capitaine du 5 majeur milanais à l'époque - lequel évoque quelques souvenirs douloureux : « Pendant mon passage à Milan, je suis devenu ami avec Giacinto Facchetti qui me disait toujours - avec tous ces analgésiques, anti-inflammatoires, ces vitamines et médicaments qu'il nous donne, qu'est-ce qui va se passer quand on sera vieux? ». En fait, Giacinto décède le 4 septembre 2006 d'un cancer du pancréas à 64 ans. Pas la meilleure des réponses à son copain qui se sent un peu seul depuis pour les 1 contre 1.

Y A PAS QU'LE FOOT. Louis Cardiet.

Bien avant Canto, le Picasso de JPP, l'ancien Rennais et Parisien Louis Cardiet exprime aussi ses talents sur la toile en dehors des terrains. A l'inverse du King qui utilise la peinture pour canaliser un trop plein d'énergie, Loulou présente des prédispositions presque naturelles pour le troisième art en voyant le jour à Quimperlé, situé à quelques coups de pinceaux de Pont-Aven sur la carte de France. Un environnement favorable pour l'épanouissement du jeune Cardiet, bien avant de chausser les crampons et passer par le football professionnel : « Avant de débuter à Rennes, j'étais peintre-décorateur dans la publicité. C'était venu tout naturellement car à l'école, j'étais passionné par le dessin et il faut dire que je me défendais pas mal. Alors lorsque j'ai arrêté les études, j'ai choisi ce métier de peintre-décorateur ». Une reconversion toute trouvée pour Loulou à l'heure de la retraite sportive, guidée par la création et l'inspiration qu'il trouve en flânant dans les rues du vieux Montmartre entre les séances d'entraînement et les matches du week-end : « Je peins surtout des Poulbots, des clowns, je travaille dans le genre moderne et les natures mortes ». Sa préférence pour les gavroches le conduit d'ailleurs à signer au PSG (1973-76) au terme de son contrat avec le Stade Rennais. Sur place, Louis Cardiet en rajoute des couches et prend son pied : « En général, je mets à peu près deux heures et demie pour peindre un poulbot, car lorsque je commence à peindre je n'aime pas m'arrêter. Il faut que je travaille d'une seule traite, à la lumière du jour et dans le silence le plus parfait. C'est une réelle détente pour moi et bien sûr un véritable plaisir ». Quelque part une manière d'oublier les toiles de ses coéquipiers en se concentrant sur les siennes dans un autre domaine. En toute simplicité. Louis Cardiet est un peu le chaînon manquant entre le sport et l'art qui fait désormais le bonheur des chineurs des puces de St-Ouen. On ne discute pas les goûts et les couleurs.

Louis Cardiet expose ses toiles. Bonjour la défense !

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