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La grosse cylindrée de CHRISTIAN LOPEZ.


Quand on lui demande, mais qu'auriez-vous fait si vous n'étiez pas devenu footballeur professionnel ? Christian Lopez répond à fond, à fond : « Pilote de course. En monoplace. » Un vieux rêve de gosse que le taulier de la défense stéphanoise réalise un jour de novembre 1979 grâce au magazine Onze, lequel organise un rendez-vous entre Jacques Laffite et Jeannot du côté de Vichy, au siège de l'écurie Ligier. Le roi du tacle pose son cul dans le baquet de la JS11 et bombe - encore une fois - le torse.

Christian Lopez et le staff Ligier.

Et des images qui défilent dans sa tête. « Quand il y a un Grand Prix le dimanche à la télévision, avoue le défenseur international, bien calé dans l'habitacle du bolide, je ne suis là pour personne. Inutile de me parler. Je n'entends rien, je plane. » Une passion sans frein pour celui qui vit un GP avec ferveur, à la manière des supporters des Verts depuis les tribunes de Geoffroy-Guichard. Et qui s'émerveille devant les exploits des pilotes. « Au Grand-Prix de France (à Dijon-Prenois, août 79), pendant le fantastique duel Arnoux-Villeneuve, j'étais comme un fou » embraye la nouvelle recrue de l'écurie bleue avant de prendre part au briefing de la JS11. Jacques Laffite – secondé par Guy Ligier, le patron, et Gérard Ducarouge, le n°2 – passe en revue le tableau de bord et le fonctionnement de la boîte de vitesse. En fermant les yeux, Christian Lopez s'imaginerait presque sur le Paul-Ricard ou à Spa. Mais c'est déjà l'heure de rentrer à Sainté. Le libéro des Verts ne décolle pas du retour : « Et quand je pense que tout ça se passe à plus de 200 à l'heure ! C'est prodigieux. » Va falloir quand même se concentrer un peu à nouveau sur les gestes défensifs Jeannot.


Photos souvenirs.


La grosse cylindrée de PATRICK REVELLI.


Au début de l'été 1978, Patrick Revelli quitte Saint-Etienne et débarque à Sochaux. Trop hot ! Dans la foulée, le cadet des Revelli en profite pour filer chez un concessionnaire et s'achète la 604 Peugeot dernier cri, à prix d'usine, eu égard à son statut d'employé du club de la marque au lion. Un modèle turbo qui a du coffre, bouffe du bitume, à la tenue de route impeccable en hiver sur les routes enneigées du Doubs, et friand des grands espaces à la manière de l'ancien attaquant stéphanois. Pour résumer, le gros joujou de la « Peuge » décoiffe et offre une seconde jeunesse au « Gaulois » lequel fait le plein de super du côté du stade Bonal. « La 604, elle a du chien » s'exclame avec force admiration le jovial moustachu aux cinq capes internationales. Bon, à Sochaux, on dit plutôt avoir du lion. Rapport à l'image du club, Patrick, enfin...

La grosse cylindrée de PATRICE RIO.

Patrice Rio et papa : un amour de R8 Gordini.
« Ma première voiture a été une R8 Gordini et à l'époque j'étais fou de vitesse » démarre au quart de tour Patrice Rio au cours de l'année 77, une année qui voit le retour de Niki Lauda au premier plan après son crash sur le circuit du Nürburgring au mois d'août 76. Un accident qui a peut-être influencé le style de conduite du défenseur nantais, mais pas que. «  Avec l'âge et les responsabilités, je me suis un peu calmé. Je roule aujourd'hui en R30 et ma femme en R5 » concède le Fangio normand les deux pieds sur la pédale de frein. Mais pour ce féru de sport auto, la passion est toujours en pôle comme au premier jour. « Je continue à suivre de très près toutes les compétitions automobiles. Je lis la plupart des revues spécialisées et j'examine attentivement les résultats de tous les Grands Prix ou des grands Rallyes. » Dans les toilettes, à droite au fond du couloir, Patrice Rio s'adonne à la lecture des magazines. Un amour par procuration qui comporte moins de risque, même si le virus de la vitesse coule toujours dans ses veines. Et la compétition alors, jamais été tenté  ? « Si, très souvent. Mais le football m'en a empêché, ce qui est peut-être aussi bien. A Rouen, j'ai failli participé au Rallye de l'Ouest. Tout était prêt : la voiture et mon coéquipier. Mais au dernier moment, l'épreuve a été annulée. » Et Patrice de garer la Gordini dans les stands, les rêves de victoire et de drapeau à damier envolés. Le Nantais suit désormais les exploits de ses pilotes préférés depuis son salon, devant son poste de télé, ou sur les circuits quand son planning l'y autorise. Qui sont-ils d'ailleurs ? « Tous les cracks de la Formule 1. Mais j'ai une petite préférence pour les Français Depailler et Jarier ainsi que pour Fittipaldi et Niki Lauda. » Des cadors de la vitesse et de la trajectoire millimétrée. Mais quand on lui demande son avis sur la limitation de vitesse sur les routes, Patrice Rio se montre pragmatique. «  Compte tenu de l'état général de notre réseau routier, il est bon de limiter la vitesse. C'est un gage de sécurité. Que ceux qui veulent pousser à fond leur mécanique et prendre des risques aillent rouler sur des circuits. » Paroles de défenseur du F.C.N et de la bonne cause.

La grosse cylindrée de JACQUES ZIMAKO.


Pour Jacques Atre, plus connu sous le pseudo Zimako, l'auto c'est sympa, mais vraiment sans plus. « Oui j'aime bien la voiture en général, concède le Néo-Calédonien sans feinter, parce que c'est pratique et finalement confortable. » Voilà, Jacques a dit, pas trop non plus, et y a pas à discuter. Pas même sur le choix du véhicule. Zim' a opté pour la Renault 30, un modèle de 1977*. Une berline sympa pour le Kanak, lequel estime de toute façon que la bagnole est « avant tout [...] un outil nécessaire. » Point barre. Pas moyen donc de causer tuning ou monster-cars. Le rapide attaquant passé par Bastia, Saint-Etienne et Sochaux - où là, bah il est bien obligé de rouler en 104 Z comme tout le monde - se moque de la vitesse, et n'est pas maître dans l'art du crissement de pneus au feu rouge. En gros, un vrai boulet pour Dominique Chapatte et son « turbo » sur la petite chaîne qui monte. « Je n'ai pas de voiture de sport, se félicite d'ailleurs Zimako, gonflé comme un bibendum. Il y en a de jolies, mais elles roulent trop vite pour moi ! » Une petite dose d'humour pour masquer son ignorance et un total désintérêt pour le sujet. Zim' dégage en touche de manière très courtoise, sans trop s'étendre. Et lorsqu'il s'agit d'évoquer le rôle néfaste de l'automobile sur la santé de la planète, Zim' reste autant évasif. « Je crois qu'il y a beaucoup de choses qui polluent plus que la voiture » lâche le roi du corner direct en guise de conclusion. Comme les questions à la con par exemple, n'est-il pas Jacques ?

*date de l'interview parue dans Football Magazine (, n°218, novembre 1977).

La grosse cylindrée de RAINER BONHOF.

Rainer Bonhof ou le romantisme à l'allemande.

Avant de s'envoler vers l'Argentine avec la Mannschaft pour y défendre une couronne de champion du Monde, Rainer Bonhof recharge ses batteries chez Vati und Mutti, au sein du cocon familial où il puise sa concentration dans sa chambre d'ado. De sa couette, après son quatre-heures, une coupe à la François Cevert sur le casque, l'attaquant de Mönchenglabach replonge dans sa jeunesse fougueuse passée les mains dans le cambouis. Avant de devenir une pièce essentielle du Borussia et de la Mannschaft, Rainer Bonhof était mécano, et rêvait au romantisme de la Formule 1. La Lotus d'Emerson Fittipaldi, en poster sur son mur, et une vie comme celle de son idole du moment – le pilote autrichien Jochen Rindt. Enfin pas tout à fait puisque Rindt est sacré champion du Monde de F1 à titre-posthume en 1970. Le coureur automobile s'est crashé dans la saison à Monza. C'est d'ailleurs un fait unique dans les annales de la Formule 1. Rainer Bonhof connaît tout ça par cœur et a bien saisi la nature du message à la fin de sa lecture. « Ach, même morts, à la fin c'est toujours les Allemands ou les Autrichiens qui gagnent ». Bon, OK. Mais pas trop pour les Autrichiens quand même non plus. Allez, salut Rainer et bonne bourre !

La grosse cylindrée d'ABDEL DJAADAOUI.


« Ma vuitire ? C'est ine Pigeot 504 ». Dix ans à Sochaux, entre 1972 et 82, ça laisse forcément des traces dans l'esprit d'Abdel Djaadaoui. Le pilier de la défense des Lionceaux roule pour le fleuron de l'industrie locale en mode bledard represent. Une manière aussi de pratiquer l'humour et le sens de l'auto-dérision. Le natif de Beni-Saf joue à fond l'image qui lui colle à la peau comme un tatouage. L'Arabe en 504. Le bon vieux cliché du nanard franchouillard au ciné. En 16/9, la version break pour le modèle automobile. « Pas di tout, s'étonne l'international algérien, c'est ine modèle standard di 76 ! » Mais au fond, la bagnole et les étiquettes, Djaadaoui s'en bat un pneu. « On ne peut pas dire que la voiture soit un des objets dont je raffole » balance t-il comme ça quand on lui demande des infos sur sa caisse à l'automne 77. Pas vraiment le meilleur élément pour faire la promo de la marque au lion, Djaadaoui va même plus loin. « Et du coup, avouant sans détour, je n'ai pas spécialement l'occasion de me servir de la mienne ». La voiture au garage, le Sochalien fait tout à pinces, une marguerite entre les dents, et prend le temps de vivre. Au moins un qui participe à la préservation de la planète et fait la nique au choc pétrolier. « D'autant plus qu'à Sochaux, ajoute le footballeur altermondialiste, nous bénéficions d'installations bien groupées qui n'obligent pas à faire de grands parcours ». Sur le banc Titine qui prend la poussière et joue l'Arlésienne. Privée des sorties le dimanche et jours fériés, elle ronge son frein sous une bâche. « L'emploi du temps d'un footballeur ne permet pas par ailleurs les voyages en dehors des déplacements avec l'équipe, Abdel argumente sur son choix de vie pas trop wawawoum, [donc] ma voiture est souvent au garage ». C'est définitivement l'hôtel du cul tourné entre le joueur et sa mécanique. D'ailleurs, il tient à clore le débat d'un ton ferme mais presque. « On ne peut pas dire que je me sente heureux au volant. Je préfère en tout cas la marche à pied » lâche t-il en saluant la mémoire de Jacky Boxberger, l'autre grand marcheur du coin licencié aussi au F.C Sochaux-Montbéliard. Au moins, ça c'est fait. Peace Abdel.

La grosse cylindrée de JACKY NOVI.


« J'aime les routes bleues, les routes Citroën ». C'est à cause de cette pub à la con que Jacky Novi, qui n'aime ni Séguéla, ni Julien Clerc et encore moins Citroën, a opté pour une autre marque. « Une 504 Ti, une berline » lâche sans motivation le Strasbourgeois en novembre 77. Une 504 Ti Le Luron ? Bon là, on vanne un peu mais c'est pour détendre l'atmosphère, parce que les bagnoles, Auto-Moto 1 et Jean-Pierre Jarier, Jacky est comme le tube des Ablettes, il s'en fout carrément. Jacky a toujours le temps finalement. Le style chauffeur du dimanche un poil pragmatique, le côté force tranquille. « La voiture est pour moi un outil de travail, sans plus, explique l'ancien parisien au feu rouge. J'ai deux gosses, cela vous fait réfléchir au moment de mettre le pied sur le champignon ». Puis de démarrer et de rester coincé en seconde pendant tout le trajet. Un rythme de croisière à l'image de notre pilote du jour. « Je suis un conducteur tranquille, attentif, concède Jacky alors qu'une mamie à vélo le double par la droite, et irritable seulement quand nous avons perdu ». Ce jour-là, son équipe a pris une taule. C'est la vieille qui a morflé. Purée, on avait pas l'air con nous après avec notre rubrique.

La grosse cylindrée de GEORGE BEST.

Georgie Best : la Rolls des joueurs !

En 1972, c'est le début des ennuis pour George Best (en fait, ils ont commencé bien avant cette date). Manchester United, las des excès en tous genres du « Belfast Boy », le colle sur la touche et sur la liste des transferts. La star des Red Devils, qu'une barbe naissante a du mal à cacher les kilos superflus, part alors en « retraite » anticipée à 26 ans, ne supportant plus le régime imposé par son coach Franck O'Farrell : des salaires d'amendes pour son manque de vertu, des séances d'entraînements supplémentaires et l'obligation de quitter sa maison pour un lieu plus calme. « Best the best » est à la diète, surveillé de près par les dirigeants du club, ce qui ne l'empêche pas de commettre encore quelques folies. Ainsi, pour évacuer le spleen et son vague à l'âme, Georgie complète sa collection de voitures de luxe garées dans son garage en faisant l'acquisition d'une superbe Rolls Royce Silver Ghost. Montant de l'achat : 11.000 livres (14 millions AF). Avec son auto blanche comme une colombe, le Nord-Irlandais ne cherche t-il pas par là à se racheter une bonne conduite ? George Best réintègre l'équipe pendant la saison avant de quitter définitivement Manchester en 1974, sur une énième sortie de route. Georgie n'a en fait jamais cessé ses écarts de conduite depuis son retour. La fâcheuse habitude de rouler bourré au volant...

La grosse cylindrée de GERARD MIGEON.


Gérard Migeon ronge son frein sur la ligne de départ, type Le Mans, parce que la vitesse l'enivre et qu'il est prêt à lâcher les chevaux au sujet de sa Renault 20. Un modèle de couleur blanche. Année 1977. Une manière de faire son punk au volant, n'est-ce pas La Mige ? « J'ai pris cette voiture parce que j'aime rouler vite, lâche le gardien de l'OM à l'été 77, quelques semaines après la victoire du trio Ickx-Haywood-Barth aux 24 hrs du Mans. Mais je ne suis pas un kamikaze ». Sous-entendu : le portier olympien n'est pas Jean Alesi, départ à fond, virage et bac à gravier. Gégé pilote plutôt comme Alain Prost, calculant les risques et les pièges d'une conduite le pied dans la taule tout en pestant contre les radars. « Je suis un peu contre la limitation de vitesse. Si on a construit des autoroutes, c'est justement pour permettre aux voitures rapides, aux puissantes cylindrées, de rouler selon leurs possibilités ». Tu l'as dit Mimige qui enrage aussi contre les chauffeurs du dimanche, les mamies dans leur poubelle et les jeunes cons avec leur 104 Z peinturlurées aux couleur de l'écurie Talbot sport. « Les petites voitures qui foncent à leur maximum, commente l'ancien stéphanois sur la file de gauche, sont plus dangereuses ». Chrono au poignet, vêtu de sa combinaison ignifugée et bien calé dans son siège baquet, le gardien de l'OM dévie ensuite de sa trajectoire, flirtant parfois avec la sortie de route. « Evidemment, l'auto, ça pollue, concède G.M comme General Motors avec le plus grand sérieux. Hélas, on n'a pas encore inventé le moteur à eau ». Visiblement, lui n'en met pas beaucoup dans son Ricard pour philosopher sur les progrès de l'automobile, y allant de sa petite phrase rapportée par ses potes de comptoir. « On peut cependant chercher des solutions pour enrayer la pollution ». Et allez hop, tiens tu m'en remettras un deuxième, juste pour la route. Donc, l'automobile ça schlingue, c'est dangereux si on a un moteur de tondeuse à gazon sous le capot, et les piétons alors Gégé ? Un avis ? Le Marseillais fonce droit au but, plutôt dans le mur en l'occurrence : « Les piétons sont dangereux pour les automobilistes. C'est pourquoi je suis tout à fait favorable aux rues piétonnières comme il en existe dans le centre de Marseille, théorise le footballeur-pilote en grand spécialiste des circuits en ville. Et un Monaco pour la une. Hips. Comme piéton, j'apprécie de faire du lèche-vitrine en toute sécurité ». Bah, ça y est, Gérard a bouffé le rail. Un tout-droit à pleine vitesse. C'est moche l'alcool au volant.

La grosse cylindrée de JEAN-NOËL HUCK.


Jean-Noël Huck démarre au quart de tour quand on le branche bagnoles et p'tits bolides à la fin de l'année 77. «  J'ai eu une Porsche, une BMW... » lâche le milieu niçois en poussant la porte de son garage orné d'affiches des 24 heures du Mans et de la Mannschaft circa 74. Pour un peu, il manquerait presque d'être tondu sur la Promenade des Anglais à frimer comme ça au volant des prototypes allemands. Un amour des belles mécaniques à chercher d'abord du côté de ses racines alsaciennes et un goût immodéré pour la vitesse. « J'aimais ces grosses voitures pour leur solidité, leur ligne, leurs performances aussi » concède le frisé (c'est vraiment sa chevelure en fait) qui s'improvise souvent pilote des circuits en dehors des terrains. « J'ai fait des Nice-Strasbourg à des moyennes... intéressantes ». En gros, de quoi faire pâlir d'effroi Bison Futé, Niki Lauda et les motard de la maréchaussée postés sur le bord des routes. Jean-Noël est comme ça, un vrai nique-la-mort lancé à toute berzingue sur l'asphalte. Mais l'incroyable Huck a changé depuis et raccommodé ses chemises déchirées qui faisaient mauvais genre pour rendre visite à la famille. Quoique. L'Aiglon s'est collé des fleurs dans les cheveux et milite désormais pour la paix dans le monde et les virées cul nu dans les prés. « Ma philosophie de la voiture a changé du tout au tout, avoue l'Alsacien sans aucune nostalgie. Plus d'excès de vitesse, plus de frime ». Huck a enfin trouvé son karma. Paix, amour, liberté et fleurs mais toujours avec l'accent teuton. « J'ai eu le béguin pour la Coccinelle décapotable et nous nous entendons très bien ». Depuis, Jean-No ne retourne plus à Strasbourg mais passe ses week-ends à Monte-Carlo. Avec Choupette, le petit nom de sa copine à la silhouette arrondie et un gros coffre à l'avant.

La grosse cylindrée de IVAN CURKOVIC.


Quand on parle voiture avec Ivan Curkovic, ce dernier fait un bond en arrière comme pour saisir la balle au vol et troque le short contre la blouse du professeur d'Histoire. « C'est un objet symbolique de notre civilisation, lâche le gardien stéphanois au volant de sa Mercedes 300 D de 1976. On en construit de plus en plus et de plus en plus vite ». Curko évoque ainsi le début du siècle dernier et la période de l'industrialisation, l'organisation du travail sur fond de taylorisme et de productivité. Ce qui n'est pas sans gêner le portier yougoslave qui pointe, philosophe, les limites du système: « C'est donc aussi un objet finalement éphémère, qui s'use relativement rapidement, balance t-il le cul bien tassé sur la moleskine de son bolide allemand avant de balancer, presque résigné par les méfaits d'une société de consommation, parce que l'époque le réclame ». Depuis son arrivée en France en 72 et grâce aux émoluments offerts par le président Rocher, la vie de l'ancien du Partizan a changé de direction. Cap à l'Ouest, capitalisation des économies, épargne, Ivan goûte au confort et au matérialisme à l'occidentale. Mieux vaut donc rouler en grosse berline à l'accent teuton qu'en Yugo aux roues carrées. Niveau sécurité, c'est bien plus sûr. Et Curkovic sait de quoi il cause. Son rôle est justement d'assurer dans les bois. C'est pareil sur la route désormais à la faveur de sa nouvelle automobile, son sens de l'anticipation, et l'expérience acquise au volant de son vieux mulet dans les rues de Belgrade à l'époque du Maréchal Tito : « Il n'empêche que les voitures rendent service dans la mesure où on sait les utiliser à bon escient, ronronne Curko avant que le moteur ne s'emballe et de partir en aqua-planning dans le fil de ses pensées. Du coup, cela résout presque le problème de la pollution qui dépend avant tout de la façon qu'ont les gens d'utiliser les produits de la société de la consommation ». Vu sous cet angle, pourquoi pas, mais au moment de développer Curko file au garage changer une durite.


La Mercedes à Curko au Musée des Verts (photos : VFC)

La grosse cylindrée de MICHEL PLATINI.


« Je possède une Renault 5 TL depuis un bon bout de temps, lâche Michel Platini en descendant dans son garage. Et j'en suis très satisfait ». Visiblement, la marque au losange a les faveurs du n°10 lorrain. Mais si la star de Nancy et étoile montante du foot français de la fin des seventies brille sur le pré, il ne joue pas les pilotes sur le bitume. Michel n'est pas bien vaillant sur la route. Pas son truc de jouer les Fangio et encore moins de mettre les mains dans le cambouis. De peur de salir son maillot blanc frappé du chardon ? Pas du tout. Pour Platoche, la bagnole n'est rien de plus qu'un moyen de locomotion utile et agréable pour rallier la maison au stade Marcel Picot, ou quelques destinations sympa le week-end venu, à condition de ne pas en devenir otage: « Je ne connais rien à la mécanique. J'aime l'auto pour son côté pratique, pour la liberté qu'elle procure, pour ce qu'elle représente de plaisir quand je l'utilise pour partir en vacances par exemple ». Pas vraiment un spécialiste du seau d'eau et du chiffon le dimanche pour faire rutiler la carrosserie, ni un lecteur assidu des revues spécialisées, le milieu nancéien entretient un rapport distant avec sa R5 rouge de 1974 et se tamponne royalement de sa côte à l'argus, préférant nettement ses notes personnelles dans le France Foot du mardi. La voiture, c'est bien pour aller faire les courses, rendre visite à la famille et éventuellement faire un tiercé au PMU du village voisin. Un point c'est tout. « Je ne lui en demande pas plus ». Peut-être quand même à servir à arrondir les fins de mois quand il s'agit de faire la publicité de la R12, et décupler son salaire lorsqu'il rejoint la Juve quelques années plus tard à la demande du président Agnelli, le boss de la Fiat qui lui offre une Ferrari en cadeau. Aucune réaction du futur capitaine des Bleus, Platoche vient de démarrer sur les chapeaux de roues en laissant de la gomme sur le trottoir, un doigt d'honneur à notre intention. Un automobiliste comme un autre finalement.

La grosse cylindrée de PATRICK BATTISTON.


Pour un peu, on se croirait aux 24 heures du Mans et son départ-type émaillé d'obstacles. Ce qui n'empêche pas Patrick Battiston de courir et d'enjamber le portail de la maison avec une technique et une aisance très aériennes. Un geste qu'il réalise tous les matins pour rejoindre le centre d'entraînement du F.C Metz et retrouver ses partenaires dans la joie et la bonne humeur. Le Messin ne s'en cache pas, trop heureux de poser les fesses sur le cuir de son Autobianchi, une petite automobile achetée avec ses premières économies et ses primes de stagiaire. Et de faire crisser les pneus au démarrage et partir sur les chapeaux de roues en réveillant tout le voisinage : « Ah bah tiens, il est en retard aujourd'hui l'Battiston. Va bien finir par écraser quelqu'un un d'ces jours çui-là ». Battiston s'en fout, il n'y a pas encore le permis à points. Des points qui manquent cruellement à Metz au classement général à l'époque.

La grosse cylindrée de ZBIGNIEW BONIEK et la délégation polonaise.

Un petit air de Magnum pour Boniek et ses copains.

Après avoir obtenu son visa pour l'Espagne les doigts dans le nez en remportant tous ses matches dans un groupe plutôt faiblard (RDA et Malte), la Pologne entame au début de l'année 82 sa préparation pour la coupe du Monde par une tournée en Italie, futur adversaire des hommes d'Anton Piechniczek. Loin des remous et de l'état de siège instauré dans le pays par le très lunettes noires pour nuits blanches général Jaruzelski, qui réprime par la force et dans le sang opposants au régime communiste et militants du syndicat Solidarność, la sélection polonaise coule des jours heureux dans la Botte. Au programme, quelques rencontres amicales avec des équipes locales (Modène, Inter et la Roma). L'occasion pour le sorcier Piechniczek de prendre la température de son groupe - il emmène 19 joueurs au total - qu'il juge un peu vert et inexpérimenté hors de ses bases, et d'acclimater ce dernier à un public chaud et hostile qui l'attend en Espagne : « Mon équipe est jeune et son rendement trop inconstant, d'où la nécessité de faire jouer mes hommes autant que possible à l'extérieur pour les habituer à sentir le soutien d'un public fervent ». Voilà pour la version officielle, l'autre est à chercher ailleurs, du côté des usines de la marque au cheval cabré à Maranello.

Piechniczek file à l'Anglaise. Ses joueurs feront du stop - Zmuda et Enzo Ferrari

Profitant de la rencontre qui l'oppose à Modène en début de stage, les Polonais foncent à quelques kilomètres de là pour visiter les infrastructures de la scuderia Ferrari, sur invitation du « Commendatore » en personne, lequel n'a pas tout à fait rompu le lien qui unit son histoire à celle de la Pologne. Une rencontre émouvante qui ravive la mémoire du vieux Enzo Ferrari : « Pendant la guerre, j'ai caché trois Polonaises dans l'une de mes maisons. L'une d'entre elles était d'origine israélienne. Je suis athée mais je me rappelle encore de la croyance de ces trois personnes, du sens de la Religion que j'ai moi-même ressenti lors de l'attentat contre le Pape, un autre Polonais qui a fait preuve de son grand esprit de charité ». L'ingénieur ne mégote pas avec les présentations et, pour un peu, tirerait presque les larmes aux yeux de la délégation polonaise, surtout éblouie par la beauté des bolides rouges. Même quand il parle calcio et évoque le rendez-vous espagnol, Enzo Ferrari tire sur la corde sensible : « Pour ceux qui suivent la chose très sérieusement, la Pologne est notre adversaire le plus dangereux. Dans le sport comme dans la vie, rien n'est le fruit du hasard. Tout, au contraire, dérive de l'engagement mis en chaque chose. Les Polonais doivent apprendre cela ». Pour traduire, les hommes de Piechniczek doivent croire en leur chance. En attendant, Boniek et ses copains veulent bien croire au bon dieu et prient de tout leur cœur : « Mais bordel, quand est-ce que je vais pouvoir grimper dans la tire et monter dans les tours ? » C'est pas tous les jours qu'un Polonais touche une Ferrari du doigt. Même pas en rêve.

La délégation polonaise avec Il Commendatore.

La grosse cylindrée de ZICO.


Zico, un joueur classe sur le terrain comme à la ville. Le milieu offensif de la Seleçao et ses copains profitent du climat chaud qui règne dans son pays pour circuler en décapotable dans les rues de Rio. Une sorte de boys band en vadrouille qui tombe la chemise pour lever de la minette. « Un plan comme ça » semble indiquer le Pelé blanc, pas trop difficile sur le choix des couleurs et du modèle. L'occasion, comme le type du véhicule, de bien faire marrer les copains et rouler en toute décontraction.
  

La grosse cylindrée du TEAM PSG.


Urgent. Vds cause départ en Province, et parce que je suis plutôt Peugeot, superbe Citroën Visa spéciale PSG. Modèle d'origine, année 1983 (ou 84), toutes options, faible kilométrage, poste à K7 intégré, vendue dans son jus (couleurs et décorations d'origines). Intérieur rouge et bleu et sièges avants dédicacés par les joueurs. Visible sur le Champs-de-Mars. Prix à négocier. Pour tous renseignements : s'adresser à Lucien Leduc ou au siège du club.

La grosse cylindrée de HECTOR YAZALDE.

Carlos Reutemann et Hector Yazalde causent tranquille. Au milieu, le Kaiser évoque déjà Schumacher.

Été 1976. Ça chauffe sur les plages du sud de la France et l'asphalte du circuit Paul-Ricard au Castelet, théâtre du grand prix de France de F.1. Un soleil de plomb qui n'empêche pas les fans de sports mécaniques et l'ancien soulier d'or européen Hector Yazalde d'assister à la 8ème manche du championnat. L'attaquant marseillais profite de l'inter-saison et des vacances bien méritées après la victoire de l'OM en coupe pour assouvir sa passion de la vitesse et des gros moteurs en lézardant dans les stands avant le départ. L'occasion d'admirer la Tyrell P34 à six roues de Depailler (2ème à l'arrivée) et de saluer son compatriote Carlos Reutemann avant le départ de la course. Une rencontre pas vraiment bénéfique pour le pilote argentin qui termine l'épreuve dans les embouteillages (11ème) loin derrière le vainqueur du jour, l'Anglais James Hunt. Pas rancunier pour un peso, le coursier de l'écurie anglaise Brabham-Alfa Roméo accepte par la suite l'invitation du buteur olympien de venir assister au 1er tour de la coupe des Coupes qui oppose l'OM à Southampton. Les Phocéens tournent en sous-régime à l'époque et sont lamentablement éliminés par les Anglais (4-0, 1-2) alors en D.II. Et les deux Argentins de partager finalement la même ligne en fond de grille et le goût de la défaite. Moteur cassé.

Yazalde et la Tyrell à six roues. Visiblement son pilote est en vacances.

La grosse cylindrée de VLADIMIR MUNTIAN.


Vladimir Fedorovitch Muntian est un homme heureux et fier. Et pas seulement de son bonnet. L'attaquant du Dynamo Kiev jubile plutôt à l'idée de présenter sa petite merveille d'automobile. Une Volga noire rutilante. La Mercos du Popov. Le symbole funky de la réussite en Union Soviétique. Muntian bénéficie des privilèges de la profession qu'il pratique en amateur - les joueurs ne sont pas payés et exercent un vrai métier dans la vie - mais n'épargne pas les petits cadeaux de la fédération. Une manière de se démarquer, comme il a l'habitude de faire sur le pré au sein de l'attaque ukrainienne, du petit peuple ouvrier qui doit économiser 30 ans pour s'acheter une pauvre Lada pourrie. De quoi pavoiser et vouloir nous montrer l'intérieur personnalisé pour finir d'épater son monde. Et bah merde, les clefs ne sont plus dans ses poches. Un oubli fâcheux ou bien plus simplement n'étaient-elles pas fournies dans la livraison ?

La grosse cylindrée de HUGO BARGAS.


Pour Hugo Bargas, sa passion en dehors du foot, c'est l'automobile. D'ailleurs le milieu nantais embraye direct et part le pied dans la tôle quand on évoque le sujet: 
- « Ma voiture, c'est comme une femme. Je la bichonne, je l'entretiens, ça m'arrive même de lui parler des fois. Tiens, pas plus tard qu'hier j'ai installé un aileron aérodynamique à l'arrière et des jantes chromées. Autant dire que ça jette, mais là ça se voit pas trop avec ce temps de merde qui déguelasse mes pneus. Je passerai des heures dans mon garage à bichonner mon auto. Un peu comme ma douce qui se refait la carrosserie tous les matins dans la salle de bain, j'adore ajouter une petite touche de coquetterie et personnaliser ma seconde femme. Par exemple, le fanion du FC Nantes sur le rétro intérieur, c'est le nec plus ultra en Bretagne. Et t'as maté la couleur? Jaune poussin ! C'est pour marquer mon attachement aux Canaris. Cui cui. Ah, ça c'est mon klaxon. Bon, j'te laisse parce que Bertand-Demanes me colle au cul et il est pressé de prendre un p'tit jaune chez Gadocha qui pend la crémaillère. Moi aussi d'ailleurs. Allez je file m'acheter le dernier Sport Auto en vitesse avant qu'le Bob soit saoul comme un Polonais. Ah bah merde alors, y a Bertand-Demanes qui vient juste d'écraser la mère Michel...  ».
D'un autre côté, c'est ça aussi quand on roule vite sous la pluie. Les distances de freinage, tout ça. Bon, merci quand même Hugo. Nous on va finalement rentrer en stop à bien y réfléchir.

La grosse cylindrée de KEVIN KEEGAN.


En Formule 1, Jacques Laffite et Guy Ligier ont hissé haut les couleurs du sport automobile français au sein de l'écurie Ligier-Gitanes. C'est pareil de l'autre côté de la Manche avec Kevin Keegan, le pattes d'eph ignifugé et son team Ligier-Gipsy sponsorisé naturellement par les Gipsy Kings, pas encore connus à l'époque, qui lui refilent deux clébards en guise de coéquipiers. C'est bien connu, avec un chien dans le moteur on va toujours plus vite, et on gagne bizarrement des chevaux fiscaux. Une place de pilote officiel longtemps convoitée d'ailleurs par Tony Vairelles avant sa chute au sortir d'une boîte (manuelle à 5 rapports) de nuit. Une vieille rumeur court aussi sur les intentions de Serge Romano de prendre place dans le baquet du prototype anglo-saltimbanque à l'époque. Mais qui se souvient encore de Serge Romano ?

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