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JOHAN CRUYFF au New-York Cosmos.


Depuis son annonce officielle en début d'année 1978 sur sa décision de ne pas renouveler son contrat avec le F.C Barcelone pour la saison suivante, les rumeurs allaient bon train sur l'avenir de Johan Cruyff. Pour ne rien arranger, son désir de ne pas participer au mondial argentin, et on croyait le « hollandais volant » mort pour le football. A 31 ans tout juste, le finaliste de la coupe du Monde 1974 souhaite prendre sa retraite au moment où ses affaires tournent à la banqueroute. Le rebelle aux cheveux longs se retrouve sur la paille et devient la cible du fisc espagnol. Bondissant sur l'occasion comme au temps du football total du grand Ajax, Cruyff en profite pour filer à l'anglaise vers les Etats-Unis, ce nouvel eldorado pour anciennes gloires en manque de cash. Le numéro 14 aux accélérations foudroyantes répond à l'invitation du New-York Cosmos. Un accord a été signé le 3 août 1978 et porte sur la participation du Néerlandais à deux matches exhibiton. Un bon moyen pour lui de se refaire financièrement. Après Ajax, son club formateur, et le Barça, Johan Cruyff enfile le troisième maillot de sa carrière au cours d'une soirée de gala. Le 30 août, New-York Cosmos affronte une sélection mondiale composée, entre autres, de Boniek, Rivelino, Tarantini, Rep, et dirigée par Luis Cesar Menotti.


Sur le terrain, le meilleur joueur du monde encore en activité étale toute sa classe et délivre des caviars à ses coéquipiers. Dans les coulisses du Giant Stadium, Ehmet Ertegun s'active pour trouver un compromis avec sa majesté Johan. Le boss de la Warner, propriétaire de la franchise new-yorkaise, avance des argument plutôt convaincant sur le papier., un chèque de cinq millions de dollars ! Après Pelé et Beckenbauer, Ertegun tient à s'attacher les services d'un joueur de niveau mondial afin de développer l'audience du soccer et les recettes de son club. De son côté, Cruyff est reste ferme sur ses intentions. Le « flying dutchman » a l'habitude des bras de fer et excelle dans l'art des négociations. Ce dernier ne veut jouer seulement que des rencontres amicales. La partie est serrée entre les deux camps mais l'affaire n'est pas conclue. Trop de désaccords financiers. Johan Cruyff quitte New-York dans la foulée sans jouer le second match prévu trois jours plus tard contre l'Atletico de Madrid.



Afin d'honorer son contrat signé au début de l'été, Cruyff porte à nouveau la tunique du Cosmos alors que la franchise new-yorkaise effectue une tournée en Grande-Bretagne. L'événement a lieu le 26 septembre à Londres. Une rencontre de pré-saison pour les « Blues » de Chelsea à Stamford Bridge. Et la fin de l'aventure avec Big Apple pour Cruyff. Pour des rasions diverses et qui dépassent aussi les histoires de fric. En aparté, l'ancien capitaine de la « Oranje » avoue qu'il déteste la pelouse synthétique du Giant Stadium. En clair, à son âge, Johan n'a pas envie de se niquer les ligaments sur une surface artificielle. Par ailleurs, « el flaco » - le maigre en espagnol, comme on l'appelle à Barcelone - ne voit pas d'un bon œil la qualité de l'effectif du Cosmos. Derrière les critiques tactiques et techniques sur le jeu pratiqué par le team new-yorkais, Cruyff ne supporte pas de partager son statut de star avec le Kaiser. Franz Beckenbauer est arrivé un an auparavant, en compagnie de Carlos Alberto, le capitaine de la Seleçao championne du Monde au Mexique (1970). Trop de gratin pour le Hollandais qui ne souffre pas la concurrence. Son égo est ailleurs, sous le soleil de la Californie. Après le flop de New-York, Johan Cruyff signe en effet un contrat quelques mois plus tard avec L.A Aztecs. Pour y body-builder son porte-monnaie, et le plaisir dit-il d'évoluer sur un vrai gazon. A Los Angeles, Cruyff est une star heureuse, George Best n'est plus là, même si son patron s'appelle Elton John, qui a des billes dans la franchise californienne.


TAMPA BAY ROWDIES 1984.


TAMPA BAY ROWDIES 1984.
En haut : Refik Kozic, Wes McLeod, Dave Power, Stuart Lee, Tony Towers, Tom Boric, Roy Wegerle, Neill Roberts, Steve Wegerle, Mike Connell.
En bas : Bob Bolitho, Arnie Mausser, Tatu, Glenn Myernick, Sonny Askew, Perry Van der Beck, Mark Karpun, Steve Horne (ent.).

FAN PICS. Tampa Bay Rowdies.

Noël est fini. C'est dommage, The Vintage Football Club avait concocté une grosse dinde farcie !

NORWICH CITY-Ft LAUDERDALE STRIKERS 1981. Friendly.

- Exhibition match -
NORWICH CITY-FORT LAUDERDALE STRIKERS
- 30/9/1981 -





PUB. Arthur Treacher's. Gordon Banks - Ft Lauderdale.


ARTHUR TREACHER'S FISH AND CHIPS
GORDON BANKS
FORT LAUDERDALE STRIKERS

MAILLOT DE LEGENDE. Fort Lauderdale Strikers.

Go sang et or go! La version funky-disco mothafucka du RCL sous le soleil de Floride. Le contraste entre les gueules noires du bassin minier artésien et les paillettes de la NASL. Daniel Leclercq versus les eaux claires de Fort Lauderdale. C'est dans la « Venise de l'Amérique » que les Strikers pointent leur nez au cours de l'année 1977, sous l'œil vigilant du boss Joe Robbie. Cet avocat d'origine libanaise, propriétaire des Miami Dolphins, acquiert la franchise U.S qui porte le nom de Miami Toros depuis 1973, l'An I du soccer de haut niveau dans ce coin paradisiaque des States. L'acte fondateur et l'histoire de Fort Lauderdale remontent en fait à 10 années en arrière lorsque le club voir le jour du côté de Washington. D'un statut amateur, Britannica Washington - son appellation à l'époque - opte pour le professionnalisme à partir de 1967 pour devenir Washington Darts et rejoindre les rangs de l'American Soccer League, puis la NASL par la suite au début des seventies. Deux saisons à tâter le terrain avant que le club ne déménage à Miami, hésitant d'abord entre Gatos (1972) et Toros (1973-77) puis Strikers enfin quand la franchise s'installe définitivement à Fort Lauderdale. Et le début d'une ère bling-bling. Une pluie de stars sous le soleil de plomb de la Floride. Gordon Banks, la légende britannique, est le premier à porter le maillot sang et or barré d'un énorme STRIKERS. Suivront pêle-mêle George Best qui ne trouvera jamais la plage, le Péruvien Teofilo Cubillas, Gerd Müller en mal de bronzette et encore quelques noms: Bernd Holzenbein, Ricardo Villa, Jan van Beveren... tous venus prendre une retraite bien dorée et amasser quelques dollars sans trop se forcer.

George Best on strike !

BIO EXPRESS DEGRADABLE. Andranik Eskandarian.

ANDRANIK ESKANDARIAN.
Dès son retour d'Argentine où il participe à la coupe du Monde 78 avec sa sélection, Andranik Eskandarian rejoint dans la foulée les Etats-Unis. Pas la destination la plus tranquille pour ce rapide défenseur repéré par New-York Cosmos au lendemain d'un match de gala qui oppose la franchise US à une sélection mondiale à la fin du mois août. Convié à porter les couleurs de l'équipe new-yorkaise quelques jours plus tard pour un match contre Boca Junior, il part ensuite en tournée, sous forme de prêt, à travers l'Europe - the fall '78 tour of Europe - avec la funky team de la NASL. Un contrat à clé, et parce qu'il se plaît sur le continent américain, la recrue du Cosmos débute officiellement sous son nouveau maillot à partir de l'année 1979. Or, Andranik Eskandarian est Iranien, né un 31 décembre 1951 à Téhéran. De quoi susciter la curiosité et la suspicion des supporters locaux qui lui brandissent la bannière étoilée à la moindre occasion. Une affaire pas si simple à gérer pour l'international iranien, 29 capes à son actif entre 1975 et 1978, surpris par l'accueil qui lui est réservé à chaque déplacement du Cosmos, d'autant que l'intéressé est d'origine arménienne par ses parents et de confession chrétienne, une communauté très minoritaire dans son pays. Eskie devient apatride en quelque sorte, à la recherche d'une identité, comme il se rappelle au plus profond de sa mémoire d'exilé : « Quand je suis arrivé aux Etats-Unis, tout le monde m'appelait l'Iranien. En Iran, j'étais l'Arménien et là, je suis l'Iranien ». Pas facile pour se construire.


Désormais « Américain à 100% » - il n'a jamais remis les pieds en Iran depuis son transfert au Cosmos, suivi par ses parents, ses deux frères et une sœur, tout en gardant le contact avec les deux autres restées au pays - Andranik Eskandarian débute ses gammes à Ararat Téhéran, le club de la minorité arménienne, à l'aube des années soixante-dix avant d'intégrer Taj deux ans plus tard, rebaptisé Esteghlal Cultural and Athletic Club après la révolution islamique de 1979. Le club phare de la région avec lequel il inscrit les premières lignes de son palmarès: le titre en 1975 et la coupe en 1977. Considéré comme le meilleur à son poste, c'est donc naturellement qu'il fait partie des 22 sur la liste invités à se produire sur le sol argentin pour la coupe du Monde. Une première pour l'Iran, pas vernie au tirage puisqu'elle tombe dans le groupe de la mort avec les Pays-Bas, l'Écosse et le Pérou. A sa manière, Eskandarian laisse une petite trace dans les stats en inscrivant un auto-goal (Écosse). Sans être ridicule, la sélection iranienne repart néanmoins chez elle avec la satisfaction du point obtenu face aux Écossais (1-1), forte des progrès qu'il reste à accomplir pour tutoyer le niveau international malgré des résultats convaincants par le passé: ¼ de finale aux J.O de Montréal et surtout la victoire en coupe d'Asie des Nations (1976). Deux trophées à ajouter au C.V du défenseur arméno-iranien qui pèsent sur la balance au moment de signer son contrat avec la franchise new-yorkaise, éblouie par ses prestations en Argentine et son match avec le World all-stars à la fin de l'été qui laisse Alberto Tarantini, l'autre priorité du club US, sur la touche. Un heureux hasard pour Andranik qui, après la rencontre de gala, passe une semaine de vacances à New-York. Le moment choisi par les dirigeants du Cosmos de tâter le joueur sur ses intentions et formuler un deal avec ce dernier, à commencer par un match contre Boca Junior et plus si affinités : « J'ai dit pourquoi pas ? Après tout, ce n'est qu'une heure et demie. J'ai joué le match et offert une passe décisive à Chinaglia. Après la rencontre, les dirigeants sont venus me rencontrer et m'ont demandé de ne pas repartir en Iran. Je leur ai dit que je devais réfléchir ».


Une réflexion menée avec sa femme qui ne tarde pas à exprimer sa pensée, malgré quelques offres de clubs européens négociées par son impresario. Eskie est finalement séduit par le chant des sirènes new-yorkaises : « Mon agent était en discussion avec une équipe espagnole. J'ai réfléchi et parlé à ma femme, et avons conclu que le meilleur choix était ici. Dès le premier jour, nous savions que nous resterions ici ». Un coup de cœur pour la Big Apple en somme. Andranik pose définitivement ses valises à New-York et connaît une autre histoire d'amour avec la funky town et son équipe disco 2000 à qui il reste fidèle jusqu'à la faillite de la ligue NASL (1984), poursuivant l'aventure en MISL, la formule indoor, avec Cosmos (1985) et New-York Express (1986-87), la nouvelle appellation du club pour ce championnat un peu spécial. Eskandarian termine sa carrière clopin-clopant en 1990 sous les couleurs du New Jersey Eagles dans un championnat qui bat de l'aile et dénué de tout intérêt. Et les souvenirs de ressurgir dans sa tête en évoquant l'aventure Cosmos : « C'était un beau rêve. La camaraderie, l'amitié, ce sentiment avec ces joueurs, vous ne pouvez pas les oublier. Tout ça reste dans votre cœur pour toujours ». Une histoire d'amour entretenue par deux titres (1980 et 82) et quelques moments tendus, comme ce jour d'avril 1980 à Fort Lauderdale au plus fort de la crise des 53 otages américains détenus par des étudiants extrémistes en Iran. Andranik voit son dernier jour arriver, agressé par un fan local par bonheur non-armé qui déboule sur la pelouse et l'accuse de délit de faciès : « Le match touchait à sa fin. Il faisait chaud et j'étais fatigué. Je n'ai jamais rien eu à voir avec la politique et ce gars s'en prend à moi. Heureusement, j'étais à proximité de notre banc qui est intervenu car ce type était fou ». Les histoires finissent (presque) toujours mal. A la retraite, Andranik rejoint son ancien coéquipier Birkenmeier dans une affaire de magasins de sport. Entre temps, le fils, Alecko, a pris le relai du père sur le terrain en MLS.


NEW-YORK COSMOS 1980.


NEW-YORK COSMOS 1980.
Debout: David Brcic, Carlos Alberto, Jeff Durgan, Hubert Bierkenmeier, Wim Rijsbergen, Franz Beckenbauer, Vladislav Bogicevic, Andranik Eskandarian.
Accroupis: Seninho, Rick Davies, François Van der Elst, Julio Cesar Romero, Giorgio Chinaglia, Roberto Cabanas, Angelo Di Bernardo, Bruce Wilson.

FAN PICS. Manic Montréal.

Visiblement, Manic Street Preachers mettent le feu au stade olympique de Montréal.

MANIC MONTREAL 1981.


MANIC MONTREAL 1981.
Debout : Sonny Askew, Bob Vosmaer, Thompson Usiyan, Andrew Parkinson, Andy Lynch, Gordon Hill, Bobby Smith, Chris Chueden.
Accroupis : Carmen Marcantonio, Fran O'Brien, Tony Towers, Radi Martinovic, John Van Oostveen.

GIORGIO CHINAGLIA. Mort d'un soprano.

Giorgio Chinaglia dans le costume du Parrain.

Les blagues du 1er avril ont parfois le goût du poisson pourri. Giorgio Chinaglia est décédé ce dimanche en Floride à l'âge de 65 ans. L'ancien international italien, 14 sélections sous le maillot de la Nazionale, souffrait depuis quelques temps de problèmes cardiaques. Après une hospitalisation ces derniers jours, le cœur a finalement lâché pour celui qui ne manquait pas d'en donner sur un terrain, participant ainsi de manière très active au premier scudetto de la Lazio (1974) avec le titre de meilleur buteur à l'issue de la saison.

La consécration pour l'attaquant italien et son unique trophée obtenu chez lui, dans la Botte, après des débuts anonymes au Pays de Galles où il passe toute sa jeunesse avant de revenir au pays dans des clubs de seconde zone (Massese et Internapoli). Repéré par les dirigeants de la Lazio, Giorgio Chinaglia débarque à Rome à fin des sixties et se révèle sous le maillot laziale. Malgré les résultats parfois en dents de scie du club romain, Chinaglia vide ses tripes sur le pré - il inscrit 98 buts en 209 apparitions - joue avec son son cœur et fait aussi montre de son (sale) caractère quand il se sent attaqué. Sélectionné une première fois avec la Squadra Azzura en 1972, un 21 juin contre la Bulgarie alors que la Lazio évolue à l'époque en série B, Chinaglia marche musique en tête deux ans plus tard et participe au WM 74. Un mondial désastreux pour l'Italie et Giorgio qui se fout sur la gueule avec le sélectionneur Valcareggi. Banni chez les A, Chinaglia ne tarde pas à le devenir dans son club d'autant que Maestrelli, son entraîneur et mentor à la Lazio, est rappelé par la maladie.


Devenu un paria malgré les nombreux services rendus aux Laziali, Giorgio s'envole pour les States rejoindre Pelé au Cosmos New-York et la famille: son beau-frère Mike Rash, un hockeyeur US d'origine italienne médaillé d'or aux J.O de Lake Placid dont il a épousé la sœur, Connie. Le championnat NASL, c'est disco-funky. Et Chinaglia place en tête des hits les standards du genre. Élu MVP de l'année 1981, meilleur buteur du championnat à cinq reprises (1976, 78, 80, 81 et 82), Giorgio rafle aussi quatre titres de champion (1977, 78, 80 et 82) en sept ans de présence au sein de la franchise US (1976-83). Au terme de sa carrière, Chinaglia tente un come-back au pays et prend la présidence de la Lazio. Présenté à l'époque comme le sauveur du club mal en point, il quitte le navire en 1985 et vit alors entre l'Italie et les États-Unis avant d'être mêlé aux affaires d'une autre famille, très tentaculaire celle-ci: la Camorra. Accusé de blanchiment d'argent, extorsion de fonds et délit d'initié, Giorgio Chinaglia se bat contre la justice au mitan des années 2000 et une santé affaiblie par les affaires. Jusqu'à ce poisson pourri d'avril 2012. Le soprano n'est plus.


JEAN-FRANÇOIS LARIOS. Manic street preacher à Montréal.


Barré chez les Bleus par Michel Hidalgo sous l'œil malveillant de Michel Platini, son coéquipier à Sainté avec qui il est en conflit ouvert pour des raisons extra-sportives, Jean-François Larios termine le championnat 1981-82 sur les genoux. Marqué par ses histoires personnelles avec le capitaine de l'équipe de France et ses déboires dans un club empêtré dans l'affaire de la caisse noire qui éclate en cours de saison, « Jeff », devenu l'homme à abattre et considéré personna non grata à Geoffroy-Guichard, est au centre des polémiques et de la guerre qui oppose Roger Rocher à son entraîneur Robert Herbin. 

L'omnipotent président des Verts veut faire tomber des têtes pour sauver la sienne. A commencer par le milieu stéphanois et « Robby » auquel il demande de prendre position sur le différend entre les deux joueurs. Une gestion du conflit tout en bémol pour l'amateur de musique classique et de Wagner qui agace en haut-lieu : « … Aux alentours des mois de février-mars 1982, j'ai été opposé à Rocher. J'étais à ce moment-là en conflit ouvert avec Platini. Il y avait, entre lui et moi, un modus-vivendi. Seulement, Rocher voulait qu'Herbin prenne position dans la discorde Platini-Larios. En faveur de Platini, bien sûr. Herbin a pris le contre-pied et, sans me donner raison, ne m'a pas désavoué. Cet épisode était un élément de plus à verser au contentieux Herbin-Rocher. Hélas, il y avait déjà longtemps que les deux hommes ne s'entendaient plus ». Sans trop rentrer dans les détails, Jean-François Larios expose le malaise qui plane au-dessus du chaudron et bouillonne par la suite au plus fort de l'affaire de la caisse noire.  « Jeff », parachuté capitaine de l'équipe, est encore au premier plan, accusé de prendre parti pour le clan Herbin alors que la saison 1982-83 s'ouvre sur fond de règlements de compte du côté de l'ASSE malgré le départ de Platoche pour le Juve. « Il s'est avéré que dans une situation bien précise, Herbin m'a soutenu et qu'à ce titre, je lui ai manifesté ma confiance ». La suite, c'est Dallas-sur-Forez qui mène à la démission de l'homme à la pipe, aux commandes du club depuis 1961, et l'arrivée d'une nouvelle équipe dirigée par Paul Bressy. Ce disciple de Roger Rocher prend des mesures radicales dès sa prise de fonction en collant les rebelles au placard : « Capitaine et entraîneur, même combat, donc même sort : la voie de garage ! » En clair, le rouquin est viré et le Pied-noir sommé de trouver un nouveau club au lendemain d'un match contre Paris Saint Germain. Guy Briet, le nouveau patron sur le terrain, veut des joueurs motivés et estime que Larios ne fait plus l'affaire. « Jeff » négocie son départ et compte sur sa bonne étoile et les nombreux contacts avec des clubs étrangers pour rebondir en ce début d'année 83.

Larios et sa cabane au Canada. Sa voiture aussi.

Des touches essentiellement espagnoles. Séville, Las Palmas mais aussi le Real « qui ne connaît pas l'attitude de Stielike pour la saison à venir » et Barcelone « qui voit rejaillir périodiquement les problèmes de Schuster » sont sur les rangs. Des noms ronflants et des promesses. Larios choisit finalement Madrid. Atletico en fait: « En définitif, c'est avec ce club que je me suis mis d'accord ». Pas mal quand même pour le paria du foot français qui espère fournir le Mexicain Hugo Sanchez de ses passes décisives. Mais « Jeff » ne foulera jamais la pelouse du vieux Manzanares. La faute à une vilaine blessure au genou et la mise en minorité de son principal soutien, le président Vicente Calderon en personne. Jean-François Larios plie bagages sans toucher un ballon et signe à Neuchâtel Xamax. Inconvénient, le contrat débute pour la saison suivante. Pour tuer le temps, le natif de Siddi-Bel-Abbès s'exile sur le continent américain et s'offre une pige dans une NASL en perte de vitesse. Destination le Canada et Manic Montréal. Une franchise créée en 1981 sur les cendres de Philadelphia Fury grâce à l'appui financier d'une brasserie locale: Molson. Une manière, pour celui qui ne veut pas rentrer en France de sitôt, « d'apprécier d'autres mœurs et une autre façon de voir la vie » mais aussi et surtout de se refaire financièrement. Les conséquences de la caisse noire et du redressement fiscal inhérent, comme le raconte à l'époque son agent Michel Basilevitch : « Ce contrat est une aubaine. Les dirigeants du club canadien l'avaient déjà contacté un an auparavant. Ils sont revenus à la charge. L'opération, financièrement parlant, est bien sûr très intéressante. Le Manic a payé le dédit de 900.000 francs aux Verts, notamment ». Si, sur le plan économique, Larios touche le gros lot, il ramasse un peu au niveau du sportif. L'équipe, qui évolue au stade olympique construit par l'architecte du Parc des Princes, Roger Taillibert, est à la traîne sur ses ambitions affichées de concurrencer le grand New York Cosmos. La faute à un effectif peu spectaculaire et un jeu très physique qui font chuter la moyenne de spectateurs. D'où l'idée, germée dans l'esprit des dirigeants du club, de recruter une vraie star pour de faire revenir les fans au stades. Et de confier les ficèles du jeu à l'ex-international français en lui attribuant le n°10. Une confiance sans borne qui ne file pas le trac au banni de Geoffroy-Guichard, sûr de ses moyens, même sur une jambe, malgré le manque de compétition : « Je devrais pouvoir remplir ce rôle sans trop de difficultés. Techniquement, à l'exception du Yougoslave Vujovic, l'ensemble n'est pas d'un niveau très relevé ». Caribou Ginette! Larios taille dans le bois et se colle lui-même une belle étiquette dans le dos dès son arrivée. Au final, « Jeff » participe à quelques rencontres, six au total, et inscrit un seul but. Un faible bilan qu'il défend en mettant en cause les trop nombreuses surfaces synthétiques des stades nord-américains, inadaptées pour le soccer et les techniciens étrangers. Puis d'en rajouter une couche avant d'encaisser son chèque et s'envoler dans la foulée pour la Suisse : « Du point de vue football, je voulais me rendre compte du niveau de ce sport là-bas. Malheureusement, j'ai constaté que les meilleurs joueurs restent les anciens professionels européens. A mon avis, ce n'est pas une bonne chose que les joueurs misent sur une fin de carrière aux États-Unis. On y a tué le football ». Un manque à gagner sportif pleinement remplacé par l'odeur du billet vert. C'était bien là le principal pour Jean-François Larios qui ne s'imposera pas plus à Neuchatel.

 Larios et son maillot 10. C'est Platoche qui va être content.

NEW ENGLAND TEA MEN 1978.


NEW ENGLAND TEA MEN 1978.
Debout: Simpson, d'Errico, Turner, Wit, Pearson, Keelan, May, Flanagan, Powell, Abrahams.
Assis: Bourdon (ent.), Gibbins, Daly, Welsh, Alderson, Weller, Cantwell (manager), Carr, Cantillo, Hunter, Brewster, Hobbs (dir.).

FOOT ROCK AND ROUFLAQUETTES. Mike Flanagan.


MIKE FLANAGAN.
Drôle de choix que ces New England Tea Men. Mais Mike Flanagan n'est pas à une provocation près. Pas vraiment vert, plutôt porté sur le rouquin, Mike-la-terre-entière quitte son Angleterre natale et Charlton Athletic pour siroter dans les sal(o)ons amérloques. Sur un coup de tête. Une vieille habitude en fait. Mike-la-bagarre et son gros tarin ne sont pas élevés aux bonnes manières du tea-time, des biscuits et du p'tit doigt levé. Pas gentleman-dandy pour un pound, Mike-la-rage trouve santiags à ses pieds en débarquant dans la banlieue de Boston. Un nom qui cogne pour ce mercenaire adepte du lever de coude et de la main sur la gueule. Le Far-West, c'est le panard pour Mike-la-moustache-hurlante qui découvre le Nouveau Monde, sa Bud à la pisse et son rock grassouillet branché sur un mur d'amplis. No more pop ou bien Iggy, Mike-la-frisouille kiffe Foo Fighters et Dave Grohl. Le nirvana. Parce que lui aussi est comme un ouf sur le pré et qu'il tatane sévère en cas de grabuge. Et c'est souvent ce salopard qui provoque.

Mike Flanagan s'en gratte le cul.


FOOT ROCK AND ROUFLAQUETTES. Wolfgang Rausch.

 

WOLFGANG RAUSCH.
La tête de l'emploi le Teuton! Le problème est qu'il n'a jamais su trouver lequel. Pour Wolfgang, le foot est un passe-temps. Ni plus ni moins. Un petit décrassage du cerveau et des guiboles flageolantes des cuites ramassées pendant la semaine. D'ailleurs Wolfie ne l'a pas fait exprès, son nom inscrit à la pointe de son casque est sans équivoque. Rausch. Complétement plein en Allemand. Drôle de destin surtout quand on choisit la Bavière et Münich au cours de sa carrière. Le choix du cœur prend le pas sur la raison. Et Wolfgang de perdre définitivement la boule lors de son exil aux States à Dallas Tornado. Sans tatouage mais avec le stetson et une plume dans le cul. La conquête de l'Ouest avec les cowboys et les indiens, le boogie-rock siphonné des EAGLES OF DEATH METAL en toile de fond. Hug(hes) moi Wolfgang, toi Jesse ? Et le destin qui accomplit une nouvelle fois son œuvre. Wolfgang réalise la meilleure partition de sa vie en se laissant pousser les bacchantes, et d'enfourcher le chopper pour tracer la route 66. Easy rider. Ou take it easy avec la chopine au fond de la sacoche.

Wolfgang Rausch et le copain de Barbie en tournée.


MATCH REPLAY. Le jour où... Pelé est mort un peu.

Pelé tourne le dos au football.

Été 1977, les rayons du soleil ne brillent plus sur Graceland. Elvis est retrouvé mort dans sa salle de bains, le froc en bas des genoux selon les rumeurs. La triste fin d'une Légende pour celui qu'on appelle le King. Quelques semaines plus tard, un autre Roi quitte la scène et fait ses adieux au public à 37 ans. Le 1er octobre en effet, Pelé joue le dernier match de sa carrière au Giants stadium de New-York devant 75.000 spectateurs venus applaudir l'ultime récital de la star brésilienne arrivée deux ans plus tôt dans un championnat NASL aux dollars ronflants et contrats juteux, qui font sortir une première fois le triple champion du Monde de sa retraite sportive prise à la fin de l'année 1974 .



Une rencontre amicale et symbolique qui oppose les deux clubs de sa longue et unique carrière entamée en 1956. Santos vs N-Y Cosmos. La dernière rime de l'artiste du ballon rond. Une mi-temps dans chaque camp pour ne pas faire de jaloux et faire profiter les invités de sa présence à leurs côtés pour cette soirée de gala. Un match anecdotique - les jubilés le sont tous - rôdé comme un show à l'américaine. Le discours du Roi en introduction accueilli par des « Love » fait place au spectacle. Pelé porte les couleurs du Cosmos en 1ère période et régale l'assistance. Le F.C Santos ouvre rapidement la marque lorsque le Brésilien égalise sur coup-franc à deux minutes de la pause. Bronca du public. Pelé inscrit le 1.278ème but de sa carrière. Un de plus. Le dernier surtout. The show must go en seconde période. Sous les couleurs de Santos. Pour boucler la boucle avec l'équipe de son cœur. Encore deux-trois passements jambes et quelques exploits. Cosmos l'emporte finalement 2 à 1. Il s'est mis à pleuvoir sur le stade des Giants. Sale temps sur New-York. Pelé entame alors un dernier tour d'honneur sous les yeux de Mohammed Ali, guest-star de la cérémonie, qui lâche son plus beau coup en évoquant son ami : « Désormais, nous sommes deux à être les plus grands ». En larmes, consolé par son ami Carlos Alberto, Pelé s'écroule et avoue, porté en triomphe et torse nu, « être mort un petit peu aujourd'hui ». Le ciel est de nouveau triste ce jour-là. « Et après, le football ne sera plus tout à fait la même chose » comme le dit modestement Nilton Santos, le plus grand défenseur sud-américain de tous les temps.

Pelé, favorable à un rapprochement entre les States et le Brésil.

La der de Pelé en live (ou presque).

Le carnet de notes de Pelé. Pas mal.

PUB. Pepsi. Pelé.

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- 1977 -

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