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HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. Raoul Lambert et Gérard (tatatin).


RAOUL vs GERARD LAMBERT.
La place de sa mob', c'est du côté du stade Jan Breydel qu'il faut la chercher. C'est là que Tonton Raoul - tatatin - répare sa brèle les mains dans le cambouis. Le Belge Raoul Lambert est un héros à la Renaud. Un ouvrier spécialisé qui ne rechigne pas à la tâche et jure fidélité à son club de toujours: le Club Brugge K.V comme Capdevielle en Flamand qui erre dans le désert depuis trop longtemps. Oh Chiquita. Un dur parmi les durs qui maltraite le cuir et s'arrache dans la zone de vérité - pareil que dans la cité, c'est la loi de la jungle qui règne - prêt à y laisser sang et âme jusque sur les murs de la ville. Tatatin. « Lotte » comme l'appellent ses copains de galère est un joueur à l'ancienne. Attaquant racé, p'tit loubard aux cheveux blonds, Raoul ventile, Raoul disperse aux quatre coins des bois adverses. Son butin, c'est le but. Plus de deux-cents tout au long de sa carrière. Un paquet. Raoul éclate éclate la tête du goal d'en face (de rat). A coup de clé à molette et de ciseaux retournés comme les manches de son perfecto. Un vrai dur à cuir en ballon Tango jusqu'à son dernier bal.

HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. Der Kaiser et Alfred Kaiser.


KAISER FRANZ vs ALFRED KAISER.
Champion d'Europe et du Monde, des titres nationaux et européens à la pelle, Franz Beckenbauer n'a pas volé son surnom - « der Kaiser » - au vu de son palmarès. L'homme, qui possède une classe naturelle sur et en dehors des terrains, use de sa stature d'empereur pour exercer une véritable influence sur ses coéquipiers. Un titre que lui conteste cependant un jeune français au grand cœur et hurle à l'usurpation d'identité au commissariat. « Vous n'avez pas le monopole du Kaiser, monsieur Franz » se défend Alfred qui sollicite naturellement la paternité du statut, malgré un C.V à coucher dehors en comparaison de l'expérience du capitaine de la Mannschaft. Une contestation légitime pour l'attaquant lensois, eu égard à ses racines. Alfred Kaiser est en effet né pas très loin de la frontière allemande dans un petit village d'Alsace. Une sorte de cousin germain du patron munichois, pour rapprocher les deux hommes, lequel a pourtant du mal à encaisser ces liens aux allures de feuilles mortes dans son arbre généalogique. Et pour cause, Fredo l'Alsaco revendique une finale de coupe de France perdue avec le RCL (1975) du temps de sa splendeur, après des débuts dans des équipes belges de seconde zone (Patro Eisden et KFC Diest). Si l'habit ne fait pas toujours le moine selon le proverbe bien connu, le nom ne fait pas spécialement le joueur non plus des deux côtés du Rhin. Et le Kaiser d'admirer tranquille ses ballons d'or en vitrine et les médailles de ses nombreuses conquêtes tandis que le pauvre Fredo se contente de puiser son or noir au fond de la mine, un bouquin de Gianfranco Zola dans la poche arrière du pantalon.

HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. Thierry Roland et Pierre Rolland.


THIERRY ROLAND vs PIERRE ROLLAND.
Thierry, Pierre. Pierre, Thierry. Deux prénoms pour un nom qui n'en est pas un. Roland. Comme Roland Marci dans « Poubelle la vie » sans l'accent méditerranéen. Mais revenons à nos moutons contaminés aux hormones. Thierry, c'est celui qui hurle comme un porc dans le micro alors que Pierre en chie la mort pour larguer Contador dans l'Alpe d'Huez. Un instant magique digne d'une finale de coupe du Monde. Tous les deux peuvent désormais partir tranquilles, ils ont atteint le sommet un jour de juillet. Et Thierry de fêter l'évènement autour d'une bonne cote de bœuf dans son resto préféré, chose que refuse catégoriquement Pierre s'il ne connaît pas la provenance de la viande ni de son interlocuteur, tout homonyme soit-il, d'autant que ce dernier continue de doper les audiences à chacune de ses prestations télévisées. « Maudite hématocrite » lance le maillot blanc à la cantonade en urinant dans son flacon. « Heu, la même chose que lui, hin, hin » de répondre le commentateur au teint rouge à pois blanc qui carbure au p'tit jaune et commence à rouler sous la table. « Hé, c'est pas de la Voeckler ça, hein mon Pierrot, hin, hin. D'ailleurs mon p'tit gars, quand est-ce que tu t'y mets toi au jaune ». Pierre a du mal à saisir la nuance et continue de s'entraîner fort tout en rêvant de podium et du paletot sur les Champs. « On pourrait faire une teuf comme en 98. Et l'autre Espingouin ne s'ra pas là en plus ». Toujours cette finesse qui ne quitte pas le leader des commentaires au 1er degré même si lui voit plus élevé en matière de vins et spiritueux. Et Pierre Roland de baisser la tête en cherchant la meilleure position aérodynamique, un vieux réflexe professionnel, un peu gêné par la prestation du journaliste et son schéma de jeu sans filet. « Tiens, c'est marrant comme ça, t'as vraiment l'air d'un coureur, hin, hin ». Pas tous les jours facile de porter le même nom et nier en bloc tout lien de parenté malheureux. « Et sinon mon p'tit Pierrot, Europcar, c'est l'objectif que vous vous êtes fixés en Champion's League cette saison? Perso, moi, ça s'ra un quart de rosé. Comme au Giro-nimo ». A cet instant, Pierre Roland emmène le 52x12 en direction du TGI pour entamer des démarches sur un éventuel changement d'identité. Son meilleur chrono à ce jour.

 Polo la Science, Thierry Roland, Pierre Fulla. One trip, one noise.

HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. Abdelkrim Merry Krimau et Jean-Pierre Mocky.


MERRY KRIMAU vs JEAN-PIERRE MOCKY.
Mais qu'est-ce qui peut bien unir ces deux-là hein ? Abdelkrim Merry (Jean-Pierre en vieux blédard en fait) Krimau (Mocky, toujours en verlan du bled) et le cinéaste franco-franchouillard à grande gueule ? Le football bien sûr. Quand Jean-Pierre Mocky s'essaie à la critique sur la beauferie supportériste et le hooliganisme à la Guingampaise dans son pamphlet « A mort l'arbitre », Krimau hurle au loup en balançant à qui veut l'entendre « A Maure l'Europe! » en tirant le Toro par les cornes avec ses copains Papi, Zimako, Rep et Jean-Louis Cazes en moins. Le Sporting fait son festival de Cannes à lui sans décrocher la palme à Eindhoven. Un coup d'éclat, sans lendemain, comme ceux du réalisateur sur ses tournages. Voilà qui taille une mauvaise réputation et quelques casseroles au cul. Un parcours plutôt mouvementé pour l'international marocain qui traverse la France de long en large et en travers. Pas moins de 8 clubs à son actif (Bastia, Lille, Toulouse, Metz, Strasbourg, Tours, Le Havre, St-Etienne, Matra Racing) en 15 ans de carrière (de 1974 à 89) sans décrocher la lune. Un vrai piège à cons pour l'agent trouble des surfaces et ses 103 buts en D.1. « Le pactole » dirait Mocky qui ramasse quelques accessits de son côté en 50 ans de carrière. Drôle de destin pour ces acteurs pas vraiment reconnus par leur profession. Merry Krimau, happy new year et bonne santé quand même. Et Jean-Pierre de partir encore en live dans un de ses coups de sang légendaire : « Avec Abdelkrim dans l'équipe, c'était les saisons du plaisir. Bordel de merde! » Voilà, c'est dit.

HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. Michel Ettore et Michèle Torr.

 

MICHEL ETTORE vs MICHELE TORR.
Dans les années 70, Michèle Torr revisite à sa manière, et avec une bonne dose de tendresse, la vieille comptine populaire « La mère Michèle » en évoquant ses vieux souvenirs et son cœur qu'elle laisse en Provence. Trop dur. Pour Michel Ettore, c'est en Moselle qu'il faut aller pour trouver quelques traces de souvenirs. Du côté d'Amnéville et son zoo, dans l'allée des volatiles. C'est d'ailleurs en écoutant la Piaf blonde que Michel se décide un soir de grande soli-solitude comme le dit l'ami Joël au fond de ses cages: il ira faire le coucou dans les bois pendant que Christophe - tout court - emmène Michèle danser le soir, parce que Miossec est déjà plein comme une barrique à cette heure avancée de la nuit. Bah oui, c'est comme ça, Michèle en appelle à une tendresse que Totor ne saurait lui rendre à l'internat du centre de formation du F.C Metz qu'il intègre dès 1974. Pas vraiment le genre de romantisme auquel aspire la chanteuse énamourée qui préfère l'Olympia au stade St-Symphorien pour se produire sur scène. Sans doublure. Le premier rôle d'Ettore dans son club, dans l'ombre d'un certain André Rey et son blair d'aigle royal. Titulaire dès son retour de prêt au Havre (1979-80), Michel Ettore enchaîne deux hits - la coupe de France 1984 et 88 – et un tube qui s'exporte bien en Catalogne un soir de victoire au Camp Nou, avec Kurbos à la baguette. Du football harmonique et une déroute monumentale pour des Espagnols pas trop conquistador sur le coup. Une jolie entrée en matière pour Mimi et les Messins sur la scène européenne que Michèle a côtoyé naguère, à l'époque du bon vieux temps de l'Eurovision avec Marie Myriam et tout ça. Comme l'oiseau bleu survolant la Terre, Michel Ettore quitte aussi le nid douillet lorrain pour regagner Quimper. La Bretagne, ça vous gagne mais plus trop grand-chose pour Mimi qui entame sa tournée d'adieu au début des 90's au moment où Michèle Torr squatte le poste chez Sevran. Michel Ettore rit jaune et Jean-Luc en rouge et blanc monégasque.

HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. Didier et Nikki Six(x).


DIDIER SIX vs NIKKI SIXX.
Quand Franck Carlton Serafino Ferrana change d'identité en 1980, il se questionne beaucoup sur son nouveau pseudo. Niki Lauda ? Trop tête brûlée à son goût même si le gaillard est déjà bien cramé à l'époque avec son groupe London. Nikki-ta-mère ? Mais il aime trop sa maman pour ça et n'a pas vraiment de reproches à lui faire, elle qui a élevé le fiston seule, abandonnée par un mari volage. A bien choisir il aurait pu taper dans le haut niveau. Nikki Platoche, ça en jette côté standing. Ou Nikki Maradona, plus en rapport avec sa consommation de produits stupéfiants, mais on ne touche pas à la vie privée des gens comme ça. Donc ce sera Nikki Sixx. 2k2x. Et pourquoi pas r2d2 ou c3po quitte à passer pour un extra-terrestre comme 2di6, Didier Six, le Nordiste aux mille clubs et autant d'actions ratées, le ballon parti dans la guerre des étoiles ? Nikki Sixx, c'est sexe et heavy comme le soleil de sa Californie natale. Rien à voir avec les corons de Bachelet ou les frites au vinaigre de Nungesser et Bollaert, le sea, six(x) and sun version Nord/Pas-de-Calais. Absolument rien ne rapproche Didier de Nikki, ou inversement. Et pourtant six(x) ! Sans doute ce goût pour la provocation et la tignasse longue et rebelle au sortir de l'adolescence, cet amour des bas (baissés) ou de la basse pour l'un et l'autre, ou encore les voyages hallucinants de Didier (Valenciennes, Lens, OM, Strasbourg, Bruges, Stuttgart, Mulhouse, Aston Villa, Metz... et sans GPS) pendant que l'autre plonge dans les bad-trip. Seule la formule diffère. Comme son copain Nikki, 2di6 change aussi d'identité lors d'un énième transfert, en Turquie cette fois, pour devenir Dündar Siz. Plus funky comme nom de scène. Peut-être aussi une manière de se faire oublier parce que les Six(x) brothers ont connu de sérieux ratés dans la vie, la cible souvent et les tirs aux buts pour Didier. Comme ce soir de Séville 82 contre l'armée allemande. Cette maudite mort subite que frôle Nikki à la suite d'une overdose. Sixx feet presque under. Une vie de loser cependant émaillée d'étincelles. Plutôt un show pyrotechnique et 80 millions d'albums vendus pour le bassiste tatoué et son gang. Pas un mince exploit comme celui réalisé par Didier au Maracana de Rio en 1977, sa meilleure tournée on stage, en 1ère partie de Sepultura et avec Motley Crüe en guest-star. Mais avec Platini et Trésor, ça le faisait bien aussi.  



HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. César Laraignée et Spiderman.


CESAR LARAIGNEE vs SPIDERMAN.
Il vole de toit en toit à l'aide de ses super-pouvoirs et tisse sa toile sur les brigands. Défenseur de la veuve et de l'orphelin, c'est l'homme-araignée. Spiderman. Tout le monde se rappelle le refrain, il est tombé dans la purée, tout ça. Bref, un super-héros qui agit pour le bien et dompte le mal par les fils qu'il répand un peu partout à la moindre occase. Spiderman forme un sacré trio avec ses copains Batman et Superman. Sans compter Les 4 Fantastiques, les 3 mousquetaires (qui sont 4 en fait) et l'Homme de l'Atlantide en plus. On a une équipe du feu de Zeus. Des Galactiques avant l'heure en quelque sorte, au rayonnement médiatique international qui donne lieu à quelques adaptations locales. En Argentine, Spiderman est rebaptisé César Laraignée et relooké comme un empereur romain. Bah non. Il porte un short, des chaussettes, un maillot et son rapport avec les toiles est uniquement dû à son métier. César est footballeur. Un arrière à l'ancienne né à Buenos Aires le 10 février 1949. Piqué par un araignée mutante alors qu'il joue pour le River Plate (1969-72), César pose ses pattes velues en France pour défendre aussi une bonne cause. Le maintien des clubs par où il passe. Pas facile quand on choisit le Stade de Reims (1972-77) qui a un peu la gueule de bois à l'époque - un abus de football champagne - et le Stade Lavallois (1977-78) un peu trop porté sur le camembert-bérêt-baguette à son goût. César n'aime pas le calendos et file à l'Olympique Avignon (1978-79) où il danse en rond sur le pré. C'est la D2. Laraignée perd un peu ses super-pouvoirs et s'accroche aux pylônes du stade Robert Diochon au F.C Rouen (1979-82) où là c'est la tuile. Opération du trou d'balle. Purée, qu'est-ce qu'y sont cons les mômes !

HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. Jacques et Thierry Marie.


JACQUES vs THIERRY MARIE.
Jacques et Thierry ont au moins deux points en commun. Un nom de sainte-nitouche, et leur région d'origine: le Calvados. A la vôtre les gars, un p'tit coup ça fait toujours du bien. Mais si nos deux Normands partagent des affinités, l'un et l'autre ont tracé leur route chacun de leur côté, selon leurs facultés athlétiques et leurs goûts sportifs. Jacques Marie penche plus pour le foot. Enfant de la libération, il est né le 12 août 1945 à Caen, Jacky, qui a la touch - mais bon il est défenseur donc c'est son rôle aussi - rêve en secret de bicyclette dans la surface et coller des musettes à l'adversaire. Un peu paradoxal mais Jacky s'en fout, comme diraient Les Ablettes, des paradoxes. Préférant le pré à la route, Jacques en chie comme un boeuf avec les clubs bidons par lesquels il passe: Sedan-Torcy (1964-67), AS Nancy-Lorraine (1967-68) et enfin le RC Lens (1968-77). Quelque part son enfer du Nord-Est à lui, pavé de désillusions (deux finales de coupes perdues en 1965 et 75). Malgré son statut de capitaine de route dans le Pas-de-Calais et d'équipier modèle en général, Jacky a du mal à faire son trou. Pas vraiment terrible pour un Normand. A l'inverse, la carrière du jeune Thierry, de Bénouville où il voit le jour le 25 juin 1963, démarre sur les chapeaux de roues lenticulaires. Le roi du prologue et des échappées solitaires endosse les maillots jaune et amarillo dès ses débuts (1986). Sous la coupe de Cyrille Guimard - dont le fils Frédéric devient footballeur pro, va comprendre Charly Mottet - Titi aime partir en tête et poser des mines. Une manière de rendre hommage au Lensois d'adoption qui casse sa pipe en 1999, dans l'anonymat du peloton, trois ans après la retraite de Thierry (1996) et ses 67 victoires professionnelles partagées avec Renault, Système U et Castorama. Pour un coup, Jacques était dans la bonne et devance Thierry sur la ligne. Pas des gonzesses finalement les Marie devant l'effort.

Jacques Marie époque Jésus Christ.

HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. Robert Jacques et himself.


ROBERT JACQUES vs JACQUES ROBERT.
Dans le foot, les faux Frères Jacques sont comme ça. Des gars qui opèrent par moitié, ils sont deux, portent des justaucorps en nylon avec réclame sans la moustache cycliste 1903. Les deux Robert, ou Jacques, ou on ne sait pas trop, n'ont pas la tête dans le guidon et puisqu'ils chantent comme des pieds, c'est avec des crampons crottés qu'ils ont décidé de faire se lever les gradins. Autant miser sur des qualités par défaut. A chacun sa tribune en quelque sorte, pourvu qu'ils soient populaires. Dix ans les séparent à la naissance, et pourtant tout les rassemble. Un nom qui ne ressemble à rien ni personne ou n'évoque pas grand-chose mais une volonté farouche de sortir de l'anonymat. Avec les pieds, n'oubliez pas, les faux Frères Jacques ne sont pas des chansonniers. Leur scène c'est le pré, le rectangle vert, la couleur qui porte malheur aux artistes. Autant dire que sur le terrain, les deux Bob besognent comme des boeufs. A Reims (1966-70), au Red Star (1970-71) et à Troyes (1971-78) pour Robert le blanc un peu limé au comptoir, né un 11 septembre 1947 à St-Martin dans la Marne. Encore une fichue histoire de prénom qui colle tel un marquage à la culotte. De cheval, c'est un vrai bourrin le bestiaud. Difficile de se faire un nom avec ça. C'est aussi le cas pour Bob le black pas toujours d'équerre, qui bricole sur son aile droite et fait ses premières Une à la Voix du Nord même s'il n'en a pas pour tout dire. Pas un chansonnier (rappel), plutôt un canonnier qui fait ses armes à Valenciennes (1976-82) puis marche sur des chardons ardents à Nancy (1982-85). L'apothéose à Paris pour ce natif de Petit-Bourg (16 février 1957) avec PSG, un titre (1985-86) qui fait les gros dans les journaux. Le Guadeloupéen (putain, putain, c'est vach'ment bien...) tient le haut de l'affiche. Quelques coupettes pour fêter ça, puis un dernier verre à St-Etienne (1986-88) en guise de tournée d'adieux. Les Verts ne sont plus et Bob baisse le rideau, dix ans après son compère. La boucle est bouclée sans rappel. A ce jour, on a toujours du mal à décliner leur véritable identité. D'un autre côté, qui se souvient encore de Patrice Martin ou Jacques ?

HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. Jean-Pierre Kasprzak et Henryk Kasperczak.


JEAN-PIERRE KASPRZAK et HENRYK KASPERCZAK.
" Alors à quoi ça sert la frite si t'as pas les moules...? " En chanson ça sonne plutôt bien surtout interprété par Bashung. Mais à quoi ça sert de s'appeler Kasprzak si t'as pas la consonne ni la voyelle pour être International polonais et jouer la coupe du Monde 1974 ? Pas à grand-chose en fait. Le Weltmeisterschaft, Jean-Pierre l'a regardé devant sa téloche en sirotant des bières malgré ses quelques 400 matches officiels joués avec Beringen, Beerschot, Diest et Malines. Des équipes pas très funky sur le papier qui sentent plutôt les kermesses cyclistes ou les romans de Zola. Jean-Pierre est en effet le joueur de devoir type, qui s'arrache sur le terrain comme dans la vie avec son look de rockeur prolo et ses rouflaquettes à la John Spencer explosé au pot belge. Henryk aurait pu connaître le même destin sans cette coupe du Monde en Allemagne qu'il termine sur le podium avec les copains Lato, Deyna, Szarmach et consorts. Pensez-donc. Stal Zabrze ou Mielec, Legia Varsovie et Metz, Henryk Kasperczak nage dans la lutte sociale des chantiers sidérurgiques ou du bassin minier lorrain. Le faciès austère et peu commode du type pas vraiment enclin à céder sur les négociations, et Henryk négocie parfaitement le virage qui le sort de l'anonymat alors que Jean-Pierre file droit dans le mur de la lose. Pas une ligne dans Wikipédia. Drôles de destins pour ces (presque) homonymes qui ne se sont peut-être jamais croisés dans la vie alors que tout était fait pour les réunir. A une consonne et une voyelle près. Finalement, l'inégalité existe aussi dans le prolétariat. Bah merde alors.

HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. Jean et David Vincent.


JEAN vs DAVID VINCENT.
Pour Jean Vincent, né le 29 novembre 1930 à Labeuvrière, tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne truffée de pavés entre son Pas-de-Calais natal et le LOSC. Mais contrairement à David, né de l'imagination de Larry Cohen en 1967, Jean ne chasse pas d'éventuels envahisseurs et leurs doigts bizarres, seul face à l'incrédulité des gens et du cauchemar qui les attend. Jeannot est plutôt le cauchemar des défenses adverses dans un rôle de chasseur de buts qui l'emmène de Lille (1950-56) au stade de Reims (1956-64). Pas vraiment des auberges abandonnées à l'époque puisqu'il y gagne quelques titres - champion avec Lille en 54 puis 58, 60 et 62 avec Reims et deux-trois coupettes avec le LOSC (1953, 55) et le club champenois en 1958. Une année où les carottes ne le sont pas... cuites puisque Jean Vincent termine sur le podium de la Coupe du Monde en Suède (3ème) avec une équipe de France sortie d'une autre galaxie. Fort de son expérience et de son vécu, Jean Vincent entame alors une carrière d'entraîneur un peu irréelle à l'heure de la retraite. Caen, La Chaux-de-Fonds, Bastia et Lorient, Jeannot se pince pour y croire avant d'arriver à Nantes (1976-82). Sur les bords de l'Erdre, Jean Vincent atterrit comme un vaisseau fantôme, personne ne croit en lui comme David et pourtant tout le monde sait qu'il est là. Au final, il convainc par sa force de persuasion et son amour du beau jeu. Deux titres de champion avec les Canaris (1977 et 80) et une coupe de France (1979). Jean se retire alors au Cameroun, puis Rennes et encore l'Afrique, le Maghreb (Maroc, Tunisie), prêcher la bonne parole et trouver des raccourcis qu'il ne trouve jamais depuis son départ de Nantes. Des équipes où les joueurs ont la forme humaine mais pas trop le talent. Tout un univers. Jean Vincent vît désormais seul, avec ses convictions et ses cassettes vidéos, dans le souvenir des années passées et du combat de Roy Thinnes. David n'a jamais été vraiment seul finalement, c'est mon p'tit doigt qui l'a dit.

Jean Vincent fabrique une soucoupe volante miniature à sa femme. 

HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. Bernard et Serge Lama.


BERNARD vs SERGE LAMA.
L'un a choisi le foot et le poste de gardien de but pour donner de la voix dans sa surface, l'autre est un chanteur populaire de variétés (club de France) qui préfère cependant Maritie et Gilbert Carpentier à Thierry Roland. Rien ne les rapproche et pourtant le chiffre 1, ils kiffent à mort. Le premier le porte dans le dos de son maillot Peaudouce pendant que l'autre fait le mariole le samedi soir dans un Numéro 1 consacré à Sacha Distel. Bernard est black, Serge blanc, or jamais ils n'ont été invités ensemble sur le plateau du Grand Echiquier de Jacques Chancel. Echec et mat(t) Moussilou qui n'a pas fait que briller lors de son passage au LOSC. Serge, lui, aime les lumières, celles des spots, des caméras de la télé (comme Bernard d'ailleurs) et de la Capitale avec ses quartiers chauds et ses nanas olé-olé. Tout ça fait rêver Nanard qui tape plutôt dans la cuisine traditionnelle et les spécialités locales un peu grasses. Le moules-frites pendant la grande braderie de Lille, la quiche lorraine à Metz, les pâtisseries en Armorique qui le relie cependant à Paris, et de nouveau les frites à Lens mais là ça sent le vinaigre. Bernard Lama qui rêve de strass, de paillettes et de nanas olé-olé aussi signe du coup au PSG. Une équipe du tonnerre qui crache le feu à l'époque alors que lui crache par-terre ou sur les gens. Ricardo, Valdo, Geraldao (non pas lui en fait), les Brésiliens affolent la tribune (du bois de) Boulogne. Tiens, tiens. Et Ginola en danseuse de service. Décidément, Bernard kiffe le Paris by night, ses p'tites femmes et la bagatelle. Comme Serge en fait, mais lui s'en rend malade. Pas Bernard qui est un vrai animal dans ses cages.

HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. Georges Bereta et le colt Beretta.


GEORGES BERETA et le COLT BERETTA.
Georges Bereta a vu le jour en 1946 du côté de St-Etienne, quatre siècles après la naissance du premier Beretta en 1526 dans les environs de Brescia. L'un est Français (d'origine polonaise), international dans une sélection de francs-tireurs pas trop avisés à l'époque, cibles des journalistes-détracteurs en mal d'une armée héroïque comme celle de la campagne suédoise de 58. L'autre est Italien et aime à résoudre un paquet de problèmes d'ordre personnel mais plus généralement collectif. Tous deux présentent d'ailleurs, chacun à leur manière, une particularité commune: l'art de flinguer à tout va. Au gros calibre. Pénos et coups-francs (in)directs pour le Stéphanois (1966-74) passé ensuite par Marseille (1974-78) ou à balles réelles pour son homonyme (ou presque) transalpin. Cette remarque s'applique aussi au premier quand il est énervé. Quoiqu'il en soit, ça canarde sévère avec ces deux-là. Sans compromis ni dialogue. La mort subite pour l'adversaire sans attendre les prolongations ni les tentatives de conciliation. Si le Rital tire en rafale, le franco-polonais n'est pas en reste et passe commande à la manufacture locale pour commettre délits et méfaits sur le pré qui en font une des plus fines gâchettes du championnat. Sans smoking comme James Bond qui rafole du p'tit Beretta italien, mais toujours la fleur au bout du fusil. Sur la poche du costard c'est plus classe mais le résultat est le même pour Jojo la patate. Un tonton flingueur qui travaille aussi à la dynamite, le cas échéant, pour faire exploser les lignes défensives adverses. Surtout lors des combats européens. Demandez à Hajduk, une bande de mercenaires yougos qui splitte un soir de 74. Du tir à vue qu'on appelle ça. Les gars tombaient comme des mouches... ou des pigeons. Poule !

A.S SAINT-ETIENNE 1973-74.
Debout: Curkovic, Bathenay, Piazza, Janvion, Lopez, Repellini.
Accroupis: P. Rvevelli, Larqué, H. Revelli, Bereta, Synaeghel.

HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. Claude Le Roy et David Lee Roth.


CLAUDE LE ROY et DAVID LEE ROTH.
Claude Le Roy est Normand. David Lee Roth a vaguement entendu parler de ce coin paumé en cours d'Histoire en se tatouant " gloire à Satan " sur les bras. Le débarquement, tout ça. Le Camembert de Meaux. Thierry Marie, Jacques Anquetil et Michel Sardou qui a chanté " Le (tour de) France " en Normandie juste après les Ricains. Oui monsieur. Une chanson made in Normandie. Bon, et alors ? DLR vient de l'Indiana mais ne porte pas pour autant un chapeau sur la tête ni de lasso dans les pognes. Juste un bandeau sur le front pour attacher ses cheveux longs. Comme Björn Borg. Wimbledon. Les raquettes Dunlopilo. Le gazon. Claude Le Roy le foule justement tous les week-ends avec des clubs de seconde zone (Rouen, Ajaccio, Avignon, Laval...) alors que David le tondrait volontiers à la tronçonneuse avec ses copains hard-rockeurs. Van Halen. Des types qui ressemblent à rien et sautent partout l'histoire d'un tube. Un peu comme les mecs de Marseille quand les joueurs rentrent sur la pelouse. Bah y ressemblent à rien ('tain là ça va cogner). Rien qui vaille pour Cloclo – mais personne l'appelle comme ça, déjà pris – qui goûte peu les orgies de riffs et reste un peu plus classique, voir franchouillard dans ses choix. Le côté bonne vieille France du tango lavallois, du Pont d'Avignon où l'on danse comme des guedins et des polyphonies corses. Les valeurs du terroir. Tom Petty aussi. Les liens du sosie rebelle des champs. " I won't back down " sur la Nationale 6. Et en stop. David Lee Roth c'est plutôt 666 et compagnie. Kros dans le slip et torse-nu dans la foule. Le frontman. Claude Le Roy joue à l'aile, du côté des amplis à l'ombre des spots. Celui qui dribble, centre, fait la dernière passe et qu'on oublie plus tard. Un peu comme David Lee Roth en fait. On l'a oublié. Claude Le Roy disparaît lui en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie et Strasbourg aussi. Come-back foiré. Garde à vue et mise en examen. La lose. David Lee Roth aurait monté un groupe avec Borg. La lose aussi.

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