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BIO EXPRESS DEGRADABLE. Yasuhiko Okudera.

YASUHIKO OKUDERA.
Né le 12 mars 1952 à Kazuno, pas celui de Deauville mais au Japon, Yasuhiko Okudera possède la sagesse des habitants de l'archipel. « Je ne suis pas prétentieux, lâche l'attaquant nippon en toute modestie, mais je crois que les Japonais possèdent trois qualités essentielles : la technique, l'intuition et la patience. » Sur un plan perso, Oku voit juste . En effet, un an à peine après son arrivée en Allemagne de l'Ouest, sa terre d'exil en Europe, il réalise le doublé coupe/championnat avec Cologne (1978).Une première pour un joueur japonais. Okudera entre par la grande porte dans l'histoire du football allemand. Et toute la Bundesliga de crier « banzaï ! » au passage de celui qui roule en Toyota GT 2000, une manière de ne pas perdre de vue le pays du Soleil-Levant.

Avant de conquérir la Germanie, Yasuhiko Okudera a chaussé les crampons à Furukawa Electric Soccer Club. Il y entre en 1970 et devient vite un joueur à l'avant-garde du football japonais. Deux ans après ses débuts, le jeune attaquant honore sa première sélection internationale contre la République Khmer (Cambodge). L'apprenti fait son chemin jusqu'à la la consécration et les premiers honneurs nationaux. En 1976, Okudera et Furukawa trustent un titre de champion et la coupe de l'Empereur. L'international fait parler de lui, et Outre-Rhin on semble intéressé par le profil atypique du Nippon, peu surpris par les sollicitations étrangères. C'est d'ailleurs une évidence pour lui. « Il y a des dizaines de joueurs de mon niveau au Japon, commente Oku sans prendre de baguettes, plus pratiques que les gants par chez lui. Le football y a conquis une place de choix depuis la troisième place acquise au J.O de Mexico en 1968. » Des progrès notables matérialisés par le transfert de Yasuhiko Okudera au F.C Köln à l'été 77.

Okudera : de l'apprentissage de la langue au titre.

A Cologne, le Japonais doit d'abord adopter un autre style de vie. « Quand je suis arrivé, j'ai dû m'adapter à une vie nouvelle, remarque la curiosité du mercato estival. Okudera se met à la langue de Goethe en mangeant de sushis. Hennes Weisweiler, le coach du F.C.K, est un homme hors-du-commun. Il a inventé le football romantique avec Mönchengladbach au début des 70's., et est passé par Barcelone (1975-76). C'est aussi entre-autre un découvreur de talents, qui mesure le potentiel de sa nouvelle recrue : « C'est un joueur très rapide et qui se met au service de la collectivité sans rechigner. Il est clairvoyant, doté d'une bonne technique, et sait réagir en toute occasion. » Il est patient avec son poulain qu'il lance finalement dans le grand bain le 22 octobre 1977, lors d'une confrontation contre M.S.V Duisburg. Il ne quittera plus l'équipe première après son baptême du feu. Un exemple d'intégration. A Cologne, tout le monde joue le jeu. « Personne ne triche, tout le monde donne le maximum. J'admire mes partenaires » se félicite Okudera qui ne manque pas de citer Heinz Flöhe et Dieter Müller comme références dans l'équipe. Il y a d'autres avec Harald Schumacher, Preben Elkjaer-Larsen et encore Roger Van Gool. L'ensemble est hétérogène mais le collectif est explosif, dirigé par un maître,. Le F.C Kôln est en haut du tableau jusqu'au départ de Weisweiler en 80. Okudera file alors en prêt au Hertha Berlin. En deuxième division allemande. Presque un Hara-Kiri.

Mais le Nippon rebondit à Brême après une année au purgatoire. Et retrouve les premiers rôles en Bundesliga avec le Werder, vice-champion en 1983, 85 et 86. L'équipe est entre les mains d'un autre futur sorcier allemand. Otto Rehhagel débute dans le métier et impose le respect par son schéma de jeu et la gestion humaine. Yasuhiko Okudera est un pilier du système Otto. Le Werder apparaît régulièrement en coupe d'Europe sans casser des briques. Une déception pour l'international japonais qui a connu une demi-finale de C1 avec le F.C Köln (1979). En 1986, en pleine coupe du Monde au Mexique, Okudera retourne au pays ain de prendre une retraite paisible dans le club de ses débuts. Et pour finir en beauté, avec quelques honneurs personnels (dans le top 11 de la JLS en 1987). Depuis sa reconversion, Oku a été aperçu dans le staff de Furukawa Electric, mais aussi aux côtés d'une vieille connaissance (Pierre Littbarski) à Yokohama. Des broutilles pour un pionnier du football nippon.

Okudera époque Werder Bremen.

F.C KÖLN 1977-78

WAGs RETRO. Ali Parvin et miss baril.


En Iran, Ali Parvin c'est « le Sultan ». Un surnom qu'il doit à une carrière exemplaire en sélection et avec son club du Persepolis F.C. Ali en laisse plus d'un baba. Un palmarès long comme le bras et des titres en barils. A 31 ans, le milieu de terrain iranien est à l'honneur au moment de s'envoler pour l'Argentine, théâtre de la coupe du Monde 78 et de son « jubilé » international. Parvin tire en effet sa révérence lors « Mundial » après un dernier match contre le Pérou, sa 76ème et dernière sélection. Le sultan a participé à la grande fête du football mondial, comme il avait côtoyé les valeurs de l'olympisme à Montréal (1976), brillé en Coupe d'Asie, il gagne deux trophées (1972 et 76), et illuminé les Jeux Asiatiques qu'il remporte en qualité de joueur (1974) et sélectionneur par la suite (1990). C'est une première au pays. Et encore une statue pour ce héros national. Mais ça c'était hier, du temps de la grande époque et des petites pépées. Ali Parvin est viré de son poste en 93 et paye cher, depuis, le prix de la gloire que jalouse les huiles de la fédération iranienne. L'ancien capitaine puis entraîneur du Persepolis F.C et de la sélection, bardé de médailles, est banni dans son propre pays. interdit d'exercer son métier et de mettre les pieds dans un stade. Un vrai coup de sabre dans le dos du sultan qui n'aurait plus un baril de crédibilité aux yeux des dirigeants iraniens. Une excuse commode qui cache une réelle volonté politique. Ali Parvin fait trop d'ombre, surtout à un certain Mohammad Safizadeh. L'ex-président de la Fédération iranienne (1993-94) a juré la perte de son sélectionneur pour une sombre histoire de différent sportif.. Un règlement de compte interne avec de la jalousie, du pétrole et des femmes. Voilà qui ressemble fort à un « feuilleton pourri dégueulasse ». Ali Parvin n'a même pas Pierre Cangioni pour se consoler avec le football.

AUSTRALIE 1974.


AUSTRALIE WM '74
En haut : Colin Curran, Attila Abonyi, Manfred Schaefer, Raymond Richards, John Warren et un adjoint.
Au milieu : Rale Rasic (ent.), Adrian Alston, Peter Wilson, Jack Reilly, Branko Buljevic, David Harding.
Assis : Allan Maher, James Milisavljevic, James Mackay, James Rooney, Harry Williams, Maxwell Tolson, John Watkiss, Ivo Ridic.
En bas : Ernest Campbell, Garry Manuel, Douglas Utjesenovic, Peter Ollerton.


CHINE 1979. (Celtic-China programme 8-8-1979).

CHINE 1979.
A l'occasion de la tournée de l'équipe asiatique en Grande-Bretagne. Des rencontres amicales contre West Bromwich Albion (0-4), Middlesbrough (0-2), Celtic (1-6) et Chelsea (1-3).

CELTIC-CHINA PROGRAMME - 8/8/1979 -


MAILLOT DE LEGENDE. Chine.

Force rouge comme le petit livre qui accompagne les joueurs de la sélection de la République populaire de Chine. Une équipe révolutionnaire qui tente d'exister, par ses principes et son sens tactique, au sein de la FIFA. En 1982, la petite armée - onze bonhommes bien disciplinés et aguerris aux batailles anti-impérialistes - livre le combat de sa vie. Une qualification pour la coupe du Monde en Espagne face à la Nouvelle-Zélande. Deux équipes, un match de barrage pour un seul visa. Presque une question d'honneur pour la délégation chinoise qui part à Singapour, en terrain neutre, le couteau entre les dents et la photo de Mao au fond de la poche du short. Malgré sa bonne volonté, la Chine s'incline (1-2) et laisse les « All Wight » découvrir un autre Monde, le football de haut niveau. Déshonorés après cette défaite, la plupart des joueurs se tournent vers le ping-pong et retrouvent leurs principales activités : les études pour la majorité et le travail à l'usine pour les autres. C'est de là que partent les premiers conflits en général et les grand bouleversements socio-politiques. Et sur le tableau noir, mille fois tu méditeras sur les schémas tactiques et l'art du contre-pied. La révolution dans le foot a ses limites et ne goûte guère aux contrefaçons.

Liu Li Fu. Un Chinois pas commode avec un ballon.

MATCH REPLAY. Le jour où... La Chine visite les USA.

CHINE 1977.
Usa-CHINE 
- Tournée US du 6 au 16/10/1977 -

En Chine, football se traduit par Tsu-Chio. Un mélange de choux et de petit chien. Une recette basique que les Américains vont devoir apprendre à cuisiner à l'automne 77. Au mois d'octobre de cette année punk, une armée de vingt-cinq Chinois envahit les States. Une attitude un peu « no future » et guerrière du commando asiatique qui ne ressemble pourtant pas à une provocation politique, ni une volonté de semer le trouble entre les deux blocs. La délégation chinoise - composée de dix-huit joueurs, deux interprètes et cinq membres du staff - est en fait la sélection nationale de football débarquée aux USA dans le cadre d'une tournée préparatoire au « tournoi asiatique », une compétition majeure sur le Continent, qui doit se dérouler l'année suivante (1978) en Thaïlande.

- Hello, face de citron !
- Honorable Yankee !
Les capitaines Hsiang Heng-Ching (Chine) et Al Trost (USA).

Un drôle de choix tout de même pour préparer dans des conditions optimales un tel évènement, en terre hostile et impérialiste, qui répond cependant à un accord de principe entre les deux pays et la visite quelques mois plus tôt du New-York Cosmos en République populaire chinoise. Un échange de bons procédés en quelque sorte. Un donné pour un rendu sans équivoque comme le confirme le secrétaire général de la Fédération Chinoise de Football Yang Hsiu-Wu. « En venant en Chine, lance le boss de la Fédé, le Cosmos nous a fait prendre conscience de l'impact du football aux Etats-Unis. C'était la promotion du soccer américain. Quant à notre venue ici, elle découle d'un même besoin d'information et d'expérience pour une équipe toute nouvelle ». Et jeune. La formation chinoise affiche une moyenne d'âge de 23 ans et veut apprendre du Monde. Par exemple sur le professionnalisme et les salaires ronflants de la NASL, et sur le plan technico-tactique selon la version officielle. Une visite très pacifique en tous cas, les joueurs partagent leur repas au self un soir, placée sous le signe de la tolérance entre les peuples, si différents soient-ils. Décidément, il n'y a que dans le sport et le football en particulier où l'on peut réunir des ennemis idéologiquement farouches. Un vrai message de paix et une manière d'agiter le drapeau blanc en citant presque du Courbertin un peu saké. « Ce qui compte, récite Yang Hsiu-Wu, c'est l'amitié. La compétition vient ensuite ».

Des Chinois de la CIA avec des ballons.

Enfin, ils sont quand même venus pour ça et la tournée, organisée avec minutie, mène la délégation chinoise aux quatre coins des States. A Washington, New-York, Atlanta, Tampa Bay et San Francisco. Des destinations de choix pour affronter Cosmos (1-1) et Rowdies (2-1) et la sélection US à trois reprises. Une opposition symbolique qui se termine néanmoins à l'avantage des Américains. Deux victoires (1-0 et 2-1) et un match nul (1-1). La Chine tombe sur os mais repart avec des images et des idées plein la tête afin de préparer l'avenir. « Seul le travail et les échanges nous feront progresser », l'entraîneur Chang Hung Ken, un peu Foufou, songe déjà à sa prochaine destination. Les voyages, ça forme la jeunesse. Et en Chine, on apprend vite.

Repas collectif à la cantine.

NOUVELLE ZELANDE 1981.


NOUVELLE ZELANDE 1981.
Debout: Wilson, Woodin, Elrick, Rufer, Brian Turner, Herbert.
Accroupis: Dods, Cole, Grant Turner, Almond, Sumner.

IRAN 1978.


IRAN 1978.
Debout: Kazerani, Hedjazi, Djahani, Abdolahi, Adelkhani.
Accroupis: Sadeghi, Rowchan, Parvin, Nazari, Eskandarian, Ghassempour.

BIO EXPRESS DEGRADABLE. Andranik Eskandarian.

ANDRANIK ESKANDARIAN.
Dès son retour d'Argentine où il participe à la coupe du Monde 78 avec sa sélection, Andranik Eskandarian rejoint dans la foulée les Etats-Unis. Pas la destination la plus tranquille pour ce rapide défenseur repéré par New-York Cosmos au lendemain d'un match de gala qui oppose la franchise US à une sélection mondiale à la fin du mois août. Convié à porter les couleurs de l'équipe new-yorkaise quelques jours plus tard pour un match contre Boca Junior, il part ensuite en tournée, sous forme de prêt, à travers l'Europe - the fall '78 tour of Europe - avec la funky team de la NASL. Un contrat à clé, et parce qu'il se plaît sur le continent américain, la recrue du Cosmos débute officiellement sous son nouveau maillot à partir de l'année 1979. Or, Andranik Eskandarian est Iranien, né un 31 décembre 1951 à Téhéran. De quoi susciter la curiosité et la suspicion des supporters locaux qui lui brandissent la bannière étoilée à la moindre occasion. Une affaire pas si simple à gérer pour l'international iranien, 29 capes à son actif entre 1975 et 1978, surpris par l'accueil qui lui est réservé à chaque déplacement du Cosmos, d'autant que l'intéressé est d'origine arménienne par ses parents et de confession chrétienne, une communauté très minoritaire dans son pays. Eskie devient apatride en quelque sorte, à la recherche d'une identité, comme il se rappelle au plus profond de sa mémoire d'exilé : « Quand je suis arrivé aux Etats-Unis, tout le monde m'appelait l'Iranien. En Iran, j'étais l'Arménien et là, je suis l'Iranien ». Pas facile pour se construire.


Désormais « Américain à 100% » - il n'a jamais remis les pieds en Iran depuis son transfert au Cosmos, suivi par ses parents, ses deux frères et une sœur, tout en gardant le contact avec les deux autres restées au pays - Andranik Eskandarian débute ses gammes à Ararat Téhéran, le club de la minorité arménienne, à l'aube des années soixante-dix avant d'intégrer Taj deux ans plus tard, rebaptisé Esteghlal Cultural and Athletic Club après la révolution islamique de 1979. Le club phare de la région avec lequel il inscrit les premières lignes de son palmarès: le titre en 1975 et la coupe en 1977. Considéré comme le meilleur à son poste, c'est donc naturellement qu'il fait partie des 22 sur la liste invités à se produire sur le sol argentin pour la coupe du Monde. Une première pour l'Iran, pas vernie au tirage puisqu'elle tombe dans le groupe de la mort avec les Pays-Bas, l'Écosse et le Pérou. A sa manière, Eskandarian laisse une petite trace dans les stats en inscrivant un auto-goal (Écosse). Sans être ridicule, la sélection iranienne repart néanmoins chez elle avec la satisfaction du point obtenu face aux Écossais (1-1), forte des progrès qu'il reste à accomplir pour tutoyer le niveau international malgré des résultats convaincants par le passé: ¼ de finale aux J.O de Montréal et surtout la victoire en coupe d'Asie des Nations (1976). Deux trophées à ajouter au C.V du défenseur arméno-iranien qui pèsent sur la balance au moment de signer son contrat avec la franchise new-yorkaise, éblouie par ses prestations en Argentine et son match avec le World all-stars à la fin de l'été qui laisse Alberto Tarantini, l'autre priorité du club US, sur la touche. Un heureux hasard pour Andranik qui, après la rencontre de gala, passe une semaine de vacances à New-York. Le moment choisi par les dirigeants du Cosmos de tâter le joueur sur ses intentions et formuler un deal avec ce dernier, à commencer par un match contre Boca Junior et plus si affinités : « J'ai dit pourquoi pas ? Après tout, ce n'est qu'une heure et demie. J'ai joué le match et offert une passe décisive à Chinaglia. Après la rencontre, les dirigeants sont venus me rencontrer et m'ont demandé de ne pas repartir en Iran. Je leur ai dit que je devais réfléchir ».


Une réflexion menée avec sa femme qui ne tarde pas à exprimer sa pensée, malgré quelques offres de clubs européens négociées par son impresario. Eskie est finalement séduit par le chant des sirènes new-yorkaises : « Mon agent était en discussion avec une équipe espagnole. J'ai réfléchi et parlé à ma femme, et avons conclu que le meilleur choix était ici. Dès le premier jour, nous savions que nous resterions ici ». Un coup de cœur pour la Big Apple en somme. Andranik pose définitivement ses valises à New-York et connaît une autre histoire d'amour avec la funky town et son équipe disco 2000 à qui il reste fidèle jusqu'à la faillite de la ligue NASL (1984), poursuivant l'aventure en MISL, la formule indoor, avec Cosmos (1985) et New-York Express (1986-87), la nouvelle appellation du club pour ce championnat un peu spécial. Eskandarian termine sa carrière clopin-clopant en 1990 sous les couleurs du New Jersey Eagles dans un championnat qui bat de l'aile et dénué de tout intérêt. Et les souvenirs de ressurgir dans sa tête en évoquant l'aventure Cosmos : « C'était un beau rêve. La camaraderie, l'amitié, ce sentiment avec ces joueurs, vous ne pouvez pas les oublier. Tout ça reste dans votre cœur pour toujours ». Une histoire d'amour entretenue par deux titres (1980 et 82) et quelques moments tendus, comme ce jour d'avril 1980 à Fort Lauderdale au plus fort de la crise des 53 otages américains détenus par des étudiants extrémistes en Iran. Andranik voit son dernier jour arriver, agressé par un fan local par bonheur non-armé qui déboule sur la pelouse et l'accuse de délit de faciès : « Le match touchait à sa fin. Il faisait chaud et j'étais fatigué. Je n'ai jamais rien eu à voir avec la politique et ce gars s'en prend à moi. Heureusement, j'étais à proximité de notre banc qui est intervenu car ce type était fou ». Les histoires finissent (presque) toujours mal. A la retraite, Andranik rejoint son ancien coéquipier Birkenmeier dans une affaire de magasins de sport. Entre temps, le fils, Alecko, a pris le relai du père sur le terrain en MLS.


NOUVELLE-ZELANDE 1982.


NOUVELLE-ZELANDE 1982.
En haut: Dods, McClure, B. Turner, Malcomson, Simonsen, Bright.
Au milieu: Adshead (sél.), Mackay, G. Turner, Wilson, Van Hattum, Herbert, Hill, Fallon (ass.).
En bas: Cole, Boath, Sumner, Almond, Elrick, Wooddin.

MATCH REPLAY. Le jour où... Ray Baartz tombe dans un coupe-gorge.

1974. Pour Ray Baartz et l'équipe d'Australie, la coupe du Monde en Allemagne doit être une fête d'autant que les Socceroos participent pour la première fois de leur histoire à une phase finale d'un mondial. Comme chacune des équipes en compétition, les Australiens préparent leur WM'74 par une série de matches amicaux pour régler les automatismes et trouver l'équipe-type qui devra affronter la RFA, la RDA et le Chili. Rien que ça. Pour s'acclimater au football sud-américain, deux rencontres sont prévues contre l'Uruguay. La Celeste n'est pas une équipe de tendres et tend à le démontrer une fois de plus sur le terrain, confondant football et ovalie contre cette bande de Wallabies ratés qui ont jeté leur dévolu sur le ballon rond. Après une première rencontre à Melbourne soldée par un score nul et vierge, Uruguayens et Australiens se retrouvent deux jours plus tard, le 27 avril 1974, à Sydney. Ray Baartz est titulaire d'entrée. Son expérience à Manchester Utd (1963-65) est un plus malgré un retour au pays à la fin de son contrat. En fait, Ray refuse une prolongation offerte par Matt Busby en prétextant le mal du pays. Le second round est un enfer pour Ray, pris pour un sparring-partner par le dénommé Garisto qui n'est pas un rigolo comme la barre de céréales. 1er acte sur un corner à la demie-heure de jeu. Ray court vers la surface sud-américaine quand le défenseur de la Céleste lui flanque un coup au travers de la gorge sous les yeux de l'entraîneur australien Rale Rasic qui décrit l'action comme un " coup de karaté ". Baartz est au tapis pendant de longues minutes et termine la première période sur les rotules " avec des problèmes de vision mais déterminé à continuer la partie ". Le temps de retrouver ses esprits à la pause, Ray ouvre le score à l'heure de jeu quand survient le 2ème acte à un 1/4 d'heure de la fin. Garisto en remet une dans la mâchoire du Socceroos puis joue la simulation avec l'aide d'un coéquipier qui lui colle une fausse tarte, assez forte pour lui coller un bleu et prétendre que l'agression vient du pauvre Ray encore K.O pour le coup. Tout le monde s'en mêle et l'arbitre menace d'interrompre le combat. Après quelques palabres, le match reprend et l'Australie en profite pour clore les débats en marquant un second but à quelques minutes de la fin. Victoire 2-0 mais c'est alors que le cauchemar débute pour Baartz. Dans la nuit, Ray est incapable de bouger son bras gauche. Paniqué, il file à l'hôpital le lendemain matin et tombe dans un semi-coma pendant deux jours. Le coup porté à la gorge a endommagé la carotide, gonflant l'artère qui n'arrive plus à approvisionner en sang son cerveau. Ray Baartz s'en sort miraculeusement mais à son réveil, les médecins lui indiquent qu'il est fini pour le foot, un autre coup à la gorge pouvant le tuer. C'est un choc pour Ray qui galère pendant " deux ans pour s'en remettre physiquement et mentalement ". Mettre ainsi un terme à sa carrière à 27 ans - il est né le 6 mars 1947 - est quand même un sale coup du destin. Baartz y a mis un sens propre. Il s'appelle Garisto.


SO FASHION. South Korea hair-line.

De g. à d.: Choi Soon-ho, Cha Bum-kun, Park Kyung-hoon, Chung Yong-hwan, Kim Joo-sung.

Parés pour la coupe du Monde au Mexique les Sud-coréens dans leur maillot tout rouge. Le short moulant et les chaussettes bien ajustées juste en-dessous du genou. Pas très grands mais rapides comme des souris, ils arborent fièrement leurs couleurs. Hormis le collègue du milieu à l'air distrait. Ce tête en l'air a confondu la tunique officielle avec son vieux t-shirt Bob Marley. Le maillot des Léopards du Zaïre peut-être aussi. Un mariage des couleurs pas très heureux. Moustachu, on l'aurait peut-être pris pour un joueur portugais. Mais là non. C'est pas terrible. Vert et rouge. C'est plutôt Portugal et Chalana que Park Kyung-Hoon (Hong-kong fu-fu en verlan) et sa dégaine de sosie de Bruce Lee. En plus il va prendre froid avec tout ça. La lose.

COREE DU SUD 1986. By Panini.


Après avoir plaqué le Japon sur le tatamis (la pelouse en Coréen) lors des barrages qualificatifs à la coupe du Monde 1986, la Corée du Sud gagne son ticket pour le Mexique, boire de la tequila avec le commandant Marcos, ou accessoirement participer à sa seconde participation au Mondial 32 ans après son baptême du feu en Suisse (1954) et un forfait en 66. Yeah. Manque de bol pour les rois de la coupe de tifs du même du nom, les Sud-coréens héritent au tirage de l'Italie, le champion en titre, l'Argentine de Maradona et la Bulgarie. Du coriace pour les nains, les p'tits hommes ou p'tits jaunes (là y a toute une bande de cons qui ricane au comptoir) - bref les sobriquets qui accueillent les joueurs asiatiques à leur entrée sur le terrain. Pas ridicule, la Corée du Sud repart chez elle à l'issue du 1er tour avec un point en poche, obtenu contre les Bulgares (1-1) et deux défaites logiques face à l'Argentine (1-3) et l'Italie (2-3). Une lanterne rouge sympa et exotique qui reste (encore) le calvaire des commentateurs télé à l'annonce des compos d'équipes. Sur la 2 ils avaient pas pris Pierre Fulla du coup... C'est con.

SOUTH KOREA 1986.
Debout: Jung Jong Hwan, Kim Joo Sung, Kim Jong Boo, Choj Soon Ho, Cho Min Hook, Jo Byung Duk.
Accroupis: Kim Pyung Suk, Park Kyung Hoon, Cho Kwang Rae, Lee Tae Ho, Chang Sun.

BIO EXPRESS DEGRADABLE. Cha Bum-Kun.

CHA BUM-KUN.
Cha Bum-Kun fu-fu naît le 22 mai 1953 à Hwaesong (une chanson chouette en patois local). Comme George Best mais sept ans après. Un signe du destin. Comme son aîné raide devil en Angleterre dans les sixties, Cha Bum-Kun est aussi un peu le meilleur sur le continent asiatique des années 70-80. Et comme son ainé, Cha Bum (oui pas mal et toi ?) aime aussi les caisses. Pas celles qui te ramènent chez toi sur deux pattes. Plus racé, Cha Bum (bah oui toujours merci) avoue une attirance pour les grosses berlines. D'où l'explication de son exil vers l'Allemagne à l'aube des eighties. Tâter de la dernière Mercos (et Berthe aussi au passage). CBK kiffe la CLK. La Bundesliga aussi.

Le Cha Bum Crew !

Cha Bum dans les étoiles commence sa carrière de footballeur à l'armée. La South Korean Air Force. Nous sommes en 1971, Cha Bum-Kun vit sur un petit nuage. Il intègre l'équipe nationale des moins de 19 dans la foulée et obtient sa première sélection en 1972. A même pas 20 ans, Cha est en plein boom. Un début de carrière un peu foufou qui le propulse ensuite dans un championnat qui du chien: la Bundesliga motha fucka. Cha Bum dans les chaumières en trouve une justement au SV Darmstadt en décembre 1978. Purée l'Allemagne en hiver, c'est un peu comme Hwaesong sans Voulzy. Pas trop chemise à fleurs en fait. La rigueur du climat ou des tacles adverses, Cha Bum mais pas tout de suite pour lui. Un seul match à Darmstadt. C'est peu mais assez pour attirer l'œil des recruteurs de l'Eintracht Frankfurt. Pas pris pour une saucisse mais plutôt comme de la chair à canon, Cha Bum s'intègre vite à ses nouveau coéquipiers: les Pezzey, Nachtweih et Klaus Funk, le gardien (voir panini haircut band) – et marque lors de ses trois premiers matches. Cha Bum gagne un surnom - Cha Boom - et Francfort adopte le Coréen en deuxième langue dans les lycées et les tribunes du Waldstadion. Quatre années durant (1979-83), Cha Bum dans les coeurs des supporters de l'Eintracht. Une coupe de l'UEFA (1980), le Pokal l'année suivante (1981) et Cha Bum affole les stats (46 buts / 122 matches). La coupe est pleine mais pas trop les cheveux... jusqu'à cette vilaine blessure au genou qui freine sa carrière au point de vouloir y mettre un terme lors d'un match contre Leverkussen.

La coupe au bol !

Cha Bum s'en sort finalement et décide, à la trentaine bien ridée, de quitter Francfort pour le Bayer Levekussen (1983). Mieux vaut être avec eux ceux-là, pense t-il. Pas rancunier pour un mark, il y poursuit une trajectoire similaire à celle de son ancien club. Cha Bum dans les filets (52 buts / 185 matches). L'attaquant Sud-coréen devient le meilleur buteur étranger évoluant en Bundesliga et glane encore un titre européen, la bonne vieille coupe UEFA sur aller-retour (1988) aux dépens de l'Espanyol Barcelone (0-3, 3-0, 3 pen. à 2). Il signe le but qui ramène les équipes à égalité. A 35 ans, Cha Bum a toujours du tonus mais plus trop la forme. Il effectue une dernière saison ensuite et termine sa carrière en 1989. Une carrière placée sous le signe du fair-play. Un seul carton jaune à son actif. Pas vraiment une face de citron Cha Bum ça y est c'est la chute.

NOUVELLE-ZELANDE 1982. By Panini.


Coupe du Monde. Espagne 82. Nouvelle-Zelande première. Une qualification acquise dans la douleur, après un match d'appui contre la Chine lors des phases émininatoires. Un résultat gratté à l'arrache. Au tirage, les All Whites tombent dans le groupe de la mort - pour eux en tous cas ça craint - en se tapant l'Ecosse (2-5), l'URSS (0-3) et le Brésil (0-4). Les All Blacks du foot, en fait, pour causer ovalie. Un vrai bizutage pour son entrée dans la compétiton et un apprentissage douloureux pour des All Whites mais pas trop right, qui repartent chez eux avec trois valoches. Sous les yeux et dans les filets. Dur le réveil. Puis un sommeil profond jusqu'à 2010 et sa seconde participation en CM.

NOUVELLE-ZELANDE 1982.
Debout: Wilson, Wooddin, Elrick, Rufer, B. Turner, Herbert.
Accroupis: Dods, Cole, G. Turner, Almond, Sumner.

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