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FAN PICS. Nottingham Forest.


Le 30 mai 1979, la Marienplatz de Münich est envahie par une horde de supporters de Nottingham Forest venue encourager leur équipe pour la finale de la coupe d'Europe des clubs champions. Au stade olympique, les hommes de Brian Clough affrontent les surprenants suédois de Malmö et peuvent compter sur 20.000 fans anglais, aux joues rougies par la bière qui coule à flot dans la capitale bavaroise. Aucun incident notoire n'est à déplorer ce jour-là; une aubaine pour les organisateurs car parmi les supporters des Reds figurent très certainement des membres du Forest Executive Crew, un des groupes de hooligans les plus craints des Midlands.

Le F.E.C naît au milieu des années 70, à l'instar d'autres firmes qui émergent dans l'île. Sur fond de « Thatchérisme », de crise économique et de chômage, les membres du F.E.C se réunissent dans les terraces du City Ground pour y défendre leur territoire. Les débordements s'étendent souvent en dehors du stade et donnent lieu, parfois, à des scènes cocasses. Bon nombre de bastons se déroulent sur le pont de la London Rooad qui surplombe la Trent, à quelques foulées du City Ground. C'est ainsi que, pour sauver leur peau, quelques supporters adverses enjambent le pont pour finir dans les eaux du fleuve, sains et saufs, ou presque. Les jours de grand rendez-vous, le F.E.C peut compter jusqu'à 500 membres. C'est le cas en particulier contre les rivaux de Leicester et sa Baby Squad. Mais la fight ultime est réservée aux ennemis de Derby County et sa frange radicale : la Derby Lunatic Fringe. Les deux clubs, distants d'une petite vingtaine de kilomètres, sont liés historiquement à cause d'un homme, Brian Clough, lequel a coaché les deux équipes durant leur grande époque. Cette rivalité exacerbée se traduit sur le terrain, et surtout en dehors, depuis les années 60 en fait. Elle atteint son apogée en juin 1984 lorsque des membres de la D.L.F s'unissent aux hools de Leicester pour affronter Forest dans son fief. Partis à l'origine en virée pour fêter l'anniversaire d'un des leurs, la petite sauterie se termine en pugilat; des membres du F.E.C avertis de la présence indésirable de ces envahisseurs voient rouge. Entre 300 et 400 personnes prennent part à la bataille qui terrorise le centre-ville de Nottingham. Selon plusieurs témoins, c'est la guerre à coups de briques, de verres et tessons de bouteille. On dénombre plusieurs blessés chez les forces de police et les assaillants et un paquet d'arrestations (une soixantaine).

De cet affrontement naît cependant une amitié sincère entre les deux leaders des gangs opposés. Suite aux incidents et après un procès qui dure trois semaines, Tommo (D.L.F) et Boatsy (Gary Clarke) du F.E.C sont envoyés en cabane ensemble à la prison de North Sea. Les ennemis cohabitent, se serrent les coudent et finissent par s'apprécier. Depuis cette date, les rivaux d'hier alignent les pintes au pub tout en se consacrant à leurs petites affaires, chacun de leur côté. Tommo est DJ et Gary « Boatsy » Clarke a écrit un livre sur ses années hools (« Inside the Forest Executive Crew ») sorti en 2005.


MAI 1976. Une marée verte à Glasgow.

Les Verts à Hampden Park.
Si les Verts ont perdu sur le terrain la finale de Glasgow, au moins ont-ils largement gagné le match des tribunes du vieux Hampden Park. « Glasgow […], ce fût le Lisbonne ou le Milan des finales 1966 et 1970, emporté par un tourbillon populaire qui vous transforme une ville en un véritable carnaval de football, s'extasie Jean-Philippe Rethacker, envoyé spécial de Football Magazine, noyé sous une marée verte. Pendant quarante-huit heures, toute la ville fut peinte en vert, agitée jour et nuit par des soubresauts, des cris et des chants. Pas une rue, pas un pub, pas un magasin sans une écharpe ou sans un drapeau vert. On se serait cru à Wembley pour une finale de la Cup ». En 1976, la mode est au vert . Les habitants de la ville ont d'ailleurs pris fait et cause pour les Stéphanois. Même la presse. « Ils sont sympas ces Français » titre une journal local à la veille de la rencontre, « Go on, the Greens ! » balance en Une un autre. Glasgow est sous le charme des supporters français qui apportent de la joie et de la fantaisie dans les rues.

Et dans les gradins aussi, comme en témoigne un journaliste sur place. « L'exaltation à Hampden Park faisait littéralement chavirer la raison dans un tourbillon d'acclamations et de ALLEZ LES VERTS à l'unisson, écrit-il dans les pages de Foot Supporter Magazine. Pas une fausse note dans ce public ardent et fidèle, d'amis écossais et de fervents français de l'ASSE ». 10.000 ? 15.000 ? 20.000 ? 30.000 ? On ne sait pas trop du côté de la police locale, ni des manifestants. Trop nombreux en tous cas au goût des Allemands choqués par l'accueil. A Hampden Park, ils sont 80.000 contre eux ! Tous armés de trompettes, casquettes, t-shirts, maillots, sous-pulls et autres gadgets pour vaincre la grosse artillerie du Bayern. C'est une véritable invasion que l'on commente amèrement de l'autre côté du Rhin. La presse germanique jalouse également l'effervescence provoquée par les fans stéphanois. Sabotage !

Des artistes de la petite reine.
Par les airs, par la mer, les dirigeants de Saint-Etienne ont levé une véritable armée pour se rendre en Écosse. Une troupe de volontaires qui laisse les moins chanceux sur le carreau. Cette finale est un succès populaire à Sainté. « Quand je me suis présenté au stade Geoffroy-Guichard pour acheter un ticket, tout est déjà vendu m'a-t-on répondu avec surprise, lâche un supporter déçu. La ruade avait été authentique. Les guichets, ouverts le 26 avril à 14 heures, avaient dû fermer le lendemain à midi. 20.000 places vendues en moins de 24 heures. Un record ». D'autres, plus malins, utilisent la débrouillardise pour ne pas rater l'événement. Par la route et... à vélo. C'est le cas de deux fadas que rien n'arrête. André Zins, à la suite d'un pari, enfourche sa bicyclette depuis son village de l'Ain le samedi 24 avril. Paul Chomel prend sa roue le lendemain en partant de l'Ardèche. A leur arrivée à Glasgow, immortalisée par une photo sur la pelouse d'Hampden, le président Roger Rocher offre un billet et un repas avec les joueurs pour le premier, et une journée en compagnie de l'équipe stéphanoise, la veille de la finale, au second. La chance sourit aux audacieux qui, pour certains, déboulent de la France entière. « T'es d'où toi ? De Brest... Moi, de Lille... Et lui, de Marseille, peuchère. » Les journalistes du Progrès révisent leur géographie avec toutes ces provinces françaises venues encourager les Verts. Saint-Etienne, c'est la France. Et pour les Stéphanois, Glasgow c'est Sainté, comme le remarque un fan observateur : « C'est fou, toute la ville est pour nous. On se croirait à Saint-Etienne. » C'était il y a 40 ans, une autre époque.


- LES VERTS A GLASGOW EN PHOTOS -


FANS PICS. Mécréants de tous pays, unissez-vous


Le cliché date un peu, il remonte à une trentaine d'années lors de l'Euro 84 en France, mais il représente tout ce que le V.F.C aime : le foot et la musique. Des loisirs touchés dans leur chair en ce funeste vendredi 13. C'est pourquoi le Vintage Football Club, avec une modeste contribution, s'associe dans la douleur aux familles des victimes des attentats à Paris, et tient à rendre hommage aux morts de la rue Bichat, de la rue de Charonne, du stade de France et du Bataclan, lequel a payé un lourd tribut au nom de l'ignorance et de l'intolérance.

Peace, love et musique du diable ! Mécréants de tous pays, unissez-vous. Rincez-vous jusqu'à plus soif, mangez des travers de porc aussi gras qu'un riff de guitare hardcore, baisez, créez, montrez vos bites et vos culs devant l'obscurantisme, supportez vos clubs préférés dans les stades et écoutez de la musique subversive car le rock, c'est la révolte, l'assurance de rester (ou mourir) debout, de ne pas courber l'échine et combattre les fléaux de la société (guerres, racisme, corruption, …). Gavez-vous de la vie, elle est trop courte pour avoir la trouille, même si elle vient de prendre un méchant tacle par derrière et qu'un sentiment de peur domine en ces heures sombres.

Puissent les victimes de la barbarie du 13 novembre aller en Enfer, le Ciel est trop mal fréquenté, trop infesté de salopards, de martyrs aveuglés par une religion qu'ils abhorrent et salissent par leurs actes, des fils de Dieu je sais pas, de putes c'est certain. Et encore, je préfère largement honorer ces dernières qu'un quelconque assaillant armé, endoctriné à la haine de tout ce qui ne lui ressemble pas.

Que tous les innocents tombés sous les balles à travers le monde (car on meurt tous les jours partout sur la planète au principe de la différence) reposent en paix. Vous êtes des aigles du death-metal, du punk, du hardcore, du reggae, du ragga, de la java, du tango, du raï, de la salsa, de la pop, de la musette, du hip-hop, de l'electro, du hard-rock... Vous ne volerez jamais seuls.

Paris est magique et vaut bien une danse sur un rythme endiablé, la France est belle, colorée, multi-éthnique, et le Monde merveilleux (ou presque).

La vie est une fête, qu'elle continue. Fuck la mort et les balles, à part celles qui traversent les filets.

THE VINTAGE FUCKBALL CLUB

1975. La vague « houliganisme » débarque en France.

C'est en 1975, en marge de la finale de la coupe d'Europe des clubs champions organisée à Paris, que la France découvre avec stupeur le houliganisme. « Un mot qui fait peur » titre la revue Football Magazine à l'époque, qui enquête sur le phénomène au lendemain de la victoire du Bayern sur Leeds (2-0). Un match sous haute tension sur le terrain... et dans les tribunes. La conséquence d'une soirée pourrie (et pourtant, l'UEFA fêtait ce soir-là les 20 ans de la compétition) par le triste spectacle offert par les deux équipes sur la pelouse, et la prestation calamiteuse de l'arbitre français Mr Kitabdjian, dépassé par l'évènement, qui déclenche la colère des fans anglais. Un pénalty (flagrant) non sifflé et un but (valable) refusé, c'en est trop pour la colonie britannique déjà bien chauffée à la bière et au whisky. Bagarres avec les forces de l'ordre, sièges arrachés, et l'émeute qui se propage aux abords du stade après la rencontre, un centre commercial est notamment vandalisé. Le quartier du Parc des Princes ressemble à un vaste champs de ruines après le passage des supporters anglais, ces houliganes qui « n'attendent même pas d'être dans le stade pour tout casser ». La France a peur. Elle tremble et s'inquiète sur ce nouveau fléau importé d'Angleterre, et interroge ses voisins européens pour comprendre le phénomène.

Des fans de Leeds à Paris.

Quand on demande son avis au ministre des Sports belge Denis Howell, l'homme en noir - c'est un ancien arbitre international - adresse un carton rouge direct à la jeunesse anglaise. « Ce ne sont pas nécessairement des supporters, lâche dans son rapport le haut-fonctionnaire. Ils vont là où ils espèrent la bagarre, aux concerts pop, aux sorties de bal. Le football est le cadet de leurs soucis. Mais connaissez-vous plus belle occasion pour eux de faire les vandales que de se masser sur des gradins de stade ? » Une question qui ne reste pas en suspens pour le ministre belge qui énonce les mesures prises dans son pays pour endiguer la violence. Pose de grillage dans les tribunes, interdiction de vente de boissons dans des récipients de verre aux abords du stade, la responsabilité d'un club sur la tenue de ses supporters à domicile et en déplacement. Pour Howell, catégorique, « pareilles scènes [comme celles vues au Parc] sont impensables en Belgique ». On appelle ça prendre le taureau par les cornes et en Italie, la bête est coriace.

Pour Ferruccio Berbenni, correspondant italien pour France Football, le mal est profond dans la Botte. « La vague de houliganisme qui frappa l'opinion européenne à l'occasion de la venue de Leeds au Parc est malheureusement courante dans le Calcio » accuse le journaliste désarmé par l'organisation des tifosi les plus violents. « Ils se rendent au stade en bandes organisées et profitent d'une décision de l'arbitre pour déclencher la bataille. Ils provoquent des émeutes, l'intervention de la police, l'arrêt des matches et la suspension de terrain ». Le constat accable certaines organisations qui se font appeler « Léopards, Tigres, Lions ou Septembre Noir ». C'est dit. Ces groupes sont organisés comme des groupes para-militaires ou terroristes, et le journaliste italien de se souvenir « d'un derby romain où sévirent quantité de matraques, de chaînes, de pierres, un véritable arsenal ! » La violence dans les stades italiens est une monnaie courante. A Rome, à Naples, Milan, « le mal se répand dans toutes les villes », s'alarme Berbenni qui garde encore en mémoire les images (ou les témoignages) des fights entre bandes rivales. « Le Calcio est atteint par la violence, conclut-il en pointant sur la cause réelle du mal. La société actuelle est à la base de cette confrontation, compte tenu des malaises de l'homme moderne ». Peu épargné par la crise, le chômage ou le stress quotidien d'une vie chronométrée, l'homme éprouve un besoin de se défouler pour évacuer les tensions. Et quoi de mieux qu'une arène pour vivre un pur moment de rock'n'roll ? Le journaliste transalpin partage l'avis du ministre belge, et plonge un peu plus le couteau dans la plaie en s'attaquant aussi à l'arbitrage « qui trahit parfois l'esprit des lois par faiblesse ou excès de sévérité, ou par incompétence ». Le mot est lâché, et les dirigeants ne sont pas non plus épargnés, accusés « de réclamer le succès à n'importe quel prix et au mépris du fair-play ». Les joueurs - « ils excitent la foule » - et la presse évidement - « elle n'est pas innocente » - sont également des facteurs aggravants pour chauffer les esprits dans les tribunes. Berbenni appelle à un changement des mentalités pour revenir à des valeurs saines et « donner au football sa véritable dimension » à travers son rôle éducatif et du respect de l'adversaire et des règles. La balle est dans le camp des politiques et des curve.

Contrairement à la Belgique et l'Italie, l'Espagne n'est pas atteinte par le fléau. Les seules images de violence dans un stade espagnol ont lieu sur la pelouse. Le jeu de la Liga est certainement le plus dur en Europe, les blessures graves sont pléthores chaque week-end, or les tribunes respirent le bon vivre. « Pas un seul terrain n'est entouré de fossés ou de grillages, loue Manuel Varela dans Football Magazine. Et aucun n'est protégé par des chiens policiers ». Étonnant sous un régime franquiste. Le pays marche au pas et « rares sont les spectateurs à s'aventurer sur un terrain ». Pour lui, c'est d'abord une question d'éducation (à grands coups de ceinturons). La violence est « le fruit de la télévision et du cinéma » qui portent trop souvent à l'écran des images déviantes, voir de rébellion contre tout ce qui représente l'ordre. Voilà le mal. Tous ces jeunes éduqués à la télé-trash « explosent [par la suite] dans l'anonymat de la foule que ce soit dans les stades ou ailleurs ». Un point de vue tranché sur une jeunesse décadente et immorale « qui attend la moindre étincelle pour allumer une révolte ». Pas de ça en Espagne où la discipline règne parmi les socios. Puis de remettre les compétences du corps arbitral sur la table, véritable nœud du problème houligane. « Il faut leur faciliter la tâche et choisir les meilleurs pour les grandes occasions » lance t-il comme une fléchette dans le dos de Mr Kitabdjian.

Le pauvre arbitre français, absent des débats pour le coup, est malgré lui l'élément moteur qui déclenche l'émeute anglaise au Parc, et alimente les discussions autour d'un phénomène récent en France. Le houliganisme y fait une entrée fracassante devant des millions de (télé)spectateurs hagards face à la déferlante anglaise qui saccage les gradins, et nique la cérémonie de clôture du vingtième anniversaire de la coupe d'Europe. L'UEFA apporte une solution concrète pour enrayer cette chienlit. Leeds United est suspendu de toutes compétitions européennes pour quatre ans. La peine est réduite à deux ans par la suite. Pas sûr que les supporters britanniques aient bien compris le message à l'époque.

Leeds crew vs CRS.

FAN PICS. Tampa Bay Rowdies.

Noël est fini. C'est dommage, The Vintage Football Club avait concocté une grosse dinde farcie !

FAN PICS. Rapid Wien.

Vive le rapid-metal !

Si on était salaud, on pourrait comparer nos deux fans hard-rock du Rapid aux vieux soldats prussiens partis en conquête. Mais bon nan, on ne se moquera pas des ultras viennois. Et pour cause. La photo date de la saison 1984-85, un excellent cru du Rapid qui emmène ses supporters fringués comme des bikers en Motobécane aux quatre coins de l'Europe. A la tête de l'équipe, deux vieilles gloires du foot : Hans Krankl (de retour au pays après son expérience barcelonaise) et le Tchèque Antonin Panenka, l'homme du tir au but. Vienne fait valser ses adversaires tour après tour (Besiktas, Celtic, Dynamo Dresde et Moscou) et arrive en finale de la coupe des vainqueurs de coupe contre Everton. A Rotterdam, c'est la bataille de trop pour nos anciens. Le Rapid s'incline mais ne baisse pas pavillon. Ses fans sont des irréductibles, c'est inscrit sur le perfecto.

FAN PICS. Nottingham Forest.


Fin 70-début 80, les premières secousses du punk nées vers 76-77 font encore des ravages en Angleterre. Les jeunes crient leur haine du système, se battent dans les « terraces » et affichent leurs slogans nihilistes sur des badges. The Clash veut une émeute blanche (« white riot ») à l'image des émeutes raciales de Notting Hill (1976) qui ferait éclater la société. Dans le championnat anglais, Nottigham Forest sonne la révolte et colle un sérieux coup de pompe dans le train de l'establishment. Une émeute blanche et rouge s'abat sur et aux alentours du City Ground, le fief des Reds. L'équipe, brillamment dirigée par Brian Clough, ramasse les titres et s'appuie sur un jeune public pour faire passer ses messages. « I hate Derby and Leeds » rappelle ce jeune lad aux cheveux raides (red ?) comme Jimmy Connors, en souvenirs aux deux clubs entraînés par la plus grande gueule du foot anglais qui le virèrent sans manière. Jeté à la poubelle au bout de 6 ans à Derby et de... 44 jours à Leeds. L'homme est imprévisible comme les fans de Forest qui vannent sévère : « Sid Vicious wouldn't be seen dead watching Derby ». Fuck and no future pour les ennemis. Et un clin d'œil sympa, au contraire, pour les héros de l'arène : « Trevor Francis can score faster than Brian Clough spends money ». De l'humour do it yourself adressé aux leaders du mouvement lancé depuis les Midlands. Tout ça en sifflant une canette de Coca. Sans doute pour un meilleur mariage des couleurs sur la photo. A Forest, on donne dans le ton quoi...

FAN PICS. Anderlecht.

Sweet child o'side
- casual fan du RSCA à Lens - 1983 -

Dans son dernier roman, excellent au passage (« Skinheads » - Au Diable Vauvert), John King fait une référence aux hools bruxellois à travers le portrait de Steve-les-Chips, un employé d'une entreprise de taxi dirigée par Terry, skin à l'ancienne aka 69 imbibé de culture prolo et de musique : « … Steve […] était un pile vivante, toujours à passer d'un pied sur l'autre, le cheveu d'un blond presque transparent, avec une cicatrice sur la gueule, cadeau d'un supporter d'Anderlecht ». Sur fond de rocksteady et de early reggae, l'ex-petite frappe des Chelsea Headhunters évoque ainsi les exploits du O-Side, la réponse des Mauves (des fauves ?) aux meutes anglaises qui dévastent l'Europe au cours des années 70-80. Le O-Side (groupe qui porte le nom de la tribune qu'il squatte au stade Constant Vanden Stock) est né au début des 80's, en réaction aux premières bandes qui sévissent dans le pays (le X-Side d'Anvers, crée au mitan des 70's, est un pionnier ainsi que l'East-Side de Bruges). Très vite, les hooligans d'Anderlecht font parler d'eux par des opérations coups de poings menées contre leurs rivaux. Nourris à la violence et par le modèle anglais, le side de la capitale frise parfois aussi le ridicule au détriment de l'équipe qu'il supporte corps et âmes, mais surtout à grands coups de Doc Martens. Le 25 novembre 1983 à Lens, en 8ème de finale de la coupe UEFA, Jacky Munaron fait ainsi les frais des exactions de son kop venu en masse pour l'occasion. Les Belges mènent au score jusqu'à la 90ème minute, instant choisi par un irréductible de lancer un caillou sur la pelouse de Bollaert au moment où Kenneth Brylle adresse une passe en retrait à son gardien. L'improbable se produit. Le projectile part à la rencontre du ballon et détourne la trajectoire de ce dernier. Faux-rebond. Le portier d'Anderlecht qui s'appliquait à contrôler tranquillement la balle est bon pour aller la chercher derrière sa ligne de but. Et devenir la risée du public. But gag. Histoire belge. Jacky Munaron ne marche depuis plus jamais seul, accompagné encore aujourd'hui par ce coup du sort. Le O-Side, lui, venait quelque part de frapper un grand coup dans l'histoire du hooliganisme.

FAN PICS. Yannick Noah et PSG.


Yannick Noah aime le foot. Un héritage de son père Zacharie, ancien pro à Sedan et vainqueur de la coupe de France 1961, un an jour pour jour après la naissance du fiston. Mais contrairement à Papa, le vainqueur de Roland Garros 83 - la photo date de la même année - ne met pas trop les pieds à Emile Albeau. Son club et sa ville, c'est Paris, son stade le Parc des Princes et sa cour de récré (en dehors des cours des tennis), le Camp des Loges où le tennisman aime bien se retrouver parmi les joueurs parisiens à taquiner le cuir. De la petite balle jaune au ballon rond, Noah franchit aisément le pas d'autant que l'herbe du Parc, comme le gazon de Wimbledon, c'est de la bonne bébé.
  

FAN PICS. Paris SG.

Un trio de stars au PSG.

Les stars, à Paris, sont aussi dans les tribunes et occasionnellement sur la pelouse du Parc aux côtés du bon président Borelli. Si le cliché sent la photo promotionnelle et laisse son auteur sur le carreau à voir les trajectoires des ballons, les deux personnalités qui entourent le dirigeant du PSG n'en restent pas moins des fans inconditionnels de foot et du club parisien. Présent dès la première heure - il fait notamment partie des 20.000 signataires (avec Sacha Distel et Annie Cordy entre autres) à la souscription lancée par la fédération pour la création d'un grand club dans la Capitale au début des années 70 - la fidélite d'Enrico Macias au Paris St Germain n'est plus à démontrer, assistant bon an mal an aux performances de ses protégés bien calé sur son siège en tribune présidentielle. Dans la deuxième moitié des années 80 (la photo date de 1986), l'auteur des « Gens du Nord » et non pas de la fameuse banderole, vit d'ailleurs des moments douloureux, donnant plus à son club que ce dernier ne lui rend. C'est aussi l'avis de son compère, le journaliste Jacques Paugam, bien décidé à mordre dans le ballon au contraire des joueurs parisiens à l'époque. L'ex-animateur du « Soir 3 », « Aujourd'hui magazine » (Antenne 2) ou encore « Votre vérité » (sur TF1) a connu tous les transferts du PAF après ses débuts radiophoniques sur France Inter et France Culture. La première émission qu'il anime à partir de 1976 s'intitule d'ailleurs « Parti pris ». Pour Jacques Paugram, nul doute que celui-ci était en faveur du PSG. « Sans chauvinisme ». C'est sa chevelure frisée qui prend sa défense.

Alors, EURO ? Eurotrash (métal). Fan pics Deutschland.


Mais d'où vient ce cliché ? Des Monsters of Rock ? Du dernier Hellfest ? Nein petite Elsa Fräulein. Nos deux veuves noires chevelues prises dans le vif de l'action, bracelets de force aux poignets, T-shirt Iron Maiden et chaines sur la veste, font partie de la colonie des supporters allemands venus envahir la France à l'occasion de l'Euro 84. La branche dure du kop teuton - le 666 fan klub - qui célèbre de manière singulière chacune des apparitions de la Mannschaft, sous un déluge de décibels et les riffs satanistes du « Metal Heart » d'Accept. Radical pour plomber l'atmosphère dans les stades. Après le bruit des bottes de l'envahisseur, c'est au tour des talons de santiag de résonner sur le pavé français. Et toujours la grosse artillerie. Une sale habitude avec les Boches.
  

FAN PICS. St-Etienne et Johnny Rep.


Pour Mickaël Furnon, la première star à évoluer du côté de Geoffroy Guichard, c'est Johnny Rep. Le peuple vert se passionne pour la nouvelle recrue stéphanoise à son arrivée en 1979, faisant quelque peu de l'ombre à Platoche, transféré la même année dans le Forez. Avec sa gueule d'ange et ses cheveux blonds, les habitués de Geoffroy Guichard n'ont d'yeux que pour le sosie batave de Robert Redford. Toutes les catégories d'âge sont concernées, les grands comme les petits, filles et garçons de 7 à 77 ans, elle court, elle court la maladie d'amour pour l'ancien pensionnaire de l'Ajax. Le chanteur de Mickey 3D lui dédie même une chanson à l'aube des années 2000. Un clin d'œil au Hollandais après son premier exploit sous le maillot vert: son triplé en coupe d'Europe face à Widzew Lodz. Histoire de rallumer la flamme des supporters de l'ASSE qui se rappellent encore au bon souvenir des débordements de l'ailier néerlandais, et la passion qui anime les alentours du Chaudron à cette époque lors de chacune de ses apparitions. Le petit garçon sur la photo doit encore se souvenir de ce moment inoubliable. Peut-être moins du single au succès confidentiel sorti par le footballeur vingt ans avant le tube du groupe de Montbrison. « Singin'in the morning », sous la douche et en anorak aux trois bandes.

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