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F.C TWENTE 1974-75. By Voetbal Sterren.


F.C TWENTE 1974-75

En haut : Henny Ardesch, Cees van Ierssel, Jan Streuer, Jaap Boos, Jan Jeuring, Theo Pahlplatz, Marc de Clerck.

Au milieu : Anton Kohn (ent.), Frans Thijssen, Roel Brinks, Harry Bruggink, Johan Zuidema, Epi Drost, Jan Mosing (ent. adj.).

En bas : Kick van der Vall, Willem de Vries, Kalle Oranen, René Notten, Eddy Achterberg.


CLUB BRUGGE K.V 1975-76. By Panini.


CLUB BRUGGE K.V 1975-76

Debouts : Roger Van Gool, Daniel de Cubber, Birger Jensen, Jos Volder, Georges Leekens, René Van der Eycken.

Accroupis : Eddy Krieger, Raoul Lambert, Julien Cools, Ulrich Le Fèvre, Alfons Bastijns.



Sponsor en toc. R.W.D MOLENBEEK (Kathy Toffee).

Quand Grundig coupe le son en 1982, Kathy Toffee prend le relais comme sponsor maillot du Racing White Daring de Molenbeek. La boîte à confiseries créée par August Verheecke juste après la Première Guerre Mondiale à Bruges est dirigée depuis 1979 par le petit-fils, lequel porte le même prénom que le grand-père. Ce dernier, dont le fils Bernard, porte les couleurs du R.W.D.M au cours de la saison 1980-81, après des passages au Cercle et Club Brugge K.V, puis un exil chocolaté en Suisse au Servette, signe un bail de quatre saisons avec le club champion de Belgique 1975, qui tarde depuis cette année faste à confirmer ses bons résultats. Avec sa Kathy flanquée sur la poitrine, le R.W.D.M du président L'Ecluse (ex-sponsor maillot de l'époque dorée) entame malheureusement son lent déclin, ponctuée par une descente en 1984 et malgré la remontée dans la foulée, le club s'enlise dans la crise et les problèmes financiers. Et après ce mariage, ta Kathy t'a quitté et Sony sonne à la porte du côté du stade Edmond Machtens (1986).


R.W.D MOLENBEEK 1985-86

Debouts : Philippe Houx, Philippe Garot, Yves Degreef, Patrick Gollierre, Hans Bouwmeester, Mike Coeck.

Accroupis : Mathy Billen, Patrick Thairet, Paul de Mesmaeker, Jack Edelbloedt, Alain Denil.

R.S.C ANDERLECHT 1977-78.


ROYAL SPORTING CLUB ANDERLECHT
1977-78

Debouts : Hugo Broos, Gilbert Van Binst, Ludo Coeck, Johnny Dusbaba, Nico De Bree, Jean Thissen, Erwin Van den Daele, Jacky Munaron.

Assis : Raymond Goethals (ent.), Jean Dockx, François Van der Elst, Franky Vercauteren, Ronny Van Poucke, Benny Nielsen, Arie Haan, Peter Ressel, Robby Rensenbrink, Fernand Beeckman (physio.).


F.C UTRECHT 1981-82.


F.C UTRECHT 1981-82

Gardiens :
Jan Stroomberg, Hans van Breukelen.

Défenseurs :
Ton de Kruyk, Ton du Chatinier, Gerard Tervoort, Koos van Tamelen, Herman Verrips.

Milieux :
Frans Adelaar, Wim Flight, Gert Kruys, Ron Steenhart, Jan van den Akker, Gerard van der Lem, Jan Wouters.

Attaquants :
Willy Carbo, Bert Gozems, Jan Monster, Harry van den Ham, Leo van Veen.

Entraîneurs :
Han Berger
Ton du Chatinier (ent. adj.).


F.C UTRECHT 1980-81.


F.C UTRECHT 1980-81

En haut : Hans van Breukelen, Jan van de Akker, Henk van der Vlag, Gerard Tervoort, Ben Rietveld, Ton de Kruyk, Gerard van der Lem, Willem van Hanegem, Jan Stroomberg.

Au milieu : Han Berger (ent.), Martin Okhuysen (staff), Joop Wildbret, John van Veenendaal, Peter Eikelboom, Koos van Tamelen, Willy Carbo, Ton du Chatinier, Jan Verkaik (ent.adj.).

En bas : Dr Bram Querido (médecin), Gert Kruys, Wim Flight, Frans Adelaar, Jan Wouters, Jan van Staa, Ton Norbart, Tonnie Gruters, Wijnand Nietveld (staff).


N.A.C BREDA 1982-83.


N.A.C BREDA 1982-83

GARDIENS :
Quintus van der Meulen, Ton van Eenennaam, Matthé Kelle, Fritz van Seydlitz.

DEFENSEURS :
Alan Gouvernante, Hans Heeren, Willy Janssen, Anton Joore, Hans Kraay, Ad Krijnen, Hans van den Dungen, Dirk van der Laan.

MILIEUX :
Jacques de Kroon, Edy de Schepper, Johnny Dusbaba, Ferry Kotta, Hans Neeskens, Tom Smits, Jack Sweres.

ATTAQUANTS :
Ton Cornelissen, Ruud Geels, Leen Swanenburg, Guus van der Borgt, Guus van Schijndel, Koos Waslander.

ENTRAÎNEUR :
Jos Jansen.

BIO EXPRESS DEGRADABLE. Piet Keizer (1943-2017).

PIET KEIZER.
C'est la totale déprime du côté de l'Ajax. A peine remis de la disparition de son légendaire numéro 14 il y a tout juste un an, le club d'Amsterdam vient de perdre ce week-end un autre élément de son attaque de feu. Piet Keizer, capitaine à l'époque des grands succès européens de l'Ajax, est décédé subitement et laisse un grand vide dans son équipe de toujours.

Né à Amsterdam le 14 juin 1943, Piet Keizer intègre l'Ajax au début des années 60. Malgré quelques titres nationaux durant cette décennie (champion des Pays-Bas 1966, 67 et 68 et coupe en 1967), la formation au maillot à la bande rouge n'est pas encore ce monstre hybride qui va faire régner la terreur sur les prés de l'Europe entière. Après une première expérience malheureuse en finale de la coupe d'Europe des clubs champions contre l'A.C Milan à Madrid en 1969 (défaite 4 à 1), Piet Keizer et l'Ajax dominent la compétition à l'entrée des seventies. C'est l'époque des cheveux longs, l'avènement de Johan Cruyff et des méthodes progressistes entamées par Rinus Michels puis relayées par Stefan Kovacs. Avec l'explosion du football total, l'Ajax torpille ses adversaires et rafle tout sur son passage. Piet Keizer truste alors les titres internationaux et réalise un triplé en C.1 (1971, 72 et 73) sans oublier la coupe intercontinentale (contre Independiente, 1972) et la supercoupe d'Europe aux dépens des Rangers (3-1/3-2, 1972) et du Milan A.C (0-1/6-0, 1973). La déculottée au stade Olympique d'Amsterdam face aux Rossoneri marque cependant le déclin de l'Ajax. Piet Keizer, en désaccord avec le nouvel entraîneur Hans Kraay, quitte le club en octobre 1974 après 490 matchs au compteur et encore quelques trophées à son actif (champion des Pays-Bas 1970, 72 et 73 et coupe 1970, 71 et 72). Il met alors un terme à sa carrière sur un regret, presque éternel.

En effet, quelques semaines auparavant, les Pays-Bas s'inclinent en finale de la coupe du Monde 74 contre les faux cousins germains (1-2). Mais Piet Keizer (34 sélections), peut-être estimé trop vieux pour la compétition - il a alors dépassé la trentaine - n'est pas titulaire pour la compétition et se contente d'une unique apparition contre la Suède (0-0) lors du premier tour. Oranje amère et désillusions. Petrus Johannes Keizer n'a pas atteint le toit du monde. C'est chose faîte en ce funeste 10 février 2017, un peu trop tard peut-être pour connaître une forme de consécration.

Piet Keizer contre l'OM (1971).

WILLEM II TILBURG 1989-90.


WILLEM II TILBURG
1989-90

En haut : Guus van der Borgt, Meindert Dijkstra, Frank Brugel, Roland Jansen, Hans Werdekker, Ulrich van Gobbel, Fons Mallien.

Au milieu : Piet de Visser, Adri Koster, Ruud Brood, John Feskens, John Mutsaers, Bart Jansen, Ron de Roode, Patrick Cohen, Ad Damen, Gert van de Wiel.

En bas : Joop Ooms, Bud Brocken, David Loggie, Frank van Straalen, Hennie de Romeijn, Edwin Godee, René Wolffs, Sjef van Weerd.


BIO EXPRESS DEGRADABLE. François Van der Elst (1954-2017).

FRANÇOIS VAN DER ESLT.
Une légende des Mauves et des Diables Rouges est partie, trop rapidement, trop discrètement, eu égard à une carrière exemplaire et un palmarès exceptionnel, bâti essentiellement avec le R.S.C.A, le grand Anderlecht des années 70. Avec les Ludo Coeck, Frankie Vercauteren, Arie Haan et Rob Rensenbrink, son alter-égo sur le pré, François Van der Eslt et le RSCA dominent le championnat de Belgique. Une décennie florissante du côté du Parc Astrid, peut-être la meilleure de son histoire.

C'est dans le café des parents, où il s'entraîne à shooter les bouteilles de sodas vides dans la cave à bières, que l'avenir de « Swat » se dessine. Il a quatorze ans quand il signe pour les Mauves, découvert par Hippolyte van den Bosch, grande figure du club. Nous sommes en 1969 et « Swatje » reste fidèle à la formation bruxelloise jusqu'en 1980, date à laquelle il part vivre l'aventure américaine en signant pour le Cosmos de New-York. Strass, paillettes et football rock-stars aux côtés des Neeskens, Chinaglia, Beckenbauer et consorts. Des étoiles planétaires pour un joueur discret, voir effacé, mais qui sait se faire respecter balle au pied. C'est peu dire.

Frans, doté d'une véritable efficacité offensive, se régale sur le pré. C'est d'ailleurs lui, et son compère de l'attaque Robbie Rensenbrink, qui offrent le premier titre européen des Mauves en 1976. Le duo magique inscrit un doublé, contre West Ham, lors de la finale de la coupe des vainqueurs de coupes au Heysel. La saison suivante, « Swat » s'adjuge le titre de meilleur réalisateur du championnat (21 buts). Un trophée de compensation, certes, après la défaite d'Anderlecht en finale de la C2 face à Hambourg (0-2). Les Mauves perdent leur titre mais le récupèrent illico en 1978, au Parc des Princes, en écrasant l'Austria de Vienne (4-0). C'est un nouveau trophée européen pour Frans qui en collectionne deux autres : la supercoupe de l'UEFA aux dépens du Bayern en 76 (1-2, 4-1) et Liverpool en 78 (3-1, 1-2). Il en profite d'ailleurs pour inscrire son nom sur les rapports officiels en scorant lors de ces doubles confrontations. Car s'il est enclin à un caractère réservé, Frans aime bien faire parler de lui. Sur le plan national, il s'adjuge ainsi deux championnat (1972 et 74) et trois coupes de Belgique (1973, 75 et 76). Un joli pactole agrémenté de 82 buts au total (248 rencontres) au cours des sept années qu'il passe à Anderlecht. 

Pas vraiment une surprise donc de retrouver Van der Elst sous la vareuse des Diables Rouges, comme son frère cadet Léo, qu'il porte à quarante-quatre reprises, avec à la clé une finale de championnat d'Europe des Nations, perdue face à l'Allemagne de l'Ouest (1-2) en 1980, et une participation au Mundial 82, en Espagne, sous les ordres de Guy Thijs. « Swat » est un phénomène, qui s'exile aux States pour un an (1980-81) afin de professionnaliser (stariser) le foot made in USA . Il crèche sur la 5ème avenue avant de découvrir l'East End prolo de Londres quand il signe à West Ham (de 1981 à 83). Culture du paradoxe ou pas, il retourne ensuite en Belgique où il termine sa carrière à Lokeren (1983-86). Après ça, Frans se retire, sans tambour ni trompette, achète une salle de billard et connaît quelques pépins personnels : deux divorces onéreux et le suicide de son fils. Pas très royal sporting cette sale affaire. Grâce à l'amour de sa fille et son petit-fils, il reprend cependant goût à la vie qu'il vient de quitter ce 11 janvier à la suite d'un problème cardiaque. Il venait tout juste de fêter ses 62 ans en décembre dernier. La vie n'est pas si mauve que ça finalement.



MATCH REPLAY. Le jour où... Paul van Himst fête son jubilé.

Le coup du parapluie avec Paul van Himst.
Alors que l'équipe de France se prépare à recevoir la Hongrie en amical au Parc des Princes ce mercredi 26 mars 1975, à quelques kilomètres plus au Nord, la Belgique célèbre dans le même temps Paul van Himst, le meilleur joueur de sa génération du (plat) pays. Une fête tout aussi amicale au Parc Astrid, autrefois le jardin des exploits de « Popol » et aujourd'hui le théâtre de son jubilé, dans des conditions de classique flandrienne. De la pluie, du vent et 35.000 spectateurs se sont invités pour saluer le taulier des Mauves, lequel affronte en hommage à ses quinze ans de service sous le maillot du R.S.C Anderlechtois, une prestigieuse sélection mondiale pilotée par Rinus Michels, le fondateur du football total.

Balayé par la pluie depuis huit jours, le Parc Astrid ressemble à un champ de patates au coup d'envoi de cette soirée de gala. Le temps dégueulasse sur Bruxelles n'autorise pas le report de la rencontre, les invités ayant leurs obligations diverses. Et Paul van Himst a choisi du beau linge, un peu mouillé pour l'occasion. Eusebio, Pelé, Johan Cruyff, Altafini, Rivera, Tomaszewski, Paulo Cesar, notamment, ont répondu « oui, une fois » pour fêter le buteur des Mauves. Parfois au prix de négociations douloureuses. « L'organisation de ce match a demandé beaucoup de travail, analyse Popol en docteur. C'est grâce à la collaboration de Lucien Levaux du Standard de Liège, un ami et un partenaire commercial de Pelé, que ce dernier a accepté de jouer. Même les négociations avec Cruyff, que je connais pourtant personnellement, ne furent pas aisées, mais finalement il a accepté » conclut la légende d'Anderlecht (de 1960 à 75) qui collectionne les trophées avec quatre souliers d'or belges (1960, 61, 65 et 74) et trois titres de meilleur buteur (1964, 66 et 68).

Ce dernier justifie sa réputation sur le pré. Il inscrit, sur pénalty, le premier but d'une rencontre très fertile au tableau d'affichage. Anderlecht, emmené par le héros de la soirée, s'impose en effet 8 à 3 contre la sélection mondiale. La qualité technique de l'équipe dirigée par l'ex-entraîneur de l'Ajax n'est pas à remettre en cause, mais plutôt l'état du pré qui ressemble plus à un marécage qu'à une verte pelouse. Malgré de nombreuses occasions, Pelé et Eusebio manquent deux pénalties, les stars mondiales jouent avec retenue, contrairement au onze anderlechtois qui engage la partie sur un rythme élevé, comme sur un match de coupe d'Europe. Refroidie par l'ardeur belge, la sélection mondiale subit la pression, même en seconde période où l'équipe est totalement remaniée avec l'entrée en jeu de Paulo Cesar, Jairzinho, Sotil, Delikaris et Rivera. Mais les gloires ce soir-là ressemblent plutôt à des poules mouillées humiliées par un R.S.C.A désireux de rendre un bel hommage à son fidèle lieutenant. Le mot de la fin pour Eusebio, qui se rappelle parfaitement de cette sauterie inoubliable. « La dernière fois que j'ai affronté Van Himst sur un terrain, c'était lors de son jubilé, au stade d'Anderlecht, lance le buteur portugais d'un ton décisif. Puis de digresser sur le vélo, histoire de changer de conversation. Son club avait battu une sélection mondiale 8-3. Mais, depuis lors, j'ai pardonné cette petite humiliation à Van Himst car il m'a présenté son ami Merckx. Le grand Eddy Merckx ! Au Portugal, le cyclisme est un peu moins populaire qu'en Espagne ou chez vous, mais, moi, je connais le vélo, hé ! Cette rencontre m'a marqué pour la vie car Merckx est un de ces rares champions hors catégorie. Comme les cols qu'il montait. J'ai un respect énorme pour lui. » Finalement le Cannibale, c'est toujours lui qui termine le premier.

SELECTION MONDIALE
Debout : Eusebio, Rijsbergen, Katalinski, Altafini, Vieira, van Hanegem.
Accroupis : Amancio, Tomaszewski, Pelé, Cruyff, Heredia
Remplaçants : Paulo Cesar, Jairzinho, Sotil, Delikaris, Rivera, Babington, et Piot.

LE MATCH EN PHOTOS
Johan Cruyff en action.

Pelé dans le bourbier belge.

Eusebio, Paulo Cesar et Babington à la bagarre.

A view from Parc Astrid.

Après le déluge...


INTERVIEW. Karl-Heinz Wissmann.

Karl-Heinz Wissmann est Allemand, il a débuté sa carrière professionnelle au M.S.V Duisburg à la fin des années soixante, mais part s'installer en Belgique, à Saint-Trond, au début de l'été 1970. Le plat pays, il ne l'a jamais quitté en fait, et bosse aujourd'hui avec sa femme dans sa ville adoptive. Et ressasse sur ses exploits passés sur les pelouses de St-Truiden, Molenbeek et Beveren. L'ex-attaquant parle même vélo en évoquant le « Cannibale. » Rencontre et histoires belges...

Quels souvenirs gardes-tu de ton passage à Molenbeek ?
Je n'ai que des bons souvenirs. Parce que nous étions différentes nationalités dans l'équipe, avec des intentions strictement professionnelles.

Comment était l'ambiance à l'époque dans la ville et au stade Edmond Machtens ?
L'atmosphère était très paisible en ville, par contre au stade, c'était plus chargé. Mais, il n'y avait jamais de violence.

Que t'inspires l'actualité aujourd'hui après les attentats de Bruxelles ?
Je suis très choqué comme beaucoup de monde, ici, en Belgique. Mais ce n'est pas vraiment une surprise, parce que la plupart des gens vivent comme dans des ghettos, sans éducation, ni travail, et sans avenir... Et en plus, il n'y pas de contrôle de la part de la police ou du gouvernement.

Est-ce que tu revois d'anciens coéquipiers du R.W.D.M ?
Quelques-uns, oui, comme Johan Boskamp, Willy Wellens, Morten Olsen, Eddy Koens et Odilon Polleunis. Ce sont toujours de très bons amis.

A Molenbeek, tu as côtoyé des stars comme Paul Van Himst. Tu as aussi connu Eddy Merckx. Quel était son rôle au club ? Comment étaient tes rapports avec eux ?
Paul van Himst a joué avec nous à la fin de sa carrière. Il nous a seulement montré que 60% de son talent. A cette époque, Eddy Merckx était un grand fan du RWDM. Il nous accompagnait à chacun de nos déplacements en coupe d'Europe. Et de temps en temps, il venait aussi s'entraîner avec nous. Mon vélo de course, c'est un cadeau de lui !

Tu quittes le RWDM en 1978 pour Beveren, qui termine champion de Belgique à la fin de la saison. Est-ce le meilleur souvenir de ta carrière ?
Bien sûr ! Certainement parce que nous avons gagné le titre avec un incroyable esprit d'équipe.

Cette saison-là, Beveren fait même une demi-finale en coupe des vainqueurs de coupes contre Barcelone. C'est la belle époque pour toi ?
Certainement. Mais les succès européens avec Molenbeek sont aussi les points forts de ma carrière.

A Beveren, tu as connu Jean-Marie Pfaff. Etait-il aussi drôle dans la vie que sur un terrain ? As-tu quelques anecdotes à son sujet ?
Sur le terrain, il était très drôle. Il était aussi particulièrement porté vers la publicité. Il lui arrivait souvent de téléphoner aux journalistes.

Finalement, tu es resté une année à Beveren. Tu reviens ensuite à St-Trond, là où tu as commencé ta carrière en Belgique. Est-ce le club de ton cœur ?
Saint-Trond est le club de mon cœur, simplement parce que c'est l'endroit que j'ai trouvé.

Que fais-tu désormais ?
Je m'occupe d'un très joli magasin d'alimentation avec ma femme à Saint-Trond. J'ai arrêté de travailler il y a quatre ans. Aujourd'hui, je passe mon temps avec ma famille, à voyager et jouer au golf, ma nouvelle passion.

Te sens-tu plus Belge qu'Allemand ?
En général, je me sens peut-être plus Belge aujourd'hui. Mais dans mon cœur, je suis toujours un Allemand.


JOHAN CRUYFF. Lettre à un dieu fumeur de gitanes.


Alors comme ça tu viens de passer l'arme à gauche, incapable de dribbler ton dernier adversaire : la mort et ce putain de cancer des poumons, toi le génial inventeur du football moderne. Et tout ça la veille d'un Pays-Bas/France certes sans enjeu. Une manière quelque part de faire un (nouveau) pied-de-nez à la sélection batave avec laquelle tu n'as rien gagné (si ce n'est la considération du grand public).

La Oranje, tu l'as quittée juste avant la coupe du Monde 78 en Argentine, non sans avoir participé aux matches de qualification. Officiellement pour des raisons politiques, en réaction contre la junte militaire du général Videla. Mais le motif est plus personnel et répond à une tentative de kidnapping avant la fin de ton contrat à Barcelone. « J'ai eu un fusil pointé sur ma tête, j'ai été ligoté, ma femme aussi, et mes enfants étaient présents dans mon appartement, finis-tu par avouer sur Radio Catalunya en 2008. Il y a des moments où d'autres valeurs priment dans la vie. Pour jouer une Coupe du monde, il faut être à 200%. » Tu l'étais quatre ans auparavant. Mais le Kaiser et ses troupes te collent du plomb dans l'aile, toi le « Hollandais volant », au stade olympique de Münich. Abattu en plein vol alors que le trophée te tend ses bras dorés. Beautiful loser avec la sélection. Champion total avec ses clubs de toujours.


D'abord avec l'Ajax où tu débutes dès l'âge de 17 ans, épais comme un haricot et déjà virevoltant, plein d'une grâce naturelle. Sous les ordres de Rinus Michels, celui qui rend plus funky le WM '74, tu inventes le football total et remporte tes premiers succès nationaux. Il y en aura un paquet de clopes bien rempli au final, étalés sur trois décennies (8 championnats et 5 coupes). Tu deviens alors roi d'Europe, grâce au travail dans la continuité mené par le Roumain Ștefan Kovács, qui succède à Michels parti pour Barcelone. Trois succès consécutifs en coupe d'Europe des clubs champions (1971,72 et 73) et te voilà désigné ballon d'or à trois reprises (1971, 73 et 74). Une première pour un joueur. Football total et rien pour les autres ! Et tout ça avec les cheveux longs, les pattes d'eph et les rouflaquettes à Neeskens, surnommé Johan II parce toi tu es le premier.


Au soir de ton dernier succès européen sous le célèbre maillot à bande rouge, tu quittes les canaux embrumés pour le soleil de la Catalogne, où tu rejoins ton mentor à Barcelone. Le début d'une histoire d'amour avec ta seconde patrie. Tu as tout fait chez les Blaugranas, à commencer par remporter un titre de champion dès ton arrivée (1974) après 15 ans de disette au Camp Nou. Mais c'est en qualité d'entraîneur que tu connais finalement la consécration avec le Barça, en soulevant la coupe aux grandes oreilles (1992). La première du club catalan qui te doit tant aujourd'hui. Comme le football en général, car avant toi, il n'y avait rien, sans zlataniser mes propos.


Puis tu as connu ton quart d'heure américain au sein de la disco NASL, entre strass et paillettes, pour échapper au fisc espagnol et te refaire financièrement. Trois à quatre paquets de cigarettes par jour, et on grille aussi son compte en banque. Sans se consumer sur le pré néanmoins. Pour ton retour aux Pays-Bas, à l'approche de la retraite, tu glanes tes derniers succès dans un final tour avec Feyenoord (coupe et championnat 1984). Baisser de rideau triomphal. Tu nous quittes un 24 mars, toi qui restes à jamais le porteur du numéro 14 sous le maillot orange.

Salut l'artiste. Moi, je vais m'en griller une petite en pensant à toi et George Best, l'autre rock-star du ballon rond.


RWD MOLENBEEK 1975-76 (by chocolat Perrette).


RWD MOLENBEEK 1975-76
Debout : Gérard de Sanghere, Odilon Polleunis, Benny Nielsen, Kresten Bjerre, Maurice Martens, Nico de Bree.
Accroupis : Eric Dumon, Eddy Koens, Paul van Himst, Jacques Teugels, Karl-Heinz Wissmann.


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