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Le XI ALL-STAR DE SLip.


SLip fête l'Euro 2016 à sa façon. Sans filet ni élastique. L'artiste polyvalent lyonnais, déjà auteur avec son complice BEnn du génial « Radio » (voir article sur OH BOY!), clip hommage et hymne officieux aux héros de 84, a sélectionné le XI All-star de sa jeunesse pleine d'insouciance et de ballon rond.
Si tous n'ont pas gagné le trophée Henri Delaunay, les heureux élus ont cependant marqué l'adolescence un peu fofolle du trublion en herbe qui a, pour l'occasion, créé un programme informatique afin de destructurer ses joueurs préférés pour être ensuite réinterprétés sous forme d'hexagones. Avec SLip, le football devient algorithme dont le processus créatif ajoute une part aléatoire au résultat. « La forme hexagonale choisie est là pour rappeler les ballons de l'époque, concède notre geek electro-pop-art comme pour mieux replonger dans les parties d'antan avec les copains, et les traces qu'ils laissaient sur la porte du garage lorsque les matchs se terminaient. » Devenu adulte malgré lui, SLip ne laisse plus de marques sur le garage familial et se concentre désormais sur le papier ou l'écran. Celles-ci sont indélébiles tant ce gars-là possède la vista d'un grand milieu de terrain. 
Voici donc la séléction du XI All-star de SLip. Et avec lui, on joue en 4-3-3 sans milieu défensif ! En gros, sa tactique c'est l'attaque et le Lyonnais bombarde plutôt en cadence en ce moment.

Peter Schmeichel

Carles Puyol - Matthias Sammer - Ronald Koeman -Paolo Maldini

Bernd Schuster - Michel Platini - Paul Gascoigne

Alan Shearer - Marco Van Basten - David Trézeguet

Mon équipe de coeur par... Têteaucarré.

DRH dans le civil, il ose même pas l'avouer à sa maman, Têteaucarré est un drôle d'artiste ! « En vrai, je suis rugbyman, avoue t-il en pleine coupe du Monde au Brésil, mais bon quand il y a des buts et du mouvement, le foot me plaît bien ». Comme en plus les deux fistons pratiquent le ballon rond, le graphiste amateur a eu alors l'idée de fêter l'événement de la planète football. A sa façon. Avec un regard nostalgique et une approche artistique minimaliste, Têteaucarré recoiffe les joueurs de sa jeunesse, en rendant surtout hommage aux héros de Séville, mais pas qu'eux. Il y a du beau monde dans la bulle du rugbyman-arty qui est resté bloqué sur les années soixante-dix quatre-vingts. Une époque bénie pour celui qui ne tourne pas très rond, « parce qu'elles sont riches sur le plan graphique, mode et excentricités capillaires ». Le souvenir de Valderrama dans un coin de sa tête, Têteaucarré se focalise sur les cheveux. « C'est l'élément premier de mon graphisme, concède t-il d'entrée de jeu. L'idée m'est venue il y a plusieurs mois à l'occasion de l'anniversaire de la mort de Bruce Lee. J'avais alors gribouillé sa coupe de cheveux. Comme tout le monde le reconnaissait, donc bingo ». Le concept est né et Têteaucarré cherche à développer le truc sur t-shirt. Histoire de se retrouver avec les anciens Bleus - Giresse, Rocheteau, Trésor ou Battiston... - sur le torse.

Et des flashes qui reviennent dans l'esprit de l'artiste quand on évoque l'équipe de France. Il y a bien sûr la génération 98, mais sans trop savoir pourquoi en fait. Mais surtout les Bleus de 82. A l'époque, le gaillard à dix ans et vit sa première coupe du Monde à la télé, « donc logiquement, c'est les souvenirs les plus forts ». C'est d'ailleurs pour ça que Têteaucarré a lancé sa collection vintage : La coupe du monde des coupes de cheveux improbables et des moustaches qui sentent la testostérone. Sortez le programme ! Une équipe type de légendes capillaires du Mondial et quelques préférences pour son créateur. Parmi lesquelles le colombien Valderrama, « parce que quand même, faut le faire une coupe pareille. C'est totalement improbable et même les Jackson Five n'avaient pas mis la barre aussi haute ». L'ancien Montpelliérain tient la corde devant un compatriote, le gardien René Higuita, « il était complétement barré sur le terrain », et Roger Milla « qui n'avait pas une super coupe de cheveux mais était le seul vrai vintage en regard se son âge ».

Visiblement le début des eighties, c'est bien aussi pour Têteaucarré qui envisage de s'attaquer à d'autres époques, pour être à la page, et pourquoi pas d'autres disciplines. Comme ça, pour le fun. «  Mes potes me disent que je devrais faire la version moderne des Portnawaks Haircuts de la coupe du monde, lance sans rire le roi du coup de boule. Alors sans doute je vais m'y mettre. Avec une déclinaison sur le tennis et André Agassi. Puis pourquoi pas l'ailier du XV australien qui ressemble à rien à Valderama avec le bandeau de Bjön Borg ». C'est dit, et reste à faire...
https://www.facebook.com/teteaucarre

    - EQUIPE TYPE DU ONZE DE FRANCE -
    Barthez ou Ettori
    Thuram - Blanc - Dessailly - Marius Trésor (mes enfants boivent dans le verre à moutarde à son image)
    Tigana - Deschamps (pas mal comme carrière) - Platoche et Zizou
    Devant Papin alias Patator et Henry ou Cantona

BRUNO's BOUTIQUE. LES VOYAGES EN BALLON.

C'est sans aucun doute le meilleur site marchand consacré au football vintage en France. Un rendez-vous incontournable pour les collectionneurs et les internautes nostalgiques des vieux maillots. Plus qu'une attitude, la boutique virtuelle LES VOYAGES EN BALLON est un style de vie que les passionnés visitent religieusement afin de dénicher la dernière trouvaille ou la pièce unique. L'occasion pour certains de refaire le match et réécrire l'histoire du football, du schéma en W.M d'Herbert Chapman aux corners à la Rémoise en passant par les exploits de Cruyff, Platoche ou Maradona. Le tout arbitré par Bruno, capitaine de la sélection mondiale de la mode rétro-foot et distributeur de caviars pour ceux qui n'ont pas oublié que le football est bien plus important qu'une question de vie ou de mort. Portrait du magicien du look vintage, parce qu'un maillot se porte aussi autrement qu'avec un short et des bas. C'est pas Didier Roustan qui dira le contraire.

Pour Bruno, l'aventure LVEB commence en 2006 au détour d'une rencontre lors d'un match entre copains sur Paris. « Fabrice, l'ancien propriétaire, était un peu las, raconte t-il en se plongeant d'une belle détente horizontale dans ses souvenirs. De plus, il n'était pas vraiment un gestionnaire et cherchait quelqu'un pour reprendre le concept ». L'occasion fait le larron. Bruno se lance au moment où sa femme et lui attendent un heureux événement, la naissance de leur fille. Il ferme les portes de la boutique sise dans le XVIIème arrondissement, rachète le stock et se concentre uniquement sur le site en ligne. Le début d'un beau voyage pour ce passionné avant d'être un collectionneur. Fils de joueur et petit-fils d'entraîneur-dirigeant du grand Racing Club de Paris, il possède néanmoins une trentaine de maillots de l'équipe de France (de 1977 à nos jours) visibles sur le portail LVEB. Une petite entreprise qui aujourd'hui tourne rond comme un Telstar 74 sur le pré de l'Olympiastadion. Bruno offre une gamme de cinq-cents maillots de clubs ou sélections nationales (différentes époques confondues) à la vente, une bonne centaine de vestes et autant de t-shirts au profil design. Les inconditionnels d'Olive et Tom ne sont pas oubliés puisque le site propose les équipements complets de la série japonaise créée en 1983. Les Voyages en Ballon, c'est aussi divers accessoires d'époque tels que le classique ballon Tango, des sacs et des chaussures, toujours dans l'esprit football à papa même si le patron ne raisonne pas anti-jeunisme et protège son goal dans la surface : « Toutes les générations achètent et adhèrent à la communauté du site ». De 7 à 77 ans comme dit la chanson, car après tout c'est bien l'amour du maillot qui prime avant tout chez Les Voyages en Ballon.

Une passion qu'il nourrit aussi bien avec des amateurs que des pointures du football. « Je suis bon copain avec Didier Roustan, lance modestement Bruno quand on évoque ses relations sportives. C'est d'ailleurs avec lui que j'ai visité le musée de Loulou Nicollin. Un vrai trésor ». Tu m'étonnes ? C'est la grande classe, comme son carnet d'adresses bien rempli et les activités annexes qu'il développe avec son site. « Je gère aussi les abonnements, la partie cadeaux, chez So Foot ». Bruno est un homme de terrain et de réseaux qui multiplie les partenariats et bonnes actions. La dernière en date, c'est la création d'un tournoi de football vintage, histoire de joindre l'utile à l'agréable, qui fête sa troisième édition en 2014. « C'est formidable de voir jouer des gars avec le maillot de Bastia 78 contre l'Argentine 86 ! La première année, il y avait 64 équipes inscrites, s'anime t-il depuis son banc de touche, la place qu'il s'accorde sur son journal Facebook. La seconde s'est déroulée sur deux dates avec 56 et 48 équipes ». La prochaine en juin s'étale sur trois rendez-vous désormais incontournables. Preuve du succès de l'opération et du savoir-faire de l'organisateur, déjà en plein préparatifs pour accueillir les participants dans les meilleures conditions. Avec présence obligatoire d'une buvette autour de laquelle chacun se remémore ses vieux souvenirs de matches et pérore sur son team préféré.

Bruno n'en a pas vraiment, hormis l'équipe de France. « Notamment celle de 1977 lors de la tournée en Amsud et de la rencontre au Maracana. C'est à partir de là que l'on construit les fondamentaux, selon lui. Il y aussi 1982 mais surtout 1986. Pour moi, c'est l'apogée et je ne comprends toujours pas pourquoi on a pas remporté cette coupe du Monde cette année là ». Et lorsque on évoque la suite et les héritiers de cette génération dorée, le carré magique et tout ça, Bruno fait un peu la moue et évoque « une grande traversée du désert jusqu'en 1998 ». Et de regretter à demi-mots que « Papin n'a jamais joué dans une grande équipe de France, et Canto foiré sa carrière internationale ». Un avis de spécialiste à débattre. Mais attention, c'est pas n'importe qui en face. 

AWAY KIT. La collection de maillots virtuels de SLip.

C'est à la suite d'un défi lancé par son frère (peut-être une soirée un peu trop arrosée), que l'idée a germé dans l'esprit de Sylvain. Entre deux performances visuelles et/ou photo-montages arty, ce dernier s'est collé à la confection d'une série de maillots. Chez les Cotte, le football est une religion mais pour Sylvain, l'artiste plus connu sous le pseudo SLip, c'est aussi une formidable source d'inspiration. Influencé par le pop-art, le constructivisme russe et dada, ce Lyonnais supporter des Verts - c'est déjà une belle œuvre - offre la part belle au ballon rond dans ses délires graphiques sur-saturés. La Ligue du Football Sans Tête (LFST), des posters (visibles sur le Vintage Football Club) ou encore un album Panini alternatif, SLip déborde d'imagination pour croquer le foot, rétro de préférence. Le bonhomme est nostalgique. Les poteaux carrés, Séville 82, tout ça... SLip ne rate pas une occasion pour sortir les vieilles reliques. Il les aime tant ces vieux maillots qu'il a décidé de les placarder sur les murs de sa chambre (et de la tienne pour l'occasion, si tu aimes son travail) au format 40x60. Dans son football shirts hall of fame, l'artiste qui n'a pas décroché du « Manufrance » de Sainté, pioche dans sa mémoire de gamin pour reconstituer ses couleurs préférées, ou celles qui ont marqué sa jeunesse. Dans son armoire virtuelle, on retrouve ainsi au hasard le sublime « Europe 1 » du F.C. Nantes, PSG et son sponsor historique, et quelques perles collectors (Cosmos, Juventus, Dukla Prague...). Voilà une bonne occasion d'afficher ses couleurs chez soi pour une quarantaine d'euros. Un prix dérisoire quand on connaît la cote de certains maillots sur le marché. C'est maman qui va être contente ! Mais comme le dit SLip sur son site : « Symbole de reconnaissance, d’appartenance, de puissance, les maillots de foot fascinent les petits et les grands. Dans les années 80, pour l’enfant que j’étais, ils étaient synonymes de matches exceptionnels, d’exploits héroïques au cœur de l’hiver vécus au mieux devant le petit écran au pire sous la couette, une radio à l’oreille. On les imaginait plus qu’on les voyait et les cours de récréation permettaient d’échanger les informations et si par miracle, l’un de nous pouvait en amener un à l’entrainement, son apparition faisait parler pendant plusieurs semaines ». Et sinon toi, ton équipe c'est laquelle ?

Infos :
Pour les commander, il suffit de faire la demande par mail : hey@iamslip.com
40€ + port.
Lien : http://www.iamslip.com/?p=9506


Mon équipe de coeur par... Kemical Kem.

Kem époque Well Spotted.

Les dernières Eurockéennes déjà à ranger au rayon des souvenirs, Kemical Kem profite d'une petite pause pour faire un plongeon dans le passé et évoquer ses souvenirs du stade Bonal. Le co-programmateur du festival belfortain, satisfait de l'édition 2012 qui « s'est super bien passée malgré les conditions météo difficiles. On a fait sold-out les trois jours », enlève le masque - celui qu'il porte derrière ses platines pour ses activités de dj - et aborde son amour du foot et des couleurs locales. L'ancien batteur de Well Spotted dort, pense, vit musique, ballon rond et FC Sochaux-Montbéliard, le club de la Peuge. Un football à l'image du groupe hardcore-noise et son activiste radical, underground et à l'arrache, où on relève les manches, lâche quelques molards bien raclés dans la paume des mains et laisse ses tripes sur le terrain. So show football indie-club. L'occasion pour Kem de ressasser le bon vieux temps et l'âge d'or des « Lionceaux », à commencer par la jeune génération montante du début des 80's. Stopyra - « Stop' » pour les rockeurs - Anziani, Genghini associés aux tauliers old-school de l'équipe (Ruty, Posca, P. Revelli...). Une association qui bouscule un peu les genres et sème la zizanie sur la scène européenne : « J'ai vécu plusieurs matchs de l'épopée en UEFA de 1980/81. J'avais 12 ans. J'ai vu Sochaux-Grasshoppers Zürich, Sochaux-Servette et surtout Sochaux-Eintracht Frankfurt, avec le terrain enneigé. Sochaux gagne 2-0 (deux buts de Patrick Revelli) et se qualifie ainsi pour la ½ finale de la coupe UEFA ». Un parcours en forme de tournée triomphale pour la firme sochalienne qui s'épuise par la suite jusqu'à jouer les ascenseurs en championnat.


Des années de vaches maigres avant un retour au premier plan à l'aube des années 2000 et un affrontement contre les grosses écuries allemandes et italiennes : « Deux autres souvenirs, toujours en coupe d'Europe durant l'année 2004, se souvient d'un coup Kemical Kem. Le premier, c'est la qualification en 2004 en coupe d'Europe avec une victoire mémorable 4-0 à Bonal contre le Borussia Dortmund de Jan Köhler !!! » De quoi faire siffler les oreilles teutonnes pourtant aguerries aux riffs hard-rock. Sochaux retrouve le goût du sacrifice et des empoignades sur le front même si le résultat n'est pas au rendez-vous : « Le deuxième, c'est l'élimination le tour suivant contre Inter Milan avec panache. 2-2 à domicile et 0-0 à San Siro. J'étais à Milan et c'était vraiment frustrant car Sochaux a failli gagner ce match à plusieurs reprises. FRUSTRANT !!! » Kem quitte l'Italie la tête haute, l'écharpe autour du cou, et une liste de titulaires capables de revenir sur le devant de la scène dans la poche du baggy.


Une nouvelle formation où cohabitent les styles et les générations. Hip-hop, fanfare de l'Est et variétés. Un bouquet musical qui ne reflète pas nécessairement les goûts du programmateur-supporter, lequel se concentre sur les têtes d'affiches (passées ou récentes) pour assurer le spectacle à Bonal. Un plateau pas toujours évident à mettre en place au final - « ça n'a pas été simple de faire des choix, reconnaît Kem. Il n' y a que 4 joueurs encore en activité - Diawara, Menez, Mathieu et Maiga. Et un seul encore à Sochaux: Maïga, mais jusqu'à quand ? » Pas très longtemps à priori. La réponse ne laisser planer aucun doute. La loi du football moderne. Une question qui pose cependant moins de problème à notre découvreur de talents que le choix du gardien ou l'intégration d'un petit jeune, au moment de prendre la place de l'entraîneur et coucher son 11 de départ sur la feuille de match : « J'ai longtemps hésité pour intégrer dans cette équipe Martin et Joël Bats, reconnaît Kem avant de se justifier dans la foulée. Mervin Martin a encore beaucoup de choses à prouver. Albert Rust a gagné à l'ancienneté sur Bats. Il a été le joueur qui a compté le plus de sélections avec Sochaux ». Une programmation qui a de la gueule sur le papier, et au vu de la liste des remplaçants. Un « off » aux allures de « in ». Entre coups de cœur, révélations de l'année et grosses pointures. Reste que la sauce monte sur scène pour offrir le meilleur festival sur le pré.


- LE ONZE TYPE DE KEMICAL KEM -

Rust
Djaadaoui - S. Diawara - Mathieu - Hadzibegic
Bazdarevic - Genghini - Menez
Maïga - Paille - P.Revelli

Remplaçants: 
Joël Bats - Karim Ziani - Yannick Stopyra - Pierre Alain Frau - Jacques Zimako - Benoit Pedretti - Laszlo Seles - Gerard Soler - Santos - Marvin Martin - Wilsom Oruma - Frank Sauzée - Philippe Anziani - Robert Pintenat, ...
*vidéos choisies par Kem himself.

Mon équipe de cœur par... Pietro B.


Un héros à la Ken Loach qui gagne à être connu ce Pietro. Pierre Buccafurri, c'est son vrai nom, est un prolo comme aime les filmer le réalisateur anglais. Maçon dans la vie, ce fan de foot à en crever qui a grandi dans la banlieue rouge - le 9.3 pour les plus jeunes - à Sevran, est désormais rangé des tribunes, « moins de temps et le prix excessif des places » sont en cause, tout en continuant de suivre les résultats de son équipe avec le plus grand de ses trois fistons, un mordu comme lui à qui il promet de l'emmener un jour au Parc. Bah oui, Pietro est « PSG pour la vie », une passion pour le club de la Capitale qui remonte « naturellement vers les années 1981 ou 82 » en marchant sur les traces du grand frangin, son influence divine qui lui ouvre les yeux : « Je dis naturellement car j'ai suivi l'influence de mon grand frère. Je pense que j'aurais presque pu devenir supporter des Verts car on sortait de la grande époque stéphanoise. Et petit, j'aimais Rocheteau qui était encore à Sainté. Ça s'est joué à pas grand chose.... Ouf ! ». Ce petit rien, c'est peut-être grâce à l'arrivée de l'Ange Vert dans la Capitale en fait ? Ou les baffes du frérot pour remettre le cadet sur les bons rails ? Bref, Pietro peut souffler de soulagement, son frère aussi, pris par le virus de l'équipe parisienne et de la chaude ambiance du Parc les soirs de match. Flashback sur les souvenirs de ce fidèle au grand cœur, qui a tout vu, tout vécu (ou presque) depuis le Kop de Boulogne naissant et ses premiers débordements. A suivre comme une chronologie, façon « Fever Pitch », car il y a du Nick Hornby chez ce mec-là.

- « J'ai eu la chance d'avoir vécu toutes les victoires du PSG en tant que supporter. Je me souviens d'avoir vibré devant ma télé pour les deux coupes de France 1982 et 83. PSG-ASSE de 1982, il me reste le souvenir de la séance de tirs au but, du péno raté par Bathenay mais heureusement à retirer, puis marqué. Aussi de cette égalisation inespérée de Rocheteau à l'ultime seconde. Par contre j'ai complètement oublié le fameux envahissement de terrain, cela m'était sorti de l'esprit. Lors de la finale PSG-Nantes de 1983, une chose m'a marqué, c'est l'égalisation de Safet, que mon père annonce presque en direct en lançant - Pourquoi il tire pas Susic ? Il a de la frappe - Dans la seconde qui suit, il envoie un missile ». Pleine lucarne ou presque, mais c'en est terminé du petit écran. Pietro veut du vrai live et humer le gazon fraîchement tondu. Assister enfin à un match en spectateur pour vibrer au plus près des siens.

- 1982-83: Premier match au stade pour voir le PSG contre Auxerre (0-0) avec Joël Bats dans le but visiteur. Il avait tout arrêté.
- 1983-84: Deux matches coup sur coup. Mon frère m'emmène pour PSG-Nimes (0-0) et PSG-Strasbourg (2-0). En tribune Boulogne. En 1984, j'avais 11ans et demi. Cétait l'époque des bandes de skins. Je me demandais un peu où j'avais atterri. L'impression d'être dans un autre monde. En allant reprendre le métro après le match contre Nimes,une bagarre éclate entre zéras et contrôleurs qui attendaient aux portillons. C'est parti dans tous les sens, des coups de poings échangés et du lacrymo à gogo. Ça m'a marqué, j'ai eu l'impression de revenir d'une autre planète, mais quelque part, je crois que ca m'a aussi fasciné.
- 1984-85: Pas de match au Parc du PSG. Juste un triste Racing-Toulon (0-1). Je suis déçu car je milite pour aller voir le PSG et mon père opte pour ce match. Je suis les rencontres à la radio. Je suis quelquefois limite au bord des larmes pendant cette saison éprouvante. Je prend les choses très à cœur. La finale de coupe de France 1985 perdue contre Monaco (0-1) me laisse un goût amer. En fait, mon grand copain était supporter de Monaco. Son père n'avait pas arrêté de me bassiner, à me dire que c'était truqué, que le match était joué d'avance et que PSG allait gagner. Je l'ai presque cru, inconsciemment, et j'étais hyper confiant à force de l'entendre pendant plusieurs jours. Je pensais vraiment qu'on allait gagner. Bon, on connait le résultat. Je me revois après le match au téléphone avec mon pote, limite haineux, et lui dire - Tu diras a ton père que c'est un charlot -
- 1985-86: Je vais voir deux matches et pas des moindres: PSG-Bordeaux (1-0) et PSG-Monaco (1-0). Contre Bordeaux, le but de Pilorget le revenant me rend heureux. Contre Monaco, le but de Sène donne pratiquement le titre à Paris. J'étais en famille et avec mon copain monégasque. Sur l'ultime corner, je lui dis : - Si Paris marque,je te donnes 20 balles. - Et voila que ça cafouille puis Sène crucifie Ettori. Je sais pas pourquoi j'ai dit ça. Bref, j'ai tenu ma parole, et ça l'a aussi rendu heureux du coup.
- 1986-87: Mon pere m'emmène pour le match de C1 contre Vitkovice (2-2). J'ai des mots durs envers le regretté Jules Bocandé qui rate occases sur occases.
- 1987-88: Je commence à aller au Parc avec des potes. Naturellement, je vais à Boulogne, coincé entre Gavroches et Firebirds. Ça charrie pas mal entre les deux clans. Je croise quelques figures emblématiques du Parc: les Giscard, Kronenbourg, Chômeur, le Snake, Mordicus, l'Anglais, président Reilletel, Delobel... Restent en mémoire de bons moments comme ce PSG-Matra (1-1). Je me rappelle d'une ambiance assez folle. Pas mal de fumis pour le derby. Le Matra était le véritable ennemi, plus que l'OM. Dans un match tendu et crispant où notre survie est en jeu, Liazid Sandjak égalise à la 86ème. Je dégringole quelques rangs, poussé par une vague. Dans la cohue, mon écharpe Le Coq Sportif disparaît, arrachée par quelqu'un. Je ne l'ai jamais revue. Heureusement Paris finit cette fin de saison 1987-88 par trois victoires, en sortant LE match à Marseille (1-2) grâce à Magic Safet et Gaby (Calderon, ndlr). Puis une victoire majestueuse 4-1) sur Lens au parc avec un grand Safet aux commandes, revenu en grâce. Houillier l'avait mis remplaçant pratiquement toute la saison. Pour l'occasion, le président Borelli avait fait portes ouvertes au Parc. Gratuit. Fallait des points ! A cette époque, les matches contre les petites équipes n'étaient souvent pas chers. C'etait de l'ordre de 10Frcs en Boulogne rouge. Mais y avait zéro contrôle, je pouvais donc monter en bleu. Souvent, en deuxième mi-temps, je redescendais en rouge (comme une partie du kop) pour suivre les attaques du PSG de ce côté.
- 1988-89: Perez, nouvelle recrue, enquille les buts. Je suis au Parc presque à chaque match. La saison arrive à son terme avec le traumatisme du OM-PSG (1-0) et du but de Sauzée à la 91ème. Je suis en vacances dans la famille de mon pote à Cavaillon, et ils sont tous à fond pour l'OM. Quand Sauzée marque, ils sautent tous au plafond. Moi je reste prostré de longues secondes. Je n'arrive pas à y croire. Ils voient ma tronche liquéfiée, et ils se foutent de moi. HORRIBLE ! Marseille passe en tête. Je mets énormément de temps à trouver le sommeil. Je refais le match mille fois dans ma tête. Je fais ensuite mon premier déplacement à Lens (0-0). On part à deux en R5. Le titre s'envole. Les Lensois envahissent la pelouse et viennent nous narguer. Les projectiles volent.
- 1989-90: Toujours au Parc pour presque chaque match. La coupe d'Europe nous désigne la Juve. Vujovic touche la barre, mais Rui Barros nous crucifie sur un coup franc joué vite. L'après-match est musclé porte de St-Cloud. Les Italiens sont armés de bâtons, ça charge et contre-charge. Finalement, ces derniers s'éparpillent dans les rues adjacentes. Il y a aussi PSG-OM (2-1) cinq jours après l'élimination de Marseille par Benfica. Des - merci Benfica - pleuvent. Là aussi, des fans parisiens vont chercher les quelques fans marseillais, pas encore en nombres, regroupés à Auteuil. Quelques coups pleuvent, mais les CRS canalisent assez vite les deux camps.
- De 1990 à 1992, je suis nettement moins présent. Je retourne au Parc assidument de 1993 à 1997. La saison 1992-93 débute. Je m'abonne en J. Mais je finis la fin de saison en échangeant mes places pour repartir en Boulogne rouge. En J, on se fait royalement chier !
- De 1993 à 1999, j'ai grandi et me déplace assez souvent. En France, mais aussi à l'Etranger (Anfield, Highbury, Santiago Bernabeu, San siro, Nou camp, De kuip, Heysel) . C'est un peu l'âge d'or du PSG. Second titre,vainqueur de la C2, diverses coupes, plus quelques matchs d'anthologies comme ce PSG-OM (2-1) sorti d'une saison catastrophique, où on enlève le titre à L'OM. Et ce sentiment bizarre, après l'égalisation de Marco (Simone, ndlr). Je ne sais pas pourquoi, je savais que le deuxième but allait venir.
- Je finis par être un peu usé par les mesures de sécurité, les contrôles et les fouilles, la séparation de la tribune. Passer son temps attendre, être parqué comme du bétail. Tout ça a un peu raison de moi ».

De quoi écrire un bouquin à la manière de Jérôme Reijasse (Parc - Tribune K - bleu bas, col. Tard le soir). Pietro a tout connu avec son PSG: les larmes de joie et de désespoir, les déplacements houleux et les coups de poings. Casual ? Hools ? Mais avant tout supporter à la vie, à la mort. Un fan qui se rend désormais au Parc pour les grandes occasions. En tribune Paris. Histoire de bien soulager son portefeuille et continuer d'encourager une équipe qui lui ressemble de moins en moins. Against modern football. Ce qui ne l'empêche pas de composer son 11 type, un 4-4-2 parfaitement équilibré entre les ères Borelli et Canal, et de justifier son choix. Pragmatique dans le doute : « Dégager une équipe n'est pas simple. Autant pour les latéraux, ça ne se bat pas à chaque coin de rue, autant gardien, milieux et attaquants, c'est pas simple ». Et la période Colony Capital et les Quatariens ? Pas trop son truc à voir la feuille de match.

- LE ONZE TYPE DE PIETRO -

Bats
Lowitz - Roche - Ricardo - Fournier
Fernandez - Guérin - Susic - Valdo
Simone - Pauleta

Mon équipe de cœur par... SLip.

Avec Sylvain C., aka SLip, c'est toujours la fête depuis 1998. Pas spécialement grâce à la coupe du Monde d'ailleurs même si le gars en sous-vêtement en pince pour le ballon rond. C'est durant cette période de festivités et des footballeurs people que SLip entre de plain-pied dans l'underground musical en prenant en charge la communication du combo lyonnais Apple Jelly qui emprunte aux Beatles et aux Kinks ses rythmes pop déviants vers l'electro. Fort de cette expérience et diverses réalisations (pochettes d'albums, affiches, flyers...), SLip bosse en parallèle sur son propre univers où se croisent collages pop-art et minimalisme soviétique dans une ambiance de couleurs et désaturation seventies. Son truc ? La mise en scène d'un monde imaginaire et loufoque dans lequel les chiens vont au boulot, les tyrans sont en proie à une adolescence difficile et les femmes fatales découvrent les méfaits du maquillage. Une imagination débordante qui pousse le graphiste-illustrateur à créer son blog pour mettre en valeur son œuvre et collaborer avec d'autres « frappés » du ballon, comme sa participation à la Ligue de Football Sans Tête (LFST), où SLip et son compère Herbot coupent les têtes des joueurs, et aussi un peu l'herbe sous le pied du football star-system. Entre deux expos et quelques montages iconoclastes, SLip aime parler foot de manière sérieuse, surtout quand il s'agit des Verts, l'équipe de cœur qui a bercé la tendre enfance du Lyonnais (!!!). Évocation d'une passion sans état d'âme ni gros mots:

- « Je pense que je suis tombé dedans un peu comme tous les gamins nés dans la première moitié des années 70. Sainté était l'équipe dominante en France et une des équipes importantes en Europe. Les plus grands joueurs s'installaient à Geoffroy Guichard, donc pour tous les gamins, c'était l'équipe à suivre.
Je suivais mon père tous les week-ends sur les terrains de la Loire et dès que je pouvais, je tapais dans le ballon, j'étais un vrai mordu. J'avais besoin de ma tenue de pro même à 5 ans pour aller trainer sur les terrains boueux du district de la Loire. La proximité géographique a fait aussi que mes premiers matches pro l'ont été à Sainté.
Je me souviens avoir été pris en photo dans les gradins de Geoffroy-Guichard complètement vide, en enjambant les grilles avec mon père. Je me souviens des entrainements qu'on était allé voir, profitant des vacances. Les joueurs, notamment « Zig-zag » Zimako, qui passent devant moi et signent des autographes. Je me souviens aussi d'avoir suivi un match de barrage contre le Racing avec mon équipe de foot comme cadeau de fin de saison (19 Mai 1984). Le stade était archi-comble, 45000 personnes annoncées. On aurait cru revenir aux plus belles heures de la Coupe d'Europe. On devait être tout en bas de la tribune Paret, compressés comme des sardines. Je me souviens plus de l'ambiance que du match mais en y repensant, je chope des frissons.
J'ai aussi suivi le derby de 1994 dans le virage nord de Gerland et je me souviens m'être senti bien seul quand je me suis levé en hurlant ma joie au moment de l'égalisation stéphanoise !!
Mon aventure avec les Verts s'est toujours poursuivi même si je ne retourne plus au stade. Le samedi soir, j'ai toujours un oeil sur les résultats de l'ASSE ».

Aujourd'hui plus observateur que fanatique des tribunes, SLip jette toujours un regard vif sur le classement des siens. Quand on lui demande de poser son 11 type sur la feuille de match, l'équipe stéphanoise a plutôt de la gueule et semble bien armée pour ne pas finir le championnat en calbute. Un choix argumenté et plein de bon sens malgré quelques prises de tête pour coucher ses titulaires sur le papier:

- « Difficile d'équilibrer l'équipe et de ne pas retenir tous les joueurs. Trop de bons joueurs sont passés par l'ASSE. Bon à coté de ça, je prends Castaneda et pas Curkovic, ou Coupet, ou Janot. Pas très logique comme choix mais du haut de mes 8 ans, ça me paraissait être un super gardien. J'ai pas mis non plus de joueurs des années 70 comme Larqué ou les frères Revelli, je ne les ai jamais vu joués ». Bon y a quand même Rocheteau. D'un autre côté l'entraîneur fait bien ce qu'il veut aussi. Avis aux spécialistes.

- LE ONZE TYPE DE SLip -

Castaneda
Perrin - Sagnol - Blanc - Deguerville
Sablé - Moravcik - Zokora
Rep - Platini - Rocheteau

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