Affichage des articles dont le libellé est ALLEZ LES VERTS. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ALLEZ LES VERTS. Afficher tous les articles

JOHNNY REP. Singing in the morning (1980).

En 1980, Johnny chante le bonheur des matins légers de l'ami ricoré. Mais attention, il ne s'agit pas là de notre Jojo national. Non, celui qui pousse la ritournelle sur « Hey Johnny (Singing in the morning) » n'est autre que Johnny Rep, la star internationale des Verts, le sex-symbol du Chaudron que les jeunes filles attendent à la sortie de l'entraînement pour glaner un autographe, une photo ou encore un petit bisou volé. C'est la rançon du succès. Johnny Rep est un play-boy bâti, pourquoi pas, pour embrasser une carrière dans la chanson. C'est ce que croit, du moins, le duo de producteurs G. Tempesti et B. Simister, qui voit là une bonne aubaine de faire du blé sur la gueule d'ange de l'international néerlandais. Pari manqué. Distribué par Tréma, sous la direction de Jacques Revaux et Régis Talar, le succès attendu n'est pas au rendez-vous. Malgré les efforts vocaux du néo-crooner batave sur son single country-bucolique à travers les champs de tulipes, les ventes ne décollent pas et stagnent au niveau confidentiel. En gros, hormis à Sainté au Casino du coin, Furiani ou peut-être encore dans les travées du stade de Meer à Amsterdam, pas grand monde ne court au supermarché pour s'arracher la fameuse (fumeuse ?) galette de l'attaquant stéphanois. Lequel quitte le Forez quelques années plus tard à la suite de l'affaire de la « caisse noire ». Encore une tuile à l'actif de notre « Johnny s'en va t'en guerre » contre le star-system. En 2004, Mickey 3D réhabilite cependant Johnny Rep, non pas pour son côté chanteur à la petite semaine, mais pour son tribut à la légende de l'ASSE.


A.S SAINT-ETIENNE 1984-85. By Panini.


A.S SAINT-ETIENNE 1984-85

Debouts : Eric Clavelloux, Bernard Simondi, Janusz Kupcewicz, Didier Gilles, Alain Moizan, Jean Castaneda.

Accroupis : Thierry Oleksiak, Jean-François Daniel, Jean-Luc Ribar, Daniel Cangini, Eric Bellus.


Y A PAS QU'LE FOOT. Gérard Janvion et Jacques Zimako.

Les Bronzés font du ski (Jacques Zimako et Gérard Janvion).

Bien avant l'énormissime, que dis-je, le géantissime, le Maradona du biathlon Martin Fourcade (houlà, du calme Nelson, sans quoi tu vas bouffer la neige), Gérard Janvion et Jacques Zimako passent leurs journées d'hiver de janvier 1981 sur des skis de fond. Durant la trêve hivernale, en effet, Doudou et Zig-Zag préparent en douce la Tranjurassienne sur les monts du Forez, dans l'espoir d'y réaliser un exploit digne des Verts sur le pré de Geoffroy-Guichard. Au programme pour nos deux compères, le planter du bâton, la pose du fondeur et bataille de boules de neige pour amuser la galerie. Si l'important c'est d'aimer, selon Rascal au bistrot, l'équilibre est un atout majeur pour nos deux stéphanois spécialistes des grandes remontées (mécaniques) et des courses folles sur la pelouse. Les sports dits Verts à la montagne, ça vous gagne, n'est-ce pas Doudou dis-donc ?


Le Père Noël noir de Renaud.

A.S SAINT-ETIENNE 1974-75. By Ageducatifs.


A.S SAINT-ETIENNE 1974-75

Debouts : Ivan Curkovic, Dominique Bathenay, Gérard Janvion, Oswaldo Piazza, Christian Synaeghel, Christian Lopez.

Accroupis : Patrick Revelli, Jean-Michel Larqué, Hervé Rvelli, Yves Triantafilos, Georges Bereta.


La grosse cylindrée de CHRISTIAN LOPEZ.


Quand on lui demande, mais qu'auriez-vous fait si vous n'étiez pas devenu footballeur professionnel ? Christian Lopez répond à fond, à fond : « Pilote de course. En monoplace. » Un vieux rêve de gosse que le taulier de la défense stéphanoise réalise un jour de novembre 1979 grâce au magazine Onze, lequel organise un rendez-vous entre Jacques Laffite et Jeannot du côté de Vichy, au siège de l'écurie Ligier. Le roi du tacle pose son cul dans le baquet de la JS11 et bombe - encore une fois - le torse.

Christian Lopez et le staff Ligier.

Et des images qui défilent dans sa tête. « Quand il y a un Grand Prix le dimanche à la télévision, avoue le défenseur international, bien calé dans l'habitacle du bolide, je ne suis là pour personne. Inutile de me parler. Je n'entends rien, je plane. » Une passion sans frein pour celui qui vit un GP avec ferveur, à la manière des supporters des Verts depuis les tribunes de Geoffroy-Guichard. Et qui s'émerveille devant les exploits des pilotes. « Au Grand-Prix de France (à Dijon-Prenois, août 79), pendant le fantastique duel Arnoux-Villeneuve, j'étais comme un fou » embraye la nouvelle recrue de l'écurie bleue avant de prendre part au briefing de la JS11. Jacques Laffite – secondé par Guy Ligier, le patron, et Gérard Ducarouge, le n°2 – passe en revue le tableau de bord et le fonctionnement de la boîte de vitesse. En fermant les yeux, Christian Lopez s'imaginerait presque sur le Paul-Ricard ou à Spa. Mais c'est déjà l'heure de rentrer à Sainté. Le libéro des Verts ne décolle pas du retour : « Et quand je pense que tout ça se passe à plus de 200 à l'heure ! C'est prodigieux. » Va falloir quand même se concentrer un peu à nouveau sur les gestes défensifs Jeannot.


Photos souvenirs.


A.S SAINT-ETIENNE 1985-86. By Panini.


A.S SAINT-ETIENNE
1985-86

Debouts : Thierry Oleksiak, Eric Clavelloux, Didier Gilles, Roger Milla, Patrice Ferri, Jean Castaneda.

Accroupis : Tony Kurbos, Gilles Peycelon, Jean-François Daniel, Jean-Luc Ribar, Eric Bellus.


MATCH REPLAY. Le jour où... l'ASSE gagne le derby de la brouille.


Le derby est une affaire d'hommes, chaud dans les tribunes (souvent) et sur le pré (souvent aussi). C'est le cas ce dimanche 23 janvier 1978 même si, à l'époque, les Verts cherchent un second souffle après leur épopée européenne et que Lyon est à l'agonie. En cause, la prestation dégueulasse - selon les Lyonnais - de l'arbitre Mr Konrath qui pourrit les ambitions de l'OL à Geoffroy-Guichard.

« Ce n'est pas une défaite injuste de l'OL, s'enflamme Jean Gallice dans la presse après la rencontre. C'est une victoire volée de l'ASSE avec Mr Konrath pour complice. » L'ancien bordelais accuse l'homme en noir de complaisance à l'endroit de Sainté. Pour lui, c'est le coupable de la défaite des siens dans le Chaudron qui sonne creux en ce froid dimanche d'hiver (à peine 18.000 spectateurs). Sur une pelouse gelée, l'attaquant lyonnais envoie une cacahuète sur la barre transversale qui rebondit derrière la ligne. « Le ballon était à deux mètres derrière la ligne » hurle Gallice au micro. Mais Curkovic, rusé, s'empresse de dégager immédiatement la balle et Mr Konrath ne valide pas le but. Côté OL, « tout le monde était fou, enrage le cocu de l'affaire. José Broissart est allé secouer l'arbitre de touche. Sans succès. Il a même été suspendu pour ce geste. » C'en est trop pour des Lyonnais pas vernis dans cette rencontre, notamment Bernard Lacombe. Le buteur international rate tout. Un péno et une occasion en or sur un caviar de Chiesa. La faute à une motte de terre. Et les Lyonnais d'accuser aussi la pelouse de Geoffroy-Guichard ! Pendant ce temps-là, Rocheteau ouvre la marque en début de seconde période (51ème). Presque une anecdote au vu des malheurs de l'OL. Un match qui résume parfaitement la saison des hommes d'Aimé Jacquet. « L'an dernier, on jouait mal et on gagnait, insiste l'entraîneur vaincu. Cette saison, c'est tout le contraire : on joue dix fois mieux, mais on perd ! » A cause de l'arbitre... et de Curko. « Avec Curkovic dans nos buts, nous aurions aujourd'hui huit points de plus » tempête Lacombe qui envoie un missile à son gardien De Rocco.

Le goal stéphanois reste humble sur sa prestation, et en profite pour jeter une pierre dans le jardin de Georges Konrath. « C'est l'un des grands mystères des derbies, commente l'homme du match. Je me souviens d'une frappe terrible. Le ballon touche la transversale et franchit la ligne. L'arbitre ne pouvait rien voir car il était loin et masqué. En revanche, son assistant aurait dû valider le but. J'ai profité de ce moment de flottement pour reprendre le ballon et le dégager instantanément. Ce n'était pas mon problème de savoir si le but était valide ou non. J'ai donc fait comme si de rien n'était. » Curkovic enfonce le couteau dans la plaie et laisse un arbitre bien seul au monde au moment de justifier sa décision. Parole à la défense. «  La frappe de Jean Gallice a touché la transversale avant de rebondir devant ou derrière la ligne. Difficile de le dire. Cela s'est passé tellement vite. J'ai jeté un coup d’œil vers mon assistant mais lui non plus n'a rien vu. J'ai donc décidé de ne pas accorder le but. » Un point c'est tout ! Heu, plutôt zéro en l'occurrence pour l'OL ce jour-là qui se sauve in extremis en fin de saison (17ème). Les Verts, bien pâles, ne seront même pas européens (7ème).

Charles Bronson et Georges Konrath : deux justiciers dans la ville.

A.S SAINT-ETIENNE 1978-79.


A.S SAINT-ETIENNE 1978-79

Debouts : Ivan Curkovic, Gérard Janvion, Oswaldo Piazza, Gérard Farison, Jacques Santini, Christina Lopez.

Accroupis : Dominique Rocheteau, Bernard Lacombe, Jean-François Larios, Laurent Roussey, Jean-Marie Elie.

A.S SAINT-ETIENNE 1971-72. By Ageducatifs.


A.S SAINT-ETIENNE 1971-72

Debouts : José Broissart, Gérard Migeon, Georges Polny, Robert Herbin, Jean-Michel Larqué.

Accroupis : Patrick Parizon, Spasoje Samardžić, Salif Keita, Georges Bereta, Gérard Farison.


SALIF KEITA. Pair et manque.

42 comme la Loire. Salif Keita sait pour qui il joue lorsque qu'il inscrit ce nombre incroyable de buts au cours de la saison 1970-71. Or, malgré des statistiques affolantes, la Panthère Noire de Sainté doit se contenter de la place de dauphin derrière l'insatiable Josip Skoblar, lequel pointe à 44 buts en fin de saison. Ce dernier reçoit le Soulier d'Or européen en fin d'année, et Salif de prendre l'argent. Pas vraiment une déception pour le Malien qui commente, bon joueur : « J'avais pris le départ du championnat en songeant que je pourrais peut-être remporter un Soulier, mais je ne pensais pas encore au Soulier d'Or. Mais l'appétit vient en mangeant, comme vous dîtes en France, et plus je me rapprochais de Skoblar et plus je sentais que je pourrais le battre. Je crois que s'il y avait eu un match de plus, j'aurais pu y parvenir. » Salif Keita s'incline avec fair-play, satisfait néanmoins d'avoir battu un record pendant la saison, celui du nombre de buts inscrits au cours d'un match (6 contre Sedan). Pas mal pour un (beautiful) loser. Retour en détail sur un exercice haut en couleur pour le Stéphanois.

1ère journée : ASSE-Nantes.
1 : Dribble étourdissant, contre favorable, devant Fouché. Feinte de corps. Comme à la parade du pied droit.
2 : talonnade de Herbin, tir du pied droit décoché à 30 mètres des buts nantais.

2ème journée : Angoulême-ASSE.
3 : Sur un corner de Farison, Larqué me transmet le ballon dans le coin droit du but gardé par Kouba, je loge du pied gauche la balle au fond des filets.

6ème journée : ASSE-Reims.
4 : Talonnade de Revelli, je marque comme à la parade du pied droit.

7ème journée : Bastia-ASSE.
5 : Reprise de la tête sur un service de Revelli qui avait lobé Rossat, le gardien corse.

8ème journée : ASSE-Lyon.
6 : Coup-franc tiré très vite par Bereta, détente phénoménale et reprise de la tête qui bat Chauveau.

10ème journée : Rennes-ASSE.
7 : Ballon perdu par Cosnard, Polny relance la contre-attaque. Après un une-deux avec Revelli, je m'infiltre pour venir battre Aubour d'un tir du pied gauche.
8 : Je pars seul, résiste à la charge de plusieurs défenseurs bretons, arrive devant Aubour que je dribble pour marquer, du droit, dans le but vide.

11ème journée : ASSE-Nice.
9 : Un but de toute beauté. Reprise du droit , en demi-volée, sur un centre précis de Samardzic.

12ème journée : Bordeaux-ASSE.
10 : Une-deux Samardzic-Revelli, un échange Keita-Revelli, une passe à Sarramagna, un centre de celui-ci et une reprise... mal ajustée du droit.
11 : Démarqué au point de pénalty, un tir à ras de terre, du pied gauche, qui frappe le poteau avant que la balle ne pénètre dans les filets.

13ème journée : ASSE-Strasbourg.
12 : A la réception d'un centre précis de Samardzic, reprise souveraine du pied droit.
13 : Faute de main de Schurr en pleine surface. C'est un pénalty transformé d'un tir du pied droit.

16ème journée : ASSE-Angers.
14 : But dans mon style bien particulier. Service de Bosquier, réception au centre du terrain, envolée en longues foulées, tir croisé du pied droit.

17ème journée : Sedan-ASSE.
15 : Petit but réussi presque à l'improviste, en resquillant, à la suite d'un tir du gauche et surtout d'une grossière erreur des Sedanais.

18ème journée : ASSE-Nancy.
16 : Une-deux avec Revelli qui se termine par un tir de Hervé que je prolonge victorieusement, du droit, en revenant dans l'axe du but.
17 : Centre de Bereta que je reprends, de la tête, en plongeant horizontalement.

20ème journée : ASSE-Angoulême.
18 : Un maître-tir du pied droit. Je loge le ballon dans lucarne de Kouba.

23ème journée : OM-ASSE.
19 : Faible dégagement des deux poings de Jean-Paul Escale. Au bon endroit pour reprendre facilement du pied droit.

24ème journée : Reims-ASSE.
20 : Sur un coup-franc de Bereta, la balle me parvient par l'intermédiaire de Herbin. Très avancé, au point que les Champenois me croient hors-jeu, je tente une pichenette du pied gauche.

25ème journée : ASSE-Bastia.
21 : Belle ouverture de Bereta, je driblle Calmettes, puis Tosi avant de battre Rossa, d'un tir du pied droit.
22 : Je profite d'une ouverture de Revelli, attire Rossa et le trompe d'une pichenette du pied gauche.
23 : Action de Farison relayée par Bereta puis Revelli, reprise sèche et précise du pied gauche.
24 : Tir sur le poteau, je contourne un Bastiais pour reprendre le ballon du pied droit.

La Panthère Noire en action.

27ème journée : ASSE-Rennes.
25 : A bout portant, je surgis derrière Chlosta pour reprendre, d'une volée du pied droit, un centre de Georges Bereta.

30ème journée : ASSE-Metz.
26 : A la suite d'un coup-franc, reprise victorieuse de la tête, après un centre de José Broissart.
27 : Très belle remise de Herbin qui me place en position favorable. Sortie hasardeuse de Duchêne, nouvelle pichenette du pied droit.

31ème journée ; ASSE-Bordeaux.
28 : Hors-jeu, me semble t-il, je marque de plein fouet, du pied droit, sur une petite déviation de Herbin.

32ème journée : ASSE-Red Star.
29 : Tir de plein fouet, du pied droit, qui trompe la vigilance de Laudu dans les toutes dernières minutes du match.

34ème journée : Angers-ASSE.
30 : Sur un terrain extrêmement lourd, je parviens à extirper la balle de la boue et bats, de très près et du pied gauche, le gardien angevin Gallina.
31 : Absolument démarqué, je transforme en but de la tête, un centre adressé par Patrick Parizon.

35ème journée : ASSE-Sedan.
32 : Remarquable exploit personnel. Je dribble trois Sedanais et décoche, du pied droit, un tir tendu à ras de terre.
33 : Tir de Bereta contré par Salem. Je récupère, feinte la frappe, élimine Salem et glisse le ballon du pied gauche sous le ventre de Tordo, sorti.
34 : J'intercepte une passe en retrait de Zamajski, m'infiltre entre Salem et Tordo, et marque du pied droit.
35 : Centre de Parizon de la droite, reprise de la tête facile.
36 : Coup-franc direct du pied droit décoché de 25 mètres.
37 : Centre de Parizon, remise de la tête de Herbin, reprise fulgurante du pied droit en demi-volée.

37ème journée : ASSE-Ajaccio.
38 : Longue balle de Bereta, Revelli s'efface sur le centre et je reprends du pied droit, dans un angle difficile.
39 : Baratelli relâche un centre. Je reprends de la tête pour marquer facilement dans le but vide.
40 : Encore du pied droit, à quelques mètres du but, au milieu d'un paquet d'adversaires et de partenaires.
41 : Sur passe de Bereta, face au but au point de pénalty. Tir du pied droit à mi-hauteur.

38ème journée : Nantes-ASSE.
42 : Dernière minute du fin et de la saison. Revelli, au départ, centre. Je m'approche de Fouché et tire victorieusement du pied droit.

A.S SAINT-ETIENNE 1979-80.


A.S SAINT-ETIENNE 1979-80

En haut : Christian Lopez, Philippe Brun, Jacques Santini, Gérard Farison, Alain Chaussin, Pierre Repellini.

Au milieu : Eddy Caullery, Jean-François Larios, Jacques Zimako, Gérard Janvion, Jean Castaneda, Robert Herbin (ent.).

En bas : Jean-Marie Elie, Dominique Rocheteau, Jacques Borel, Ivan Curkovic, Johnny Rep, Michel Platini, Didier Derigon.


IVAN CURKOVIC : Les collègues passés au crible.

A la fin des années soixante-dix, Ivan Curkovic apparaît comme le « number one » des gardiens du championnat de France. Pour la plupart, le portier stéphanois est le maître des bois. Au royaume des manchots, Curko est le roi. Un titre, certes honorifique, qui permet au Yougoslave de juger ses pairs dans les colonnes de Football Magazine en janvier 77, à la demande des journalistes du canard. Ivan le terrible répond comme à la parade, sans langue de bois ni concession, en vrai professionnel. Curko juge et décrypte ses collègues, à la manière d'un vieux sage un peu paternaliste toujours apte à prodiguer ses conseils : « Tout ne s'apprend pas dans notre métier, car il comporte une part importante d'inspiration. Mais j'affirme qu'un joueur est toujours perfectible s'il travaille sérieusement. » A bon entendeur...

DOMINIQUE BARATELLI (Nice).
C'est un garçon que j'aime beaucoup bien que son style ne soit pas le mien. Il est très concentré, trop parfois peut-être, mais sa régularité est un gros atout pour son équipe, en club mais également pour l'équipe de France. S'il est parfois critiqué, c'est parce qu'il est présent.

Dominique Baratelli (O.G.C Nice)

PHILIPPE BERGEROO (Bordeaux).
Un espoir que j'ai trouvé en net progrès. Sa taille haute ne le handicape pas trop car il est très souple en dépit de cette morphologie.

DANIEL BERNARD (Rennes).
Je ne comprends pas qu'arrivé en réserve de l'équipe nationale malgré une forte concurrence, il ait disparu si longtemps. Question de moral, certainement, qu'il lui faut retrouver.

JEAN-PAUL BERTAND-DEMANES (Nantes).
Sa taille exceptionnelle devrait le conduire à tenir un rôle presque de second libéro. Je le connais assez bien  et je suis presque certain que s'il travaille beaucoup, on le retrouvera aux sommets.

Jean-Paul Bertrand-Demanes (F.C Nantes).

JEAN-CLAUDE CHEMIER (Lille).
Il est de ceux que je connais peu. Il m'a donné l'impression d'être très timide, peut-être un peu trop.

CHRISTIAN DELACHET (Valenciennes).
Sans doute le plus souple, voire le plus acrobatique de tous. La contre-partie réside dans sa taille moyenne et les sorties.

GILLES DE ROCCO (Lyon).
Un jeune assez nerveux qui ne manque pas de talent, et possède avec Jacquet un entraîneur capable de le faire beaucoup travailler, et donc progresser.

GUY FORMICI (Troyes).
Encore un gardien à réflexes, très souple, et qui bénéficie d'une équipe aux possibilités assez limitées, ce qui lui permet de briller davantage. 

JEAN-MICHEL FOUCHE (Angers).
Sa longue carrière est la meilleure preuve de son talent. Son expérience est son sang-froid sont, en outre, très bénéfique pour son équipe.

JACKY LAMY (Laval).
Ne l'ayant aperçu qu'une fois, il va de soi que je ne peux pas porter de jugement sur lui.

CHRISTIAN LAUDU (Reims).
Je dirai de Laudu que c'est un gardien rationnel, sans gestes inutiles. Il connaît bien ses possibilités et il les exploite au mieux.

GERARD MIGEON (Marseille).
Celui-là je le connais bien, et pour cause car il était à Saint-Etienne. Presque perdu pour le football, son retour au premier plan est la meilleure preuve de sa grande valeur technique et humaine. Même blessé, il n'a jamais désespéré et m'assistait dans mes entraînements.

JEAN-MICHEL MOUTIER (Nancy).
Je ne suis pas certain qu'une taille au-dessous de la moyenne permette de s'imposer comme gardien dans le football d'aujourd'hui. Bon sur sa ligne.

HENRI ORLANDINI (Nîmes).
Lui aussi, je ne l'ai pas vu souvent jouer mais il va de soi que sa stature me semble être un atout sérieux pour lui.

ILIJA PANTELIC (Paris S.G).
Il m'est difficile de parler de lui pour des raisons évidentes. C'est mon meilleur ami après avoir été mon concurrent depuis 1962. Et puis, tant pis, je le dis quand même : c'est le meilleur !

OGNJAN PETROVIC (Bastia).
Encore un gardien de l'école yougoslave, dernier titulaire en date. Il possède d'énormes qualités, un tempérament très tranquille mais il ne parvient pas toujours à se concentrer 90 minutes.

ANDRE REY (Metz).
Je le dis tout net, c'est le gardien français qui m'a le plus impressionné depuis que je suis arrivé en France. Il a toujours été un sérieux obstacle pour nous. Son envergure et son coup d'oeil sont remarquables. J'attends avec curiosité et intérêt sa première sortie internationale, et comment il va réagir. 

André Rey (F.C Metz).

ALBERT RUST (Sochaux).
Gardien souple, jeune et enthousiaste. Sa concurrence avec Bats est le meilleur stimulant pour les deux.

JEAN-PIERRE TEMPET (Lens).
Je le connais peu mais suffisamment tout de même pour avoir décelé en lui des qualités de base mais aussi un acquis dû probablement au fait que son entraîneur est un ancien gardien de but. Parce que l'entraînement du gardien est essentiellement spécifique.

Ivan Curkovic by Adidas.

A.S SAINT-ETIENNE 1976-77. By Panini.


A.S SAINT-ETIENNE 1976-77

En haut : Jacques Santini, Christian Synaeghel, Guy Modeste, Alain Merchadier, Esad Dugalic, Osvaldo Piazza, Dominique Bathenay, Gérard Farison.
Au milieu : Patrick Revelli, Dominique Rocheteau, Gérard Janvion, Ivan Curkovic, Christian Lopez, Christian Sarramagna, Pierre Repellini.
En bas : Jean-Michel Larqué, Robert Herbin (ent.), Hervé Revelli.


A.S.S.E - Panini 77

FINALE COUPE DES CLUBS CHAMPIONS 1976. Bayern Münich vs Saint-Etienne.

- 12 mai 1976 -
Hampden Park. GLASGOW. 63.269 spectateurs.
Bayern Münich bat St-Etienne : 1-0 (0-0).
Arbitre Mr Palotaï (Hongrie).
But: Roth (57ème) pour le Bayern.
Remplacements : Sarramagna par Rocheteau (83ème) à St-Etienne.
BAYERN : Maïer – Hansen, Schwarzenbeck, Beckenbauer, Horsman – Durnberger, Roth, Kapellmann – K-H Rummenigge, G. Müller, U. Hoeness. Entraîneur : Dettmar Cramer.
ST-ETIENNE : Curkovic – Janvion, Piazza, Lopez, Repellini – Bathenay, Larqué, Santini – P. Revelli, H. Revelli, Sarramagna. Entraîneur : Robert Herbin.


A Glasgow, les Verts sont à la ducasse. Les supporters stéphanois ont envahi la ville et les joueurs de Robert Herbin ont la faveur du public local. Tout le Forez s'est donné rendez-vous, ce mercredi 12 mai 1976, dans la cité écossaise. La colonie allemande, moins représentée, jouit cependant du soutien des « people ». Les Rolling Stones, en tournée dans le coin, ont choisi leurs favoris. Franz Beckenbauer et Gerd Müller sont des noms bien plus ronflants que Lopez ou Santini. « Vous allez gagner » balance Mick Jagger au Kaiser, sûr de son coup, avant de filer sur la scène de l'Apollo Theatre où le biggest rock'n'roll band of the world se produit pour le deuxième soir d'affilée. L'entraîneur de l'ASSE Robby Herbin s'en moque comme d'un fer à lisser. Le rouquin frisé préfère la musique classique et l'opéra. 

Dès le coup d'envoi, les Verts sont dans leur match. Curko est vigilant dans ses bois, et les remplaçants Sarramagna et Repellini font oublier les habituels titulaires Synaeghel et Farison, massacrés lors d'une rencontre de championnat contre Nîmes quelques jours avant ce rendez-vous crucial pour le pays. Sainté est bien en place, et le jeune Rummenigge dans ses petits crampons face à la détermination de Curkovic. Pourtant, à la 5ème minute, Gerd Müller « der Bomber » fait parler la poudre en inscrivant un but refusé pour un hors-jeu discutable. Bon ou mauvais présage, Saint-Etienne se lance alors à l'assaut du but bavarois gardé par Sepp Maier. Christian Sarramagna prend la mesure de son adversaire direct, le Danois Hansen. Jacques Santini est sur tous les fronts du pré, tandis que Patrick Revelli distribue les centres à qui en veut sur son aile. A Hampden Park, les Verts font le show et Mick Jagger fait la moue, comme à son habitude finalement, dans le backstage de l'Apollo. D'autant que Bathenay récupère le ballon au milieu du terrain et balance un missile qui s'écrase sur la transversale de Maier. Ping... et un poteau carré à zéro ! Hervé Revelli, seul au point de pénalty, récupère la balle mais sa tête manque de puissance et de précision pour inquiéter le gardien allemand. Le match s'emballe et le Bayern se rebiffe. Uli Hoeness, servi par Rummenigge, oblige Curko à un exploit. La réponse stéphanoise ne tarde pas. Sarramagna, virevoltant, délivre un caviar pour Santini dont la tête est une nouvelle fois repoussée par la transversale du chanceux Maier. Deux poteaux carrés à zéro, et toujours rien au tableau d'affichage à la mi-temps.

En seconde période, le Bayern semble retrouver des couleurs. Gerd Müller, plus pressant sur la défense des Verts, joue du popotin pour provoquer la faute. Le fougueux Piazza tombe dans le panneau à la 57ème minute. Coup-franc indirect pour le Bayern. Beckenbauer passe à Roth qui envoie le ballon dans les filets de Curko. Il est 21h27 et Hampden Park semble brusquement silencieux, frappé en plein coeur par le « Taureau » du Bayern. Sur la scène de l'Apollo, Keith Richards plaque le riff grinçant de « Happy » comme pour mieux enfoncer le couteau dans la plaie. Fichu destin pour les Verts qui ont bâti leurs succès européens sur des coup-francs rageurs du capitaine Larqué. L'ASSE ne désarme pourtant pas et continue de presser. Sans succès. L'entrée en jeu de Dominique Rocheteau, le grand absent de cette finale, fait souffler un vent de panique chez les Allemands. Il reste sept minutes à jouer, et « l'Ange Vert » malheureusement diminué se balade dans la défense bavaroise. Ce dernier offre même la balle d'égalisation à Patrick Revelli dans un ultime rush presque désespéré à quelques secondes du temps réglementaire. Mais la chance ne sourit pas à Sainté qui s'incline avec les honneurs. Les yeux rougis par la tristesse, les Verts quittent Hampden Park sans trop s'attarder durant la cérémonie de la remise de la coupe. D'ailleurs, il se met à pleuvoir sur Glasgow. Les cieux étaient aussi pour les Verts ce soir-là.

Le coup-franc de 21h27.

- LE MATCH EN PHOTOS -


Les protagonistes de la finale (Piazza et Müller).


Bathenay les pieds carrés.

Le show Rocheteau.


La déception des Verts contraste avec la joie allemande.


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...