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FINALE COUPE DES CLUBS CHAMPIONS 1985. Juventus vs Liverpool.

- 29 mai 1985 -
Stade du Heysel. BRUXELLES. 58.000 spectateurs.
Juventus bat Liverpool : 1-0.
Arbitre Mr Daina (Suisse).
But : Platini (60ème s. pen.).
Remplacements : Briaschi par Prandelli (85ème), Rossi par Vignola (89ème) à la Juventus. Lawrenson par Molby (2ème), Walsh par Johnston (46ème) à Liverpool.
JUVENTUS : Tacconi – Favero, Brio, Scirea, Cabrini – Tardelli, Bonini, Boniek, Platini – Rossi, Briaschi. Entraîneur : Giovanni Trapattoni.
LIVERPOOL : Grobbelaar – Neal, Lawrenson, Hansen, Beglin – Nicol, Dalglish, Wark, Whelan – Rush, Walsh. Entraîneur : Joe Fagan.


L'horreur. Mais ce mot est-il assez fort pour décrire ce que les spectateurs et téléspectateurs ont vécu ce 29 mai 1985 à Bruxelles. La coupe d'Europe des clubs champions qui fête cette année-là ses 30 ans, l'âge de raison dit-on, s'offre un voyage au bout de l'enfer. Pourtant l'affiche est belle, presque rêvée au goût des observateurs présents au Heysel. Elle oppose la Juve de Platoche aux tenants du titre Liverpool. La coupe à 30 ans, elle est jolie et s'est mise son 31 pour accueillir les deux meilleurs équipes européennes du moment. Seule ombre au tableau, le théâtre des festivités pose question. Comment un stade aussi vétuste (grillage rouillé, gradins qui s'effritent...) a-t-il reçu le feu vert pour obtenir l'organisation de cette finale ? Le Heysel est beau mais vieux, un peu trop, et le stade est plein ce soir-là, comme la plupart des supporters anglais qui ont commencé tôt dans la journée à siffler leur boisson favorite.

Il fait beau et chaud sur Bruxelles ce 29 mai. Malgré l'ambiance bon enfant qui règne dans la ville, les premiers esprits s'échauffent. L'abus d'alcool et la chaleur tapent sur le système des premiers Scousers éméchés, dont certains sont devenus des spécialistes du vol de produits de luxe à travers leurs nombreux déplacements en Europe. Des incidents éclatent ci et là, une bijouterie est vandalisée autour de la Grand-Place. Mais le cœur est encore à la fête, veut-on croire, surtout chez les forces de l'ordre et les organisateurs. Autour du stade, les supporters des deux équipes, mélangés, flânent sur les pelouses, échangent des maillots de leur club, se chambrent aussi. A l'heure de l'ouverture des portes, cependant, la tension monte. Les Reds, prennent place en tribunes X et Y. D'autres, sans billet, transpercent les grillages et les murs de l'enceinte pour pénétrer dans le stade. Il règne une atmosphère d'anarchie d'autant que les forces de l'ordre sont trop peu nombreuses pour juguler une foule anglaise imbibée de bière.

Autre problème majeur, la tribune Z, censée être neutre, est envahie par les Bianconeri. Les supporters de la Juve ont, en effet, achetés leur billet dans ce secteur par le biais de la communauté italienne de Belgique. Seuls une poignée de gendarme et un pauvre couloir de sécurité séparent Italiens et Anglais. Une heure avant le début de la rencontre, les premiers incidents éclatent. Les Anglais chargent le bloc Z. Les tifosi répliquent et devant ce flux et reflux, le « cordon de protection » éclate. Les supporters de Liverpool, plus aguerris aux batailles des terraces, redoublent alors de violence et compressent littéralement les Italiens, paniqués, qui se réfugient à l'extrémité de leur bloc. Piégés par un muret et les grilles fermées qui séparent les gradins de la piste d'athlétisme, les fans s'entassent les uns sur les autres. Les policiers présents sur la pelouse repoussent même à coups de matraque ceux qui tentent de sauver leur peau. Sous cette pression humaine, les protections finissent par céder et entraînent dans leur chute des centaines de spectateurs écrasés, piétinés, étouffés par la marée venue du haut des tribunes.

Le bilan est lourd. Au fil des minutes, le nombre de blessés augmente. Puis on parle de morts. Un, deux, puis très vite une dizaine. On relève finalement 39 cadavres et plus de 400 blessés. Pour ne pas empirer une situation déjà catastrophique, les organisateurs (en accord avec les dirigeants de l'UEFA et du staff de Liverpool) décident de faire jouer le match. On sacrifie ainsi la mémoire des victimes sur l'autel de la sécurité des spectateurs, afin d'éviter la guerre dans la ville en cas de report. La rencontre débute avec une heure de retard sur l'horaire. Elle ne ressemble à rien. Michel Platini, unique buteur de la partie sur un pénalty imaginaire, donne la victoire à la Juve et devient par ailleurs le second joueur français, après Raymond Kopa, à soulever la coupe aux grandes oreilles. 


Une coupe malheureusement tâchée de sang, qui n'a pas de valeur, pas même pour la presse italienne qui titre sur l'horreur au lendemain de la finale : « Massacre pour une coupe » (Corriere della Sera), « Massacre à Bruxelles » (La Gazzetta dello Sport), « Tragédie au stade de Bruxelles » (La Stampa), « Carnage au stade de Bruxelles » (Giornale di Brescia). Le mensuel Guerin Sportivo ose même un « Olocausto » en Une. L'effroi, le dégoût, la honte s'emparent de toute l'Europe. C'est « La finale de la mort » pour Marca tandis que The Mirror affiche un « Wanted » avec photos de supporters recherchés par la police anglaise. En France, on parle de « Football assassiné » dans L'Equipe et Le Parisien n'hésite pas, un doigt vengeur « Les salauds du foot les ont tués » ! France Football laisse carte blanche à Blachon qui représente un joueur, comme décapité, lequel soulève un cercueil aux grandes oreilles. Il y a comme quelque chose de brisé ce soir-là : pour Platini, pour les amoureux du foot, dont moi du haut de mes 14 ans, incrédule devant ma télé.


FINALE COUPE DES CLUBS CHAMPIONS 1981. Liverpool vs Real Madrid.

- 27 mai 1981 -
Parc des Princes. PARIS. 48.360 spectateurs.
Liverpool bat Real Madrid : 1-0.
Arbitre Mr Palotai (Hongrie).
But : A. Kennedy (81ème).
Remplacements : Cortès par Pineda (87ème) au Real. Dalglish par Case (87ème) à Liverpool.
LIVERPOOL : Clemence – Neal, Thompson, Hansen, A. Kennedy – R. Kennedy, McDermott, Souness, Lee – Dalglish, Johnson. Entraîneur : Bob Paisley.
REAL MADRID : Agustin – Cortes, Sabido, G. Navajas, Camacho – Del Bosque, Angel, Stielike – Juanito, Santillana, Cunningham. Entraîneur : Vujadin Boškov.

A l'apéro, un rouge et un blanc (Thompson et Santillana).

Après 1956 et 1975, le Parc des Princes est une nouvelle fois le théâtre de la finale de la coupe d'Europe des clubs champions ce 27 mai 1981. A l'affiche, deux des meilleures équipes du vieux continent : Liverpool (vainqueur en 1977 et 78) et le Real Madrid (déjà six titres au compteur entre 1956 et 66) vont en découdre sur le gazon parisien. De quoi se régaler estiment les spécialistes à l'heure où les vingt-deux acteurs pénètrent sur la pelouse. Mais ce choc des titans accouche d'une souris, la faute au jeu et à l'enjeu.

Ce qui devait être une fête se transforme en purge pour les (télé)spectateurs. Heureusement les supporters des Reds, massivement parqués en tribune Auteuil, donnent le ton et assurent l'ambiance au Parc. Sur le terrain, c'est un round d'observation tout au long des 90 minutes de la partie. Anglais et Espagnols s'efforcent de gagner le match en tentant, en premier lieu, de ne pas le perdre ! En gros, on ne prend pas trop de risques dans les deux camps et on espère, pourquoi pas, faire la différence lors de la séance de tirs au but. Bien trop peu pour emballer une rencontre qui glisse vers l'ennui.

Le Real, qui possède la technique avec son trio d'attaquants Cunningham, Santillana et Juanito tentent cependant quelques coups, des éclairs dans la nuit parisienne, mais Liverpool, bien en place dans son 4-4-2 version Bob Paisley, a de son côté l'abnégation, ce goût des batailles rangées. Un club qui ne ressemble à aucun autre, jamais vaincu, surtout quand la partie s'enlise et que les mollets durcissent par trop d'efforts.

On croit atteindre les prolongations lorsque survient l'impensable. A la 81ème minute, Alan Kennedy profite d'une boulette du défenseur Cortès pour expédier le ballon au fond des filets. C'est l'heure de gloire pour l'arrière des Reds qui file partager sa joie avec ses supporters, ivres d'alcool et de bonheur. Le Real, battu sur le fil en championnat par la Real Sociedad, termine sur une saison blanche comme sa tunique. De son côté, Liverpool empoche un troisième succès dans la compétition et poursuit sa domination sur l'Europe.

Alan Kennedy scores for Liverpool.

- LE MATCH EN PHOTOS -

Cunningham, Juanito et Santillana noyés sous une vague rouge.

Anarchy in the U.K (Thompson et Neal).

Moustache et grandes oreilles (Alan Kennedy).

MATCH REPLAY. Le jour où... Metz ramone Barcelone.

Bernad et Sanchez pactisent.

Lorsqu'ils remportent la coupe de France devant Monaco en 1984, les Messins écrivent déjà une belle page de l'histoire du club. L'équipe du président Carlo Molinari valide dans la foulée son ticket pour la coupe des vainqueurs de coupes et n'imagine pas, quelques mois après son succès au Parc, qu'elle va signer un des plus beaux chapitres du roman des clubs français en coupe d'Europe. Une petite revanche pour une région, la Lorraine, en proie à une crise économique qu'elle prend en pleine gueule et en voie de désindustrialisation à l'aube des années 80.

Sonor et Hinschberger : les charlots en action devant Archibald.

C'est pourtant un os qui attend le F.C Metz au premier tour de la coupe des vainqueurs de coupes édition 1984-85. Les Lorrains héritent du Barça et son trio magique, le CSA, à savoir Carrasco-Schuster-Archibald. C'est la MSN de l'époque, sans tatouage, mais avec du poil aux pattes. A l'aller au stade Saint-Symphorien, le 19 septembre, la rencontre ressemble à un match de gala offert aux supporters messins après la victoire en coupe de France. Un cadeau empoisonné qui permet aux 22.000 spectateurs de mesurer l'écart entre les Calatalans et les joueurs locaux. L'équipe de Terry Venables se promène en Lorraine et profite des failles de la défense messine, trop tendre, et des bévues du gardien Michel Ettore que le Barça emmène danser, ce soir-là, dans ses filets. Barcelone s'impose (2-4) et pense déjà au prochain tour, en appuyant où ça fait mal par manque de modestie.

« On va offrir un jambon à Ettore pour le remercier de tous ses cadeaux » plaisante Bernd Schuster avant le deuxième acte. L'Allemand jubile dans la presse comme son coéquipier Steve Archibald. L'attaquant écossais estime de son côté que le F.C Metz est « une bonne petite équipe de charlots. » Des clowns sans ressource quand, dans un Camp Nou déserté par ses socios – ils ne sont que 24.000  spectateurs présents ce 3 octobre – Carrasco ouvre la marque au bout d'une demi-heure. La promenade de santé se poursuit pour le Barça, sûr de son système tactique. En jouant très haut, les Catalans s'exposent aux contres et offrent des boulevards aux attaquants messins. C'est d'abord Tony Kurbos qui profite des largesses espagnoles (38ème) avant que Sanchez, capitaine blaugrana pas salaud et fair-play, donne l'avantage aux Grenats (43ème). A la mi-temps, Metz est en tête et le Camp Nou en rigolerait presque.

Carrasco-Ettore. Le coup de jambon.

En début de seconde période, Ettore tient la baraque et donne la frite à ses partenaires. Sur une ouverture de Jean-Paul Bernad, Kurbos file au but, dribble Amador et marque le troisième but messin (55ème). A cet instant, le Camp Nou sonne de plus en plus creux. Il reste trente minutes, qui semblent une éternité pour des socios désemparés par la prestation de son équipe. Barcelone continue son pressing aveugle et sans imagination, mais c'est Philippe Hinschberger qui donne des frissons aux supporters catalans, sur un tir qui frôle la lucarne,  à l'heure de jeu. Un ange passe sur le pré et dans les travées du stade. Les hommes de Marcel Husson ont des ailes et multiplient les contre-attaques. Sur l'une d'entre-elles, Tony Kurbos fait mouche, profitant d'un service de Jules Bocandé. Il reste cinq minutes à jouer et l'attaquant moustachu, grâce à son triplé, vient d'offrir la qualification à son équipe. « Un succès sans précédent face à un adversaire aussi prestigieux », selon Hinschberger qui savoure comme le reste de l'équipe. « Archibald nous avait traité de charlots, enchaîne Claude  Lowitz qui n'a pas oublié les paroles du buteur écossais après le match aller, eh bien, je lui retourne le compliment. » Pas de mal à se faire du bien. Le mot de la fin revient à Michel Ettore, héros malheureux du premier acte, qui tient sa revanche. « Le match que j'ai réussi ce soir est une réponse à tous mes détracteurs, jubile le gardien messin. Pour l'équipe, c'est super ce qui nous arrive. Ce soir, à Metz et dans toute la Lorraine, ce doit être la joie. » De quoi faire taire le CSA, privé d'image et de son ce 3 octobre 1984.

Tony Kurbos, héroïque moustachu.

MATCH REPLAY. Le jour où... Nice atomise Barcelone.

O.G.C NICE - Barcelone 1973
Debouts : Baratelli, Adams, Chorda, Grava, Isnard, Jouve.
Accroupis : Eriksson, van Dijk, Molitor, Huck, Loubet.

Ils sont à peine plus de seize à dix-sept mille spectateurs à s'être déplacés au stade du Ray, le 19 septembre 1973,  pour voir le grand Barça de Rinus Michels - le créateur du football total - au premier tour de la coupe UEFA. Le public boude peut-être un peu la présence de Johan Cruyff dans les tribunes. Ce dernier, qui vient de s'engager chez les Blaugranas pour un transfert record, n'est pas qualifié pour la rencontre. Le célèbre numéro 14 a cependant tenu à encourager ses partenaires opposés aux Aiglons, qui se sont préparés comme jamais (mise au vert à la montagne) pour affronter des Catalans naturellement favoris selon les pronostics.

Mais l'entraîneur niçois Jean Snella, qui n'est pas le dernier venu pour motiver ses troupes, a plus d'un tour dans son sac. Fin tacticien, l'ancien coach stéphanois a aussi misé sur le mental de ses joueurs. « Vous êtes à leur niveau. N'ayez pas peur » insiste-t-il auprès de ses hommes. A croire que le bonhomme sent qu'il peut se passer quelque chose, et pas seulement sur un malentendu.

L'OGC Nice attaque d'ailleurs la partie sur un rythme diabolique. Charly Loubet, sur l'aile droite, récupère à l'arrache un ballon dans les pieds de son adversaire direct. L'attaquant niçois parvient à centrer dans la surface. Sadurni, le gardien barcelonais, détourne le cuir à la va-comme-je-te-pousse dans les pieds de van Dijk. Le Néerlandais, ancien pensionnaire de l'Ajax, ne se fait pas prier pour catapulter le ballon au fond des filets catalans. Après cinq minutes de jeu, les Niçois viennent, déjà, de réaliser un petit exploit. Dans les gradins, Johan Cruyff commence à griller les cibiches comme à l'accoutumée. Peut-être un plus que d'habitude même, car les Aiglons font le pressing sur l'équipe de Rinus Michels. Par deux fois, Marco Molitor perd son duel avec Sadurni et manque l'occasion de doubler la mise. L'avant-centre international – il était notamment titulaire chez les Bleus (avec Baratelli, Adams et Jouve) dix jours plus tôt contre la Grèce (3-1) – attend son heure. Dirk van Dijk, sur un coup-franc du pied droit, inquiète aussi le portier adverse. Puis c'est le Suédois Eriksson qui manque le cadre d'un rien sur une frappe du gauche. Le Barça est pris à la gorge, celle de Cruyff brûle comme un poil, et réagit en de rares occasions. Marcial, d'un tir puissant, met Baratelli à l'épreuve, déjà décisif en début de match sur une tête d'un attaquant barcelonais. A la mi-temps, et c'est une surprise, les Aiglons virent en tête. Par contre, du côté catalan le doute s'installe à l'entame de la seconde période.

Une deuxième mi-temps qui débute sur une nouvelle offensive niçoise. Les Aiglons remportent la bataille du terrain. Barcelone ne joue presque pas. Sur un centre de van Dijk, Marco Molitor rate l'immanquable et sa tête à deux mètres du but adverse. Il attend son heure... qui arrive après l'heure jeu lorsque, lancé par Roger Jouve, il bat Sadurni d'une pichenette bien sentie. Nice réalise le break et profite du désarroi de son illustre sparring-partner. Les Aiglons se font bien une petite frayeur sur un tir de Matial détourné, et une boulette de Chorda dans la surface sans conséquence, ce sont eux qui assomment définitivement la rencontre, le Barça et son égo. Sur un coup-franc de Jean-Noël Huck, Molitor reprend de la tête et inscrit un doublé (79ème). C'est la fin. Nice tient son exploit et  le Barça repart du Ray avec une valise. Au retour, Barcelone ne parvient pas à remonter son retard (2-0) et est éliminé de la coupe UEFA dès son entrée en lice. Un guet-apens pour Johan Cruyff. Le Gym corrige Fenerbahçe au tour suivant (4-0 / 0-2) avant de prendre une belle fessée contre Cologne en huitième (1-0 / 0-4). Foutus allemands.

Molitor et van Dijk : les buteurs du matchs.

- LE MATCH EN VIDEO -


FINALE COUPE DES COUPES 1979. Barcelone vs Fortuna Düsseldorf.

- 16 mai 1979 -
St Jakob stadion. BÂLE. 58.000 spectateurs.
Barcelone bat Fortuna Düsseldorf : 4-3 a.p (2-2; 2-2).
Arbitre Mr Palotaï (Hongrie).
Buts : Sanchez (4ème), Asensi (34ème), Rexach (103ème), Krankl (110ème) pour Barcelone. T. Allofs (7ème), Seel (41ème et 114ème) pour Düsseldorf.
Remplacements : Albaladejo par De La Cruz (57ème), Costas par Martinez (68ème) à Barcelone. Brei par Weikl (24ème), Zimmermann par Lund (84ème) à Düsseldorf.
BARCELONE : Artola – Zuviria, Migueli, Costas, Albaladejo – Neeskens, Rexach, Sanchez – Krankl, Asensi, Carrasco. Entraîneur : Joaquim Rifé.
FORTUNA DÜSSELDORF : Daniel – Brei, Zewe, Zimmermann, Baltes – Köhnen, Schmitz, T. Allofs – Bommer, K. Allofs, Seel. Entraîneur : Hans-Dieter Tippenhauer.

Amitiés germano-catalanes.

Soutenus par 28.000 socios qui se sont déplacés à Bâle, le F.C Barcelone remporte la coupe des vainqueurs de coupe 79 au prix d'une bataille épique sur le pré du St Jakob stadion. Face au Fortuna Düsseldorf, les Blaugranas s'arrachent sur la pelouse pour conquérir son premier titre européen, au cours d'une finale à suspense, peut-être la plus belle depuis la création de la compétition en 1960. 

Avant d'arriver en Suisse, le Barça doit d'abord affronter le Shakhtar Donetsk au premier tour. Une mise en bouche pour les Blaugranas et son buteur autrichien Hans Krankl, auteur de trois des quatre buts de son équipe lors de cette double confrontation à sens unique (3-0, 1-1). En huitième, les choses se corsent un peu plus pour les Catalans opposés au tenant du titre Anderlecht. A l'aller, les Belges se montrent intraitables au Parc Astrid et corrigent les hommes de Joaquim Rifé. Le score est sans appel (3-0). Au retour, les Blaugranas réussissent à renverser la vapeur au Camp Nou et se qualifient aux tirs au but (4-1). Après Anderlecht, Barcelone affronte Ipswich Town en quart. Les Anglais remportent la première manche à Portman Road (2-1). Dans son stade, quinze jours plus tard, Migueli marque l'unique but de la rencontre et offre la qualification à son équipe (1-0). En demi-finale, le Barça est à nouveau opposé à une équipe belge, en l'occurrence Beveren. Rexach à l'aller et l'inévitable Krankl au retour en Belgique valident le ticket de leur équipe pour la finale (1-0, 1-0).
Le parcours des Allemands est plus chaotique. En seizième, après une victoire à l'extérieur contre les Roumains de Universitea Craiova (4-3), Düsseldorf se contente d'un nul au retour à domicile (1-1). Au tour suivant, l'équipe allemande reçoit d'abord et étrille Aberdeen (3-0) avant de trembler en Ecosse (0-2). Düsseldorf est encore à la peine en quart contre le Servette de Genève. Un nul à domicile (0-0) et encore un score de parité en Suisse (1-1), les Allemands doivent leur qualification grâce au but marqué à l'extérieur. Qu'importe, Fortuna est en demi-finale et reçoit (encore) Banik Ostrava. Sur sa pelouse, Düsseldorf enlève la première manche (3-1) et résiste, à l'extérieur, aux attaques tchèques. Banik Ostrava remporte un succès insuffisant (2-1) et laisse son adversaire rejoindre Barcelone en finale.


Et quelle apothéose ! C'est un feu d'artifice de buts à Bâle. C'est d'abord Sanchez qui ouvre le bal dès la quatrième minute pour le Barça. Le temps de se congratuler et voilà Düsseldorf qui revient au score grâce à Klaus Allofs (7ème). Les intentions des deux équipes sont d'aller vers l'avant. Le match est intense, le jeu s'équilibre. Barcelone rate un pénalty, mais Asensi surgit à la demi-heure de jeu pour redonner l'avantage aux Catalans. La mi-temps approche et semble s'acheminer à l'avantage du Barça lorsque Seel égalise (41ème) pour les Allemands.
La seconde période est plus âpre et tendue sur le pré. Les deux équipes veulent en découdre et jouent parfois des coudes pour lever la coupe. Zimmermann et Neeskens prennent un jaune et font monter l'intensité de la rencontre d'un cran. Dans le jeu cependant, les adversaires n'arrivent pas à se départager et on file droit vers des prolongations fatales à l'armada teutonne. 
C'est Rexach qui sonne la révolte du Barça alors que l'arbitre, Mr Palotaï, s'apprête à siffler la fin du premier quart d'heure de rab. On joue la 103ème minute, les Allemands ont les jambes coupées. Krankl, le faux-frère autrichien, en profite alors pour faire parler la poudre (110ème) et permet à son équipe de prendre le large. Mais Düsseldorf a du coeur, et des tripes, et recollent au score à cinq minutes de la fin par l'intermédiaire de Wolfgang Seel (114ème), auteur d'un doublé inutile néanmoins. Barcelone s'impose finalement et offre à ses supporters un premier trophée international. Il était temps car le Real en est déjà à six coupes d'Europe des clubs champions !

Asensi et Neeskens.

Krankl et Asensi.

Le triomphe d'Asensi.

- LE MATCH EN VIDEO -


FINALE COUPE DES CLUBS CHAMPIONS 1970. Feyenoord vs Celtic.

- 6 mai 1970 -
San Siro. MILAN. 53.187 spectateurs.
Feyenoord Rotterdam bat Celtic : 2-1 a.p (1-1; 1-1).
Arbitre Mr Lo Bello (Italie).
Buts : Gemmell (29ème) pour le Celtic. Israël (31ème), Kindvall (117ème).
Remplacements : Romeijn par Haak (107ème) au Feyenoord. Auld par Connelly (77ème) au Celtic.
FEYENOORD : Graafland – Romeijn, Israël, Laseroms, Van Duivenbode – Hasil, Jansen, Van Hanegem – Wery, Kindvall, Moulijn. Entraîneur : Ernst Happel.
CELTIC GLASGOW : Williams – Hay, McNeill, Brogan, Gemmell – Murdoch, Auld, Hugues – Johnstone, Wallace, Lennox. Entraîneur : Jock Stein.


Avant la consécration de Johan Cruyff et Ajax, c'est Feyenoord qui entame la domination des Pays-Bas sur la Coupe d'Europe des Clubs Champions au début de l'ère seventies. Grâce au soutien massif de ses supporters et son centre de formation naissant, l'équipe au maillot rouge et blanc parvient à se hisser en finale (comme son rival d'Amsterdam l'année précédente) et introduit les bases du football total, propres aux formations néerlandaises et la sélection nationale. Ernst Happel, à la tête du Feynoord, est le principal architecte de cette victoire qui prend des airs de révolution sur le pré. « En tant qu'ancien Viennois, je déplore la disparition du beau jeu à prédominance technique, déclare le nostalgique de la Wunderteam. Mais il faut vivre avec son temps. A Feyenoord, j'ai essayé de trouver un équilibre entre le football athlétique et le jeu intelligent. » Une franche réussite pour le coach autrichien.

Gemmell tire le premier.

Le 6 mai 1970, San Siro est le théâtre de la première finale 100% anglo-saxonne. En face des Bataves, le Celtic espère reconquérir un titre obtenu à Lisbonne en 1967 (victoire 2-1 contre l'Inter). Néerlandais et Écossais ont envahi la capitale lombarde. Ils sont 25.000 de chaque côté à s'être déplacés par tous les moyens. En avion, en bateau, en train, en stop, les fans des deux camps se sont donné rendez-vous place du Duomo et au stade pour honorer leur équipe dans un brouhaha assourdissant. A Milan, c'est la fête du football et le Woodstock des supporters qui ont investi la ville que les Hollandais connaissent bien puisque Feyenoord a sorti le tenant du titre, le Milan A.C, en huitièmes. Au tour précédent, les hommes de Ernst Happel avaient torpillé K.R Reykjavik (12-2 et 4-0) puis lutté contre Vorwärts Berlin (0-1 / 2-0) et Legia Varsovie (0-0 / 2-0), tombeurs de l'ASSE, pour obtenir son visa en finale. De son côté, le Celtic doit sa présence grâce à un coup du sort (ou plutôt grâce au tirage au sort). Après avoir éliminé le F.C Bâle au premier tour (0-0; 2-0), c'est une pièce qui permet aux Ecossais d'atteindre les quarts. En effet, les tirs aux buts n'existant pas à l'époque, le Celtic sort Benfica d'une façon peu catholique (3-0; 0-3) et balaie la Fiorentina (3-0; 0-1) et Leeds (1-0; 2-1) par la suite. Chacun sa route, chacun son destin.

Kindvall, héros de la soirée.

Pour la finale, Ernst Happel a choisi le vétéran Pieters Graafland (36 ans) pour garder les bois au profit du titulaire Treytel. Un choix peu convaincant, se dit-on dans les rangs des supporters hollandais, lorsque le défenseur Tommy Gemmell (déjà buteur en 1967) ouvre la marque à la demi-heure de jeu pour les Scotts. Un avantage de courte durée car deux minutes plus tard, Rinus Israël met les pendules à l'heure. Dès lors, Feyenoord prend le Celtic à la gorge et enferme son adversaire dans les filets d'un football total, parfois peu orthodoxe mais efficace et usant. Malgré la générosité et l'ardeur des Écossais, ces derniers faiblissent doucement mais sûrement. Le Celtic parvient tout de même à accrocher les prolongations, espérant un miracle qui ne viendra pas. A la 117ème minute, le lutin suédois Öve Kindvall libère le peuple batave grâce à un lob astucieux. A Rotterdam comme à Milan, la nuit est blanche et alcoolisée. Le football néerlandais vient de frapper un grand coup. Et ce n'est qu'un début...

Fe-YEAH-noord and Scotts K-O.

Petit avec de grandes oreilles (Öve Kindvall).

L.P tribute to Feyenoord.

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