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BIO EXPRESS DEGRADABLE. João Alves.
Son histoire est d'abord celle d'une légende, non pas celle de Paris
St Germain, elle naîtra bien plus tard après le passage éphémère
du Portugais dans la Capitale. Toute la vie de João António
Ferreira Resende Alves est inscrite dans ses gants noirs qu'il porte
sur tous les terrains. Un hommage au grand-père, Carlos Alves,
ancien international avant-guerre. A l'époque, le public se
passionne pour les rencontres Portugal-Espagne. Un jour, avant le
derby entre les deux pays, une jeune femme s'approche du papy et lui
offre une paire de gants noirs. « Pour vous porter chance »
lui assure l'inconnue. Et le Portugal gagne. La première victoire
des Lusitaniens sur l'Espagne. Le grand-père, superstitieux, ne
quittera plus son porte-bonheur et enjoint son petit-fils lorsqu'il
intègre les juniors de Benfica de perdurer le mythe. João Alves refuse, ce n'est pas son histoire, jusqu'au jour le bien-aimé
quitte ce monde. Ce grand-père qui a élevé et servi de modèle au
bambin. Dès ce jour, João Alves poursuivra alors la tradition familiale
et honorera la mémoire du défunt, sans pour autant qu'elle
n'épargne le joueur des pépins inhérents à la vie de footballeur.
De ses débuts à Benfica, Alves garde un souvenir amer. Une vilaine
blessure au ménisque et des problèmes avec les dirigeants du club
le conduise à s'expatrier du coté de Varzim (1972-73) et Montijo
(1973-74) avant de s'installer à Porto pour deux saisons. Avec
Boavista, la carrière de João Alves prend un vrai départ, l'effet
du maillot à damier, avec quelques titres au bout de la course : un
doublé en coupe du Portugal (1975 et 76). C'est de là que club
espagnol de Salamanque vient le chercher. Une bonne affaire pour
quelques pesetas (10 millions) qui ravit tout le monde et le
principal intéressé. « Le championnat espagnol est
beaucoup plus dur et surtout plus rapide que le championnat
portugais, lance Alves en pleine bourre. Je m'y suis adapté
et y ai progressé car la préparation y est également plus
intense ». C'est avec un nouveau mental et toute une
palette technico-tactique que le Portugais retourne au pays après
son expérience en Espagne. A Benfica. Pour effacer les déboires de
sa jeunesse et gagner la confiance de ses dirigeants et de son
entraîneur, l'Anglais John Mortimore, qui se frotte les mains à
l'idée de voir évoluer le milieu ganté dans ses rangs. « A
natural skill » dit de lui le coach britannique. Des éloges
qui ne laissent pas insensibles Francis Borelli. Un an après son
come-back, le président du PSG débauche la perle rare à l'été 79
en mettant ma main au porte-monnaie : 300 millions de centimes. Une
somme rondelette mais Paris a besoin de faire rêver son public. «
Non seulement c'est une recrue de choix, lâche le dirigeant
parisien après les négociations, mais c'est aussi un transfert
intéressant. D'autant plus appréciable que Bordeaux était sur le
coup ».
L'idée (géniale) de Borelli est de ramener du monde au Parc. Avec
la star portugaise, international de surcroît, le bon président a
le nez creux et des idées plein la tête. Les nombreux Portugais
exilés en Ile-de-France viendront remplir l'enceinte de la porte
d'Auteuil et son PSG se hissera au sommet du championnat. A 27
ans, Alves débarque avec un statut de vedette et les attributs
inhérents à sa condition. C'est le plus gros salaire du club
(50.000 francs/mois), amorti cependant par les recettes aux entrées
où des milliers de compatriotes viennent applaudir dès le début de
la saison le Portugais dans ses œuvres. Le public est ravi mais déjà
les observateurs spécialisés ne tardent pas à remarquer les
carences du joueur qui rechigne à se fondre dans le jeu collectif.
Les dirigeants réclament de la patience, João doit s'adapter au jeu
de partenaires qu'il découvre. Or, il n'en aura pas le temps. Fin
août 79, PSG se déplace à Sochaux. En cours de match, Alves subit
un tacle trop appuyé de Genghini. Le Portugais se tort de douleur et
pour cause : fracture de la jambe. Alves ne se relèvera jamais de
cette blessure sans pour autant accuser son bourreau d'un soir : «...
A Sochaux, la pelouse est glissante, se souvient João. Genghini
me tacle, sans intention de me blesser. Je ne lui en veux pas, ce
sont les risques du métier. Mais il me casse la jambe droite. Jamais
je n'ai ressenti une telle douleur. J'avais le pied et un morceau de
la jambe d'un côté, le reste de l'autre côté. L'arbitre n'a même
pas sifflé faute... ». Les choses se remettent en place
mais la rééducation du joueur prend plus de temps que prévu. Au
sein du club parisien, on soupçonne le Portugais d'y mettre un peu
de mauvaise volonté. L'accusé se défend en affirmant aimer Paris.
Trop en fait. Le Portugais préfère les lumières de la ville à
celles du Parc des Princes. Il cache surtout un gros malaise. L'homme
aux gants noir a le cafard et le mal du pays. Un an après son
arrivée bling-bling au club, Alves quitte Paris dans l'indifférence
et 19 matches officiels au compteur. L'épisode parisien refermé,
l'homme qui valait 300 millions de centimes revient à Benfica
(1980-83) où il réalise deux doublés coupe-championnat (1981 et
83) avant une ultime pige à Boavista (1983-85). Aujourd'hui
retraité, João Alves garde cette cicatrice profonde qui lui déchire
le cœur au sujet de Paris. « Je vis toujours avec une
plaque et dix broches dans la jambe, avoue l'ancien international
aux 36 sélections. Je continue de percevoir tous les trimestres
une pension de la Sécurité sociale française ». PSG est
magique en quelque sorte, même sur une jambe.
Des gants noirs et une barbe folk. Un hommage à Grandaddy.
FAN PICS. Yannick Noah et PSG.
Yannick Noah aime le foot. Un héritage
de son père Zacharie, ancien pro à Sedan et vainqueur de la coupe
de France 1961, un an jour pour jour après la naissance du fiston.
Mais contrairement à Papa, le vainqueur de Roland Garros 83 - la
photo date de la même année - ne met pas trop les pieds à Emile
Albeau. Son club et sa ville, c'est Paris, son stade le Parc des
Princes et sa cour de récré (en dehors des cours des tennis), le
Camp des Loges où le tennisman aime bien se retrouver parmi les
joueurs parisiens à taquiner le cuir. De la petite balle jaune au
ballon rond, Noah franchit aisément le pas d'autant que l'herbe du
Parc, comme le gazon de Wimbledon, c'est de la bonne bébé.
FAN PICS. Paris SG.
Un trio de stars au PSG.
Les stars, à Paris, sont aussi dans
les tribunes et occasionnellement sur la pelouse du Parc aux côtés
du bon président Borelli. Si le cliché sent la photo promotionnelle
et laisse son auteur sur le carreau à voir les trajectoires des
ballons, les deux personnalités qui entourent le dirigeant du PSG
n'en restent pas moins des fans inconditionnels de foot et du club
parisien. Présent dès la première heure - il fait notamment partie
des 20.000 signataires (avec Sacha Distel et Annie Cordy entre autres) à la souscription lancée par la fédération pour la création d'un grand club dans la Capitale au début des
années 70 - la fidélite d'Enrico Macias au Paris St Germain n'est
plus à démontrer, assistant bon an mal an aux performances de ses
protégés bien calé sur son siège en tribune présidentielle. Dans
la deuxième moitié des années 80 (la photo date de 1986), l'auteur
des « Gens du Nord » et non pas de la fameuse
banderole, vit d'ailleurs des moments douloureux, donnant plus à son
club que ce dernier ne lui rend. C'est aussi l'avis de son compère,
le journaliste Jacques Paugam, bien décidé à mordre dans le ballon
au contraire des joueurs parisiens à l'époque. L'ex-animateur du
« Soir 3 », « Aujourd'hui magazine » (Antenne
2) ou encore « Votre vérité » (sur TF1) a connu tous
les transferts du PAF après ses débuts radiophoniques sur France
Inter et France Culture. La première émission qu'il anime à partir
de 1976 s'intitule d'ailleurs « Parti pris ». Pour Jacques
Paugram, nul doute que celui-ci était en faveur du PSG. « Sans
chauvinisme ». C'est sa chevelure frisée qui prend sa
défense.
RAY WILKINS. Une star éphémère à Paris.
A l'instar de Zlatan Ibrahimovic, une
autre star déboule à Paris en provenance de l'AC Milan. C'était il
y a 25 ans, à l'aube de la saison 1987-88. Coiffé à l'italienne,
les cheveux en arrière, Ray Wilkins arrive à Paris - avec Jackie, sa femme, et ses enfants, Jade et Ross - pour illuminer le Parc et
faire des étincelles dans le jeu parisien. Depuis l'arrivée de
Gérard Houllier dans la Capitale et l'obtention du premier titre
dans la foulée (1985-86), PSG digère mal son statut de champion de
France la saison suivante et cherche à rebondir avec des recrues de
standing. Avec les arrivées de Wilkins et de l'Argentin « Gaby »
Calderon, le club parisien fait sauter la banque - grâce à l'apport
financier de la Mairie de Paris qui triple sa subvention pour le club
- et devance le projet quatarien d'une bonne vingtaine d'années. Psg
is magic. Surtout avec le joueur anglais, 82 sélections au compteur,
capitaine de la Three Lions, qui a évolué parmi des équipes
légendaires dans l'île, Chelsea et Manchester United, avant de
rejoindre le Calcio en 1984. Grâce l'apport technique et la
clairvoyance du milieu britannique sur le terrain, Francis Borelli
espère ainsi redorer le blason de son équipe et assoir celle-ci au
Panthéon du football national et européen. Un joueur de calibre
international, contrairement à Jantzen Derrick, le premier Anglais
aperçu dans la Capitale - en provenance de Bristol - au début des
seventies, qui ne laisse pas un souvenir impérissable aux vieux
supporters du club (3 petits matches au cours de la saison 1971-72).
Or, comme l'attaquant (trip-hop) mélancolique de son Ile, Ray
Wilkins ne laisse pas beaucoup de traces à Paris, hormis celles des
pneus de sa voiture quand il fuit, avec femme et enfants, sa maison
de St-Nom-la-Bretèche à la fin de l'année 87. Malgré un bon début
de saison, PSG se retrouve en position de reléguable à la trêve.
Le bateau coule au Camp des Loges. Houllier, discuté, prend du recul
et quitte son poste d'entraîneur (remplacé par Eric Mombaerts) au
mois de novembre pour endosser le rôle de manager général.
Relation de cause à effet ? Après onze matches avec le club
parisien, Ray file à l'Anglaise le 1er décembre pour rejoindre
les Rangers. Jackie, Jade et Ross retrouvent ainsi le
sourire en Écosse et Wilkins son tranchant habituel sur le pré et à la maison, heureux de « consacrer tout [son] temps libre à [sa] famille ». Son vrai « hobby » comme il l'avoue. PSG se sauve in-extremis en fin de saison, en sacrifiant Safet Susic sur l'autel du jeu réaliste et défensif. Fallait pas inviter les stars à Paris à cette époque.
Family life.
Cause toujours Gégé !
SO FASHION. Paris SG au saloon.
C'est un peu le Far West du côté de St Germain en Laye à la fin des eighties. D'un point de vue géographique par rapport à Paris et du Parc des Princes d'abord, mais aussi parce que le centre d'entraînement du PSG - le Camp des Loges - situé dans la petite bourgade tranquille des Yvelines, voit débarquer par un beau matin d'hiver les 7 mercenaires parisiens au café du coin. Défenseurs de la veuve et de l'orphelin dans la vie, nos cowboys justiciers sont aussi le dernier rempart sur le pré. Colt sur la table et cartes en mains, l'arrière garde du PSG (de gauche à droite: Sène, Bibard, Polaniok, Bats, Tanasi, Pilorget et Jeannol) est l'ultime solution en cas de pépin, prête à défendre sa surface, transformée parfois en Fort Alamo à cette époque où tout ne roule(tte) russe pas toujours pour le club de la Capitale.
Mon équipe de cœur par... Pietro B.
Un héros à la Ken Loach qui gagne à être connu ce Pietro. Pierre Buccafurri, c'est son vrai nom, est un prolo comme aime les filmer le réalisateur anglais. Maçon dans la vie, ce fan de foot à en crever qui a grandi dans la banlieue rouge - le 9.3 pour les plus jeunes - à Sevran, est désormais rangé des tribunes, « moins de temps et le prix excessif des places » sont en cause, tout en continuant de suivre les résultats de son équipe avec le plus grand de ses trois fistons, un mordu comme lui à qui il promet de l'emmener un jour au Parc. Bah oui, Pietro est « PSG pour la vie », une passion pour le club de la Capitale qui remonte « naturellement vers les années 1981 ou 82 » en marchant sur les traces du grand frangin, son influence divine qui lui ouvre les yeux : « Je dis naturellement car j'ai suivi l'influence de mon grand frère. Je pense que j'aurais presque pu devenir supporter des Verts car on sortait de la grande époque stéphanoise. Et petit, j'aimais Rocheteau qui était encore à Sainté. Ça s'est joué à pas grand chose.... Ouf ! ». Ce petit rien, c'est peut-être grâce à l'arrivée de l'Ange Vert dans la Capitale en fait ? Ou les baffes du frérot pour remettre le cadet sur les bons rails ? Bref, Pietro peut souffler de soulagement, son frère aussi, pris par le virus de l'équipe parisienne et de la chaude ambiance du Parc les soirs de match. Flashback sur les souvenirs de ce fidèle au grand cœur, qui a tout vu, tout vécu (ou presque) depuis le Kop de Boulogne naissant et ses premiers débordements. A suivre comme une chronologie, façon « Fever Pitch », car il y a du Nick Hornby chez ce mec-là.
- « J'ai
eu la chance d'avoir vécu toutes les victoires du PSG en tant que
supporter. Je me souviens d'avoir vibré devant ma télé pour les
deux coupes de France 1982 et 83. PSG-ASSE de 1982, il me reste le
souvenir de la séance de tirs au but, du péno raté par Bathenay
mais heureusement à retirer, puis marqué. Aussi de cette
égalisation inespérée de Rocheteau à l'ultime seconde. Par contre
j'ai complètement oublié le fameux envahissement de terrain, cela
m'était sorti de l'esprit. Lors de la finale PSG-Nantes de 1983, une
chose m'a marqué, c'est l'égalisation de Safet, que mon père
annonce presque en direct en lançant - Pourquoi il tire pas Susic ?
Il a de la frappe - Dans la seconde qui suit, il envoie un
missile ». Pleine lucarne ou presque, mais c'en est terminé du
petit écran. Pietro veut du vrai live et humer le gazon fraîchement tondu.
Assister enfin à un match en spectateur pour vibrer au plus près
des siens.
- 1982-83: Premier match au stade pour voir le PSG contre
Auxerre (0-0) avec Joël Bats dans le but visiteur. Il avait tout
arrêté.
- 1983-84: Deux matches coup sur coup. Mon frère m'emmène pour PSG-Nimes (0-0)
et PSG-Strasbourg (2-0). En tribune Boulogne. En 1984, j'avais 11ans
et demi. Cétait l'époque des bandes de skins. Je me demandais un
peu où j'avais atterri. L'impression d'être dans un autre monde. En allant
reprendre le métro après le match contre Nimes,une bagarre éclate
entre zéras et contrôleurs qui attendaient aux portillons. C'est
parti dans tous les sens, des coups de poings échangés et du
lacrymo à gogo. Ça m'a marqué, j'ai eu l'impression de revenir
d'une autre planète, mais quelque part, je crois que ca m'a aussi
fasciné.
- 1984-85: Pas de match au Parc du PSG. Juste un triste Racing-Toulon (0-1). Je
suis déçu car je milite pour aller voir le PSG et mon père opte
pour ce match. Je suis les rencontres à la radio. Je suis
quelquefois limite au bord des larmes pendant cette saison
éprouvante. Je prend les choses très à cœur. La finale de coupe de
France 1985 perdue contre Monaco (0-1) me laisse un goût amer. En
fait, mon grand copain était supporter de Monaco. Son père n'avait
pas arrêté de me bassiner, à me dire que c'était truqué, que le
match était joué d'avance et que PSG allait gagner. Je l'ai presque
cru, inconsciemment, et j'étais hyper confiant à force de
l'entendre pendant plusieurs jours. Je pensais vraiment qu'on allait
gagner. Bon, on connait le résultat. Je me revois après le match au
téléphone avec mon pote, limite haineux, et lui dire - Tu diras a
ton père que c'est un charlot -
- 1985-86: Je vais voir deux matches et pas des moindres: PSG-Bordeaux (1-0) et
PSG-Monaco (1-0). Contre Bordeaux, le but de Pilorget le revenant me
rend heureux. Contre Monaco, le but de Sène donne pratiquement le
titre à Paris. J'étais en famille et avec mon copain monégasque.
Sur l'ultime corner, je lui dis : - Si Paris marque,je te donnes 20
balles. - Et voila que ça cafouille puis Sène crucifie Ettori. Je
sais pas pourquoi j'ai dit ça. Bref, j'ai tenu ma parole, et ça l'a
aussi rendu heureux du coup.
- 1986-87: Mon pere m'emmène pour le match de C1 contre Vitkovice (2-2). J'ai
des mots durs envers le regretté Jules Bocandé qui rate occases sur
occases.
- 1987-88: Je commence à aller au Parc avec des potes. Naturellement, je vais à
Boulogne, coincé entre Gavroches et Firebirds. Ça charrie pas mal
entre les deux clans. Je croise quelques figures emblématiques du
Parc: les Giscard, Kronenbourg, Chômeur, le Snake, Mordicus,
l'Anglais, président Reilletel, Delobel... Restent en mémoire de
bons moments comme ce PSG-Matra (1-1). Je me rappelle d'une ambiance
assez folle. Pas mal de fumis pour le derby. Le Matra était le
véritable ennemi, plus que l'OM. Dans un match tendu et crispant où
notre survie est en jeu, Liazid Sandjak égalise à la 86ème. Je
dégringole quelques rangs, poussé par une vague. Dans la cohue, mon
écharpe Le Coq Sportif disparaît, arrachée par quelqu'un. Je ne
l'ai jamais revue. Heureusement Paris finit cette fin de saison
1987-88 par trois victoires, en sortant LE match à Marseille (1-2)
grâce à Magic Safet et Gaby (Calderon, ndlr). Puis une victoire
majestueuse 4-1) sur Lens au parc avec un grand Safet aux commandes,
revenu en grâce. Houillier l'avait mis remplaçant pratiquement
toute la saison. Pour l'occasion, le président Borelli avait fait
portes ouvertes au Parc. Gratuit. Fallait des points ! A cette
époque, les matches contre les petites équipes n'étaient souvent
pas chers. C'etait de l'ordre de 10Frcs en Boulogne rouge. Mais y
avait zéro contrôle, je pouvais donc monter en bleu. Souvent, en
deuxième mi-temps, je redescendais en rouge (comme une partie du
kop) pour suivre les attaques du PSG de ce côté.
- 1988-89: Perez, nouvelle recrue, enquille les buts. Je suis au Parc presque à
chaque match. La saison arrive à son terme avec le traumatisme du
OM-PSG (1-0) et du but de Sauzée à la 91ème. Je suis en vacances
dans la famille de mon pote à Cavaillon, et ils sont tous à fond
pour l'OM. Quand Sauzée marque, ils sautent tous au plafond. Moi je
reste prostré de longues secondes. Je n'arrive pas à y croire. Ils
voient ma tronche liquéfiée, et ils se foutent de moi. HORRIBLE !
Marseille passe en tête. Je mets énormément de temps à trouver le
sommeil. Je refais le match mille fois dans ma tête. Je fais
ensuite mon premier déplacement à Lens (0-0). On part à deux en
R5. Le titre s'envole. Les Lensois envahissent la pelouse et viennent
nous narguer. Les projectiles volent.
- 1989-90: Toujours au Parc pour presque chaque match. La coupe d'Europe nous
désigne la Juve. Vujovic touche la barre, mais Rui Barros nous
crucifie sur un coup franc joué vite. L'après-match est musclé
porte de St-Cloud. Les Italiens sont armés de bâtons, ça charge et
contre-charge. Finalement, ces derniers s'éparpillent dans les rues
adjacentes. Il y a aussi PSG-OM (2-1) cinq jours après
l'élimination de Marseille par Benfica. Des - merci Benfica -
pleuvent. Là aussi, des fans parisiens vont chercher les quelques
fans marseillais, pas encore en nombres, regroupés à Auteuil.
Quelques coups pleuvent, mais les CRS canalisent assez vite les deux
camps.
- De 1990 à 1992, je suis nettement moins présent. Je retourne au Parc
assidument de 1993 à 1997. La saison 1992-93 débute. Je m'abonne en
J. Mais je finis la fin de saison en échangeant mes places pour
repartir en Boulogne rouge. En J, on se fait royalement chier !
- De 1993 à 1999, j'ai grandi et me déplace assez souvent. En France, mais aussi
à l'Etranger (Anfield, Highbury, Santiago Bernabeu, San siro, Nou
camp, De kuip, Heysel) . C'est un peu l'âge d'or du PSG. Second
titre,vainqueur de la C2, diverses coupes, plus quelques matchs
d'anthologies comme ce PSG-OM (2-1) sorti d'une saison
catastrophique, où on enlève le titre à L'OM. Et ce sentiment
bizarre, après l'égalisation de Marco (Simone, ndlr). Je ne sais
pas pourquoi, je savais que le deuxième but allait venir.
- Je finis
par être un peu usé par les mesures de sécurité, les contrôles
et les fouilles, la séparation de la tribune. Passer son temps
attendre, être parqué comme du bétail. Tout ça a un peu raison de
moi ».
De quoi écrire un bouquin à la manière de Jérôme Reijasse (Parc - Tribune K - bleu bas, col. Tard le soir). Pietro a tout connu avec son PSG: les larmes de joie et de désespoir, les déplacements houleux et les coups de poings. Casual ? Hools ? Mais avant tout supporter à la vie, à la mort. Un fan qui se rend désormais au Parc pour les grandes occasions. En tribune Paris. Histoire de bien soulager son portefeuille et continuer d'encourager une équipe qui lui ressemble de moins en moins. Against modern football. Ce qui ne l'empêche pas de composer son 11 type, un 4-4-2 parfaitement équilibré entre les ères Borelli et Canal, et de justifier son choix. Pragmatique dans le doute : « Dégager une équipe n'est pas simple. Autant pour les latéraux, ça ne se bat pas à chaque coin de rue, autant gardien, milieux et attaquants, c'est pas simple ». Et la période Colony Capital et les Quatariens ? Pas trop son truc à voir la feuille de match.
De quoi écrire un bouquin à la manière de Jérôme Reijasse (Parc - Tribune K - bleu bas, col. Tard le soir). Pietro a tout connu avec son PSG: les larmes de joie et de désespoir, les déplacements houleux et les coups de poings. Casual ? Hools ? Mais avant tout supporter à la vie, à la mort. Un fan qui se rend désormais au Parc pour les grandes occasions. En tribune Paris. Histoire de bien soulager son portefeuille et continuer d'encourager une équipe qui lui ressemble de moins en moins. Against modern football. Ce qui ne l'empêche pas de composer son 11 type, un 4-4-2 parfaitement équilibré entre les ères Borelli et Canal, et de justifier son choix. Pragmatique dans le doute : « Dégager une équipe n'est pas simple. Autant pour les latéraux, ça ne se bat pas à chaque coin de rue, autant gardien, milieux et attaquants, c'est pas simple ». Et la période Colony Capital et les Quatariens ? Pas trop son truc à voir la feuille de match.
- LE ONZE TYPE DE PIETRO -
Bats
Lowitz - Roche - Ricardo -
Fournier
Fernandez - Guérin - Susic - Valdo
Simone - Pauleta
AMARA SIMBA plays « Bicycle ».
Le gars qui pose tranquille chez lui,
assis sur son ampli à gratouiller quelques accords sur sa guitare
électrique, c'est Amara Simba. Moonboots aux pieds et blouson Kool & the Gang sur le dos, le spider from
Mars - son surnom à Paname à cause de ses gestes techniques de
haute volée - trouve l'inspiration sur le terrain grâce aux bons
riffs qu'il trouve à la maison. Une passion pour la gratte qui
remonte à l'époque où l'attaquant du PSG sert sous les drapeaux,
par l'intermédiaire d'un copain de chambrée : « C'est au
cours de mon service militaire que j'ai eu l'occasion d'apprendre à
en jouer ». Quelques arpèges et deux-trois bons plans
plus tard, Amara Simba est pris par le virus de la musique, vide les
magasins autour de la place Pigalle et use de toute sa technique pour
sortir le grand jeu. Un peu comme sur le pré en fait. « J'aime
prendre une de mes trois guitares pour composer des mélodies, c'est
reposant et ça détend ». Et question détente, il en
connaît un rayon le roi de la bicyclette !
La grosse cylindrée du TEAM PSG.
Urgent. Vds cause départ en Province,
et parce que je suis plutôt Peugeot, superbe Citroën Visa spéciale
PSG. Modèle d'origine, année 1983 (ou 84), toutes options, faible
kilométrage, poste à K7 intégré, vendue dans son jus (couleurs et
décorations d'origines). Intérieur rouge et bleu et sièges avants
dédicacés par les joueurs. Visible sur le Champs-de-Mars. Prix à
négocier. Pour tous renseignements : s'adresser à Lucien Leduc ou au
siège du club.
SO FASHION. Jean-Pierre Dogliani.
L'homme qui prend la pose en Monsieur de Fursac, c'est le regretté Jean-Pierre Dogliani. L'ancien Marseillais passé par Angers, Bastia et Monaco, rejoint Paris SG au début de la saison 1973-74. Le club de la Capitale dirigé par le « gang des chemises roses » et son président Daniel Hechter affiche ses ambitions: la montée en D.I avant de parader sur le podium de l'élite. Pour cela, le couturier qui rêve d'une grande équipe à Paris recrute parmi les meilleurs du joueurs du championnat, dont le néo-capitaine parisien, chef de file de sa collection d'été très à l'aise dans ses bottines, qui prend à cœur son rôle de leader sur le terrain non sans humour : « Le public parisien est difficile. Parfois versatile et souvent Versace. Mais je ne suis pas là pour me faire tailler un short ». Un clin d'œil au concepteur du maillot parisien qui n'oublie pas que sur tous les stades de Province, ses joueurs ont pris l'habitude de se faire tailler un costard par un public hostile.
BIO EXPRESS DEGRADABLE. Mustapha Dahleb.
MUSTAPHA DAHLEB.
La première véritable star du PSG déboule de Sedan! Autre temps, autres moeurs. Le sanglier des Ardennes s'adapte mieux au climat parisien que la dinde osseuse rôtie au soleil californien. « Mouss » a la peau dure et tripote le cuir depuis l'enfance, dans son Algérie natale - il est né à Bougie le 8 février 1952 - qu'il doit quitter dès l'âge de 2 ans pour Flohimont dans les Ardennes, à quelques pas de la frontière belge, où il devient une sorte de roi. Sur place du village d'abord, dans l'équipe locale ensuite qu'il intègre à 10 ans en signant sa première licence minime malgré sa passion pour le cyclisme. L'influence des champions belges de l'époque sans doute, qui l'incite à enfourcher son vélo avec les copains pour des courses improvisées à travers les monts de la région, et qu'il s'emploie à régler dans le sprint final.
La première véritable star du PSG déboule de Sedan! Autre temps, autres moeurs. Le sanglier des Ardennes s'adapte mieux au climat parisien que la dinde osseuse rôtie au soleil californien. « Mouss » a la peau dure et tripote le cuir depuis l'enfance, dans son Algérie natale - il est né à Bougie le 8 février 1952 - qu'il doit quitter dès l'âge de 2 ans pour Flohimont dans les Ardennes, à quelques pas de la frontière belge, où il devient une sorte de roi. Sur place du village d'abord, dans l'équipe locale ensuite qu'il intègre à 10 ans en signant sa première licence minime malgré sa passion pour le cyclisme. L'influence des champions belges de l'époque sans doute, qui l'incite à enfourcher son vélo avec les copains pour des courses improvisées à travers les monts de la région, et qu'il s'emploie à régler dans le sprint final.
Mustapha Dalheb époque sedanaise.
De la Grande Boucle aux lacets des
crampons, il n'y a qu'un pas que le jeune Mustapha franchit aisément,
servi par un VO2max hors du commun. Puissance et technique, des
qualités vite repérés par les dirigeants de l'UA Sedan-Torcy et un
homme en particulier, Louis Dugauguez, son premier mentor qui vient
le chercher à 14 ans - le plus jeune stagiaire du football français
à l'époque - sous l'œil réticent de papa, peu amène de laisser
partir fiston porter la culotte courte sur le pré, lui préférant
celle de l'école pour de solides études. Grâce au frère ainé qui
fait céder le daron, Mustapha Dalheb signe un long bail avec le club
ardennais et débute en pro alors qu'il n'a pas 18 ans - le 14
décembre 1969 à Angers - tout en poursuivant une formation scolaire
en électro-technique. Une période entrecoupée par ses obligations
militaires en Algérie. Deux années à servir son pays à l'école
des sous-officiers de Blida dans un premier temps puis à Benis
Messous, le Bataillon de Joinville du coin, sous les ordres de
l'ancien Stéphanois Rachid Mekloufi. Au bled, « Mouss »
signe une licence au C.A Belcourt et mène en parallèle une carrière
d'international militaire, puis international tout court avec les
Fennecs. Une décade (1974-84) à honorer le maillot de la sélection
algérienne marquée par quelques exploits, dont celui retentissant
en coupe du Monde 82 et une victoire contre la RFA (2-1) future
finaliste, laquelle lave l'affront et se venge avec la complicité
des cousins autrichiens dans le match de la honte quelques jours plus
tard.
Au Camp des Loges avec les jeunes du PSG.
De retour dans les Ardennes après le
service (septembre 73), Dalheb ne peut éviter la relégation de
Sedan malgré ses 17 buts et un statut de meilleur buteur du club.
Les grandes formations se l'arrachent: Bastia, Reims, Anderlecht,
Standard de Liège et même le Real mais PSG et Daniel Hechter
remportent le gros lot. Un joueur sur mesure pour le couturier qui
rêve d'un grand club, le sien, dans la Capitale. « Mouss »
doit cependant attendre le début des années 80, sous l'ère
Borelli, pour connaître le succès avec l'équipe parisienne. Son
vœu le plus cher, réussir une brillante carrière en coupe de
France - « Avec Sedan, je n'ai jamais été très loin
dans cette épreuve qui me plait pourtant beaucoup. J'espère qu'un
jour avec Paris S.G, j'aurais plus de chance » lance t-il à
son arrivée à Paris - se réalise par deux fois successives (1982
et 83) comme si quelqu'un là-haut avait entendu ses prières
tournées vers le Parc. Pour le reste, les seuls trophées majeurs de
sa longue carrière inscrits à son palmarès. Trop peu pour ce
technicien hors-pair, dribbleur de charme qui serpente sur les
terrains qu'il quitte à la fin de la saison 1984-85 après une pige
à Nice (et sur un titre de champion de France de D.II), là où tout
aurait dû commencer pour lui lorsqu'il évoque son premier contrat
avec Sedan : « J'avais 14 ans. D'autres clubs étaient
intéressés: Reims, Nantes. Mais si Mr Dugauguez n'avait pas emporté
le morceau, c'est à Nice que j'aurais signé ». La boucle
est bouclée.
LA RETRO PHOTO
- MUSTAPHA DAHLEB AU PSG -
- MUSTAPHA DAHLEB AU PSG -
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