MATCH REPLAY. Le jour où... Les sélections des Amériques et du Reste du Monde font le gala au Rose Bowl.

C'est devenu une tradition après chaque coupe du Monde; un match de gala organisé au profit de l'U.N.I.C.E.F oppose les meilleurs joueurs qui se sont illustrés durant la compétition. Le dimanche 27 juillet 1986, au Rose Bowl de Pasadena, une sélection des Amériques affronte le Reste du Monde. L'occasion pour Diego Maradona de goûter sa cote de popularité aux States. L'Amérique accueille « El Pibe » les bras ouverts. L'Argentin avait d'ailleurs eu l'honneur d'annoncer la rencontre à la presse, écourtant ainsi ses vacances post-mundial à Tahiti. Vahiné, c'est gonflé quand même !

Côté sélection des Amériques, l'équipe confiée à Carlos Bilardo et Velibor « Bora » Milutinović affiche l'effectif suivant : les Brésiliens, en nombre, avec Josimar, Júlio César,  Falcão et Alemão. Les Mexicains Quirarte, Negrete et Raúl Servín. Les Paraguayiens Fernandez, Nunes, Romero et le futur brestois Roberto Cabañas. Les champions du monde en titre sont représentés par Pumpido, Brown et donc l'homme de Mexico 86, Diego Maradona himself. L'unique représentant des USA est Paul Caligiuri, lequel émigre plus tard en Allemagne (SV Meppen et Hansa Rostock notamment). Placée sous la direction du tandem Franz Beckenbauer-Johan Cruyff, souvenirs du WM '74, le sélection du Reste du Monde a fière allure avec les Soviétiques Dassaev et Belanov (qui sera élu Ballon d'Or en fin d'année), les Allemands Stielike et Magath, le Belge Renquin, l'Anglais Butcher, les Danois Elkjaer-Larsen et Lerby, l'Ecossais Strachan, les Italiens Conti et Paolo Rossi, et le vieux Nord-irlandais Pat Jennings. Pour la touche exotique, on note aussi la présence du Sud-coréen Park Chang-Sun, du Marocain Timoumi et du Suisse Hermann. Les Tricolores sont aussi de la partie avec Amoros et Rocheteau, qui vient de passer quelques jours à New-York après la coupe du Monde. 

Des hommes dans le match (Strachan, Timoumi et Romero).

60.000 spectateurs se sont déplacés dans la banlieue de Los Angeles pour admirer le gotha du football mondial. Maradona reçoit les faveurs du public qui n'a d'yeux que pour lui. L'épisode de la « mano de Dios » ne ternit pas l'image de l'icône argentine Outre-Atlantique. Chaque ballon touché par « El Pibe » est salué par des acclamations et des bravos. Mais sur le terrain, c'est la sélection du Reste du Monde qui mène les débats. Après une heure de jeu, l'équipe du Kaiser volant (ou du flying german) a scoré deux fois par Butcher et Rossi. Celle-ci semble se diriger vers un succés tranquille quand, dans les dix dernières minutes, l'Amérique se réveille. D'abord par Roberto Cabañas, qui réduit la marque, puis par Maradona qui égalise à deux minutes de la fin, à la plus grande joie des spectateurs. Les prolongations ne donnent rien, et l'on court doucement mais sûrement vers la séance des tirs au but. Au cours de cette dernière, c'est (encore une fois, merci pour le spectacle), Diego Maradona qui offre le tir victorieux à son équipe. Le public est ravi, les joueurs aussi, qui ont passé un bon moment sur le pré du Rose Bowl arrosé par le soleil californien.

Maradona show au Rose Bowl.

Dominique Rocheteau made in USA.

F.C MULHOUSE 1981-82.


F.C MULHOUSE 1981-82

Debouts : Pfertzel, Barthel, Barelli, Guillou, Paluchiewicz, Huck.

Accroupis : Fabiani, Wiss, Ouattara, Ben Saïd, Durkalic.

Thierry Roland on tour and special guest. DOMINIQUE BARATELLI.

Les deux vieux du Muppet show au balcon.

 - Eh bien, mon cher Doumé, puisque nous avons fait le tour de la question, j'irai bien m'en jeter un p'tit au bar... à telli. Baratelli, Bar-a-telli ! Hin, hin , hin... Avec un glaçon, s'il vous plaît.
- Mon cher Thierry, c'est moi qui porte le maillot jaune, mais c'est vraiment toi qui occupe la place de leader en matière de vannes.
- Vannes-Lorient, un derby breton ! Hin, hin, hin.

HOLIDAYS IN THE SUN. Girondins : live in Japan.

C'est la rançon de la gloire. Et le début des emmerdes pour les joueurs qui passent désormais la trêve du championnat aux quatre coins du monde, entre aéroports, visites officielles et rencontres sans enjeu à but essentiellement lucratif. Les Girondins de Bordeaux, champions de France 1983-84, étrennent ainsi leur titre national lors d'une tournée asiatique au cours de l'hiver 85, à 17.000 kilomètres du Haillan qui grelotte sous le froid d'une météo sibérienne dans l'Hexagone. Avec le sourire jaune et quelques grincements de dents. C'est le prix à payer pour satisfaire quelques contrats juteux, et développer l'identité girondine en Asie.

Les Girondins au Japon.

Pendant dix jours, en ce mois de janvier 85, les Bordelais vont devoir faire des risettes et quelques rencontres amicales à Hong-Kong et au Japon. Un voyage presque forcé pour alimenter le compte en banque du club cher au président Bez. Les Girondins reçoivent en effet 900.000 F en échange de leur visite et la perspective de nouveaux contrats. Cela vaut bien un petit effort et quelques heures de vol, mais aussi une bonne maîtrise de la langue de bois. « Il est toujours bon de découvrir d'autres mondes, d'autres footballeurs, clame ainsi Aimé Jacquet, sans y croire, au moment du départ. La progression est à ce prix. » Mémé applique la méthode Coué alors que ses joueurs font la gueule. Claude Bez, de son côté, fanfaronne sur le tarmac. « Nous nous préparons dans des pays civilisés, lance t-il à la presse, la moustache glacée. Nous aurions belle mine si nous étions restés à la maison avec des  terrains verglacés. » L'appel du tiroir-caisse fait dire n'importe quoi au président bordelais qui n'en est pas à une près. D'autant que le programme des Girondins est plutôt chargé.

Giresse et Thouvenel sont nippons ni mauvais à Tokyo.

Après un premier match à Hong-Kong, le 10 janvier, au stade du Gouvernement contre une sélection locale (2-2), les Bordelais, harassés par le voyage, surfent de rendez-vous en conférences de presse. Rebelote au Japon quelques jours plus tard, où les journalistes nippons fourmillent. « Seul Yves Montand attira autant de monde » s'exclame une journaliste française installée à Tokyo. Des Girondins comme des stars de ciné au planning démentiel : footing improvisé autour de la Tour de Tokyo, 1h30 de trajet en bus pour un centre d'entraînement au lendemain de la victoire girondine sur la sélection japonaise (2-1) et animation d'une école de football locale dans la foulée du décrassage. Plus de deux cent gosses à apprendre les rudiments du plat du pied. Sans oublier les levers aux aurores pour des séances photos, les demandes d'interviews et les séances de dédicaces. Et Mémé qui en rajoute une couche, imposant à ses troupes un petit'déj' collectif à 8h30 un jour libre. « En leur demandant de se lever très tôt, je sais que je les emmerde, se justifie l'ancien stéphanois, mais c'est ainsi, ensemble, que se forge la force d'un groupe. » Sinon, vous allez perdre les gars ! Puis de la jouer à la coule, en bon éducateur, au retour d'un périple instructif. « Deux fois au cours de cette tournée, ils purent sortir le soir. Personne, que je sache, n'a vérifié leur horaire de retour. » Pas besoin, cependant, les joueurs roupillaient comme des bébés avec ce rythme de vie à la Japonaise. Comme ils dormaient le soir de leur dernière rencontre, toujours contre le Japon. Les Girondins encaissent trois buts sans en rendre un. Le sens de l'hospitalité au pays du Soleil-Levant.

Made in Japan (Giresse, Tigana et Specht).

Au Japon, Nanard a des groupies.

HOLIDAYS IN THE SUN. Jean Petit.

Visiblement, l'école est finie pour Jean Petit et Courbis.

Les vacances, pour Jean Petit, c'est d'abord faire la teuf avec son coéquipier Rolland Courbis. Une sorte de frère Tuck quelque part, un compagnon de marade et de beuverie, à l'orée du bois d'Ettori, qui l'accompagne dans ses virées nocturnes dès que la cloche a sonné. Mais pour Jeannot, vacances rime avant tout avec aventure. « La France est un beau pays, mais je suis attiré par l'étranger » concède d'ailleurs le milieu monégasque en mars 78. Et tu serais prêt à faire tes valises pour aller où Petit Jean ? « Ce qui m'attire, c'est le grand saut, hors de l'Europe. Voir les U.S.A, le Canada, la Chine, ça c'est du dépaysement. Ces pays nous offrent quelque chose de nouveau. » Pas faux. Là-bas, le football s'appelle « soccer » ou « zúqiú » mais les stades y sont aussi vides qu'à Monaco. Et alors ? Jean Petit ne part pas pour le foot, mais bien pour couper avec sa profession et partir en bourlingueur, sans chemise ni pantalon, seulement avec sa bite et son couteau. « J'espère les visiter un jour, rêve en secret le lutin de Louis II. Oh, pas un voyage organisé avec horaires stricts et visites traditionnelles et uniformes. Non, je voudrais les parcourir seul, en toute liberté, voir ce qui me plaira avec un dictionnaire et une sorte de guide en poche. » Super, et Rolland Courbis dans tout ça ? Il a beaucoup voyagé de son côté, et est rentré avec des valises sous les yeux. Comme quoi...

CALENDAR CSKA SOFIA 1978.


C.S.K.A SOFIA 1978
- calendrier -


Y A PAS QU'LE FOOT. Didier Notheaux.

Consonne – voyelle – consonne – voyelle... Bon, et qu'est-ce qu'on a avec tout ça ? Bah, Didier Notheaux, pardi. En quatorze lettres ! Record battu. Et en matière de record, le Normand s'active à fond pour son activité préférée, compter et faire des mots, puisqu'il ne rate jamais « Les chiffres et les lettres », l'émission animée par Patrice Laffont sur la 2. Plus qu'un passe-temps, c'est une passion pour le diable rouge du F.C Rouen, comme pour des millions de Français pendus aux calculs savants de Bertrand Renard. Mais alors pourquoi une telle assiduité pour ce casse-tête télévisé ? Un truc de moustachus ou bien ? « C'est l'émission qui me détend » répond Notheaux en toisant la glorieuse à Bebert devant son poste, avec le stylo, le boc-notes et le sablier sur le coin de la table. « J'éprouve beaucoup de plaisir car je joue en même temps que les candidats » lance d'ailleurs notre téléspectateur qui s'entraîne tous les jours pour battre les candidats. Une attitude de compétiteur, tel qu'il est sur le terrain. Mais attention, « si la télévision est une excellente distraction, prévient Didier en Normand avisé, elle ne doit pas nuire à la façon de vivre d'un sportif professionnel. » En treize lettres, professionnel. Mince, Didier va devoir encore bûcher pour prétendre à devenir un champion du mot le plus long.

Didier Notheaux aime les chiffres, les lettres et RTL 9.

A.S SAINT-ETIENNE 1976-77. By Panini.


A.S SAINT-ETIENNE 1976-77

En haut : Jacques Santini, Christian Synaeghel, Guy Modeste, Alain Merchadier, Esad Dugalic, Osvaldo Piazza, Dominique Bathenay, Gérard Farison.
Au milieu : Patrick Revelli, Dominique Rocheteau, Gérard Janvion, Ivan Curkovic, Christian Lopez, Christian Sarramagna, Pierre Repellini.
En bas : Jean-Michel Larqué, Robert Herbin (ent.), Hervé Revelli.


A.S.S.E - Panini 77

Y A PAS QU'LE FOOT. Les internationaux français et la politique.

Le 14 juillet, jour de fête nationale, c'est le bon moment pour boire une coupette à l'oeil dans les jardins du palais de l'Élysée, en marge des cérémonies officielles et du défilé militaire sur les Champs. La garden-party de l'Élysée, organisée par la présidence de la République, est aussi l'occasion pour beaucoup d'anonymes de tailler une bavette avec les nombreux invités, parmi lesquels les membres du gouvernement, du domaine artistique et des sportifs. Les politiques s'intéressent en effet au sport et au football notamment, surtout lors des grands événements internationaux, mais les joueurs, eux, que pensent-ils de la politique ? La garden-party est-elle the place to be pour nos gars en short ? The Vintage Football Club présente un florilège de réponses recensées parmi d'anciens et actuels internationaux de l'époque. Il y a les pour et les anti, et ceux qui s'en footent royalement. A toi, Ségolène...

- « Si le secrétaire d'Etat aux Sports demande à me voir, j'irai. J'aurai des choses à lui dire. Il faudra qu'il m'écoute. Qui a dit que j'avais peur de parler ? » (GEORGES BERETA, juin 1974).

- « Ce n'est pas mon tempérament de faire état de mes convictions politiques dans le cadre de mon métier. Je sais que Strasbourg a hésité à me prendre quand j'étais mis à l'écart de Rennes et, finalement, ne l'a pas fait car j'étais soupçonné d'être maoïste. Je n'ai rien contre les maoïstes, mais je n'aime pas que l'on me fasse passer pour ce que je ne suis pas. A la même époque, à Brest, dans mon pays, on a eu peur d'avoir à faire à un gauchiste et on m'a laissé sur le carreau. Je ne suis pas davantage gauchiste. Je respecte toutes les idées, je suis prêt à y opposer les miennes car je suis pour le dialogue, la concertation. J'aime la tolérance. Je ne me trouve pas un profil de révolutionnaire. » (RAYMOND KERUZORE, décembre 1976).

- « J'ai mes idées, mes convictions mais je ne me sens pas pour l'instant les possibilités, ni le droit de m'engager, de me déclarer. Plus tard, ce sera différent. » (DOMINIQUE ROCHETEAU, juillet 1976).

- « J'ai participé à de rares manifestations qui avaient un rapport plus ou moins direct avec la politique. Car le champion aujourd'hui n'échappe pas à certaines manipulations politiques ou publicitaires. Mais je ne me prêterai pas directement à une action politique publique car, à ce jeu-là, le sport n'est jamais payé en retour. » (JEAN-MICHEL LARQUE, septembre 1976).

- « Non, absolument pas. Mais je vote. » (CHRISTIAN DALGER, octobre 1977).

- « Surtout pas ! J'en ai une sainte horreur. Mais je m'amuse beaucoup en voyant les singeries des politiciens à la télévision. » (MARC BERDOLL, novembre 1977).

- « Non, cela ne m'intéresse pas du tout. Je suis un peu l'actualité dans ce domaine, histoire de savoir où ça en est, mais je n'y attache pas beaucoup d'importance. » (OLIVIER ROUYER, novembre 1977).

- « Non, pas du tout. Tout petit, chez mes parents, on n'en parlait pas tellement. Bien sûr, j'ai mes idées et certaines connaissances. Je sais situer la gauche et la droite. Mais je ne recherche jamais les discussions, au contraire, je les évite. D'après ce que j'ai pu voir autour de moi, ça se termine toujours mal. J'ai pas mal voyagé avec l'équipe de France; et notamment dans les pays de l'Est. Je pense qu'en France, on accepterait mal le communisme. » (FRANÇOIS BRACCI, décembre 1977).

- « Oui, mais je n'ai pas d'idées arrêtées. Je m'y suis mis depuis six mois seulement. Je ne suis pas devenu un fana mais je m'informe, c'est très intéressant. On ne peut ignorer la politique, elle fait partie de la vie. » (DOMINIQUE BATHENAY, janvier 1978).

- « Non, je ne fais absolument pas de politique et je ne vote pas. Cela ne me dit pas grand-chose. D'autre part, je pense que lorsqu'on pratique le sport au plus haut niveau, on ne doit pas se mêler de ces choses-là. » (MARIUS TRESOR, février 1978).

- « Je la suis en spectateur. Je vote pour le candidat qui me paraît défendre le mieux le style de vie auquel je tiens. On ne peut pas dire que le métier de footballeur soit une préparation idéale pour devenir député ou ministre. Il faudrait que le gars soit bien entouré. Après tout, on ne sait jamais. » (MAXIME BOSSIS, mars 1978).

- « Je la suis de très loin. C'est un phénomène de notre temps. On ne peut pas se désintéresser de ce qui nous régit. J'ai été sollicité, mais ça ne m'intéresse pas. Je ne prends pas parti. » (MICHEL PLATINI, avril 1978).

- « Oui, mais je reconnais que c'est un sujet délicat, qu'il fait suivre de très près. Je ne me sens pas capable de soutenir une discussion. » (BERNARD LACOMBE, mai 1978).

- « Je lis les articles politiques et je suis les débats à la télévision, mais je ne suis inscrit à aucun parti. Je considère qu'il serait déplacé, actuellement, que je m'engage politiquement. » (ANDRE REY, août 1978).

- « Non, pas du tout. » (CHRISTIAN SYNAEGHEL, septembre 1978).

- « Je suis conscient des inégalités qui existaient, existent et existeront toujours, car il est utopique de penser que tel ou tel parti politique puisse rendre les gens heureux, supprimer les privilèges de certains et relever les conditions sociales des autres. La politique, malgré tout, fait partie intégrante de la vie. Elle est présente partout. Il n'est pas possible de l'ignorer. Si vous ne vous occupez pas d'elle, elle, en revanche, s'intéresse à vous. » (JEAN-FRANÇOIS LARIOS, 1980).

Plutôt que parler politique, on pourrait pas causer un peu chasse !
(Christian Coste, Bernard Lacombe et Georges Bereta).

R.C STRASBOURG 1979-80.


RACING CLUB de STRASBOURG
1979-80

Debouts : Specht, Domenech, Marx, Decastel, Jodar, Dropsy.

Accroupis : Wagner, Bianchi, Tanter, Piasecki, Deutschmann.

MATCH REPLAY. Le jour où... L'Argentine accueille le Reste du Monde.

Pour célébrer le premier anniversaire de sa victoire en coupe du Monde, l'Argentine doit en découdre avec une sélection mondiale. Un match organisé par le journal « Clarin » qui remplit le stade Monumental de River Plate noyé sous les papelitos, et rappelle la ferveur du public argentin pour son « albiceleste », un an après sa consécration presque discutable.

WORLD ELEVEN 1979
Debouts : Toninho, Krol, Leao, Kaltz, Boniek, Asensi, Pezzey, Zico.
Accroupis : Rossi, Cabrini, Tardelli, Platini, Causio.

Quatre-vingt deux mille spectateurs ont pris place, ce 25 juin 1979, dans les travées du vieux Monumental - trois heures avant la rencontre, les tribunes populaires sont déjà combles - pour admirer les champions du Monde en titre, lesquels demeurent invaincus après leur tournée amicale et printanière en Europe (matchs nuls avec les Pays-Bas (0-0), l'Italie (2-2-) et l'Eire (0-0) et victoire (1-3) sur l'Ecosse). Pour l'occasion, le sélectionneur argentin César Luis Menotti fait confiance à son onze type (huit champions du monde sur la pelouse au coup d'envoi) renforcé par la petite perle Diego Maradona. Côté Reste du Monde, c'est Enzo Bearzot qui dirige la manoeuvre. L'entraîneur italien a réuni une quinzaine de joueurs qui ont participé, avec leur pays respectif, au dernier Mundial. Une belle brochette de stars sur la feuille de match avec les Brésiliens Leao, Toninho et Zico, les Hollandais Krol et Tahamata, les Italiens Cabrini, Tardelli, Rossi et Causio, les Autrichiens Pezzey et Koncilia, l'Allemand Kaltz, le Polonais Boniek, l'Espagnol Asensi, et enfin cocorico, le Français Michel Platini, lequel entretient les meilleurs rapports avec le sorcier transalpin.

Asensi et Tardelli font la loi au Monumental.

Au coup d'envoi donné par l'arbitre israélien Abraham Klein, Maradona et Menotti récoltent les suffrages du public argentin à l'applaudimètre. La ferveur gagne en intensité lorsqu'à la demi-heure de jeu, Maradona ouvre le score sur un service de Valencia. Un but accueilli par une marée de papelitos qui recouvre le pré du Monumental. L'Argentine mène à la pause devant une équipe qui n'a pas l'habitude d'évoluer ensemble. 

Au retour des vestiaires, c'est une autre chanson qui attend les champions du Monde. Platini, auteur d'une première période timide, est remplacé par Zico. Un coaching plutôt avisé de la part de Bearzot. Peu après l'heure de jeu, le Brésilien échappe au marquage de son adversaire et centre devant le but de Fillol. Pressé par Paolo Rossi, Galvan panique et marque contre son camp. Dans les tribunes, c'est le silence total qui devient encore plus lourd quand, quelques minutes plus tard, Zico est à la réception d'un centre de son compatriote Toninho. Le « Pelé blanc » donne l'avantage à la sélection mondiale qui termine la rencontre en déroulant. 

Paolo Rossi et Zico : duo gagnant.

« Nous avons peu joué, mis nous avons beaucoup couru » se lamente Menotti à l'issue d'une partie sans enjeu. Mon œil ! Le défilé prévu à Buenos Aires est annulé. Un coup de Videla et ses sbires qui ne goûtent guère à l'échec de l'Argentine ? Le capitaine de la sélection mondiale Ruud Krol, quant à lui, brandit fièrement le trophée et part faire une tour de terrain avec ses copains. Dans un silence de mort...

Le triomphe de la sélection mondiale.

- LE MATCH EN VIDEO -


HOLIDAYS IN THE SUN. Didier Six.

Didier Six et l'anti-look.

Pour Didier Six, les vacances c'est d'abord en bas de survêtement et en sous-pull. Histoire de se mettre à l'aise et de couper avec les saisons harassantes, mais surtout pour profiter pleinement des loisirs en période estivale. Loin de la cohue des spectateurs et des sollicitations des journalistes, Six est à la coule, chez lui dans le Nord, et explique sa vison des vacances dans les colonnes de Football Magazine en mars 78. « J'aime beaucoup la nature, la campagne, avoue l'international français qui profite de l'occasion pour troquer son sous-pull acrylique pour un marcel immaculé. Mais je suis surtout curieux de tout et j'aime le changement. » On comprend mieux maintenant l'échange de maillot en cours d'interview. Une attitude qui révèle la mentalité du bonhomme, toujours prêt à oser l'aventure. « J'ai fait du camping, du caravaning, j'ai séjourné à l'hôtel, énumère la patte folle du championnat qui déteste la routine et l'ennui. Je ne vais jamais deux fois au même endroit. Je préfère les pays du soleil et notamment l'Espagne par ses contrastes, la variété de ses paysages. J'ai effectué des circuits touristiques en voiture pour découvrir chaque jour des choses nouvelles. » Didier Six ne connaît pas la crise pétrolière et étudie avec concentration les itinéraires bis proposés par Bison futé. Un gars on the road again, en quelque sorte, qui n'oublie pas les bénéfices des jours chômés. « Les vieilles pierres m'attirent, concède l'ailier gauche en posant un regard sur sa femme, et je visite volontiers les monuments. Je m'intéresse beaucoup aux meubles anciens. Je suis au fond un bon touriste. Je regarde, j'écoute. Les vacances, c'est aussi un enrichissement. » Puis Didier de partir à la restauration d'une armoire normande. Avec son survêt', son sous-pull maron et beaucoup d'huile de coude.

Six en famille et ses photos coquines.

FRANCE-Portugal EURO 1984.


FRANCE-Portugal 1984.
Debouts : Le Roux, Battiston, Bossis, Domergue, Bats, Fernandez.
Accroupis : Lacombe, Giresse, Platini, Tigana, Six.
(photo Richard Colinet / La Provence)

Platini et Bento : échange des fanions et toss avec l'arbitre !

- 23 juin 1984 -
Stade Vélodrome. Marseille. 54.848 spect.
- Euro 84 (1/2 finale) -
FRANCE bat Portugal : 3-2 a.p (1-0). 
Arbitre Mr Paolo Bergamo (Italie).
Buts : Domergue (25ème et 115ème), Platini (119ème) pour la France. Jordao (74ème et 98ème).
Remplacements : Lacombe par Ferreri (66ème), Six  par Bellone (101ème) pour la France. Diamantino par Gomes (46ème), Sousa par Néné (63ème) pour le Portugal.
FRANCE : Bats – Battiston, Le Roux, Bossis, Domergue – Giresse, Tigana, Platini, Fernandez – Lacombe, Six. Entraîneur : Michel Hidalgo. 
PORTUGAL : Bento – Pinto, Eurico, Pereira, Álvaro – Frasco, Pacheco, Sousa, Chalana – Diamantino, Jordão. Ent. : Cabrita.

Un p'tit coup ? (Battiston et Giresse).

- LE MATCH EN PHOTOS -

Frasco vs Fernandez et Six, Platini, Chalana, Jordão vs Ferreri.

Tir, but et joie (Domergue et Platini).

Duels (Domergue, Gomes, Tigana et Eurico).

Por-tou-gal ! (Jordão, Pacheco, Gomes et Nené).

Plan galère (Domergue, Ferreri et Platini, Fernandez et Hidalgo).

Libération (Platini et Giresse).

- LE MATCH EN REPORTAGE -