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FAN PICS. Nottingham Forest.


Le 30 mai 1979, la Marienplatz de Münich est envahie par une horde de supporters de Nottingham Forest venue encourager leur équipe pour la finale de la coupe d'Europe des clubs champions. Au stade olympique, les hommes de Brian Clough affrontent les surprenants suédois de Malmö et peuvent compter sur 20.000 fans anglais, aux joues rougies par la bière qui coule à flot dans la capitale bavaroise. Aucun incident notoire n'est à déplorer ce jour-là; une aubaine pour les organisateurs car parmi les supporters des Reds figurent très certainement des membres du Forest Executive Crew, un des groupes de hooligans les plus craints des Midlands.

Le F.E.C naît au milieu des années 70, à l'instar d'autres firmes qui émergent dans l'île. Sur fond de « Thatchérisme », de crise économique et de chômage, les membres du F.E.C se réunissent dans les terraces du City Ground pour y défendre leur territoire. Les débordements s'étendent souvent en dehors du stade et donnent lieu, parfois, à des scènes cocasses. Bon nombre de bastons se déroulent sur le pont de la London Rooad qui surplombe la Trent, à quelques foulées du City Ground. C'est ainsi que, pour sauver leur peau, quelques supporters adverses enjambent le pont pour finir dans les eaux du fleuve, sains et saufs, ou presque. Les jours de grand rendez-vous, le F.E.C peut compter jusqu'à 500 membres. C'est le cas en particulier contre les rivaux de Leicester et sa Baby Squad. Mais la fight ultime est réservée aux ennemis de Derby County et sa frange radicale : la Derby Lunatic Fringe. Les deux clubs, distants d'une petite vingtaine de kilomètres, sont liés historiquement à cause d'un homme, Brian Clough, lequel a coaché les deux équipes durant leur grande époque. Cette rivalité exacerbée se traduit sur le terrain, et surtout en dehors, depuis les années 60 en fait. Elle atteint son apogée en juin 1984 lorsque des membres de la D.L.F s'unissent aux hools de Leicester pour affronter Forest dans son fief. Partis à l'origine en virée pour fêter l'anniversaire d'un des leurs, la petite sauterie se termine en pugilat; des membres du F.E.C avertis de la présence indésirable de ces envahisseurs voient rouge. Entre 300 et 400 personnes prennent part à la bataille qui terrorise le centre-ville de Nottingham. Selon plusieurs témoins, c'est la guerre à coups de briques, de verres et tessons de bouteille. On dénombre plusieurs blessés chez les forces de police et les assaillants et un paquet d'arrestations (une soixantaine).

De cet affrontement naît cependant une amitié sincère entre les deux leaders des gangs opposés. Suite aux incidents et après un procès qui dure trois semaines, Tommo (D.L.F) et Boatsy (Gary Clarke) du F.E.C sont envoyés en cabane ensemble à la prison de North Sea. Les ennemis cohabitent, se serrent les coudent et finissent par s'apprécier. Depuis cette date, les rivaux d'hier alignent les pintes au pub tout en se consacrant à leurs petites affaires, chacun de leur côté. Tommo est DJ et Gary « Boatsy » Clarke a écrit un livre sur ses années hools (« Inside the Forest Executive Crew ») sorti en 2005.


PUB. Adidas. Trevor Francis. 1979.


ADIDAS
Trevor Francis, our final test
(1979)

FOOT ROCK AND ROUFLAQUETTES. Billy Bonds.


BILLY BONDS.
Petite frappe de l'East End avec des gnons sur la tronche, traces d'un gaillard qui n'a pas froid aux yeux quand il s'agit de faire la bagarre, c'est Billy Bonds : agent très spécial de West Ham où il effectue toute sa carrière. Une bonne vingtaine d'années chez les Hammers (de 1967 à 88) à punir ses adversaires du côté d'Upton Park quand l'ICF règle ses comptes avec les bandes rivales dans tout le pays. Chronique prolétarienne. Bien trempé dans la tradition anglaise, Billy Bonds transpire le foot, la bière et la baston. Et rote sous le pif de la reine, comme Cockney Rejects – le combo punk-oï pro-Hammers – éructe l'hymne du club et n'hésite pas à causer de hooliganisme dans ses textes. Le style casuals. Plus classe et moins virulent, Billy Bonds préfère les stars et THE STRYPES, un groupe de foutus irlandais sapés comme des mods, élevé au son du rythm' and blues et au rock-garage. En mode revival. Un retour à une époque bénie où Billy soulevait la Cup... et les jupes des filles.


MIDDLESBROUGH F.C 1980-81. By Panini.


MIDDLESBROUGH F.C 1980-81

En haut : Mickey Burns, Graeme Hedley, Irving Nattrass, Mark Proctor, Craig Johnston.

Au milieu : Lew Clayton (ent.), Peter Johnson, Billy Ashcroft, Ian Bailey, Mick Angus, David Shearer, Charlie Bell, John Coddington (coach), Harold Shepherdson (ass. manager).

En bas : David Armstrong, John Craggs, Jim Stewart, John Neal (manager), Jim Platt, Tony McAndrew, David Hodgson.



WAGs RETRO. Denis Law et Diana.

Family life.

(What a) family life ! Contrairement au film de Ken Loach sorti en 1971, dans lequel la pauvre Janice - en  conflit perpétuel avec ses parents vieux jeu - s'enfonce dans la schizophrénie, ce cliché pris la même année est un instantané de bonheur. L'international écossais et star de Manchester United Denis Law est shooté avec Diana et les quatre bambins – Gary, Andrew, Robert et le p'tit dernier Iain – at home dans le living-room. Et quand son footballeur de mari part à l'entraînement, la belle, qui porte sa plus belle permanente pour l'occasion, se lâche face au photographe et se penche sur ses hobbies. Madame avoue sa grande passion pour le badminton, faire quelques brasses à la piscine ou tricoter des chaussettes pour l'amour de sa vie quand la marmaille fait la sieste. Mais surtout, toujours selon Diana, le couple so scottish adore se retrouver au restaurant, et donne sa préférence aux spécialités italiennes. Allez les gosses, fini la photo, on va au dodo ! Papa et maman, eux, vont s'en mettre plein la panse à la « pizzeria del arte » ou « il calcio » ! Au choix. Et sans anchois par contre.

PAUL POWER vs LIAM GALLAGHER.


PAUL POWER vs LIAM GALLAGHER.
Paul et Liam, c'est une histoire d'amour même si l'un sourit et l'autre jamais. Une passion commune pour le mono-sourcil et les Citizens quand le premier cravache dur sur la pelouse de Maine Road pendant plus d'une décennie (de 1975 à 86) et que le second, quelques années plus tard, en fait de même sur scène dans ce même stade. L'un travaille les tibias du rival United les jours de derby, alors que l'autre en découd avec son micro dans sa posture de lad parqué dans les terraces. Manchester City, c'est Madchester : le club le plus brit-pop de l'île. Sex, drugs et rock'n'football. Un style de vie dans une ville à l'atmosphère particulière. Une ville qui enfante des « rock'n'roll star » à la pelle (Ian Curtis, Morrissey, Ian Brown, les frangins Gallagher...) et des footballeurs qui ont du power dans les pieds. Très « supersonic » tout ça.

FINALE COUPE DES CLUBS CHAMPIONS 1985. Juventus vs Liverpool.

- 29 mai 1985 -
Stade du Heysel. BRUXELLES. 58.000 spectateurs.
Juventus bat Liverpool : 1-0.
Arbitre Mr Daina (Suisse).
But : Platini (60ème s. pen.).
Remplacements : Briaschi par Prandelli (85ème), Rossi par Vignola (89ème) à la Juventus. Lawrenson par Molby (2ème), Walsh par Johnston (46ème) à Liverpool.
JUVENTUS : Tacconi – Favero, Brio, Scirea, Cabrini – Tardelli, Bonini, Boniek, Platini – Rossi, Briaschi. Entraîneur : Giovanni Trapattoni.
LIVERPOOL : Grobbelaar – Neal, Lawrenson, Hansen, Beglin – Nicol, Dalglish, Wark, Whelan – Rush, Walsh. Entraîneur : Joe Fagan.


L'horreur. Mais ce mot est-il assez fort pour décrire ce que les spectateurs et téléspectateurs ont vécu ce 29 mai 1985 à Bruxelles. La coupe d'Europe des clubs champions qui fête cette année-là ses 30 ans, l'âge de raison dit-on, s'offre un voyage au bout de l'enfer. Pourtant l'affiche est belle, presque rêvée au goût des observateurs présents au Heysel. Elle oppose la Juve de Platoche aux tenants du titre Liverpool. La coupe à 30 ans, elle est jolie et s'est mise son 31 pour accueillir les deux meilleurs équipes européennes du moment. Seule ombre au tableau, le théâtre des festivités pose question. Comment un stade aussi vétuste (grillage rouillé, gradins qui s'effritent...) a-t-il reçu le feu vert pour obtenir l'organisation de cette finale ? Le Heysel est beau mais vieux, un peu trop, et le stade est plein ce soir-là, comme la plupart des supporters anglais qui ont commencé tôt dans la journée à siffler leur boisson favorite.

Il fait beau et chaud sur Bruxelles ce 29 mai. Malgré l'ambiance bon enfant qui règne dans la ville, les premiers esprits s'échauffent. L'abus d'alcool et la chaleur tapent sur le système des premiers Scousers éméchés, dont certains sont devenus des spécialistes du vol de produits de luxe à travers leurs nombreux déplacements en Europe. Des incidents éclatent ci et là, une bijouterie est vandalisée autour de la Grand-Place. Mais le cœur est encore à la fête, veut-on croire, surtout chez les forces de l'ordre et les organisateurs. Autour du stade, les supporters des deux équipes, mélangés, flânent sur les pelouses, échangent des maillots de leur club, se chambrent aussi. A l'heure de l'ouverture des portes, cependant, la tension monte. Les Reds, prennent place en tribunes X et Y. D'autres, sans billet, transpercent les grillages et les murs de l'enceinte pour pénétrer dans le stade. Il règne une atmosphère d'anarchie d'autant que les forces de l'ordre sont trop peu nombreuses pour juguler une foule anglaise imbibée de bière.

Autre problème majeur, la tribune Z, censée être neutre, est envahie par les Bianconeri. Les supporters de la Juve ont, en effet, achetés leur billet dans ce secteur par le biais de la communauté italienne de Belgique. Seuls une poignée de gendarme et un pauvre couloir de sécurité séparent Italiens et Anglais. Une heure avant le début de la rencontre, les premiers incidents éclatent. Les Anglais chargent le bloc Z. Les tifosi répliquent et devant ce flux et reflux, le « cordon de protection » éclate. Les supporters de Liverpool, plus aguerris aux batailles des terraces, redoublent alors de violence et compressent littéralement les Italiens, paniqués, qui se réfugient à l'extrémité de leur bloc. Piégés par un muret et les grilles fermées qui séparent les gradins de la piste d'athlétisme, les fans s'entassent les uns sur les autres. Les policiers présents sur la pelouse repoussent même à coups de matraque ceux qui tentent de sauver leur peau. Sous cette pression humaine, les protections finissent par céder et entraînent dans leur chute des centaines de spectateurs écrasés, piétinés, étouffés par la marée venue du haut des tribunes.

Le bilan est lourd. Au fil des minutes, le nombre de blessés augmente. Puis on parle de morts. Un, deux, puis très vite une dizaine. On relève finalement 39 cadavres et plus de 400 blessés. Pour ne pas empirer une situation déjà catastrophique, les organisateurs (en accord avec les dirigeants de l'UEFA et du staff de Liverpool) décident de faire jouer le match. On sacrifie ainsi la mémoire des victimes sur l'autel de la sécurité des spectateurs, afin d'éviter la guerre dans la ville en cas de report. La rencontre débute avec une heure de retard sur l'horaire. Elle ne ressemble à rien. Michel Platini, unique buteur de la partie sur un pénalty imaginaire, donne la victoire à la Juve et devient par ailleurs le second joueur français, après Raymond Kopa, à soulever la coupe aux grandes oreilles. 


Une coupe malheureusement tâchée de sang, qui n'a pas de valeur, pas même pour la presse italienne qui titre sur l'horreur au lendemain de la finale : « Massacre pour une coupe » (Corriere della Sera), « Massacre à Bruxelles » (La Gazzetta dello Sport), « Tragédie au stade de Bruxelles » (La Stampa), « Carnage au stade de Bruxelles » (Giornale di Brescia). Le mensuel Guerin Sportivo ose même un « Olocausto » en Une. L'effroi, le dégoût, la honte s'emparent de toute l'Europe. C'est « La finale de la mort » pour Marca tandis que The Mirror affiche un « Wanted » avec photos de supporters recherchés par la police anglaise. En France, on parle de « Football assassiné » dans L'Equipe et Le Parisien n'hésite pas, un doigt vengeur « Les salauds du foot les ont tués » ! France Football laisse carte blanche à Blachon qui représente un joueur, comme décapité, lequel soulève un cercueil aux grandes oreilles. Il y a comme quelque chose de brisé ce soir-là : pour Platini, pour les amoureux du foot, dont moi du haut de mes 14 ans, incrédule devant ma télé.


FINALE COUPE DES CLUBS CHAMPIONS 1981. Liverpool vs Real Madrid.

- 27 mai 1981 -
Parc des Princes. PARIS. 48.360 spectateurs.
Liverpool bat Real Madrid : 1-0.
Arbitre Mr Palotai (Hongrie).
But : A. Kennedy (81ème).
Remplacements : Cortès par Pineda (87ème) au Real. Dalglish par Case (87ème) à Liverpool.
LIVERPOOL : Clemence – Neal, Thompson, Hansen, A. Kennedy – R. Kennedy, McDermott, Souness, Lee – Dalglish, Johnson. Entraîneur : Bob Paisley.
REAL MADRID : Agustin – Cortes, Sabido, G. Navajas, Camacho – Del Bosque, Angel, Stielike – Juanito, Santillana, Cunningham. Entraîneur : Vujadin Boškov.

A l'apéro, un rouge et un blanc (Thompson et Santillana).

Après 1956 et 1975, le Parc des Princes est une nouvelle fois le théâtre de la finale de la coupe d'Europe des clubs champions ce 27 mai 1981. A l'affiche, deux des meilleures équipes du vieux continent : Liverpool (vainqueur en 1977 et 78) et le Real Madrid (déjà six titres au compteur entre 1956 et 66) vont en découdre sur le gazon parisien. De quoi se régaler estiment les spécialistes à l'heure où les vingt-deux acteurs pénètrent sur la pelouse. Mais ce choc des titans accouche d'une souris, la faute au jeu et à l'enjeu.

Ce qui devait être une fête se transforme en purge pour les (télé)spectateurs. Heureusement les supporters des Reds, massivement parqués en tribune Auteuil, donnent le ton et assurent l'ambiance au Parc. Sur le terrain, c'est un round d'observation tout au long des 90 minutes de la partie. Anglais et Espagnols s'efforcent de gagner le match en tentant, en premier lieu, de ne pas le perdre ! En gros, on ne prend pas trop de risques dans les deux camps et on espère, pourquoi pas, faire la différence lors de la séance de tirs au but. Bien trop peu pour emballer une rencontre qui glisse vers l'ennui.

Le Real, qui possède la technique avec son trio d'attaquants Cunningham, Santillana et Juanito tentent cependant quelques coups, des éclairs dans la nuit parisienne, mais Liverpool, bien en place dans son 4-4-2 version Bob Paisley, a de son côté l'abnégation, ce goût des batailles rangées. Un club qui ne ressemble à aucun autre, jamais vaincu, surtout quand la partie s'enlise et que les mollets durcissent par trop d'efforts.

On croit atteindre les prolongations lorsque survient l'impensable. A la 81ème minute, Alan Kennedy profite d'une boulette du défenseur Cortès pour expédier le ballon au fond des filets. C'est l'heure de gloire pour l'arrière des Reds qui file partager sa joie avec ses supporters, ivres d'alcool et de bonheur. Le Real, battu sur le fil en championnat par la Real Sociedad, termine sur une saison blanche comme sa tunique. De son côté, Liverpool empoche un troisième succès dans la compétition et poursuit sa domination sur l'Europe.

Alan Kennedy scores for Liverpool.

- LE MATCH EN PHOTOS -

Cunningham, Juanito et Santillana noyés sous une vague rouge.

Anarchy in the U.K (Thompson et Neal).

Moustache et grandes oreilles (Alan Kennedy).

HIBERNIAN F.C 1973-74.


HIBERNIAN F.C 1973-74

En haut : Robert Smith, Derek Spalding, Jim McArthur, Des Bremner, Jim O'Rourke.

Au milieu : Eddie Turnbull (manager), Wilson Humphries (coach), John Blackley, Alex McGregor, Tony Higgins, John Brownlie, Jim Black, John Fraser (ent. adj.), Bertie Auld (ent. adj.).

En bas : Alex Edwards, Eric Schlaeder, Iain Munro, Pat Stanton, Alan Gordon, Alec Cropley, Arthur Duncan, Tom McNiven (ent.).

FOOT ROCK AND ROUFLAQUETTES. Alex Forsyth.


ALEX FORSYTH.
Pensionnaire des Red Devils de 1972 à 79, Alexander Forsyth – il préfère Alex – n'est pas vraiment un titulaire indispensable à Manchester United. Le défenseur écossais – dix sélections au comptoir, au compteur sorry, et une kyrielle de pintes pendant les rassemblements – formé puis viré par Arsenal au début de sa carrière, cire plus le banc qu'il ne jouit d'un temps de jeu conséquent. Alex profite alors d'une carence de convocation sur le pré pour écumer les pubs de la cité mancunienne, et noyer ses rouflaquettes et son chagrin dans l'alcool. C'est là, dans les salles enfumées, entre les happy hours et une partie de fléchettes, que le lad à gueule d'ange parfait sa culture musicale et son look de rockeur décadent. Avec son faux air de Dennis Lyxzén, Alex Forsyth est International (grâce à la Tartan Army), Noise (il fait du bruit en rotant ses bières), Conspiracy (à cause de son coach qui l'oublie trop souvent sur la feuille de match) et songe de plus en plus à sa reconversion post-football. Perdu pour les Rangers, qu'il fréquente épisodiquement de 1979 à 82, Forsyth s'imagine alors leader d'un combo à guitares rentre-dedans. Une manière d'exorciser la frustration accumulée au cours d'une carrière up and surtout down, et de prendre son pied à cracher sur le public sans risquer l'expulsion du terrain. Pour lui, la scène, quelque part, c'est le théâtre de ses rêves. Un peu comme un concert de FRUSTRATION, son groupe préféré improbable et le copié/collé frenchy post-punk de Joy Division.



MAILLOT DE LEGENDE. Manchester City.

Après le titre de champion (1968) et une F.A Cup (1969), les Citizens continuent de remplir la vitrine aux trophées en 1970. Cette année-là, Manchester City réalise en effet un doublé en remportant la League Cup, à Wembley, face à West Bromwich Albion (2-1), et en cognant les Polonais du Górnik Zabrze, au Prater de Vienne, en finale de la coupe des vainqueurs de coupes, sur un score identique. De quoi faire taire les sarcasmes du rival local - lequel se trouve sur la voie du déclin à l'aube des seventies - car à Manchester, on naît Citizen ou Red Devil. Une rivalité poussée à son extrême les jours de derby, où la rancune des supporters des deux équipes oblige parfois à faire le coup de poing. Une bataille rangée dans une ville divisée en deux, à l'Est les prolos de City et à l'Ouest, les nantis de Man U. Au début des années 70, le temps est au beau fixe du côté de la cité mancunienne. Un joli bleu ciel pour une ville plutôt habituée à la grisaille et/ou aux frasques de George Best. Or, les meilleurs à cette époque ont pour noms Colin Bell, Mike Summerbee ou encore Francis Lee.


MANCHESTER CITY 1969-70

En haut : Alan Oakes, Colin Bell, Mike Doyle, Glyn Pardoe, Tony Book.

Au milieu : Malcom Allison (ent. adj.), Arthur Mann, Tommy Booth, Joe Corrigan, Harry Dowd, George Heslop, Dave Ewing (ent.).

En bas : Ian Bowyer, Bobby Owen, Neil Young, Tony Coleman, Francis Lee, Mike Summerbee, Dave Connor.

Colin Bell et Francis Lee.

LA FICHE DETAILLEE. Kenny Dalglish.

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La fiche détaillée par les éditions Rencontre Lausanne
KENNY DALGLISH
- Une succession heureuse  -
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MATCH REPLAY. Le jour où... Bobby Moore fait ses adieux à Craven Cottage.

Bobby Moore et son crew.

Le 7 mai 1977, l'ancienne gloire de la sélection anglaise (108 capes internationales) Bobby Moore dit « goodbye » au public de Craven Cottage à l'âge de 36 ans. Celui qui porta haut les couleurs de West Ham (depuis 1956) avait quitté l'Est pour l'Ouest de Londres pour rejoindre Fulham et la deuxième division au cours de la saison 1973-74. L'ancien Hammer débute chez les Cottagers le 19 mars 1974 contre Middlesborough. Pas vraiment un bon souvenir pour Bobby qui commence par une dérouillée (0-4) malgré une assistance record pour le club (18.000 spectateurs) qui peine à faire venir les fans dans son  enceinte, laquelle embrasse les bords de la Tamise. Un an plus tard, Bobby Moore affronte son ancienne équipe à Wembley pour la finale de la Cup (0-2). Le dernier grand rendez-vous de sa longue et glorieuse carrière célébrée en ce 7 mai. En effet, juste avant le match contre Leyton Orient, Bobby Moore parade avec la coupe Jules Rimet, celle-là même qu'il souleva en 1966 lorsque l'Angleterre devint championne du Monde chez elle. Pour l'anecdote, Fulham écrase ce jour-là Orient 6 à 1. La semaine suivante, pour l'ultime bataille de Bob sur le pré, les Cottagers s'inclinent à Blackburn (0-1). Clap de fin, ou presque. Bobby Moore ne peut se résoudre à la retraite et rejoint à l'été 1978 les Seattle Sounders. Sans doute l'appel du large, de la NASL, de son fric et ses paillettes.

Mooremania.

LIVERPOOL : The boot room generation.

Après une domination néerlandaise et germanique en coupe d'Europe des clubs champions au commencement de l'ère seventies, Ajax et Bayern se partagent le gâteau entre 1971 et 1976 avec trois succès consécutifs pour chacune des deux équipes, la coupe aux grandes oreilles s'offre par la suite à la perfide Albion. Le leadership anglo-saxon accentue son emprise sur la reine des compétitions européennes, au grand dam des formations latines toussotantes en ce début de décennie. C'est du côté du nord de l'Angleterre cette fois-ci, à Liverpool, cité portuaire et industrielle ravagée par la crise économique, qu'il faut chercher traces du nouveau maître de la C1. Le vieux continent est ainsi la proie d'une armée rouge, les Reds comme on la surnomme, avide de conquêtes et de trophées, et soutenue par des milliers de scousers en mal de reconnaissance sociale. Une belle manière, amicale et sportive (fair-play en angliche), de la part des joueurs de la Mersey pour réhabiliter leur ville abandonnée par les politiques et les pouvoirs publics.

En 1977, Liverpool Football Club remporte sa première coupe des clubs champions, au stade Olympique de Rome, aux dépens du très glamour Borussia Mönchengladbach. Ce succès est le fruit d'un travail mené en amont par un homme, l'âme du club, Bill Shankly. Ce dernier pose ses valises à Anfield en décembre 1959, l'équipe végète alors en deuxième division, et forge la légende du L.F.C jusqu'à son départ en 1974. Shankly est un visionnaire. Il s'appuie d'abord sur un staff technique (Joe Fagan, Reuben Bennett et Bob Paisley, son bras droit), puis modernise les installations sportives de Melwood, le centre d'entraînement de l'équipe, et du vieux stade Anfield Road, jugés tous deux obsolètes à son arrivée. Il a aussi une idée du jeu et de la tactique, basé sur le travail, la persévérance et l'éclosion de jeunes de talents. Une idée simple du football, « rendue compliquée par les gens qui n'y connaissent rien » selon ses propos. Et l'affaire tourne. Sous les ordres du coach écossais, dont la carrière chez les Reds est magnifiquement retracée dans le roman de David Peace (« Red or dead », Rivages, 2013), Liverpool grandit à pas de géants. Champion de D.2 en 1962, l'équipe aligne ensuite les titres au plus haut niveau. Une enfilade de perles rouges : trois championnats (1964, 66 et 73), deux F.A Cup (1965 et 74), trois Community Shield (1964, 65 et 66) et un premier succès européen (coupe UEFA 1973) après un échec en coupe des vainqueurs de coupes (1966). Bill Shankly laisse un héritage presque embarrassant à son successeur, son adjoint Bob Paisley, lors de son départ à la retraite. A 60 ans, et après une vie entière consacrée au football, un sport « qui n'est pas une question de vie ou de mort, mais bien important plus que cela », celui-ci veut enfin profiter de sa famille.

Comme son mentor, lequel aime réunir à l'époque son encadrement technique dans la mythique « Boot room » d'Anfield pour y tailler le bout de gras sur l'équipe, la tactique à adopter et les adversaires, y boire aussi accessoirement du whisky, Bob Paisley tire sa philosophie du jeu de ses racines ouvrières. Travail et simplicité. Du football populaire pour un club qui ne cesse de le devenir grâce à ses nombreux succès Outre-Manche. Profitant de la dynamique insufflée par Shankly, Paisley (qui connaît le club par cœur pour y avoir joué durant toute sa carrière pro de 1939 à 54) collectionne également les trophées sur le plan national avec un jeu basé sur la vitesse et l'utilisation de la balle. Taiseux, parfois paternaliste, l'homme remplit son C.V d'un nouveau titre, tel un ogre nullement rassasié, à chacune des saisons passées sur le banc. A commencer par le Community Shield en 1974, histoire de digérer le départ de son ancien patron, et assurer une transition pas très commode au premier regard. Suivent quatre autres victoires dans cette compétition (1976, 77, 80 et 82) qui donne le coup d'envoi de la saison en Angleterre. La League Cup est aussi dans le tableau de chasse de l'ancien défenseur des Reds, qui réalise le triplé entre 1981 et 83. Seule ombre dans le parcours du quinquagénaire, la F.A Cup refuse de se retrouver entre ses mains (finale perdue contre Manchester United en 1977). En championnat, par contre, Bob Paisley rafle la mise avec six titres (1976, 77, 79, 80, 82 et 83). Le jackpot pour lui et ses hommes, toutes générations confondues, de Kevin « mighty mouse » Keegan à Kenny Dalglish en passant par Ray Clemence, Ian Rush, Graeme Souness et consorts. Une hégémonie nationale qui transpire aussi et surtout sur la scène européenne, laquelle devient le théâtre privilégié des Reds à partir de 1976, année de leur second succès en coupe UEFA. Un amuse-gueule avant de dominer l'ancêtre de la Champions League.

A la suite d'une finale maîtrisée face au favori Mönchengladbach (3-1) en mai 1977, une rencontre conclue par les adieux de Keegan avant son départ pour Hambourg, les Reds confirment leur domination européenne quelques mois plus tard en Supercoupe, écrasant sans faire de sentiment ce même H.S.V. A l'aller au Volksparkstadion, le onze de la Mersey obtient le nul (1-1) puis corrige les Allemands à Anfield. Une victoire 6 à 0. Jeu, set et match pour des Reds qui continuent sur leur lancée victorieuse. Liverpool réalise le doublé en coupe des clubs champions (1978). C'est une première pour une équipe anglaise à ce niveau. A Wembley, Liverpool joue « at home ». C'est en fait souvent le cas lors de chaque déplacement de l'équipe. Une marée de « scousers », spécialisée dans le vol à l'étalage et parfois chahuteuse (avant le drame de 1985), profite des voyages pour envahir les stades (et les boutiques) de l'Europe entière. Awaydays. Malgré le score étriqué, Liverpool domine un F.C Bruges bien pâle dans le temple du football peut-être un peu trop grand pour lui. Les hommes de Bob Paisley se contentent d'un petit but à l'heure de jeu de Kenny Dalglish, la nouvelle coqueluche du Spion Kop depuis le départ de Keegan. Au cours des deux saisons suivantes Brian Clough, autre légende du football anglais passée sous la plume de David Peace (« The damned united », Rivages, 2008), profite de la voie ouverte par les Reds pour mener son équipe, Nottingham Forest, vers le toit de l'Europe (1979 et 80). En mai 1981, quelques jours après l'élection de Tonton en France, dans un Parc des Princes rouge de bonheur non pas par conviction politique, Bob Paisley devient un héros au pays. Liverpool engrange un troisième succès en C1. Cette fois c'est le grand Real Madrid, le recordman des victoires dans la compétition, qui est la victime de la ténacité anglaise. Dans une finale tendue et indécise, plutôt à l'avantage des Espagnols, Alan Kennedy offre un nouveau trophée aux Reds à dix minutes du terme de la rencontre. Un succès étriqué, obtenu sur un coup du sort, qui permet cependant à Bob Paisley d'entrer dans le Hall of Fame du foot anglais. Celui-ci devient en effet le premier coach à réaliser le triplé en coupe d'Europe des clubs champions. Un record égalé depuis par Carlo Ancelotti mais avec deux clubs différents (Milan AC et Real). Il est alors temps pour le vieux Bob de prendre une retraite bien méritée, avec un bilan de dix-neuf trophées au compteur (manager toujours le plus titré de Liverpool à l'heure actuelle). Considéré comme le vrai tacticien de l'équipe à l'époque de Shankly, ce dernier étant plutôt une grande source de motivation, Paisley laisse sa place à son assistant Joe Fagan en 1983.

Paris. Parc des Princes 1981

Pilier du club, il prend en charge l'équipe réserve en 1958, et digne représentant de l'esprit de la « Boot room », Joe Fagan réalise un surprenant triplé au bout de sa première saison à la tête de l'équipe première. Liverpool remporte le championnat, la League Cup et une nouvelle coupe des Champions. A Rome, comme sept ans auparavant pour sa première conquête, les Reds manœuvrent cette fois en terre hostile contre l'équipe locale, l'AS Roma de Falcao, Cerezo et Conti. Liverpool pousse la formation italienne aux prolongations et jusqu'à l'épreuve des tirs au but (c'est une première en finale), durant laquelle le fantasque gardien Bruce Grobbelaar assure le show et la victoire finale. C'est le quatrième succès des Reds en autant de finales jouées. L'année suivante au stade du Heysel à Bruxelles, la relation entre Liverpool et la coupe aux grandes oreilles tourne au vinaigre. Confrontés à la Juve de Platini, les Reds assistent impuissants à la férocité de certains de ses fans avinés avant la rencontre. C'est un carnage dans les tribunes (39 morts, 600 blessés). Battu sur le terrain, presqu'une anecdote devant un tel drame, Liverpool perd un peu de son âme en Belgique. L'équipe est exclue de toutes compétitions européennes pour une période de six ans. Joe Fagan quitte le club le cœur serré. En se rappelant les grandes heures du Kop, celui qui fît frémir les Stéphanois un soir de mars 77, lesquels entendent encore le « We shall not be moved » des supporters triomphants dans leurs tympans. La fin d'une épopée pour les Verts, le début d'une grande histoire pour Liverpool qui, bon an mal, ne marche jamais seul.

Rome. Stadio Olimpico 1984.

ST-ETIENNE-MANCHESTER UTD 1977. La fin du bal européen pour les Verts.

Quelques mois après la fin de leur épopée à Anfield Road, où les Verts sont asphyxiés par les chants du Kop et des Reds virevoltants, l'ASSE retrouve un autre club anglais pour la nouvelle saison européenne 1977-78.


Et encore des Rouges ! Des diables cette fois-ci. Manchester United, à la recherche de son illustre passé, rend visite aux Stéphanois le mercredi 14 septembre à l'occasion du premier tour de la Coupe d'Europe. Mais ce n'est pas la « grande » coupe, celle qui fît la légende des hommes de Robby Herbin. Cette année, St-Etienne joue la Coupe des vainqueurs de Coupes, la C2, un label moins glorieux pour le président Roger Rocher qui déplore le manque d'engouement autour de la rencontre. Le « chaudron » est moins garni qu'à l'accoutumée pour cette soirée de gala. « Ce soir, le stade est stéphanois, lâche le boss des Verts qui a brillé par son absence au repas d'avant-match, alors que d'habitude, il était français ». Sainté ne ferait-il plus recette auprès du grand public ? C'est déjà un peu la gueule de bois à Geoffroy-Guichard envahi par une meute de 1.500 supporters anglais mélangés aux Stéphanois dans les tribunes populaires ! Une mesure qui inquiète d'ailleurs les observateurs de la presse britannique. La « red army » prend place dans le kop sud et ne tarde pas à faire causer d'elle avant le début de la rencontre. La veille déjà, la police locale avait dû en découdre en ville avec quelques agités. Les premiers chants, puis les premiers jets de projectiles. Les hooligans anglais tirent les premiers dans les tribunes et déclenchent des bagarres. C'est la panique à Geoffroy-Guichard où l'on dénombre plusieurs dizaines de blessés. Comme deux ans plus tôt lors de la venue de Leeds au Parc des Princes, la France (re)découvre le hooliganisme « made in Britain ». Le peuple vert a perdu la bataille des gradins, aux poings et à l'intimidation. Sur le pré, les Stéphanois subissent aussi les assauts de Manchester. L'ASSE a pris la direction des affaires en début de rencontre, le public réclame un but. Mais ce sont les anglais qui tirent une nouvelle fois les premiers. Hill marque mais le but est refusé. Hors-jeu. Une première alerte pour des Verts qui butent devant la cage de Stepney. Piazza, Bathenay puis Patrick Revelli, Barthélémy et Santini qui manque l'immanquable juste avant le repos. La défense mancunienne est une forteresse qui opère par des contre-attaques percutantes, McIlroy, Pearson et Hill en tête d'une armée rouge qui a faim de conquêtes.


La seconde période est un copier/coller de la première mi-temps. Manchester imprime le rythme du match. Rocheteau remplace la jeune recrue Barthélémy en attaque, et les Verts retrouvent des couleurs et du tonus. Un éclair de courte durée puisque les « Red Devils » scorent par deux fois, par Hill, encore lui, et Mc Grath ! Deux buts à nouveau annulés pour ds positions de hors-jeu. St-Etienne ne profite pas de ce coup du sort. A l'entame du dernier quart d'heure, nouvelle alerte dans le camp stéphanois. Pearson échappe à Farison, lequel a perdu ses jambes d'antan, et centre pour... Hill qui place une reprise au fond des filets de Curkovic. United mène à Geoffroy-Guichard. La réaction des Verts ne se fait pas attendre. Synaeghel égalise deux minutes après l'ouverture du score anglaise. St-Etienne maintient ainsi un maigre espoir en vue du match retour, car après la partie, les avis sont unanimes. Les Verts paraissent fatigués et moins concernés par les grands rendez-vous européens. Une mauvaise digestion de la finale de Glasgow ? le départ de Larqué en début de saison ? Les contrats de Synaghael et Bathenay qui arrivent à leur terme ? Des motifs qui soulignent les difficultés rencontrées par l'ASSE sur le pré. Plus de cohésion, ni de solidarité. « Et puis, il s'agissait d'un gros morceau pour un premier tour, tient à se rassurer Robby en conférence de presse. Avant de se confondre en excuses. Je sentais l'équipe moins conquérante que la saison précédente. Contre Manchester, elle a donc paru accuser le contre-coup de la gloire. Et puis, il y a eu les fameux incidents dans les gradins...». Dans le Forez, l'heure n'est pas à la fête mais aux bilans. A l'amorce d'un match retour très incertain, St-Etienne ne semble plus être un grand de la scène européenne.

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« Notre qualification sur tapis vert et finalement la match à jouer sur terrain neutre à Plymouth. C'est un passage difficile de notre histoire européenne ». La confrontation entre les Verts et les Diables Rouges a marqué l'esprit de l'entraîneur stéphanois. Celui du public aussi, et de l'UEFA. Après les incidents du match aller provoqués par ses supporters, Manchester United est exclu de la compétition le dimanche 18 septembre. Sainté est qualifié, il n'y aura pas de match retour ! Une décision « pour l'exemple » qui provoque une réaction mitigée en France. La presse et les Stéphanois y voient là une injustice pour l'équipe anglaise, correcte sur la pelouse. « Gagner sur tapis vert ne m'intéresse pas, lance Herbin fair-play. D'autre part, les joueurs de Manchester ne méritent pas ça ». Le lendemain, le jury d'appel de l'UEFA juge l'affaire. Finalement, la rencontre peut avoir lieu. Sur un terrain neutre à au moins deux cents kilomètres de Manchester. « C'est une décision lâche qui équivaut à peu près à taper sur les doigts de Jack l'éventreur et à lui demander d'être un bon p'tit gars » écrit le Daily Mail, courroucé par le jugement. Le club est par ailleurs condamné à payer une lourde amende (30.000 francs suisses). Highbury, l'antre des « Gunners » et Stamford Bridge, l'enceinte des « Blues », sont évoqués pour la recevoir la rencontre. Et puis, c'est Wembley. Ou encore Aberdeen. Le choix se porte enfin sur Plymouth, un port du sud-ouest de l'Angleterre. 


Le 5 octobre, cent-vingts bobbies et maîtres-chiens sont réquisitionnés pour l'occasion dans le stade champêtre de Plymouth Argyle. Le public anglais applaudit d'ailleurs les invités du soir. Une ambiance bon enfant qui contraste avec les affrontements à Geoffroy-Guichard. La partie est plutôt tranquille lorsque Manchester prend le jeu à son compte. Pearson, qui s'était déjà signalé dans le Forez, ouvre la marque à la demi-heure. St-Etienne est incapable de réagir. Rocheteau ne dribble plus comme à Ibrox, Piazza chevauche dans le vide, les Verts ont perdu leur football labélisé Coupe d'Europe. « Comme lors du match aller, se désole Herbin, il nous a manqué cette flamme qui nous habitait la saison précédente. Le match fut relativement quelconque et Manchester l'a emporté parce qu'il le désirait davantage ». En seconde période, et contre le vent, St-Etienne sombre. L'insaisissable Steve Coppell réalise le break à l'heure de jeu et plonge le peuple vert dans la nostalgie des heures glorieuses. L'ASSE est éliminé au premier tour de la Coupe des vainqueurs de Coupes. Une anomalie qui pointe les limites actuelles de l'équipe, perdue dans son récent passé qu'elle digère difficilement. « Il fallait bien que cela arrive, confie Roger Rocher dans les vestiaires avec la mine des mauvais jours. Mais je ne veux pas avoir l'air abattu, et qu'on ne descende pas St-Etienne en flammes, après l'avoir tellement encensé ». Des propos qui viennent du cœur. L'homme à la pipe sait que son équipe est désormais dépassée, et vit ses dernières heures. Il est temps de passer à une nouvelle génération. Dans la tête d Roger Rocher, elle est composée de stars.


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