Affichage des articles dont le libellé est ROCK ACTION. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ROCK ACTION. Afficher tous les articles

DOMINIQUE ROCHETEAU session.


A la veille de la fête de la musique, The Vintage Football Club se penche sur un cas très particulier qui a traversé les années 70-80 sous le pseudo de « l'Ange vert », surnom pas très catchy pour un gars branché sur les amplis Manhattan et le son made in USA. La musique, c'est un mode de vie pour Dominique Rocheteau, bercé depuis sa tendre jeunesse par les pop-songs des Fab Four et qui, au fil des ans, étoffe sa soif de connaissances musicales par le biais de ses voyages à l'étranger, des copains et la lecture de Rock'n'Folk. A l'aube des 80's, l'attaquant bouclé serait presque incollable sur les styles et les genres, à l'image d'un chroniqueur spécialisé, et revient sur sa passion et ses goûts hétéroclites. So Dominique « sonic » Rocheteau.

La musique représente tout pour le footballeur bohème frisé comme Robert Plant. « Je vis constamment avec elle. Et depuis longtemps, avoue t-il pour commencer. Quand j'avais 10-11 ans, c'étaient les BEATLES » poursuit l'ancien vert, influencé par le groupe de Liverpool et sans doute son idole, George Best, un Mancunien surnommé le cinquième Beatles. A l'adolescence, le futur Stéphanois s'encanaille et opte pour le gros son hard-rock. « J'ai été séduit par une musique plus dure, celle de LED ZEPELLIN et DEEP PURPLE ». Dominique Rocheteau trouve dès lors un style capillaire en choisissant la branche dure du rock anglais. Une période cornes du diable qui dure cependant un temps, avant de découvrir une « musique plus évoluée, le country-folk à base mélodique. C'était la musique californienne ». Et des noms qui pleuvent dans la bouche de l'intéressé : AMERICA, POCO, EAGLES ou encore IAN MATTHEWS, un Anglais sous influence California dream. Plus tard, à force de creuser les sillons, ses influences portent plutôt vers JACKSON BROWNE et PAT BENATAR puis vers la new-wave de l'époque avec THE PRETENDERS et Chrissie Hynde en tête de gondole. 

Néanmoins, Dominique Rocheteau ne renie pas les vieux classiques et cite sans ciller BOB DYLAN, GRATEFUL DEAD ou le JEFFERSON AIRPLANE. Paul Kantner, c'est la bière qu'il faut au lointain sosie de Julien Clerc, surtout en période de spleen. « La musique que j'aime entendre est souvent fonction de mes états d'âme, confesse t-il. Je sais qu'après certains matchs de coupe d'Europe avec Saint-Etienne, je ne parvenais jamais à trouver le sommeil et je passais la nuit entière à écouter de la musique ou à taper sur ma batterie. Dès que j'ai pu avoir un peu d'argent, je me suis acheté une super chaîne hi-fi avec d'énormes enceintes. C'est la raison pour laquelle j'ai toujours voulu habiter dans des demeures isolées ». Pour profiter un maximum des décibels, tel un teufeur de l'époque, comme il le faisait dans son chalet de Saint-Héand lorsqu'il jouait à Sainté ou à quinze bornes de Saint-Germain-En-Laye quand il évoluait au PSG.

Le Rock, c'est toutafond !
 (Dominique Rocheteau).

EURO 84 vs OH BOY!


Si l'équipe de France ne remporte pas l'Euro 2016, elle aura sans doute gagné l'hymne le plus cool de la planète foot-euro-vison avec OH BOY! Le duo electro-pop lyonnais composé de BEnn, un gars amical et fertile selon la bio fournie par le groupe, et SLip (que vous devez bien connaître si vous êtes un fidèle du Vintage Football Club), a redonné de la fraîcheur au morceau « Radio » du combo Apple Jelly, leur ancien groupe en fait, pour porter les Bleus vers la consécration, comme le firent leurs héritiers de 84 avec son fameux carré magique. Binôme non moins magique et flamboyant, OH BOY! offre avec ce titre dancing king Canto un clin d'oeil au football de notre adolescence, et plus particulièrement à la bande à Hidalgo qui enchanta le public français il y a trente ans déjà. « Voilà qui ne nous rajeunit pas » aimait balancer Thierry Roland à l'antenne, mais gageons qu'avec un single pareil, lequel flirte avec l'electro optimiste et décomplexée de FM Belfast et quelques autres influences notables (LCD Soundsystem, Krafwerk, Giogio Moroder), la jeunesse devient éternelle. Une affaire qui arrangerait d'ailleurs bien Didier Deschamps à l'heure de faire son choix. Pour la sélection musicale, le VFC a fait le sien et vote OH BOY! comme meneur de jeu sur le dance-floor. Si en France on n'a plus Benzema dans l'équipe type, on a fort heureusement encore des bonnes idées, et ce « Radio » là vous rendra forcément gaga. Des Bleus ... et de la French Touch.
Lien : https://www.facebook.com/ohboyofficial/



ALICE COOPER. A.F.C Haarlem shuffle.

Fuck le soccer. Alice Cooper montre son kiki 

C'est jour de fête en ce dimanche du 10 mars 1974 à Haarlem. Le club local, perdu dans la banlieue ouest d'Amsterdam, accueille le grand rival voisin Ajax, ses titres en fanfare et ses stars. Dans les tribunes du petit stade Jan Gijzenkade, l'ambiance est chauffée à blanc. A cause du prestige de l'adversaire de l'A.F.C Haarlem, c'est un peu le sommet de la saison pour le club, mais aussi par la présence d'un invité surprise et ô combien atypique pour un match de football. Alice Cooper, de passage dans le coin malgré une tournée européenne annulée, débarque dans l'enceinte avec les bagouzes aux doigts pour s'incruster à la fête. Et recevoir accessoirement un disque d'or, remis par le sorcier local gallois Barry Hugues, pour son album « Billion dollar babies ». Un opus qui cartonne d'ailleurs aux Pays-Bas. Le hard-rockeur américain reste en tête des charts pendant sept semaines d'affilées ! Ce qui explique la cérémonie d'avant-match, pas vraiment sataniste, entre le coach d'Haarlem et la rock-star décadente, adepte quelque part de la défonce totale comme le football de l'Ajax sur le plan sportif. Hard-rock is a lifestyle. Haarlem perd un à zéro. Après le match, Alice Cooper file répondre à une interview. Et pas un commentaire sur le match. Barry Hugues, lui, se demande encore ce qui était le plus important ce jour-là. Neeskens, Blankenburg, Krol, la défaite ou bien la remise des trophées avec son invité du jour qui a eu le toupet de sortir son membre pour l'occasion ? (voir la photo en détail).

CLAUDE WARREN. Sa vie avec Footy le coq.

De Footy, Claude Warren garde un souvenir amer. Celui d'une relation un peu contre-nature. Le ventriloque-marionnettiste, lauréat du premier prix national de ventriloquie en 1970, préfère botter en touche et se racler la gorge quand on évoque sa collaboration avec la mascotte officielle de l'équipe de France de football, un goût de pastis un peu trop anisé au fond des amygdales. « Cet épisode-là n'aura pas particulièrement marqué ma carrière, étant à mon avis un peu trop commercial ». Le Cloclo de la magie est un vrai. Il évolue dans les réseaux underground de la profession, plus habitué à animer des galas dansants, les spectacles de Noël à la crèche ou les maisons de retraites qu'à fréquenter le gratin du showbizz ou du sport, et souffre de revenir sur sa période fric, strass et paillettes avec son binôme, ce « curieux animal » comme l'avait ainsi baptisé Thierry Roland sur le plateau de Stade 2. La télé, les passages radio avec Achille le canard, son premier copain de scène, et Dandy le caniche qui succède à Footy, Claude Warren en a soupé. Surtout à cause du foot et du mundial argentin. « Footy le coq [a été] adopté officiellement en 1978 par le onze de France pour la coupe du Monde en Argentine, se rappelle magic Warren, les Tricolores en ayant fait leur mascotte ». A priori un super tremplin pour celui qui a quand même déjà fréquenté le gotha des artistes, et pas des moindres : Brel, Sardou, Guy Lux, Rika Zaraï..., la tribune présidentielle du vieux Parc en gros. Mais Super Mario-nettiste n'est pas dupe et sent le coup pourri et l'aspect mercantile de l'affaire. Un coup foireux par ailleurs. Les Bleus sont éliminés dès le 1er tour et les sketches du duo tombent à l'eau. « Non pas à cause de la qualité de ces derniers, tempère son ami-journaliste Jean-François Laurent. Mais parce que la façon d'utiliser le volatile et son partenaire qu'avaient certains présentateurs des matches donnait un peu trop l'aspect commercial qui ne sied pas toujours à grand monde ». Euh des noms ? Pfff... Rien. Pas plus d'explications non plus sur l'exploitation commerciale de nos deux compères. L'histoire tourne au vinaigre mais au fond, Claude n'en veut pas à son poulet. Et de se rappeler les bons moments accompagné de son coq. La bande à Platoche adorait au point de faire un disque avec la nouvelle star (J'aime le football, Footy et la bande à Hidalgo), les adversaires des Bleus kiffaient. Tout le monde était fou de Footy depuis sa présentation officielle au Parc des Princes le 1er avril 78 à l'occasion d'un France-Brésil (1-0). L'œil qui brille un peu, Claude Warren se souvient avec nostalgie. « La Marseillaise sur la pelouse, avec mon coq dans les bras quand fut donné le coup d'envoi de France-Brésil, c'était un moment fabuleux » avoue encore aujourd'hui l'artiste. Le seul d'une carrière précoce et sans lendemain pour le pauvre volatile qui gît dans la malle aux souvenirs. Depuis, Claude Warren promène son caniche dans sa valise de spectacles en réunions tupperware. Et s'en bat les ailes de poulet ce foutu esprit commercial tout en gardant en tête les premières strophes de son single avec les Bleus : « J'aime le football, c'est rock'n'roll ». Beautiful loser...


PSG : Paris Sales Gueules !


PSG : PARIS SALES GUEULES.
Debout : Joey Ramone, Keith Richards, Sid Vicious, Joe Strummer, Lemmy Kilmister, Iggy Pop.
Accroupis : Daniel Darc, Lux Interior, Nick Cave, Morrissey, Ian Curtis.

Depuis l'arrivée des Quataris au PSG, les critiques pleuvent sur le club de la Capitale. Trop de fric, trop d'arrogance de la part des joueurs et des dirigeants. Paris suscite la haine des journalistes et supporters de Province qui préfèrent, drôle de paradoxe, prendre leur pied avec les grandes équipes européennes - Barça, Real, Manchester United, pour ne citer qu'elles - dont chacun sait qu'elles ne survivent uniquement grâce à l'aumône de leurs fans. PSG, c'est sale, malsain et pourri dégueulasse comme un épisode de Dallas.

Bon, le Vintage Football Club est plutôt d'accord sur le fond - against modern football - mais moins sur la forme avec les arguments avancés par les détracteurs du futur champion de France 2013. Pour contrer ces interminables débats sur la puissance financière du Paris St Germain, le VFC a décidé de lancer une OPA sur le club de la ville-lumière afin de réhabiliter son image auprès du public. Du football de gauche, parce qu'il n'y a pas que Dhorasoo qui détient le monopole du cœur et du foot populaire, voir anarcho-révolutionnaire et le drapeau noir qui flotte derrière la main courante. Pas de président, mais un club autogéré où chaque décision est soumise au vote à la majorité (à la manière de la démocratie corinthiane) telles les mises aux verres (!!!) avant les matches par exemple. Pour jouer le rôle du modérateur-manager-recruteur de l'équipe, car il en faut bien un pour gérer ces esprits rebelles, le VFC a laissé carte blanche à Patrick Eudeline, le critique-rock caché derrière ses lunettes noires, afin de monter une formation équilibrée et homogène. L'esprit de groupe avant tout, le meilleur remède pour la lutte finale et en découdre sur le pré. Voici donc le PSG new-look et sa nouvelle dénomination : Paris Sales Gueules ou Punky Saint Germain. Le VFC a même repris contact avec le sponsor historique du club : R.T.L. (Rote Ton Litre). Pas mal pour la troisième mi-temps, un peu moins élégant au micro de Paganelli pour les interviewes d'après-matches. Présentation du team-band le plus sexy du championnat de France. Et comme les Quataris (comme quoi les grandes idées sont bonnes à prendre partout ou presque), on a pris le meilleur du meilleur et très souvent vers l'Étranger. L'internationale quoi. 

A l'instar de l'ex-portier de Liverpool Bruce Grobbelaar, Iggy Pop tient les bois. Comme le moustachu volant, l'Iguane se plaît à se tortiller sur sa ligne et chauffer l'assistance par ses provocations en tous genres. Seul hic, Iggy n'aime pas porter de maillot et provoque souvent l'ire de l'arbitre qui refuse de siffler le coup d'envoi. Une défense de (croix) de fer avec Lemmy Kilmister en libéro. Le patron de l'équipe. Sa tour de contrôle. Avec lui, rien ne passe (tâcles au niveau de la carotide et mauvais coups à foison). Un grand saigneur des terrains. Devant lui, en qualité de stoppeur, Lux Interior, parce qu'il aime jouer dans l'axe. Malheureusement, une petite santé et un physique fragile. Trop souvent sujet aux crampes après l'heure de jeu. Sur les flancs, Keith Richards et Sid Vicious. Deux latéraux qui partent souvent en live sur leur aile. Le premier, surnommé le « Pirate » à cause de son look, la joue régulièrement en solo et a une fâcheuse tendance à oublier ses partenaires. Le second, capitaine de l'équipe, a eu récemment forte affaire avec la justice. Des histoires de mœurs avec une certaine Nancy Lorraine, sorte de Zahia punkisante et sans morale, retrouvée sans vie au Chelsea hôtel tenu par un oligarque russe (sans morale non plus) qu'on appellera Roman afin de garder le secret de l'instruction en cours. 

Au milieu, un trio magique. Et de la mauvaise graine aussi avec Nick Cave. L'artiste de l'équipe. Un véritable soliste qui se sent pousser les ailes du désir sur le pré. Une légère tendance à jouer piano-piano depuis quelques années tout de même. Plus renfermé sur soi, et toujours dans l'ombre de ses coéquipiers, Daniel Darc. Le seul représentant de l'Hexagone, un passeur hors-pair qui cherche toujours le garçon dans la profondeur. Plus doux, plus tendre mais terriblement hooligan : Morrissey. Pas un British pour rien. Accro aux « twitts » provocateurs comme Joey Barton et quelques sorties verbales à s'en lécher les babines : « Margarita Dreyfus on the guillotine ». Rien que ça... 

Enfin, en attaque, deux ailiers dégingandés et libres comme l'air. Une question d'atmosphère pour Ian Curtis et son moral dans les chaussettes. C'est pas toujours la joie mais quelle source d'inspiration pour toute une génération. Pareil pour l'autre grand déglingué aux longs cheveux de jais. Issu d'une fausse fratrie, toujours utile en cas de pépins et/ou de coups durs en déplacement, Joey Ramone est peu à l'aise devant les caméras ou au micro de Paga. Aux questions à la con, il répond souvent par des onomatopées ou des cris de bête pour expliquer le système de jeu de l'équipe. Gabba, gabba, hey ! Qui ne saute pas, n'est pas PSG, hey ! Et sur le front de l'attaque, le renard des surfaces, toujours prêt à monter au créneau, au « clash » comme on dit dans son île natale. Joe Strummer est la caution de l'équipe. Un esprit gouailleur qui va au combat-rock. Il aurait eu des touches avec le Shakthar Donetsk , ces nouveaux riches venus de l'Est, lors du mercato. Alors, Paris brûle t-il Joe ?

IGGY POP. Eagle (of death-metal).

Iggy Pop : Dum dum boy et OGCN.

Depuis une bonne quarantaine d'années maintenant, on a plutôt pris l'habitude de voir l'Iguane se trimbaler torse poil et la bite à l'air. Rares sont les clichés où Iggy Pop daigne porter un t-shirt sur lui pour la pose devant l'œil des objectifs ou en concert. C'est la marque de fabrique du « parrain du punk ». No way, motherfucker. Et rares sont les images où ce dernier revêt un maillot de foot, d'autant qu'entre le frontman des Stooges et le ballon rond, mis à par le shoot, il n'y a à priori aucun point commun. Pourtant, à l'occasion de son « European Tour » qui s'étale sur le mois de mai 1980 et passe par l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Espagne et l'Angleterre, Iggy endosse le maillot de l'OGC Nice lorsque celui-ci s'arrête en France pour quelques dates (Montpellier, Lyon et au Palais des Sports de Paris). Sponsorisé par une marque de chaussettes au nom évocateur (Olympia, où il se produit pour la première fois le 15 mars 1991 et donne naissance au célèbre « Kiss my Blood » produit par Tim Pope), James Newell Österberg enfume ses fans malgré la fatigue nerveuse, les excès en tous genres et son rock'n'roll lifestyle. Une recrue de choix pour les Aiglons qui manquent d'énergie à l'époque, lesquels réitèrent l'exploit d'embaucher Michael Jackson, le roi de la pop, quelques années plus tard. « En rouge et noir, drapeau d'mes colères » chantait Jeanne Mas au mitan des 80's sans rien y connaître elle non plus au football ni à l'agitation qui règne dans les rangs des supporters niçois. Une horde à l'instinct animal et sauvage. Raw power is much too much. Fuck Iggy.



ERIC SERRA-TOSIO (Dionysos). Le fou du stade.

Il y a quelques années (ça doit remonter à l'hiver 2005) The Vintage Football Club - qui n'existait encore pas - évoquait avec Eric Serra-Tosio, batteur au sein du groupe Dionysos, sa passion pour les stades de football. Un hobby qu'il emmène avec lui dans le tour-bus puisque Rico profite des tournées de sa formation à l'époque pour visiter des enceintes à travers toute l'Europe. Eric Serra-Tosio est en fait un ground-hopper, qui n'hésite pas à enjamber les grilles pour shooter ces temples du football afin de les reproduire par la suite en version miniature. Bercé par la nostalgie, le batteur fou confie sa préférence pour les vieilles pierres et les stades à l'ancienne, chargés d'histoires et au passé rempli de souvenirs. Retour sur un entretien un peu « against modern football » et la qatarisation des esprits. 
(in Spartak fanzine - épuisé – 2005).


V.F.C : J'ai appris que tu fabriquais des stades à échelle miniature en t'appuyant sur ta collection de photo personnelle. Comment t'y prends-tu, avec quelle matière, combien de temps cela te demande et le nombre de maquettes réalisées à ce jour ? E.S.T : J'ai visté plus de trois-cent-cinquante stades de 1ère et 2ème division dans le Monde, suite à mes vacances ou aux concerts. Je prends alors le stade en photos sous toutes ses coutures, environ un trentaine, pour le connaître sous ses moindres détails et pouvoir le reproduire fidèlement. Après je laisse jouer mon imagination et mes astuces pour fabriquer la maquette du stade visité. Tous mes stades sont fait uniquement avec un cutter, du papier-couleur, du carton, de la colle UHU et de la colle blanche. Je les fais tous à la même échelle, environ 25 cm, et cela permet de bien las comparer. En gros, il me faut 4/5 jours pour une maquette, mais les stades arrondis avec deux étages sont plus difficiles à réaliser. Aujourd'hui, j'ai une cinquantaine de stades presque terminés.

Lesquels ? Le Vélodrome de Marseille, la Mosson à Montpellier, Bollaert, Geoffroy-Guichard, le Parc des Princes, Furiani, Louis II, Celtic Park, Ibrox et Hampden à Glasgow, Wembley, Anfield Road, Highbury, San Siro, le stadio Comunale à Turin, Tardini (Parme), le Wankdorf de Berne, la Praille à Genève, le Hardturm et le Leitzigrun de Zürich....

D'où est venue cette passion pour les stades, et qu'est-ce que ça représente pour toi ? Vers six-sept ans, je me suis mis à jouer au foot avec mes copains sur la place de mon village et, par conséquent, je me suis mis à regarder les matches à la télé. Mes héros étaient alors Platini, Olmeta et l'équipe de l'OM quelques années plus tard. J'ai alors suivi leurs conquêtes, et ce ce champs de bataille qu'étai le stade que je voyais à travers ma petite lucarne me permettait de voyager et de découvrir des villes dont je ne connaissais même pas l'existence. Plus tard, en voyageant et en visitant le stade de toutes ces villes, je me remémorais les exploits de mes héros préférés et l'ambiance qu'il y avait à l'époque. Les stades me rappellent mon enfance et me permettent aussi d'assouvir mon besoin d'adrénaline. Parfois, si le stade est fermé, il faut escalader les grilles et surtout ne pas se faire mordre par le chien de garde ou surprendre par les caméras de surveillance. Chaque fois je me dis : « tu n'es pas arrivé jusqu'ici pour rester devant une grille. Il faut trouver une ouverture ». Impressionné par ces immenses vaisseaux, je me suis alors intéressé à l'architecture et à l'exploit technique de leur construction.

Quels sont, parmi tous les stades visités, ceux qui tu préfères ? Mes stades préférés sont généralement les plus vieux. Ceux qui ont une histoire. J'adore les stades asymétriques qui n'ont pas deux tribunes identiques. Mon préféré n'existe malheureusement plus. C'était le stade Jean Bouin à Nîmes. Les tribunes s'appelaient Petite Butte ou Grande Butte. Elles étaient taillées au couteau et s'encastraient dans les maisons et immeubles l'entourant. 15.000 spectateurs s'y entassaient et certains s'accrochaient aux pylônes métalliques rouillés des éclairages. L'accès au stade se faisait par de toutes petites portes en fer peintes en vert. Le vieux stade de Furiani à Bastia avait un aspect similaire. Parmi mes autres stades préférés, il y a le stadio Comunale à Turin où Platini jouait. Le vieux Hampden Park de Glasgow où St-Etienne perdît sa finale, le stade du Wankdorf à Berne où la grande équipe de Hongrie se fît surprendre par une Allemagne terrifiante. Le stade de Leipzig, antre de la doctrine communiste de la RDA avec ses 120.000 places, ressemblait à un gigantesque cratère de volcan. Et forcément, se retrouver à l'intérieur et revenir dans le passé impressionne. C'est la même chose avec le stade Olympique de Berlin où Jessie Owens fît l'affront de ridiculiser l'Allemagne devant son führer.

Stade Jean Bouin. Nîmes.

N'as-tu pas le sentiment que de nos jours la plupart des stades se ressemblent, et ressemblent de plus en plus à des centres commerciaux, des antres du libéralisme économique, plus qu'à des arènes populaires ? Effectivement. Les nouveaux stades ne sont plus des arènes populaires. Finies les places debout et les bancs en bois sur lesquels tout le monde se tenait chaud en sautant et garantissait l'ambiance. Maintenant, certains stades sont des références mais ils n'ont aucune personnalité. Le stade de France malgré la victoire de 1998 est un stade fade avec ses sièges tout gris. Il ressemble à l'aéroport Charles de Gaulle. Certes, son architecture est imposante mais l'ambiance n'y est pas. Et beaucoup de villes disent de leur stade que c'est un mini-stade de France. Quel dommage ! Malheureusement, un stade se doit d'être rentable aujourd'hui, alors ils sont tous bâtis sur le même modèle. Je préfère en tous cas les vieux stades rouillés et biscornus.

Comment fais-tu pour faire accepter ta passion au sein de Dionysos ? N'es-tu pas sujet à quelques moqueries ? Personne ne se fout de toi ? Il n'y a aucune moquerie au sein du groupe. Nous aimons les gens passionnés, et il n'y a rien de plus triste que des gens sans passion. C'est vrai, c'est farfelu mais la visite de chaque stade et les risques que je prends permet de raconter une petite histoire. En plus, la majorité du groupe aime le football. On a même visité ensemble le stade de Leipzig...

Y a t-il des gens avec qui tu partages cette passion dans le milieu où tu évolues ? Culture et football n'ont jamais fait bon ménage dans ce pays ? Beaucoup de musiciens aiment le football. Sans doute parce que l'ambiance des stades rappelle les salles de concert. On joue également devant son public et les gens font parfois la « ola ». Alors découvrir un stade ou une salle de concert, c'est un peu la même chose. Mais c'est vrai que je dois être un des seuls à visiter des stades et les reproduire en maquette. En tous cas, j'ai l'impression que la culture et le football se rapprochent de nos jours. Le football m'a permis de connaître parfaitement et de manière ludique la géographie. On peut aimer le foot, et par conséquent les stades, sans être forcément un bourrin. La culture est maintenant de plus en plus large et le football, véritable phénomène de société, y à sa place.

Le premier stade dans lequel tu as mis les pieds ? Le premier stade que j'ai visité, c'est le stade Gerland à Lyon en 1983 avec mon père.

L'émotion la plus forte que tu as connu dans un stade ? Dans un stade vide, c'est sans doute celle que j'ai connu en pénétrant sur la pelouse du vieux stadio Comunale à Turin. A chaque pas, je me transformais en Platini et je revoyais tous ses coups-francs magiques qui s'écrasaient dans ces filets à la forme caractéristique. Le stades de Berlin et de Nüremberg pour des raisons bien plus tristes m'ont également beaucoup marqué. Par contre dans un stade plein, je citerai Geoffroy-Guichard où mon père m'avait emmené en 1984. C'était le premier match de foot auquel il allait assister, et pour moi aussi. J'avais tout juste dix ans. Et ce soir-là, Platini pour son retour à St-Etienne avec sa si belle équipe de France allait donner un récital à cette accrocheuse équipe de Yougoslavie. C'était durant l'Euro. Trois buts merveilleux dont je me souviendrai toute ma vie.

Le Parc Gaston Gérard à Dijon, tu connais ? As-tu déjà eu l'occasion d'y faire une visite ? Et oui, je connais le Parc Gaston Gérard avec sa piste d'athlétisme (avant sa rénovation, ndlr) et ses tribunes latérales couvertes. Il y a de grands espaces verts autour. Je l'ai visité après un concert à La Vapeur il y a quelques années...

Dernière question. Peux-tu me situer ces stades : Auguste Delaune ? Marcel Saupin ? Emile Albeau et Yves Jaguin ? Auguste Delaune c'est Reims. Saupin, c'est Nantes. Albeau c'est Sedan et Jaguin, c'est le vieux stade de Guingamp.

Parc Gaston Gérard. Dijon. (2013 - SR)

PETER ALEXANDER. La Mannschaft et Mexico mi amor.

Peter Alexander et son orchestre.

Après un mondial de pourris en 82 en Espagne où ils éliminent, en accord avec le cousin autrichien, l'Algérie au 1er tour et Battiston en ½ finale, la Mannschaft joue sur la corde sensible avant de s'envoler pour le Mexique quatre ans plus tard, et tente de faire un peu couleur locale. Toujours bon pour l'intégration et faire mentir les rumeurs peu élogieuses qui circulent autour de cette équipe de bûcherons. Et eurêka, la délégation germanique débauche Peter Alexander pour interpréter l'hymne officiel de la sélection. Qui ça ? Peter Alexander, man. Une sorte de Julio Iglesias en veste autrichienne (il est né à Vienne en 1926) qui mène aussi les carrières d'acteur et d'animateur télé. Un poids-lourd du showbiz qui bat régulièrement les records d'audience Outre-Rhin avec son « Peter Alexander Show ». C'est comme « Sacrée soirée » par comparaison en fait. Seules les finales de coupe du Monde de football rivalisent avec les scores du présentateur au teint über alles. C'est dire la popularité du bonhomme, qui plaqua ses études de médecine pour tenter sa chance dans le milieu du spectacle au début des années 50. En terme d'image, la Mannschaft réalise un gros coup en collaborant avec l'artiste préféré des Allemands, qui jouit encore d'une bonne côte lorsqu'il chante « Mexico mi amor » à 60 balais bien tapés en compagnie du Kaiser et compagnie. Un titre qui accompagne la formation germanique jusqu'au terme de la compétition et cette défaite contre l'Argentine au bout de la route. Presque le dernier round aussi pour Peter qui continua d'animer quelques émissions et de disparaître du petit écran à l'approche du deuxième millénaire. Un écran qui vire au noir le 12 février 2011. Peter Alexander s'éteint dans sa quatre-vingt-cinquième année. Un deuil national en Autriche qui lui rend hommage avec des funérailles publiques. Toujours cette foutue popularité que la Mannschaft aimerait goûter un jour hors de ses bases. C'est pas gagné en voyant les tronches sur la photo.



RACING-MATROA : Le chant du cygne.

En 1998, Christophe Miossec écrit « Stade Brestoa », un titre à la gloire de son équipe alors au fond du trou après les années fastes du président Yvinec. Une quinzaine d'années plus tard, Christophe tout court, un artiste de Colombes, reprend le Breton pour rendre hommage au Racing et ses années Matra. « C'est le (sale) destin de deux équipes au parcours similaire, je trouve » confesse le chanteur à sa sortie de scène au café des Sports où il se produit en week-end vers 21 heures, à quelques pas du stade Yves-du-Manoir. « Deux présidents, des figures locales, qui se cassent la gueule et emmènent leur club à sa perte, pfff, la lose... Mais quelle époque ! » regrette celui qui présente en exclu les paroles de sa cover. Entre chanson alternative et réaliste, voici « Racing-Matroa ». (Pas encore dans les bacs ni dispo en clip).

On a quand même eu Jean-Louis Lima,
Stéphane Blondeau, David Ginola
Vincent Guérin, Bruno Germain
Thierry Tusseau, Pascal Olmeta
Quand je me remémore
Ce grand Philippe Vercruysse,
On a quand même trouver le moyen
de tout miser sur Philippe Thys.
Quand je me remémore,
Aujourd'hui je le déplore,
Ce qu'on a pu faire comme trou
En défense, et en dehors.

On s'est Matra-Racingé,
On s'est Frances-alcoolisé,
On s'est Luiz Fernandisé,
On s'est Littbarskisé,
Et on n s'est bien croûté.

Mais qu'avons-nous fait, cher président,
Pour être à ce point si indigents ?
Et ses tribunes vides, en plus de ça,
Pas moyen d'accrocher le moindre résultat.
Mais,cette année, y aura quand même Paris SG,
Pourvu qu'il ne finisse pas, tout zla-ta-né.
Y pas de raison, si on met une tonne de blé,
On finira bien par gagner quelques trophées.

On s'est les ailes brûlé, explosé, atomisé,
et Jean-Louis piétiné.
On s'est trop sur-estimé,
On s'est Maxime Bossisé,
On s'est La(rin)gardérisé.

Racing-Matra, Racing-Matra
Tralala-lala
Tralala-lala-lalère...



JESUS CHRIST FASHION BARBE. Foot, rock et main de Dieu.

Jesus Christ Fashion Barbe. A priori, l'ingé-lumière est aussi pro-caennais.
- GéNéRiQ festival 2012 -

A quelques heures du coup d'envoi de DFCO-Stade Malherbe comptant pour la seizième journée du championnat de France de Ligue 2 (1er décembre), la formation caennaise Jesus Christ Fashion Barbe est l'invité du Vintage Football Club. Des barbus sur un blog à moustaches vintage, c'est un peu comme l'invasion d'un groupe d'ultras en tribune adverse. C'est de la provoc' avec un risque de réactions épidermiques à la chaîne et une volonté d'en découdre. Les Caennais ont d'ailleurs remporté le premier round au cours du GéNéRiQ festival à Dijon la semaine passée (21/11). Remplaçant au pied levé (un peu haut, et quelques coups de poings aussi visiblement) les Californiens Crocodiles prévus à l'affiche, JCFB a usé de sa récente notoriété pour mettre le public dijonnais à terre. Une prestation remarquable à l'image de leur excellent E-P 7 titres éponyme qui croise le fer entre rock, folk et lo-fi. Après quelques deux-trois années d'existence, le trio normand accomplit déjà quelques miracles dans le milieu indé du rock français. L'occasion de faire le point avec Charles-Antoine, le batteur, sur la première partie de la carrière du groupe. Et parler un peu foot,  Malherbe, Maradona et la main de Dieu...

Alors comme ça, c'est vrai que vous avez rencontré ZZ Top ? Vous avez joué à « tiens-moi par la barbichette » ?
Oh, c'était une rencontre assez fortuite et rapide, le temps d'une photo exactement (en PJ). On jouait au festival Beauregard le même jour et on a croisé Billy Gibbons derrière la scène sur laquelle on jouait. C'était inratable, la barbe la plus fashion du rock n'roll !

Jesus Christ Fashion Barbe, dans le nom ça sonne un peu comme Black Rebel Motorcycle Club, Brian Jonestown Massacre, John Spencer Blues Explosion, International Noise Conspiracy, des noms à rallonge plutôt rock'n'roll. Où vous situez-vous par rapport à ces groupes et sur le plan musical ? Vous parlez de Folk'n'roll. Mais encore ?
On a pas mal écouté BRMC et Brian Jonestown depuis « Dig ! » mais un peu moins International Noise Conspiracy et John Spencer. On trouve ça assez classe les noms à rallonge en général. Il faut que les syllabes s'imbriquent bien aussi. Musicalement, on revendique un mélange de rock, de folk et de lo-fi dans l'idée de faire au mieux avec ce qu'on a. On ne sait pas si c'est réellement fidèle à la musique que l'on joue mais ce sont les trucs qu'on écoute le plus.

Vous étiez à l'affiche des Eurockéennes de Belfort et des Vieilles Charrues cette année. Vous avez joué au Trans (2011) et dans la plupart des festivals français dont celui des Inrocks récemment, sorti un mini-LP, effectué une tournée au Québec, tout ça en deux-trois ans d'existence. JCFB accomplirait-il des miracles depuis sa naissance ? Un premier bilan ?
Des miracles, c'est beaucoup dire mais c'est vrai que les choses se sont vraiment bien passées pour l'instant. On a eu de la chance. Tout est allé assez vite et s'est très bien imbriqué avec la tournée au Québec en point d'orgue. On est des vieux potes, et partir en Amérique du Nord pour aller jouer de la musique, c'était un vrai rêve. En espérant que ça continue... Mais rien n'est vraiment acquis alors on profite des aubaines qui se présentent à nous.


Une idée d'album dans l'air ?
Et bien justement, on bosse dessus depuis quelques semaines. Les choses avancent mais il reste encore du taf. On devrait y voir plus clair au début de l'année (2013 ndlr).

Vous croyez en quoi au plus profond de vous ?
Au travail, à la persévérance, au mérite... Non, à pas grand chose en fait.

Pourriez-vous me citer des noms de groupes avec Jesus ?
Jesus Volt : un groupe avec lequel on a joué en mai dernier en compagnie de Poil, une soirée à thèmes en quelque sorte... Zola Jesus, The Jesus and Mary Chain et JC Satan. Un Jesus caché. On aime surtout les deux derniers. Il doit bien exister des groupes de métal aussi. Certaines personnes nous ont d'ailleurs dit que notre nom sonnait métal !

Le truc le plus barbant en tournée ?
On n'a pas fait une tournée très longue mais on a encore du mal pour l'instant à trouver des trucs barbants. Peut-être de s'engueuler dans le camion pour un itinéraire... On aime bien avoir raison généralement.


Et le foot alors, ça vous arrive d'aller à D'Ornano prier pour le Stade Malherbe ?
C'est vrai que Malherbe aurait besoin d'un autel et d'un lot de cierges considérables. On a dû y aller deux ou trois fois en 10 ans peut-être. C'est généralement assez cher et assez chiant mais plus haletant qu'à la télé dans tous les cas. C'est toujours marquant en tout cas d'aller à l'affût des commentaires de supporters...

Votre expérience avec le football, ça se résume à quoi ?
Il n'y a que Nicolas, le chanteur, qui a joué au foot plus jeune avec pas mal de ses potes. C'était un peu le passage obligatoire dans la petite ville où il habitait à l'époque. Il en gardé une bonne technique ! Nicolas, le bassiste, était plutôt centré sur le rugby. De mon côté, je suis plutôt handball mais j'ai pratiqué à la fac un petit peu et me rappelle une tirade de mon prof de l'époque : « les gars ! On met un gardien dans le cageot ! Concours de tirs, feu d'artifice ! J'veux qu'ça pète ! ». La magie du foot !

La main de Dieu, qu'est-ce ça vous inspire ?
Pour ma part, ça fait écho à la première forme de triche assumée dans le foot. J'ai un peu l'impression qu'après ce qu'a fait Maradona, les gestes d'anti-jeu - gagner 5 mètres sur une touche, avancer le mur progressivement sur un coup franc, simulations et autres... - se sont développés. Un peu comme si cette main avait légitimé plein de choses. Déjà le terme « main de dieu » renvoie à un geste incontrôlé, qui s'est imposé à lui... Pour être allé il y a quelques temps à Naples, Maradona - peint sur les murs de la ville - y est encore réellement considéré comme un dieu.

Enfin, vous pourriez me dire quels sont les plus grands barbus de l'histoire du foot et de la musique à vos yeux ?
Oh la barbe n'est plus vraiment à la mode dans le foot. Tu nous aurais dit crête ou vintage moustachus, ça aurait été plus facile... Mais, les barbus du foot ?!? Socrates, Pirlo et Jean-Guy Wallemme (mondialement connu). Et niveau musique barbue, ZZ Top forcément, qui en a fait un bon fond de commerce, Morrison sur le déclin et Gablé.

Jesus Christ Fashion Barbe
- GéNéRiQ festival 2012 -

PASCAL ROUSSEAU plays (Bob) Dilone.

Vas-y guitare. (Pascal Rousseau).

« Dès que j'en ai le temps, j'prends une sèche en me calant dans mon fauteuil. Et je gratouille. Du Dylan, Hugues Aufray et Soeur Sourire ». A la fin des 80's, Pascal Rousseau a la banane. La musique, le gardien né à Paris kiffe depuis ses 13 ans. Ce jour où le mari de sa sœur lui offre sa première guitare accompagnée d'un cahier de tablatures. Dès lors, Pascal se plaque les cheveux à la gomina et se déhanche devant la glace tous les soirs, la guitoune en bandoulière. Il s'imagine rockeur et rêve de tournées. En fait, Pascal Rousseau devient footballeur et fait le tour de la France (parce que le Tour de France, c'est le tour de la France) en rejoignant une tripotée de clubs au cours de sa carrière (Paris FC, Valenciennes, RC Paris, Lille, Laval, Marseille, Reims, Rennes...) avant de trouver refuge en Suisse. C'est au pays des Young Gods, une fois les crampons raccrochés, que l'idée le titille de fonder un groupe. Après tout, la musique c'est sa vie. Et Pascal a déjà de l'expérience. Il a officié en son temps dans « Nuit Magique », un groupe de baloches avec Catherine Lara (pfff...) au chant qu'il accompagne après les matches pendant sa période rennaise (de 1992 à 95). Une bonne expérience pour faire ses premières armes sur scène. A son arrivée à Bulle, le Parisien a toujours le bon tempo et rencontre quelques potes avec qui il fonde « Vent d'Ouest ». Le groupe écume les bars, les soirées confidentielles et, pire des galères, partage même l'affiche avec « Soldat Louis » à deux reprises. L'aventure dure jusque 2006, date à laquelle il monte une nouvelle formation (« Tri b'u ») qui s'époumone à faire des reprises de chanson française. La lose puis la déprime totale deux ans plus tard. Sa sœur Odile décède. Pascal s'en remet à l'écriture et donne naissance à un autre projet : « Dilone ». Une manière de rendre hommage à Odile et de canaliser son chagrin à travers ses textes et les sauts dans la fosse. Pour oublier, Pascal a besoin de « Changer d'air », comme l'indique le titre du premier album de Dilone sorti en 2009. Une galette de pop-rock fort dans le district de la Gruyère, où il réside depuis 1997. Pascal est fier du résultat même si « ça reste un premier album d'un groupe gruérien, tiré à 1.000 exemplaires ». Pas facile de faire son trou avec ça mais avec la rage en d'dans, osons. Actuellement, notre fan de Téléphone et Aston Villa travaille sur de nouveaux morceaux et l'enregistrement d'un cd deux titres. Et attend les coups de fils des programmateurs.



ROLLAND COURBIS. Franz « Alamo » Ferdinand style.


En dehors du football et la routine des footings quotidiens, des mises au vert inutiles sauf pour aller jouer au casino du coin, Rolland Courbis est un homme comme tout le monde. Un gars simple qui jouit des petits plaisirs de la vie et s'adonne sans compter à ses passions extra-sportives. Son passe-temps favori ? La musique. Sans conteste son truc, son hobby, son violon d'Ingres-et-Loire, après le ballon rond. « J'adore, avoue le néo-monégasque au cours d'une interview à l'été 1977. Attention, c'est de musique et de variétés modernes dont je parle. Quand il y a un air qui m'accroche, je l'ai en tête, je le chante, même si je n'en connais pas l'interprète. Cela, il faut le demander à ma femme ». Comme son homme, maman est elle aussi chébran à écouter l'ex-international qui a le rythme dans la peau, et s'apprête à nous balancer du lourd en dressant la liste de ses artistes préférés. Bah alors Rolland, allons-y, c'est quoi donc de super funky qui tourne sur ta platine en ce moment ? « En tête de mon hit-parade personnel, c'est Michel Sardou que je placerai en n°1. Non seulement parce que j'apprécie ses chansons sur le plan musical, mais aussi et surtout à cause de sa personnalité. Même si je ne suis pas toujours d'accord avec les positions qu'il prend, je crois qu'il dit sincèrement et sans détours ce qu'il pense. C'est une qualité que j'aime ». On repassera donc pour le genre « moderne », nous qui attendions XTC, The Jams ou Trust dans sa play-list. Courbis est plutôt chanson à texte, voir politique, mais dans un autre genre. Sans larsen, ni électricité. La faute à Dylan sans doute. Peu importe. Et le bouillant défenseur de sortir pêle-mêle le gratin de la chanson française. Un enfant du Roch Voisine des 70's gavé au son live du samedi soir en compagnie de Maritie et Gilbert Carpentier. « Nicolas Peyrac, Gérard Lenormand, Julien Clerc, synthétise Rolland d'un œil avisé. Voilà quelques-uns des autres chanteurs français que j'écoute avec plaisir ». La French Touch de l'époque, costards à paillettes et chevelures frisées. Marc sans Bolan en fait. Courbis reste très classique dans ses goûts mais affiche enfin son côté rebelle. « Et comment oublier Johnny Hallyday ». En effet comment l'oublier celui-là, surtout quand il met son costume violet. Puis, c'est rock au Palace. Rolland Courbis hésite entre le Swinging London  et la coupe afro : «  J'ai longtemps été un fan des Beatles. Les Rolling Stones, Chicago, Donna Summer, font aussi partie des groupes et chanteurs étrangers que j'écoute le plus volontiers ». Lunettes noires pour nuits blanches et rock'n'rolland Courbis.

RON WOOD. Flu to cry.

Le gars qui pose avec un maillot floqué du numéro 3 dans le dos, c'est Ron Wood. L'ancien membre du Jeff Beck Group et des Faces aurait-il une prédilection particulière pour le poste d'arrière gauche au point de disputer à Ashley Cole une place de titulaire ? Pas du tout. En fait, avant d'entamer leur marathon mondial qui débute aux USA (1975), les Rolling Stones cherchent un nouveau guitariste pour pallier au départ de Mick Taylor qui laisse en plan le duo Jagger-Richards à la fin de l'année 1974 (décembre) après la sortie de l'album « It's only rock'n'roll ». Invité à prendre le manche sur scène aux côtés des « Glimmer twins », Ron Wood devient ainsi le troisième guitariste de l'histoire des Stones après l'éviction de Brian Jones (1969) et le coup de tête de l'ancien Bluesbreakers, frustré par la manque de considération de ses partenaires. Voilà pourquoi « Ronnie » arbore fièrement son maillot, tout heureux d'être le nouveau titulaire au sein du « biggest band of the world ». Pas peu fier de son nouveau rôle, le soliste profite même de la tournée européenne (1976) pour poser avec le maillot de Fluminense sur l'affiche officielle consacrée à l'évènement. Histoire de montrer aux fans du Vieux Continent sa technique, mariée à celle de Keith Richards, et l'art du bon riff. « The ancient art of weaving » comme le décrit le vieux pirate des Caraïbes. Du beau jeu à la brésilienne en quelque sorte.

Ron « Rivelino » Wood and his band.

AMARA SIMBA plays « Bicycle ».


Le gars qui pose tranquille chez lui, assis sur son ampli à gratouiller quelques accords sur sa guitare électrique, c'est Amara Simba. Moonboots aux pieds et blouson Kool & the Gang sur le dos, le spider from Mars - son surnom à Paname à cause de ses gestes techniques de haute volée - trouve l'inspiration sur le terrain grâce aux bons riffs qu'il trouve à la maison. Une passion pour la gratte qui remonte à l'époque où l'attaquant du PSG sert sous les drapeaux, par l'intermédiaire d'un copain de chambrée : « C'est au cours de mon service militaire que j'ai eu l'occasion d'apprendre à en jouer ». Quelques arpèges et deux-trois bons plans plus tard, Amara Simba est pris par le virus de la musique, vide les magasins autour de la place Pigalle et use de toute sa technique pour sortir le grand jeu. Un peu comme sur le pré en fait. « J'aime prendre une de mes trois guitares pour composer des mélodies, c'est reposant et ça détend ». Et question détente, il en connaît un rayon le roi de la bicyclette !

JAÏRO. Maradona, Liverpool et variétés.

Jaïro. Les dents de la mer... sey!

Le jeune homme qui rit aux éclats, le maillot des Reds sur le dos, en réponse aux conseils prodigués par le sosie de Jean-Pierre Foucault, c'est Mario Ruben Gonzales Pierotti, plus connu sous le pseudo Jaïro, ce jeune chanteur péruvien (argentin en fait) débarqué en France marchant mille années depuis ses « Jardins du ciel ». Un tube planétaire qui cartonne au hit-parade et crève le plafond des ventes de disques au printemps 80 (3 millions de copies vendues en Europe quand même). Les dents longues comme ça, le crooner-amsud touche à la gloire mais n'oublie pas de causer football entre « deux cours de guitare ou de chant classique ». Avant de devenir un chanteur à succès, Jaïro naît avant tout avec un ballon entre les jambes, comme la plupart des mômes argentins, et tâte un peu du haut niveau dans sa jeunesse au poste de 8 ou 10 : « Interior comme on dit chez nous ». Des souvenirs plein la tête pour l'enfant au tambour : « Je n'ai jamais pu vivre sans football. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours tapé dans un ballon. Très jeune, j'étais rapide et assez adroit, ce qui m'a permis de gagner ma place chez les juniors d'Atlanta, une équipe de D.I à Buenos Aires. C'est l'équipe du quartier où j'ai habité pendant cinq ans avec mes parents ». Presque du Maradona dans le texte. Le chanteur populaire n'hésite d'ailleurs pas à nous caser son couplet sur sa rencontre avec la star argentine après son refrain sur les « Bohemios », le surnom de son ancienne équipe : « J'ai fait la connaissance de Diego au cours d'une émission à Buenos Aires. Il s'agissait de réunir les jeunes ambassadeurs de l'Argentine à travers le monde en ce qui concerne les arts, la musique et le sport ». L'occasion de partager en coulisses des idées sur leurs passions communes, la musique et le foot, et tisser quelques liens amicaux : « Nous avons très rapidement sympathisé sur les deux sujets et les deux instruments qui nous enflamment : le ballon et la guitare ». Une manière aussi de noircir un peu plus le carnet d'adresses de l'artiste qui fait copain-copain avec deux autres internationaux, Tarantini et Filhol. D'ailleurs, Jaïro en craque pour le gardien de l'Albiceleste, « un vrai passionné de musique et de variétés. Sa collection de disques est surprenante ». On imagine aisément la discussion animée entre les deux hommes à l'heure du maté, qui dévie parfois sur les joueurs français comme « Platini ou Larios qui deviendra sous peu l'un des meilleurs footballeurs d'Europe ». Un avis comme un autre pour celui qui défend les couleurs du Football Club de l'Alma en compagnie du Dr Huth (le type sur la photo) une fois rentré de ses tournées.

JOSE TOURE. Cotton club de Nantes.


La trompette de la renommée pour José Touré, artiste sur le terrain et dans la vie de tous les jours. Avec son look de jazzman, le « Brésilien » invente un autre style de football au début des années 80 basé sur l'improvisation et l'inspiration, à la manière de la Seleçao (qui lui vaut son surnom après son but en finale de coupe de France contre PSG) et Louis « Satchmo » Armstrong, le trompettiste aux grosses lèvres. When the Saints go marching in. L'hommage d'un soliste hors-pair au musicien noir-américain. Dans le but de toujours offrir la meilleure partition à son public et apporter une touche dixieland les soirs de match à Saupin. Avec tambour et trompette...

RUUD GULLIT. Jah Rastafari.

Entre Bob Marley et Yannick Noah, il y a aussi les dreadlocks de Ruud Gullit qui ne sait pas jouer autre chose que du reggae. Le ballon d'or 87, fervent militant anti-apartheid qui dédie son trophée à Nelson Mandela cette année-là, se découvre des talents de musicien au cours des 80's et n'hésite pas à monter sur scène pour défendre ses protest-songs. Après un premier single « Not the dancing kind » (1984) au succès mitigé, le capitaine de la Oranje rencontre plus tard les membres de Revelation Time, un combo rasta néerlandais dont Ruud est fan notamment depuis la sortie de leur 7'' « Captain dread » à la gloire du milieu milanais. Une collaboration qui pousse Ruud à tenir la basse de temps à autre au sein du gan-jah band et composer quelques morceaux inédits dont le hit « South Africa », en hommage à son idole, qui atteint la 3ème place du Top 40 hollandais à l'époque (1988). En plus du ballon, Ruud Gullit court aussi après les disques d'or. Un succès moins garanti cependant dans ce domaine.





SALVATORE ADAMO. Diable Rouge et variétés (club de France).

« Le foot, c'est chouette comme les filles du bord de mer ». Salvatore Adamo n'y va pas par quatre chemins pour déclamer son amour du ballon rond, et s'inspire de ses propres textes pour partager sa passion à qui veut l'entendre. Un truc qui lui est tombé dessus tout petit, depuis ses premiers pas en Sicile à Comiso, sa ville natale, jusqu'à son arrivée en Belgique où Papa travaille à la mine pour fuir une existence misérable en Italie, et le jeune Salvatore suit une éducation stricte dans une école chrétienne. A l'époque, Adamo mord dans la balle comme un fondu, s'inscrit dans l'équipe locale avec un rêve en tête : « Celui de faire se lever un stade en marquant un but! Et j'en ai marqué pas mal! » rajoute t-il en faisant mine de se limer les ongles avec le pouce, pas peu fier de son instinct de buteur. Une qualité qui le pousse à voir très loin, et pourquoi pas embrasser une carrière professionnelle, d'autant plus que son avenir dans la chansonnette semble au point mort d'après un public trié sur le volet : « Je voulais devenir pro, surtout quand le curé m'a dit qu'avec ma voix, je ne pourrais jamais rien faire dans la chanson! ». Une parole pas vraiment d'évangile. Au lieu de faire se dresser les tribunes, Adamo devient finalement un chanteur populaire qui fait swinguer les salles de music-hall avec ses chansons portées sur son sport favori : « Sans toi ma mie-temps », « Vous permettez Monsieur l'arbitre » ou encore « Inch Allah les Verts ». Et quand on lui demande de raconter ses plus belles émotions sur le pré, Salvatore n'hésite pas une seconde en évoquant le plaisir de la passe décisive et la joie du buteur sur qui il laisse trainer ses mains sur les hanches pendant l'accolade : « Un truc qui inspire pour l'écriture de nouveaux textes ». Et voilà le chanteur parti plancher à son bureau pendant que tombe la neige dehors. Bon bah merci Salvatore, nous on va faire banquette dans l'auto-goal et rentrer chez nous alors.



BARRY HULSHOFF plane pour Golden Earring.


Mais qu'est-ce qui peut rendre tout jouasse comme ça Barry Hulshoff ? Il a gagné le concours Eurovision ou bien ? Pas vraiment en fait. Le défenseur de l'Ajax accompagne simplement des copains musiciens à une petite sauterie organisée en l'honneur de leur disque d'or, et profite de l'occasion pour passer un bon moment avec eux. Au pays, les gugusses en question, Golden Earring, c'est pas que des cheveux longs ou des vestes moulantes. Des disques d'or et de platine à la pelle, 30 au total depuis les débuts du groupe en 1961, un bon paquet de tournées aux States et quelques standards internationaux, Georges Kooymans - le fondateur, 13 ans à l'époque - et ses acolytes sont le truc énorme du rock batave. Une formation qui hésite entre pop, rock, blues, heavy, un peu tout à la fois, et surfe sur la vague du succès malgré leur style provocateur et rebelle. Des agitateurs qui n'hésitaient pourtant pas à chanter dans les sixties baba-coulantes : « Things go better with Coca-Cola ». Bad-trip ou surdosage sans doute. Un groupe qui trace toujours la route à ce jour, en ayant laissé Barry au péage.



Belfast " Boy George " BEST.


En 1982, le groupe anglais Culture Club et son leader extraverti Boy George font danser la planète entière avec leur tube « Do you really want to hurt me ». Un single issu de leur premier album « Kissing to be clever » qui grimpe à la 5ème place des charts britanniques et fait un tabac aux States. La formation new-wave récidive un an plus tard avec le L.P « Colours by numbers » qui se vend à 5 millions d'exemplaires dans le monde, notamment grâce à son hit « Karma chamaleon ». Boy George, de son vrai nom George Alan O'Dowd, devient alors le phénomène du moment avec son look excentrique très inspiré par la culture gay. Une période dorée qui ne résiste pas à l'échec commercial du troisième album, sorti en 1984, et la descente aux enfers du leader androgyne vers les drogues dures. Une icône sur le déclin qui continue cependant de donner quelques idées à d'autres, pas toujours mieux lotis en matière d'hygiène de vie. Ainsi en 1984, le vieillissant George Best n'hésite pas à copier son modèle de l'époque entre deux cuites et quelques séjours à l'ombre. Histoire d'apporter soutien et réconfort à l'idole déchue ou bien pour faire le point sur une carrière à la trajectoire similaire ? Tout simplement une bonne dose d'auto-dérision et d'humour so british de la part du bad boy de Belfast au karma bien chargé en excès en tous genres.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...