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MATCH REPLAY. Le jour où... l'Espagne gagne la première Copa de la Hispanidad.

Le 12 octobre, c'est jour de Fête Nationale en Espagne. Une journée très olé-olé au cours de laquelle le pays, fidèle à sa tradition catholique, célèbre la vierge du Pilier – la virgen del pilar – et dans la foulée la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. C'est aussi une date particulière pour la fédération espagnole de football qui choisit ce jour – auparavant appelé el Día de la Hispanidad – pour disputer des rencontres amicales et/ou des matchs qualificatifs pour la coupe du Monde ou le championnat d'Europe.

ESPAGNE 1972
- Copa de la Hispanidad -
Debouts : Iríbar, José Luis, Gallego, Tonono, Benito, Pirri, Miguel Reina.
Accroupis : Amancio, Irureta, Quino, Asensi, Valdez.

C'est au début des années 70 que vient l'idée d'un trophée pour commémorer l'anniversaire de la découverte de l'Amérique. Les fédérations espagnole et argentine décident d'un commun accord d'organiser « la Copa de la Hispanidad », laquelle doit opposer tous les deux ans les équipes respectives qui recevront sur le mode de l'alternance. Une manière de fêter l'Hispanité à la mode football.

Bizarrement, le premier duel entre l'Espagne et l'Argentine a lieu, non pas le 12, mais le 11 octobre 1972. Une raison à cela : le 12 tombant un jeudi, on joue le mercredi, jour de football en Espagne ! La rencontre, qui se tient à Madrid, est boudée par les socios. Il faut dire que la sélection espagnole doit affronter la Yougoslavie une semaine plus tard pour le compte des qualifications au WM '74. Le stade sonne donc creux à l'entrée des deux équipes, malgré les nombreux appels des officiels qui ont balancé des invitations dans les écoles et les casernes. Même Franco n'est pas présent à Bernabéu, sans doute à cause de la nuit froide qui sévit sur la capitale. Les Ibères sont froids en Espagne, surtout à l'automne !

Houhou, y a quelqu'un dans les virages ?

Malgré le manque d'intérêt du public, l'Espagne démarre fort la rencontre dirigée par l'arbitre allemand Mr Tschencher. Les hommes de Ladislao Kubala prennent l'ascendant sur les joueurs d'Omar Sivori, venus faire un peu de tourisme pour l'occasion. Asensi ouvre naturellement le score à la demi-heure de jeu puis l'Espagne s'éteint jusqu'à la pause. Au retour des vestiaires, le match tombe dans la léthargie. Les Espagnols gèrent leur avance et leurs efforts avant d'affronter la Yougoslavie. De son côte, l'Argentine ne semble pas en mesure de renverser le score, trop faible et pas assez motivée à l'idée de soulever le trophée. 

Le public gronde et commence à quitter les gradins déjà bien dégarnis de Santiago Bernabéu. Il n'y a presque plus personne lorsque le vice-capitaine de la Roja Gallego  Amancio est sorti à la mi-temps  reçoit la première Copa de la Hispanidad. Dans l'indifférence générale et par un froid de canard. Une première expérience mitigée qui en appellera d'ailleurs très peu d'autres dans le futur.

Salut, à la prochaine.

MATCH REPLAY. Le jour où... l'ASSE gagne le derby de la brouille.


Le derby est une affaire d'hommes, chaud dans les tribunes (souvent) et sur le pré (souvent aussi). C'est le cas ce dimanche 23 janvier 1978 même si, à l'époque, les Verts cherchent un second souffle après leur épopée européenne et que Lyon est à l'agonie. En cause, la prestation dégueulasse - selon les Lyonnais - de l'arbitre Mr Konrath qui pourrit les ambitions de l'OL à Geoffroy-Guichard.

« Ce n'est pas une défaite injuste de l'OL, s'enflamme Jean Gallice dans la presse après la rencontre. C'est une victoire volée de l'ASSE avec Mr Konrath pour complice. » L'ancien bordelais accuse l'homme en noir de complaisance à l'endroit de Sainté. Pour lui, c'est le coupable de la défaite des siens dans le Chaudron qui sonne creux en ce froid dimanche d'hiver (à peine 18.000 spectateurs). Sur une pelouse gelée, l'attaquant lyonnais envoie une cacahuète sur la barre transversale qui rebondit derrière la ligne. « Le ballon était à deux mètres derrière la ligne » hurle Gallice au micro. Mais Curkovic, rusé, s'empresse de dégager immédiatement la balle et Mr Konrath ne valide pas le but. Côté OL, « tout le monde était fou, enrage le cocu de l'affaire. José Broissart est allé secouer l'arbitre de touche. Sans succès. Il a même été suspendu pour ce geste. » C'en est trop pour des Lyonnais pas vernis dans cette rencontre, notamment Bernard Lacombe. Le buteur international rate tout. Un péno et une occasion en or sur un caviar de Chiesa. La faute à une motte de terre. Et les Lyonnais d'accuser aussi la pelouse de Geoffroy-Guichard ! Pendant ce temps-là, Rocheteau ouvre la marque en début de seconde période (51ème). Presque une anecdote au vu des malheurs de l'OL. Un match qui résume parfaitement la saison des hommes d'Aimé Jacquet. « L'an dernier, on jouait mal et on gagnait, insiste l'entraîneur vaincu. Cette saison, c'est tout le contraire : on joue dix fois mieux, mais on perd ! » A cause de l'arbitre... et de Curko. « Avec Curkovic dans nos buts, nous aurions aujourd'hui huit points de plus » tempête Lacombe qui envoie un missile à son gardien De Rocco.

Le goal stéphanois reste humble sur sa prestation, et en profite pour jeter une pierre dans le jardin de Georges Konrath. « C'est l'un des grands mystères des derbies, commente l'homme du match. Je me souviens d'une frappe terrible. Le ballon touche la transversale et franchit la ligne. L'arbitre ne pouvait rien voir car il était loin et masqué. En revanche, son assistant aurait dû valider le but. J'ai profité de ce moment de flottement pour reprendre le ballon et le dégager instantanément. Ce n'était pas mon problème de savoir si le but était valide ou non. J'ai donc fait comme si de rien n'était. » Curkovic enfonce le couteau dans la plaie et laisse un arbitre bien seul au monde au moment de justifier sa décision. Parole à la défense. «  La frappe de Jean Gallice a touché la transversale avant de rebondir devant ou derrière la ligne. Difficile de le dire. Cela s'est passé tellement vite. J'ai jeté un coup d’œil vers mon assistant mais lui non plus n'a rien vu. J'ai donc décidé de ne pas accorder le but. » Un point c'est tout ! Heu, plutôt zéro en l'occurrence pour l'OL ce jour-là qui se sauve in extremis en fin de saison (17ème). Les Verts, bien pâles, ne seront même pas européens (7ème).

Charles Bronson et Georges Konrath : deux justiciers dans la ville.

MATCH REPLAY. Le jour où... Les juniors français deviennent champions d'Europe.

Le 22 mai 1983, les juniors français sont sacrés champions d'Europe en Angleterre, pays organisateur d'une édition marquée par le sceau de la French Touch classe biberon. C'est un exploit pour les Bleuets qui rejoignent ainsi leurs aînés de 1949, vainqueurs des Pays-Bas à l'époque où ces derniers n'étaient pas encore des « Flying Dutchmen ».

C'est à Huddersfield, dans le Nord du pays, que débute le parcours des hommes de Gaby Robert. Le 13 mai à Leeds Roads, un vieux stade au style so british, la génération Stéphane Paille évite le piège finlandais et débute la compétition par un succès. Une victoire facile (3-1) obtenue grâce à un doublé de Pascal Guion, un attaquant formé au LOSC, et le prometteur espoir sochalien. Deux jours plus tard à Notthigham, au City Ground, les Bleuets dominent la Belgique et signent un nouveau succès (3-1). Paille inscrit un doublé à son tour. Prissette, encore un gars du Nord, conclue la partie. Quatre points en deux matchs, nos juniors ont déjà leur billet en poche pour les demis avant de rencontrer l'Eire le 17. Pour son dernier match de poule, l'équipe de France se contente d'un petit nul (1-1). Unique buteur de la rencontre, Stéphane Paille – très bien entouré par ses potes de club Jean-Christophe Thomas, Thierry Fernier et Eric Hély – s'illustre une nouvelle fois, et fait la joie de son entraîneur. « Celui-là, s'il s'affirme techniquement, il fera très mal » se réjouit le technicien français assez fier de sa trouvaille. 

FRANCE-Belgique juniors 1983
Debouts : Sabonnadière, Degrave, Fernier, Paille, Hély, Reuzeau, Prissette.
Accroupis : Thomas, Guion, Christen, Fournier.

Le buteur sochalien, révélation du tournoi, confirme en demi-finale contre l'Italie. Le 20 mai à Stamford Bridge, Paille délivre les siens au cours d'une partie bien cadenassée dans l'ensemble (1-0). L'enjeu dépasse le jeu mais les p'tits coqs sortent la crête droite dans l'antre des Blues. Bien installée à Londres, la relève française est opposée à la Tchécoslovaquie pour la finale. L'événement se déroule à White Hart Lane, la maison des Spurs. Devant une assistance plutôt faible, un peu plus de 4.500 billets se sont vendus, les Bleuets prennent les Tchèques à la gorge. Dès la 7ème minute, le défenseur lavallois Bertrand Reuzeau ouvre le score d'un lob bien ajusté. Les quatre-vingt-trois minutes restantes, l'équipe de France gère en s'appuyant sur une défense de fer – pied de nez à Margaret – et un milieu costaud porté par son capitaine et meneur Laurent Fournier. L'équipe de France s'impose sur la plus petite des marges et l'espoir lyonnais peut fièrement brandir le trophée. Lui et ses copains sont entrés dans la légende. Comme ceux de 49. Ça faisait un bail quand même !

- 23 mai 1983 -
WHITE HART LANE. LONDRES. 4.593 spectateurs.
FRANCE bat Tchécoslovaquie: 1-0 (1-0)
Arbitre Mr Petrovic (Yougoslavie).
But : Reuzeau (7ème) pour la France.
Remplacements : Fréchet par Fernier (61ème), Guion par Fourrier (89ème) pour la France. Soucha par Kollar (69ème), Vrto par Kabyl (41ème) pour la Tchécoslovaquie.
FRANCE : Sabonnadière – Reuzeau, Prissette, Degrave, Hély – Ribar, Fournier, Fréchet, Thomas – Paille, Guion. Entraîneur : Gaby Robert.
TCHECOSLOVAQUIE : Pribyl – Stas, Grussmann, Organik, Hornyak – Kukleta, Soucha, Balaz, Vrto – Horvath, Skuhravy. Entraîneur : Mr Kvacek.


FRANCE-Tchécoslovaquie junior 1983

Debouts : Hély, Degrave, Prissette, Paille, Reuzeau, Sabonnadière, Fournier.

Accroupis : Fréchet, Ribar, Guion, Thomas.

MATCH REPLAY. Le jour où... Yachine lève le camp.

Lev Yachine vs The Rest of the World.

Tout Moscou aurait voulu assister à la rencontre, mais il n'y avait pas assez de place, c'est presque un paradoxe, dans l'immense stade Lénine. Le 27 mai 1971, quelque 103.000 spectateurs s'entassent dans les gradins de l'enceinte moscovite pour assister à la der de Lev Yachine. Le héros du peuple, peu ordinaire, fête son jubilé et tire un trait sur sa carrière sportive en invitant pour l'occasion une équipe de stars mondiales dirigée par l'entraîneur yougoslave Rajko Mitić. 

Bobby Charlton (Angleterre), Ladislao Mazurkiewicz (Uruguay), Ivo Viktor (Tchécoslovaquie), Giacinto Facchetti (Italie), Hristo Bonev (Bulgarie), Florea Dumitrache (Roumanie), Włodzimierz Lubański (Pologne), Dragan Džajić (Yougoslavie), Gerd Müller (Allemagne) - pour les plus connus - et le frenchy « Tchouki » Djorkaeff sont venus rendre hommage à la légende, « l'araignée (ou la panthère) noire », lors d'une opposition contre les meilleurs sociétaires de l'écurie Dinamo en URSS (Moscou, Kiev, Tbilissi, Minsk) drivés pour le coup par le sympathique Konstantin Beskov, ancien mentor de la sélection soviétique et ex-pensionnaire du Dinamo Moscou, club dans lequel Yachine effectue toute sa carrière pendant vingt ans (de 1950 à 70). Un parcours exemplaire pour l'ancien apprenti-ouvrier. Il se teste d'abord au hockey dans sa jeunesse, déjà dans les buts, avant d'opter pour les bois du gazon. En plus de 600 matches sous son maillot noir, Lev Yachine invente un style et s'impose comme le meilleur gardien du monde, reconnu par ses pairs (Gordon Banks et Sepp Maier notamment), malgré une hygiène de vie peu orthodoxe. Fumeur patenté qui ne mégote pas devant un verre de liqueur, « rien de mieux pour vivifier les muscles » aime-t-il à dire, Lev Yachine est un (sur-)homme, un vrai, un dur, bâti dans le granite, à la poigne et santé de fer. La suite est malheureusement plus triste.

Un grand costaud cependant ému à la soixante-dixième minute de son jubilé, lorsqu'il passe le relais à son successeur Vladimir Pilguy, et quitte la pelouse sous l'ovation des spectateurs conscients de vivre un moment unique. Pour le public d'ailleurs, le score de la rencontre reste anecdotique. Les deux équipes se séparent sur un match nul (2-2), Kálmán Mészöly et Petar Jekov pour la sélection mondiale répondent à Khmelnitsky et Sabo. Non, ce jour-là, le public assiste à un événement bien plus fort; l'araignée vient de quitter sa toile, celle qu'il avait tissé dans sa surface pendant deux décennies. Et à Moscou comme chez la mère-patrie des républiques socialistes, plus rien ne sera jamais comme avant.

Programme et feuille de match en V.O

MATCH REPLAY. Le jour où... Metz ramone Barcelone.

Bernad et Sanchez pactisent.

Lorsqu'ils remportent la coupe de France devant Monaco en 1984, les Messins écrivent déjà une belle page de l'histoire du club. L'équipe du président Carlo Molinari valide dans la foulée son ticket pour la coupe des vainqueurs de coupes et n'imagine pas, quelques mois après son succès au Parc, qu'elle va signer un des plus beaux chapitres du roman des clubs français en coupe d'Europe. Une petite revanche pour une région, la Lorraine, en proie à une crise économique qu'elle prend en pleine gueule et en voie de désindustrialisation à l'aube des années 80.

Sonor et Hinschberger : les charlots en action devant Archibald.

C'est pourtant un os qui attend le F.C Metz au premier tour de la coupe des vainqueurs de coupes édition 1984-85. Les Lorrains héritent du Barça et son trio magique, le CSA, à savoir Carrasco-Schuster-Archibald. C'est la MSN de l'époque, sans tatouage, mais avec du poil aux pattes. A l'aller au stade Saint-Symphorien, le 19 septembre, la rencontre ressemble à un match de gala offert aux supporters messins après la victoire en coupe de France. Un cadeau empoisonné qui permet aux 22.000 spectateurs de mesurer l'écart entre les Calatalans et les joueurs locaux. L'équipe de Terry Venables se promène en Lorraine et profite des failles de la défense messine, trop tendre, et des bévues du gardien Michel Ettore que le Barça emmène danser, ce soir-là, dans ses filets. Barcelone s'impose (2-4) et pense déjà au prochain tour, en appuyant où ça fait mal par manque de modestie.

« On va offrir un jambon à Ettore pour le remercier de tous ses cadeaux » plaisante Bernd Schuster avant le deuxième acte. L'Allemand jubile dans la presse comme son coéquipier Steve Archibald. L'attaquant écossais estime de son côté que le F.C Metz est « une bonne petite équipe de charlots. » Des clowns sans ressource quand, dans un Camp Nou déserté par ses socios – ils ne sont que 24.000  spectateurs présents ce 3 octobre – Carrasco ouvre la marque au bout d'une demi-heure. La promenade de santé se poursuit pour le Barça, sûr de son système tactique. En jouant très haut, les Catalans s'exposent aux contres et offrent des boulevards aux attaquants messins. C'est d'abord Tony Kurbos qui profite des largesses espagnoles (38ème) avant que Sanchez, capitaine blaugrana pas salaud et fair-play, donne l'avantage aux Grenats (43ème). A la mi-temps, Metz est en tête et le Camp Nou en rigolerait presque.

Carrasco-Ettore. Le coup de jambon.

En début de seconde période, Ettore tient la baraque et donne la frite à ses partenaires. Sur une ouverture de Jean-Paul Bernad, Kurbos file au but, dribble Amador et marque le troisième but messin (55ème). A cet instant, le Camp Nou sonne de plus en plus creux. Il reste trente minutes, qui semblent une éternité pour des socios désemparés par la prestation de son équipe. Barcelone continue son pressing aveugle et sans imagination, mais c'est Philippe Hinschberger qui donne des frissons aux supporters catalans, sur un tir qui frôle la lucarne,  à l'heure de jeu. Un ange passe sur le pré et dans les travées du stade. Les hommes de Marcel Husson ont des ailes et multiplient les contre-attaques. Sur l'une d'entre-elles, Tony Kurbos fait mouche, profitant d'un service de Jules Bocandé. Il reste cinq minutes à jouer et l'attaquant moustachu, grâce à son triplé, vient d'offrir la qualification à son équipe. « Un succès sans précédent face à un adversaire aussi prestigieux », selon Hinschberger qui savoure comme le reste de l'équipe. « Archibald nous avait traité de charlots, enchaîne Claude  Lowitz qui n'a pas oublié les paroles du buteur écossais après le match aller, eh bien, je lui retourne le compliment. » Pas de mal à se faire du bien. Le mot de la fin revient à Michel Ettore, héros malheureux du premier acte, qui tient sa revanche. « Le match que j'ai réussi ce soir est une réponse à tous mes détracteurs, jubile le gardien messin. Pour l'équipe, c'est super ce qui nous arrive. Ce soir, à Metz et dans toute la Lorraine, ce doit être la joie. » De quoi faire taire le CSA, privé d'image et de son ce 3 octobre 1984.

Tony Kurbos, héroïque moustachu.

MATCH REPLAY. Le jour où... Nice atomise Barcelone.

O.G.C NICE - Barcelone 1973
Debouts : Baratelli, Adams, Chorda, Grava, Isnard, Jouve.
Accroupis : Eriksson, van Dijk, Molitor, Huck, Loubet.

Ils sont à peine plus de seize à dix-sept mille spectateurs à s'être déplacés au stade du Ray, le 19 septembre 1973,  pour voir le grand Barça de Rinus Michels - le créateur du football total - au premier tour de la coupe UEFA. Le public boude peut-être un peu la présence de Johan Cruyff dans les tribunes. Ce dernier, qui vient de s'engager chez les Blaugranas pour un transfert record, n'est pas qualifié pour la rencontre. Le célèbre numéro 14 a cependant tenu à encourager ses partenaires opposés aux Aiglons, qui se sont préparés comme jamais (mise au vert à la montagne) pour affronter des Catalans naturellement favoris selon les pronostics.

Mais l'entraîneur niçois Jean Snella, qui n'est pas le dernier venu pour motiver ses troupes, a plus d'un tour dans son sac. Fin tacticien, l'ancien coach stéphanois a aussi misé sur le mental de ses joueurs. « Vous êtes à leur niveau. N'ayez pas peur » insiste-t-il auprès de ses hommes. A croire que le bonhomme sent qu'il peut se passer quelque chose, et pas seulement sur un malentendu.

L'OGC Nice attaque d'ailleurs la partie sur un rythme diabolique. Charly Loubet, sur l'aile droite, récupère à l'arrache un ballon dans les pieds de son adversaire direct. L'attaquant niçois parvient à centrer dans la surface. Sadurni, le gardien barcelonais, détourne le cuir à la va-comme-je-te-pousse dans les pieds de van Dijk. Le Néerlandais, ancien pensionnaire de l'Ajax, ne se fait pas prier pour catapulter le ballon au fond des filets catalans. Après cinq minutes de jeu, les Niçois viennent, déjà, de réaliser un petit exploit. Dans les gradins, Johan Cruyff commence à griller les cibiches comme à l'accoutumée. Peut-être un plus que d'habitude même, car les Aiglons font le pressing sur l'équipe de Rinus Michels. Par deux fois, Marco Molitor perd son duel avec Sadurni et manque l'occasion de doubler la mise. L'avant-centre international – il était notamment titulaire chez les Bleus (avec Baratelli, Adams et Jouve) dix jours plus tôt contre la Grèce (3-1) – attend son heure. Dirk van Dijk, sur un coup-franc du pied droit, inquiète aussi le portier adverse. Puis c'est le Suédois Eriksson qui manque le cadre d'un rien sur une frappe du gauche. Le Barça est pris à la gorge, celle de Cruyff brûle comme un poil, et réagit en de rares occasions. Marcial, d'un tir puissant, met Baratelli à l'épreuve, déjà décisif en début de match sur une tête d'un attaquant barcelonais. A la mi-temps, et c'est une surprise, les Aiglons virent en tête. Par contre, du côté catalan le doute s'installe à l'entame de la seconde période.

Une deuxième mi-temps qui débute sur une nouvelle offensive niçoise. Les Aiglons remportent la bataille du terrain. Barcelone ne joue presque pas. Sur un centre de van Dijk, Marco Molitor rate l'immanquable et sa tête à deux mètres du but adverse. Il attend son heure... qui arrive après l'heure jeu lorsque, lancé par Roger Jouve, il bat Sadurni d'une pichenette bien sentie. Nice réalise le break et profite du désarroi de son illustre sparring-partner. Les Aiglons se font bien une petite frayeur sur un tir de Matial détourné, et une boulette de Chorda dans la surface sans conséquence, ce sont eux qui assomment définitivement la rencontre, le Barça et son égo. Sur un coup-franc de Jean-Noël Huck, Molitor reprend de la tête et inscrit un doublé (79ème). C'est la fin. Nice tient son exploit et  le Barça repart du Ray avec une valise. Au retour, Barcelone ne parvient pas à remonter son retard (2-0) et est éliminé de la coupe UEFA dès son entrée en lice. Un guet-apens pour Johan Cruyff. Le Gym corrige Fenerbahçe au tour suivant (4-0 / 0-2) avant de prendre une belle fessée contre Cologne en huitième (1-0 / 0-4). Foutus allemands.

Molitor et van Dijk : les buteurs du matchs.

- LE MATCH EN VIDEO -


MATCH REPLAY. Le jour où... Bobby Moore fait ses adieux à Craven Cottage.

Bobby Moore et son crew.

Le 7 mai 1977, l'ancienne gloire de la sélection anglaise (108 capes internationales) Bobby Moore dit « goodbye » au public de Craven Cottage à l'âge de 36 ans. Celui qui porta haut les couleurs de West Ham (depuis 1956) avait quitté l'Est pour l'Ouest de Londres pour rejoindre Fulham et la deuxième division au cours de la saison 1973-74. L'ancien Hammer débute chez les Cottagers le 19 mars 1974 contre Middlesborough. Pas vraiment un bon souvenir pour Bobby qui commence par une dérouillée (0-4) malgré une assistance record pour le club (18.000 spectateurs) qui peine à faire venir les fans dans son  enceinte, laquelle embrasse les bords de la Tamise. Un an plus tard, Bobby Moore affronte son ancienne équipe à Wembley pour la finale de la Cup (0-2). Le dernier grand rendez-vous de sa longue et glorieuse carrière célébrée en ce 7 mai. En effet, juste avant le match contre Leyton Orient, Bobby Moore parade avec la coupe Jules Rimet, celle-là même qu'il souleva en 1966 lorsque l'Angleterre devint championne du Monde chez elle. Pour l'anecdote, Fulham écrase ce jour-là Orient 6 à 1. La semaine suivante, pour l'ultime bataille de Bob sur le pré, les Cottagers s'inclinent à Blackburn (0-1). Clap de fin, ou presque. Bobby Moore ne peut se résoudre à la retraite et rejoint à l'été 1978 les Seattle Sounders. Sans doute l'appel du large, de la NASL, de son fric et ses paillettes.

Mooremania.

MATCH REPLAY. Le jour où... P.S.G rend hommage à Hechter en cognant l'O.M.

Les Parisiens font-ils payer aux Marseillais, ce dimanche 8 janvier 1978, l'éviction de leur président Daniel Hechter quelques jours plus tôt ? Plus de trente mille spectateurs se sont massés dans les tribunes du Parc des Princes pour assister à ce match de gala, parmi lesquels quelques « invités » surprises. Sur le pré, P.S.G entame la rencontre droit vers le but olympien. Dès la deuxième minute, Mustapha Dahleb s'enfonce dans la surface et mystifie la défense marseillaise en dribblant trois adversaires. Sa frappe heurte le montant et échoue dans les pieds de Carlos Bianchi qui, bousculé, obtient un pénalty que le buteur argentin rate. Excès de précipitation ? L'O.M reprend alors son souffle et bénéficie à son tour d'un péno en ce début de partie très intense. Boubacar, futur parisien, exécute la sentence et permet à Marseille de faire la course en tête (12ème). Paris subit et résiste, se contentant des contre-attaques de son duo Dahleb-Bianchi. Les Parisiens reviennent pourtant après une demi-heure lorsque François Brisson égalise d'un tir du gauche dans la lunette de Migeon. C'est le début de la démonstration des hommes de Larqué. Juste avant la pause, Dahleb, opportuniste sur une frappe repoussée par le gardien olympien, donne l'avantage aux Parisiens (44ème). C'est la fête dans les vestiaires et sur la pelouse. Car P.S.G attaque la seconde période les crampons affûtés. Philippe Redon tire un corner et Marius Trésor marque contre son camp (46ème). Une poignée de minutes plus tard débute le show François M'Pelé. Ce dernier transforme le troisième pénalty de la soirée sifflé par l'arbitre Mr Wurtz (49ème) puis conclut le score d'une superbe frappe de 25 mètres. Paris atomise Marseille (5-1) sur la pelouse mais l'autre match se joue en tribunes. La C rouge. Celle choisie par Daniel Hechter pour assister au choc de la 23ème journée en qualité de spectateur et supporter du P.S.G.

Le style Carlos Bianchi.

Deux jours plus tôt, en effet, le 6 janvier, le patron-couturier n'est plus président du club : radié à vie par la F.F.F de toute activité dans un club professionnel pour une sombre affaire de double billetterie. Lâché par son propre camp, Hechter est l'homme à abattre aux yeux de tous et c'est en simple mortel qu'il se dirige vers le chemin du Parc. C'est un plébiscite pour le paria du foot français qui reçoit un accueil chaleureux du public parisien. « ... Je me glisse jusqu'à ma place. Je croise quelques visages familiers, confie l'ex-président dans son livre « Le Football Business ». Soudain, venant du fond de la tribune, les premiers applaudissements. On crie « Hechter avec nous ! » Toute la tribune, debout, reprend, hurlante : « Hechter président, Hechter président ! » En quelques secondes, le public parisien reconnaît mes cinq années de lutte. Je l'entends et retiens difficilement mes larmes. Je suis heureux. Et triste. » L'émotion gagne l'ancien président, touché par un vibrant hommage qui s'étire jusqu'à la fin de la partie. « A cet instant, écrit le couturier, un supporter jaillit : « 5-1. Nous avons notre revanche. Ils étaient cinq juges contre vous. » Au coup de sifflet final, Jean-Michel Larqué s'empare du ballon et fait signe à Dahleb de l'offrir à celui qui le fît venir dans la capitale. Hechter, pris dans une marée populaire, est propulsé en tribune présidentielle. Dahleb lui tend le ballon, et l'embrasse. Puis, c'est au tour des autres : M'Pelé, Bianchi, Pilorget... Les joueurs hissent Hechter sur leurs épaules. Il pleure. Le public hurle sa colère : « Chirac démission... Brûlez la Fédé... Sastre et Sadoul au poteau... » Daniel Hechter quitte le Parc en président déchu mais pas abattu. Il se fend d'un simple « au revoir » au public parisien avant de passer le reste de la soirée à jouer à la belote chez un ami. Le 19 décembre 1980, la décision du comité extraordinaire des cinq responsables de la Ligue de Football est invalidée en appel. Une revanche pour le couturier qui suit désormais le clasico d'un œil distrait.

Le style Carlos Bianchi (bis).


MATCH REPLAY. Le jour où... Sacré Marius jubile un 14 juillet.

Le 14 juillet 1985, c'est le jour de la fête nationale. Pour tous les Français, et particulièrement ceux qui aiment le football. En effet, en ce dimanche festif et ensoleillé, Marius Trésor joue son dernier match au Parc Lescure de Bordeaux, dans le cadre de son jubilé organisé par Jacques Vendroux grâce à la connivence et au soutien des présidents Claude Bez (Girondins), Fernand Sastre (FFF) et Jean Sadoul (LFP). A l'affiche du jour dans l'enceinte bordelaise où sacré Marius n'a laissé que de bons souvenirs (de 1980 à 84), les Girondins accueillent l'équipe de France. L'occasion pour le recordman des sélections à l'époque (65) de porter une dernière fois le maillot des Bleus et le brassard de capitaine. Un instant chargé d'émotions où remontent les souvenirs.

En lever de rideau, les amis de Marius sont opposés au Variétés Club de France des deux compères Jacques Vendroux et Thierry Roland. Un match placé sous le signe de l'offensive où les Larqué, Rey,  Bracci, Rio, Kabyle, Zimako, Huck et les autres s'en donnent à coeur joie. C'est un feu d'artifice. Les deux équipes se séparent sur un score nul venu d'un autre temps (5-5). Une bonne mise en appétit avant la tête d'affiche, en clôture d'une journée de fête consacrée au défenseur guadeloupéen passé par St-Anne, Ajaccio et Marseille avant de poser ses valises en Aquitaine.  

Autour de Marius, l'équipe de France désormais entraînée par Henri Michel entre sur la pelouse avec une équipe rajeunie (Bats –  Ayache, Le Roux, Trésor, Puel – Fernandez, Vercruysse, Bravo, Genghini – Rocheteau, Six). Il est temps de préparer la nouvelle génération aux conquêtes internationales. Mais le récent champion de France démarre la rencontre en trombe. Après vingt minutes de jeu, Bordeaux mène 3 à 0 grâce à des buts de Marc Pascal (11ème) et Uwe Reinders (16ème et 17ème), la nouvelle recrue girondine en provenance du Werder Bremen. Moins au top sur le plan physique, Marius Trésor étale cependant toute sa technique sur le pré.

Sacré Marius passe la main au grand Max.
En seconde période, Henri Michel fait tourner son effectif (Rust – Bibard, Sénac, Bossis, Puel – Domergue, Ferreri, Touré, Jeannol – Stopyra, Xuereb). Juste avant l'heure de jeu, Marius Trésor tire sa révérence, remplacé par Maxime Bossis. Une manière de tendre le témoin à son successeur. Les Bleus, qui jouent en blanc en ce jour de fête nationale, se refont une petite santé en recollant au score dans le dernier quart d'heure avec des buts de monsieur Xu (75ème) et Stopyra (82ème). Mais peu importe le résultat, ce match est avant tout l'occasion de rendre un vibrant hommage au récipiendaire du jour, et honorer une carrière exemplaire assortie de seulement deux petits cartons jaunes et aucune expulsion. Un exemple pour tous les défenseurs de la planète !

Ferreri et Puel : l'avenir des Bleus ?

Daniel Xuereb : un buteur olympique.
- LE JUBILE MARIUS TRESOR EN VIDEO -


MATCH REPLAY. Le jour où... Les sélections des Amériques et du Reste du Monde font le gala au Rose Bowl.

C'est devenu une tradition après chaque coupe du Monde; un match de gala organisé au profit de l'U.N.I.C.E.F oppose les meilleurs joueurs qui se sont illustrés durant la compétition. Le dimanche 27 juillet 1986, au Rose Bowl de Pasadena, une sélection des Amériques affronte le Reste du Monde. L'occasion pour Diego Maradona de goûter sa cote de popularité aux States. L'Amérique accueille « El Pibe » les bras ouverts. L'Argentin avait d'ailleurs eu l'honneur d'annoncer la rencontre à la presse, écourtant ainsi ses vacances post-mundial à Tahiti. Vahiné, c'est gonflé quand même !

Côté sélection des Amériques, l'équipe confiée à Carlos Bilardo et Velibor « Bora » Milutinović affiche l'effectif suivant : les Brésiliens, en nombre, avec Josimar, Júlio César,  Falcão et Alemão. Les Mexicains Quirarte, Negrete et Raúl Servín. Les Paraguayiens Fernandez, Nunes, Romero et le futur brestois Roberto Cabañas. Les champions du monde en titre sont représentés par Pumpido, Brown et donc l'homme de Mexico 86, Diego Maradona himself. L'unique représentant des USA est Paul Caligiuri, lequel émigre plus tard en Allemagne (SV Meppen et Hansa Rostock notamment). Placée sous la direction du tandem Franz Beckenbauer-Johan Cruyff, souvenirs du WM '74, le sélection du Reste du Monde a fière allure avec les Soviétiques Dassaev et Belanov (qui sera élu Ballon d'Or en fin d'année), les Allemands Stielike et Magath, le Belge Renquin, l'Anglais Butcher, les Danois Elkjaer-Larsen et Lerby, l'Ecossais Strachan, les Italiens Conti et Paolo Rossi, et le vieux Nord-irlandais Pat Jennings. Pour la touche exotique, on note aussi la présence du Sud-coréen Park Chang-Sun, du Marocain Timoumi et du Suisse Hermann. Les Tricolores sont aussi de la partie avec Amoros et Rocheteau, qui vient de passer quelques jours à New-York après la coupe du Monde. 

Des hommes dans le match (Strachan, Timoumi et Romero).

60.000 spectateurs se sont déplacés dans la banlieue de Los Angeles pour admirer le gotha du football mondial. Maradona reçoit les faveurs du public qui n'a d'yeux que pour lui. L'épisode de la « mano de Dios » ne ternit pas l'image de l'icône argentine Outre-Atlantique. Chaque ballon touché par « El Pibe » est salué par des acclamations et des bravos. Mais sur le terrain, c'est la sélection du Reste du Monde qui mène les débats. Après une heure de jeu, l'équipe du Kaiser volant (ou du flying german) a scoré deux fois par Butcher et Rossi. Celle-ci semble se diriger vers un succés tranquille quand, dans les dix dernières minutes, l'Amérique se réveille. D'abord par Roberto Cabañas, qui réduit la marque, puis par Maradona qui égalise à deux minutes de la fin, à la plus grande joie des spectateurs. Les prolongations ne donnent rien, et l'on court doucement mais sûrement vers la séance des tirs au but. Au cours de cette dernière, c'est (encore une fois, merci pour le spectacle), Diego Maradona qui offre le tir victorieux à son équipe. Le public est ravi, les joueurs aussi, qui ont passé un bon moment sur le pré du Rose Bowl arrosé par le soleil californien.

Maradona show au Rose Bowl.

Dominique Rocheteau made in USA.

MATCH REPLAY. Le jour où... L'Argentine accueille le Reste du Monde.

Pour célébrer le premier anniversaire de sa victoire en coupe du Monde, l'Argentine doit en découdre avec une sélection mondiale. Un match organisé par le journal « Clarin » qui remplit le stade Monumental de River Plate noyé sous les papelitos, et rappelle la ferveur du public argentin pour son « albiceleste », un an après sa consécration presque discutable.

WORLD ELEVEN 1979
Debouts : Toninho, Krol, Leao, Kaltz, Boniek, Asensi, Pezzey, Zico.
Accroupis : Rossi, Cabrini, Tardelli, Platini, Causio.

Quatre-vingt deux mille spectateurs ont pris place, ce 25 juin 1979, dans les travées du vieux Monumental - trois heures avant la rencontre, les tribunes populaires sont déjà combles - pour admirer les champions du Monde en titre, lesquels demeurent invaincus après leur tournée amicale et printanière en Europe (matchs nuls avec les Pays-Bas (0-0), l'Italie (2-2-) et l'Eire (0-0) et victoire (1-3) sur l'Ecosse). Pour l'occasion, le sélectionneur argentin César Luis Menotti fait confiance à son onze type (huit champions du monde sur la pelouse au coup d'envoi) renforcé par la petite perle Diego Maradona. Côté Reste du Monde, c'est Enzo Bearzot qui dirige la manoeuvre. L'entraîneur italien a réuni une quinzaine de joueurs qui ont participé, avec leur pays respectif, au dernier Mundial. Une belle brochette de stars sur la feuille de match avec les Brésiliens Leao, Toninho et Zico, les Hollandais Krol et Tahamata, les Italiens Cabrini, Tardelli, Rossi et Causio, les Autrichiens Pezzey et Koncilia, l'Allemand Kaltz, le Polonais Boniek, l'Espagnol Asensi, et enfin cocorico, le Français Michel Platini, lequel entretient les meilleurs rapports avec le sorcier transalpin.

Asensi et Tardelli font la loi au Monumental.

Au coup d'envoi donné par l'arbitre israélien Abraham Klein, Maradona et Menotti récoltent les suffrages du public argentin à l'applaudimètre. La ferveur gagne en intensité lorsqu'à la demi-heure de jeu, Maradona ouvre le score sur un service de Valencia. Un but accueilli par une marée de papelitos qui recouvre le pré du Monumental. L'Argentine mène à la pause devant une équipe qui n'a pas l'habitude d'évoluer ensemble. 

Au retour des vestiaires, c'est une autre chanson qui attend les champions du Monde. Platini, auteur d'une première période timide, est remplacé par Zico. Un coaching plutôt avisé de la part de Bearzot. Peu après l'heure de jeu, le Brésilien échappe au marquage de son adversaire et centre devant le but de Fillol. Pressé par Paolo Rossi, Galvan panique et marque contre son camp. Dans les tribunes, c'est le silence total qui devient encore plus lourd quand, quelques minutes plus tard, Zico est à la réception d'un centre de son compatriote Toninho. Le « Pelé blanc » donne l'avantage à la sélection mondiale qui termine la rencontre en déroulant. 

Paolo Rossi et Zico : duo gagnant.

« Nous avons peu joué, mis nous avons beaucoup couru » se lamente Menotti à l'issue d'une partie sans enjeu. Mon œil ! Le défilé prévu à Buenos Aires est annulé. Un coup de Videla et ses sbires qui ne goûtent guère à l'échec de l'Argentine ? Le capitaine de la sélection mondiale Ruud Krol, quant à lui, brandit fièrement le trophée et part faire une tour de terrain avec ses copains. Dans un silence de mort...

Le triomphe de la sélection mondiale.

- LE MATCH EN VIDEO -


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