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PARIS S.G 1979-80.


PARIS S.G 1979-80.
Debout: Pilorget, Abel, Renaut, Huck, Bathenay, Baratelli.
Accroupis: Boubacar, Lemoult, Bureau, Alves, Dalheb.

BIO EXPRESS DEGRADABLE. João Alves.

JOAO ALVES.
Son histoire est d'abord celle d'une légende, non pas celle de Paris St Germain, elle naîtra bien plus tard après le passage éphémère du Portugais dans la Capitale. Toute la vie de João António Ferreira Resende Alves est inscrite dans ses gants noirs qu'il porte sur tous les terrains. Un hommage au grand-père, Carlos Alves, ancien international avant-guerre. A l'époque, le public se passionne pour les rencontres Portugal-Espagne. Un jour, avant le derby entre les deux pays, une jeune femme s'approche du papy et lui offre une paire de gants noirs. « Pour vous porter chance » lui assure l'inconnue. Et le Portugal gagne. La première victoire des Lusitaniens sur l'Espagne. Le grand-père, superstitieux, ne quittera plus son porte-bonheur et enjoint son petit-fils lorsqu'il intègre les juniors de Benfica de perdurer le mythe. João Alves refuse, ce n'est pas son histoire, jusqu'au jour le bien-aimé quitte ce monde. Ce grand-père qui a élevé et servi de modèle au bambin. Dès ce jour, João Alves poursuivra alors la tradition familiale et honorera la mémoire du défunt, sans pour autant qu'elle n'épargne le joueur des pépins inhérents à la vie de footballeur.


De ses débuts à Benfica, Alves garde un souvenir amer. Une vilaine blessure au ménisque et des problèmes avec les dirigeants du club le conduise à s'expatrier du coté de Varzim (1972-73) et Montijo (1973-74) avant de s'installer à Porto pour deux saisons. Avec Boavista, la carrière de João Alves prend un vrai départ, l'effet du maillot à damier, avec quelques titres au bout de la course : un doublé en coupe du Portugal (1975 et 76). C'est de là que club espagnol de Salamanque vient le chercher. Une bonne affaire pour quelques pesetas (10 millions) qui ravit tout le monde et le principal intéressé. « Le championnat espagnol est beaucoup plus dur et surtout plus rapide que le championnat portugais, lance Alves en pleine bourre. Je m'y suis adapté et y ai progressé car la préparation y est également plus intense ». C'est avec un nouveau mental et toute une palette technico-tactique que le Portugais retourne au pays après son expérience en Espagne. A Benfica. Pour effacer les déboires de sa jeunesse et gagner la confiance de ses dirigeants et de son entraîneur, l'Anglais John Mortimore, qui se frotte les mains à l'idée de voir évoluer le milieu ganté dans ses rangs. « A natural skill » dit de lui le coach britannique. Des éloges qui ne laissent pas insensibles Francis Borelli. Un an après son come-back, le président du PSG débauche la perle rare à l'été 79 en mettant ma main au porte-monnaie : 300 millions de centimes. Une somme rondelette mais Paris a besoin de faire rêver son public. «  Non seulement c'est une recrue de choix, lâche le dirigeant parisien après les négociations, mais c'est aussi un transfert intéressant. D'autant plus appréciable que Bordeaux était sur le coup ».


L'idée (géniale) de Borelli est de ramener du monde au Parc. Avec la star portugaise, international de surcroît, le bon président a le nez creux et des idées plein la tête. Les nombreux Portugais exilés en Ile-de-France viendront remplir l'enceinte de la porte d'Auteuil et son PSG se hissera au sommet du championnat. A 27 ans, Alves débarque avec un statut de vedette et les attributs inhérents à sa condition. C'est le plus gros salaire du club (50.000 francs/mois), amorti cependant par les recettes aux entrées où des milliers de compatriotes viennent applaudir dès le début de la saison le Portugais dans ses œuvres. Le public est ravi mais déjà les observateurs spécialisés ne tardent pas à remarquer les carences du joueur qui rechigne à se fondre dans le jeu collectif. Les dirigeants réclament de la patience, João doit s'adapter au jeu de partenaires qu'il découvre. Or, il n'en aura pas le temps. Fin août 79, PSG se déplace à Sochaux. En cours de match, Alves subit un tacle trop appuyé de Genghini. Le Portugais se tort de douleur et pour cause : fracture de la jambe. Alves ne se relèvera jamais de cette blessure sans pour autant accuser son bourreau d'un soir : «... A Sochaux, la pelouse est glissante, se souvient João. Genghini me tacle, sans intention de me blesser. Je ne lui en veux pas, ce sont les risques du métier. Mais il me casse la jambe droite. Jamais je n'ai ressenti une telle douleur. J'avais le pied et un morceau de la jambe d'un côté, le reste de l'autre côté. L'arbitre n'a même pas sifflé faute... ». Les choses se remettent en place mais la rééducation du joueur prend plus de temps que prévu. Au sein du club parisien, on soupçonne le Portugais d'y mettre un peu de mauvaise volonté. L'accusé se défend en affirmant aimer Paris. Trop en fait. Le Portugais préfère les lumières de la ville à celles du Parc des Princes. Il cache surtout un gros malaise. L'homme aux gants noir a le cafard et le mal du pays. Un an après son arrivée bling-bling au club, Alves quitte Paris dans l'indifférence et 19 matches officiels au compteur. L'épisode parisien refermé, l'homme qui valait 300 millions de centimes revient à Benfica (1980-83) où il réalise deux doublés coupe-championnat (1981 et 83) avant une ultime pige à Boavista (1983-85). Aujourd'hui retraité, João Alves garde cette cicatrice profonde qui lui déchire le cœur au sujet de Paris. « Je vis toujours avec une plaque et dix broches dans la jambe, avoue l'ancien international aux 36 sélections. Je continue de percevoir tous les trimestres une pension de la Sécurité sociale française ». PSG est magique en quelque sorte, même sur une jambe.


Des gants noirs et une barbe folk. Un hommage à Grandaddy.

FAN PICS. Yannick Noah et PSG.


Yannick Noah aime le foot. Un héritage de son père Zacharie, ancien pro à Sedan et vainqueur de la coupe de France 1961, un an jour pour jour après la naissance du fiston. Mais contrairement à Papa, le vainqueur de Roland Garros 83 - la photo date de la même année - ne met pas trop les pieds à Emile Albeau. Son club et sa ville, c'est Paris, son stade le Parc des Princes et sa cour de récré (en dehors des cours des tennis), le Camp des Loges où le tennisman aime bien se retrouver parmi les joueurs parisiens à taquiner le cuir. De la petite balle jaune au ballon rond, Noah franchit aisément le pas d'autant que l'herbe du Parc, comme le gazon de Wimbledon, c'est de la bonne bébé.
  

PUB. Paris SG. Campagne d'abonnements.

PARIS ST GERMAIN
- Une histoire d'amour -

- 1988 -

FAN PICS. Paris SG.

Un trio de stars au PSG.

Les stars, à Paris, sont aussi dans les tribunes et occasionnellement sur la pelouse du Parc aux côtés du bon président Borelli. Si le cliché sent la photo promotionnelle et laisse son auteur sur le carreau à voir les trajectoires des ballons, les deux personnalités qui entourent le dirigeant du PSG n'en restent pas moins des fans inconditionnels de foot et du club parisien. Présent dès la première heure - il fait notamment partie des 20.000 signataires (avec Sacha Distel et Annie Cordy entre autres) à la souscription lancée par la fédération pour la création d'un grand club dans la Capitale au début des années 70 - la fidélite d'Enrico Macias au Paris St Germain n'est plus à démontrer, assistant bon an mal an aux performances de ses protégés bien calé sur son siège en tribune présidentielle. Dans la deuxième moitié des années 80 (la photo date de 1986), l'auteur des « Gens du Nord » et non pas de la fameuse banderole, vit d'ailleurs des moments douloureux, donnant plus à son club que ce dernier ne lui rend. C'est aussi l'avis de son compère, le journaliste Jacques Paugam, bien décidé à mordre dans le ballon au contraire des joueurs parisiens à l'époque. L'ex-animateur du « Soir 3 », « Aujourd'hui magazine » (Antenne 2) ou encore « Votre vérité » (sur TF1) a connu tous les transferts du PAF après ses débuts radiophoniques sur France Inter et France Culture. La première émission qu'il anime à partir de 1976 s'intitule d'ailleurs « Parti pris ». Pour Jacques Paugram, nul doute que celui-ci était en faveur du PSG. « Sans chauvinisme ». C'est sa chevelure frisée qui prend sa défense.

RAY WILKINS. Une star éphémère à Paris.

A l'instar de Zlatan Ibrahimovic, une autre star déboule à Paris en provenance de l'AC Milan. C'était il y a 25 ans, à l'aube de la saison 1987-88. Coiffé à l'italienne, les cheveux en arrière, Ray Wilkins arrive à Paris - avec Jackie, sa femme, et ses enfants, Jade et Ross - pour illuminer le Parc et faire des étincelles dans le jeu parisien. Depuis l'arrivée de Gérard Houllier dans la Capitale et l'obtention du premier titre dans la foulée (1985-86), PSG digère mal son statut de champion de France la saison suivante et cherche à rebondir avec des recrues de standing. Avec les arrivées de Wilkins et de l'Argentin « Gaby » Calderon, le club parisien fait sauter la banque - grâce à l'apport financier de la Mairie de Paris qui triple sa subvention pour le club - et devance le projet quatarien d'une bonne vingtaine d'années. Psg is magic. Surtout avec le joueur anglais, 82 sélections au compteur, capitaine de la Three Lions, qui a évolué parmi des équipes légendaires dans l'île, Chelsea et Manchester United, avant de rejoindre le Calcio en 1984. Grâce l'apport technique et la clairvoyance du milieu britannique sur le terrain, Francis Borelli espère ainsi redorer le blason de son équipe et assoir celle-ci au Panthéon du football national et européen. Un joueur de calibre international, contrairement à Jantzen Derrick, le premier Anglais aperçu dans la Capitale - en provenance de Bristol - au début des seventies, qui ne laisse pas un souvenir impérissable aux vieux supporters du club (3 petits matches au cours de la saison 1971-72). Or, comme l'attaquant (trip-hop) mélancolique de son Ile, Ray Wilkins ne laisse pas beaucoup de traces à Paris, hormis celles des pneus de sa voiture quand il fuit, avec femme et enfants, sa maison de St-Nom-la-Bretèche à la fin de l'année 87. Malgré un bon début de saison, PSG se retrouve en position de reléguable à la trêve. Le bateau coule au Camp des Loges. Houllier, discuté, prend du recul et quitte son poste d'entraîneur (remplacé par Eric Mombaerts) au mois de novembre pour endosser le rôle de manager général. Relation de cause à effet ? Après onze matches avec le club parisien, Ray file à l'Anglaise le 1er décembre pour rejoindre les Rangers. Jackie, Jade et Ross retrouvent ainsi le sourire en Écosse et Wilkins son tranchant habituel sur le pré et à la maison, heureux de « consacrer tout [son] temps libre à [sa] famille ». Son vrai « hobby » comme il l'avoue. PSG se sauve in-extremis en fin de saison, en sacrifiant Safet Susic sur l'autel du jeu réaliste et défensif. Fallait pas inviter les stars à Paris à cette époque.

Family life.

Cause toujours Gégé !

PARIS S.G 1973-74.


PARIS S.G 1973-74

Debouts : Jacky Laposte, Jacky Planchard, Jacky Bade, Eric Renaut, Louis Cardiet, Jean-Louis Léonetti.

Accroupis : François M'Pelé, Christian André, Jean Deloffre, Mordechai Spiegler, Jean-Pierre Dogliani.

SO FASHION. Paris SG au saloon.


C'est un peu le Far West du côté de St Germain en Laye à la fin des eighties. D'un point de vue géographique par rapport à Paris et du Parc des Princes d'abord, mais aussi parce que le centre d'entraînement du PSG - le Camp des Loges - situé dans la petite bourgade tranquille des Yvelines, voit débarquer par un beau matin d'hiver les 7 mercenaires parisiens au café du coin. Défenseurs de la veuve et de l'orphelin dans la vie, nos cowboys justiciers sont aussi le dernier rempart sur le pré. Colt sur la table et cartes en mains, l'arrière garde du PSG (de gauche à droite: Sène, Bibard, Polaniok, Bats, Tanasi, Pilorget et Jeannol) est l'ultime solution en cas de pépin, prête à défendre sa surface, transformée parfois en Fort Alamo à cette époque où tout ne roule(tte) russe pas toujours pour le club de la Capitale.

PARIS S.G 1976-77.


PARIS S.G 1976-77

Debouts : Humberto, Jacky Novi, Dominique Lokoli, Gérard Cenzato, Denis Bauda, Ilija Pantelić.

Accroupis : Jacky Laposte, François M'Pelé, Philippe Redon, Francis Piasecki, Mustapha Dahleb.

Mon équipe de cœur par... Pietro B.


Un héros à la Ken Loach qui gagne à être connu ce Pietro. Pierre Buccafurri, c'est son vrai nom, est un prolo comme aime les filmer le réalisateur anglais. Maçon dans la vie, ce fan de foot à en crever qui a grandi dans la banlieue rouge - le 9.3 pour les plus jeunes - à Sevran, est désormais rangé des tribunes, « moins de temps et le prix excessif des places » sont en cause, tout en continuant de suivre les résultats de son équipe avec le plus grand de ses trois fistons, un mordu comme lui à qui il promet de l'emmener un jour au Parc. Bah oui, Pietro est « PSG pour la vie », une passion pour le club de la Capitale qui remonte « naturellement vers les années 1981 ou 82 » en marchant sur les traces du grand frangin, son influence divine qui lui ouvre les yeux : « Je dis naturellement car j'ai suivi l'influence de mon grand frère. Je pense que j'aurais presque pu devenir supporter des Verts car on sortait de la grande époque stéphanoise. Et petit, j'aimais Rocheteau qui était encore à Sainté. Ça s'est joué à pas grand chose.... Ouf ! ». Ce petit rien, c'est peut-être grâce à l'arrivée de l'Ange Vert dans la Capitale en fait ? Ou les baffes du frérot pour remettre le cadet sur les bons rails ? Bref, Pietro peut souffler de soulagement, son frère aussi, pris par le virus de l'équipe parisienne et de la chaude ambiance du Parc les soirs de match. Flashback sur les souvenirs de ce fidèle au grand cœur, qui a tout vu, tout vécu (ou presque) depuis le Kop de Boulogne naissant et ses premiers débordements. A suivre comme une chronologie, façon « Fever Pitch », car il y a du Nick Hornby chez ce mec-là.

- « J'ai eu la chance d'avoir vécu toutes les victoires du PSG en tant que supporter. Je me souviens d'avoir vibré devant ma télé pour les deux coupes de France 1982 et 83. PSG-ASSE de 1982, il me reste le souvenir de la séance de tirs au but, du péno raté par Bathenay mais heureusement à retirer, puis marqué. Aussi de cette égalisation inespérée de Rocheteau à l'ultime seconde. Par contre j'ai complètement oublié le fameux envahissement de terrain, cela m'était sorti de l'esprit. Lors de la finale PSG-Nantes de 1983, une chose m'a marqué, c'est l'égalisation de Safet, que mon père annonce presque en direct en lançant - Pourquoi il tire pas Susic ? Il a de la frappe - Dans la seconde qui suit, il envoie un missile ». Pleine lucarne ou presque, mais c'en est terminé du petit écran. Pietro veut du vrai live et humer le gazon fraîchement tondu. Assister enfin à un match en spectateur pour vibrer au plus près des siens.

- 1982-83: Premier match au stade pour voir le PSG contre Auxerre (0-0) avec Joël Bats dans le but visiteur. Il avait tout arrêté.
- 1983-84: Deux matches coup sur coup. Mon frère m'emmène pour PSG-Nimes (0-0) et PSG-Strasbourg (2-0). En tribune Boulogne. En 1984, j'avais 11ans et demi. Cétait l'époque des bandes de skins. Je me demandais un peu où j'avais atterri. L'impression d'être dans un autre monde. En allant reprendre le métro après le match contre Nimes,une bagarre éclate entre zéras et contrôleurs qui attendaient aux portillons. C'est parti dans tous les sens, des coups de poings échangés et du lacrymo à gogo. Ça m'a marqué, j'ai eu l'impression de revenir d'une autre planète, mais quelque part, je crois que ca m'a aussi fasciné.
- 1984-85: Pas de match au Parc du PSG. Juste un triste Racing-Toulon (0-1). Je suis déçu car je milite pour aller voir le PSG et mon père opte pour ce match. Je suis les rencontres à la radio. Je suis quelquefois limite au bord des larmes pendant cette saison éprouvante. Je prend les choses très à cœur. La finale de coupe de France 1985 perdue contre Monaco (0-1) me laisse un goût amer. En fait, mon grand copain était supporter de Monaco. Son père n'avait pas arrêté de me bassiner, à me dire que c'était truqué, que le match était joué d'avance et que PSG allait gagner. Je l'ai presque cru, inconsciemment, et j'étais hyper confiant à force de l'entendre pendant plusieurs jours. Je pensais vraiment qu'on allait gagner. Bon, on connait le résultat. Je me revois après le match au téléphone avec mon pote, limite haineux, et lui dire - Tu diras a ton père que c'est un charlot -
- 1985-86: Je vais voir deux matches et pas des moindres: PSG-Bordeaux (1-0) et PSG-Monaco (1-0). Contre Bordeaux, le but de Pilorget le revenant me rend heureux. Contre Monaco, le but de Sène donne pratiquement le titre à Paris. J'étais en famille et avec mon copain monégasque. Sur l'ultime corner, je lui dis : - Si Paris marque,je te donnes 20 balles. - Et voila que ça cafouille puis Sène crucifie Ettori. Je sais pas pourquoi j'ai dit ça. Bref, j'ai tenu ma parole, et ça l'a aussi rendu heureux du coup.
- 1986-87: Mon pere m'emmène pour le match de C1 contre Vitkovice (2-2). J'ai des mots durs envers le regretté Jules Bocandé qui rate occases sur occases.
- 1987-88: Je commence à aller au Parc avec des potes. Naturellement, je vais à Boulogne, coincé entre Gavroches et Firebirds. Ça charrie pas mal entre les deux clans. Je croise quelques figures emblématiques du Parc: les Giscard, Kronenbourg, Chômeur, le Snake, Mordicus, l'Anglais, président Reilletel, Delobel... Restent en mémoire de bons moments comme ce PSG-Matra (1-1). Je me rappelle d'une ambiance assez folle. Pas mal de fumis pour le derby. Le Matra était le véritable ennemi, plus que l'OM. Dans un match tendu et crispant où notre survie est en jeu, Liazid Sandjak égalise à la 86ème. Je dégringole quelques rangs, poussé par une vague. Dans la cohue, mon écharpe Le Coq Sportif disparaît, arrachée par quelqu'un. Je ne l'ai jamais revue. Heureusement Paris finit cette fin de saison 1987-88 par trois victoires, en sortant LE match à Marseille (1-2) grâce à Magic Safet et Gaby (Calderon, ndlr). Puis une victoire majestueuse 4-1) sur Lens au parc avec un grand Safet aux commandes, revenu en grâce. Houillier l'avait mis remplaçant pratiquement toute la saison. Pour l'occasion, le président Borelli avait fait portes ouvertes au Parc. Gratuit. Fallait des points ! A cette époque, les matches contre les petites équipes n'étaient souvent pas chers. C'etait de l'ordre de 10Frcs en Boulogne rouge. Mais y avait zéro contrôle, je pouvais donc monter en bleu. Souvent, en deuxième mi-temps, je redescendais en rouge (comme une partie du kop) pour suivre les attaques du PSG de ce côté.
- 1988-89: Perez, nouvelle recrue, enquille les buts. Je suis au Parc presque à chaque match. La saison arrive à son terme avec le traumatisme du OM-PSG (1-0) et du but de Sauzée à la 91ème. Je suis en vacances dans la famille de mon pote à Cavaillon, et ils sont tous à fond pour l'OM. Quand Sauzée marque, ils sautent tous au plafond. Moi je reste prostré de longues secondes. Je n'arrive pas à y croire. Ils voient ma tronche liquéfiée, et ils se foutent de moi. HORRIBLE ! Marseille passe en tête. Je mets énormément de temps à trouver le sommeil. Je refais le match mille fois dans ma tête. Je fais ensuite mon premier déplacement à Lens (0-0). On part à deux en R5. Le titre s'envole. Les Lensois envahissent la pelouse et viennent nous narguer. Les projectiles volent.
- 1989-90: Toujours au Parc pour presque chaque match. La coupe d'Europe nous désigne la Juve. Vujovic touche la barre, mais Rui Barros nous crucifie sur un coup franc joué vite. L'après-match est musclé porte de St-Cloud. Les Italiens sont armés de bâtons, ça charge et contre-charge. Finalement, ces derniers s'éparpillent dans les rues adjacentes. Il y a aussi PSG-OM (2-1) cinq jours après l'élimination de Marseille par Benfica. Des - merci Benfica - pleuvent. Là aussi, des fans parisiens vont chercher les quelques fans marseillais, pas encore en nombres, regroupés à Auteuil. Quelques coups pleuvent, mais les CRS canalisent assez vite les deux camps.
- De 1990 à 1992, je suis nettement moins présent. Je retourne au Parc assidument de 1993 à 1997. La saison 1992-93 débute. Je m'abonne en J. Mais je finis la fin de saison en échangeant mes places pour repartir en Boulogne rouge. En J, on se fait royalement chier !
- De 1993 à 1999, j'ai grandi et me déplace assez souvent. En France, mais aussi à l'Etranger (Anfield, Highbury, Santiago Bernabeu, San siro, Nou camp, De kuip, Heysel) . C'est un peu l'âge d'or du PSG. Second titre,vainqueur de la C2, diverses coupes, plus quelques matchs d'anthologies comme ce PSG-OM (2-1) sorti d'une saison catastrophique, où on enlève le titre à L'OM. Et ce sentiment bizarre, après l'égalisation de Marco (Simone, ndlr). Je ne sais pas pourquoi, je savais que le deuxième but allait venir.
- Je finis par être un peu usé par les mesures de sécurité, les contrôles et les fouilles, la séparation de la tribune. Passer son temps attendre, être parqué comme du bétail. Tout ça a un peu raison de moi ».

De quoi écrire un bouquin à la manière de Jérôme Reijasse (Parc - Tribune K - bleu bas, col. Tard le soir). Pietro a tout connu avec son PSG: les larmes de joie et de désespoir, les déplacements houleux et les coups de poings. Casual ? Hools ? Mais avant tout supporter à la vie, à la mort. Un fan qui se rend désormais au Parc pour les grandes occasions. En tribune Paris. Histoire de bien soulager son portefeuille et continuer d'encourager une équipe qui lui ressemble de moins en moins. Against modern football. Ce qui ne l'empêche pas de composer son 11 type, un 4-4-2 parfaitement équilibré entre les ères Borelli et Canal, et de justifier son choix. Pragmatique dans le doute : « Dégager une équipe n'est pas simple. Autant pour les latéraux, ça ne se bat pas à chaque coin de rue, autant gardien, milieux et attaquants, c'est pas simple ». Et la période Colony Capital et les Quatariens ? Pas trop son truc à voir la feuille de match.

- LE ONZE TYPE DE PIETRO -

Bats
Lowitz - Roche - Ricardo - Fournier
Fernandez - Guérin - Susic - Valdo
Simone - Pauleta

PARIS S.G 1988-89.


PARIS S.G 1988-89

Debouts : Michel Bibard, Jean-François Charbonnier, Safet Sušić, Alain Polaniok, Philippe Jeannol, Joël Bats.

Accroupis : Oumar Sène, Franck Tanasi, Daniel Xuereb, Gabriel Calderon, Jean-Marc Pilorget.

AMARA SIMBA plays « Bicycle ».


Le gars qui pose tranquille chez lui, assis sur son ampli à gratouiller quelques accords sur sa guitare électrique, c'est Amara Simba. Moonboots aux pieds et blouson Kool & the Gang sur le dos, le spider from Mars - son surnom à Paname à cause de ses gestes techniques de haute volée - trouve l'inspiration sur le terrain grâce aux bons riffs qu'il trouve à la maison. Une passion pour la gratte qui remonte à l'époque où l'attaquant du PSG sert sous les drapeaux, par l'intermédiaire d'un copain de chambrée : « C'est au cours de mon service militaire que j'ai eu l'occasion d'apprendre à en jouer ». Quelques arpèges et deux-trois bons plans plus tard, Amara Simba est pris par le virus de la musique, vide les magasins autour de la place Pigalle et use de toute sa technique pour sortir le grand jeu. Un peu comme sur le pré en fait. « J'aime prendre une de mes trois guitares pour composer des mélodies, c'est reposant et ça détend ». Et question détente, il en connaît un rayon le roi de la bicyclette !

La grosse cylindrée du TEAM PSG.


Urgent. Vds cause départ en Province, et parce que je suis plutôt Peugeot, superbe Citroën Visa spéciale PSG. Modèle d'origine, année 1983 (ou 84), toutes options, faible kilométrage, poste à K7 intégré, vendue dans son jus (couleurs et décorations d'origines). Intérieur rouge et bleu et sièges avants dédicacés par les joueurs. Visible sur le Champs-de-Mars. Prix à négocier. Pour tous renseignements : s'adresser à Lucien Leduc ou au siège du club.

PARIS S.G 1973-74.


PARIS S.G 1973-74
1/16ème de finale coupe de France vs Nancy

Debouts : Jacky Bade, Jacky Planchard, Eric Renaut, Louis Cardiet, Jean-Louis Leonetti, Jacky Laposte.

Accroupis : Christian André, Jean Deloffre, Mordechai Spiegler, Jean-Pierre Dogliani, Jean-Louis Brost.

SO FASHION. Jean-Pierre Dogliani.


L'homme qui prend la pose en Monsieur de Fursac, c'est le regretté Jean-Pierre Dogliani. L'ancien Marseillais passé par Angers, Bastia et Monaco, rejoint Paris SG au début de la saison 1973-74. Le club de la Capitale dirigé par le « gang des chemises roses » et son président Daniel Hechter affiche ses ambitions: la montée en D.I avant de parader sur le podium de l'élite. Pour cela, le couturier qui rêve d'une grande équipe à Paris recrute parmi les meilleurs du joueurs du championnat, dont le néo-capitaine parisien, chef de file de sa collection d'été très à l'aise dans ses bottines, qui prend à cœur son rôle de leader sur le terrain non sans humour : « Le public parisien est difficile. Parfois versatile et souvent Versace. Mais je ne suis pas là pour me faire tailler un short ». Un clin d'œil au concepteur du maillot parisien qui n'oublie pas que sur tous les stades de Province, ses joueurs ont pris l'habitude de se faire tailler un costard par un public hostile.

PARIS S.G 1974-75. By Ageducatifs.


PARIS S.G 1974-75

Debouts : Albert Poli, Louis Cardiet, Dominique Lokoli, Jacky Novi, Denis Bauda, Ilija Pantelic.

Accroupis : Louis Floch, Jean Deloffre, François M'Pelé, Jean-Pierre Dogliani, Mustapha Dahleb.


BIO EXPRESS DEGRADABLE. Mustapha Dahleb.

MUSTAPHA DAHLEB.
La première véritable star du PSG déboule de Sedan! Autre temps, autres moeurs. Le sanglier des Ardennes s'adapte mieux au climat parisien que la dinde osseuse rôtie au soleil californien. « Mouss » a la peau dure et tripote le cuir depuis l'enfance, dans son Algérie natale - il est né à Bougie le 8 février 1952 - qu'il doit quitter dès l'âge de 2 ans pour Flohimont dans les Ardennes, à quelques pas de la frontière belge, où il devient une sorte de roi. Sur place du village d'abord, dans l'équipe locale ensuite qu'il intègre à 10 ans en signant sa première licence minime malgré sa passion pour le cyclisme. L'influence des champions belges de l'époque sans doute, qui l'incite à enfourcher son vélo avec les copains pour des courses improvisées à travers les monts de la région, et qu'il s'emploie à régler dans le sprint final.

Mustapha Dalheb époque sedanaise.

De la Grande Boucle aux lacets des crampons, il n'y a qu'un pas que le jeune Mustapha franchit aisément, servi par un VO2max hors du commun. Puissance et technique, des qualités vite repérés par les dirigeants de l'UA Sedan-Torcy et un homme en particulier, Louis Dugauguez, son premier mentor qui vient le chercher à 14 ans - le plus jeune stagiaire du football français à l'époque - sous l'œil réticent de papa, peu amène de laisser partir fiston porter la culotte courte sur le pré, lui préférant celle de l'école pour de solides études. Grâce au frère ainé qui fait céder le daron, Mustapha Dalheb signe un long bail avec le club ardennais et débute en pro alors qu'il n'a pas 18 ans - le 14 décembre 1969 à Angers - tout en poursuivant une formation scolaire en électro-technique. Une période entrecoupée par ses obligations militaires en Algérie. Deux années à servir son pays à l'école des sous-officiers de Blida dans un premier temps puis à Benis Messous, le Bataillon de Joinville du coin, sous les ordres de l'ancien Stéphanois Rachid Mekloufi. Au bled, « Mouss » signe une licence au C.A Belcourt et mène en parallèle une carrière d'international militaire, puis international tout court avec les Fennecs. Une décade (1974-84) à honorer le maillot de la sélection algérienne marquée par quelques exploits, dont celui retentissant en coupe du Monde 82 et une victoire contre la RFA (2-1) future finaliste, laquelle lave l'affront et se venge avec la complicité des cousins autrichiens dans le match de la honte quelques jours plus tard.

Au Camp des Loges avec les jeunes du PSG.

De retour dans les Ardennes après le service (septembre 73), Dalheb ne peut éviter la relégation de Sedan malgré ses 17 buts et un statut de meilleur buteur du club. Les grandes formations se l'arrachent: Bastia, Reims, Anderlecht, Standard de Liège et même le Real mais PSG et Daniel Hechter remportent le gros lot. Un joueur sur mesure pour le couturier qui rêve d'un grand club, le sien, dans la Capitale. « Mouss » doit cependant attendre le début des années 80, sous l'ère Borelli, pour connaître le succès avec l'équipe parisienne. Son vœu le plus cher, réussir une brillante carrière en coupe de France - « Avec Sedan, je n'ai jamais été très loin dans cette épreuve qui me plait pourtant beaucoup. J'espère qu'un jour avec Paris S.G, j'aurais plus de chance » lance t-il à son arrivée à Paris - se réalise par deux fois successives (1982 et 83) comme si quelqu'un là-haut avait entendu ses prières tournées vers le Parc. Pour le reste, les seuls trophées majeurs de sa longue carrière inscrits à son palmarès. Trop peu pour ce technicien hors-pair, dribbleur de charme qui serpente sur les terrains qu'il quitte à la fin de la saison 1984-85 après une pige à Nice (et sur un titre de champion de France de D.II), là où tout aurait dû commencer pour lui lorsqu'il évoque son premier contrat avec Sedan : « J'avais 14 ans. D'autres clubs étaient intéressés: Reims, Nantes. Mais si Mr Dugauguez n'avait pas emporté le morceau, c'est à Nice que j'aurais signé ». La boucle est bouclée.


LA RETRO PHOTO 
- MUSTAPHA DAHLEB AU PSG -


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