FRANCE-URSS 1972.


FRANCE-URSS 1972
Debout : Broissart, Adams, Trésor, Carnus, Quittet, Rostagni.
Accroupis : Chiesa, Michel, H. Revelli, Larqué, Bereta.

Les deux équipes pendant les hymnes.

- 13 octobre 1972 -
Parc des Princes. Paris. 29.746 spectateurs.
- qualification coupe du Monde -
FRANCE bat URSS : 1-0 (0-0). 
Arbitre Mr Rudolf Scheurer (Suisse).
But : Bereta (60ème) pour la France.
Remplacements : Chiesa par Loubet (85ème) pour la France. Ishtoyan par Evryujikhin (54ème), Blokhine par Puzach (66ème) pour l'URSS.
FRANCE : Carnus – Broissart, Quittet, Trésor, Rostagni – Chiesa, Michel, Adams, Larqué – H. Revelli, Bereta. Entraîneur : Georges Boulogne.
URSS : Rudakov – Dzodzuashvili, Kaplichny, Khurtsilava, Lovchev – Semonov, Fedotov, Olchansky, Kolotov – Blokhine, Ishtoyan. Entraîneur : Alexander Ponomarev.

- LE MATCH EN PHOTOS -

Bereta, H. Revelli, Larqué, Chiesa, Michel concentrés.

Le but de Bereta sur coup-franc indirect.

Jean-Pierre Adams au combat.

Jean-Mimi Larqué au charbon.

Georges Carnus.

Larqué et Bereta paradent avec un maillot CCCP.

- LE MATCH EN VIDEO -


IDENTITE NATIONALE. La fiche Edf de... Michel Mézy.


Première sélection ?
Le 3 mai 1970. Un dimanche, le jour du saigneur ! C'était une grande émotion malgré une situation rocambolesque. Le mardi, je jouais avec les Espoirs contre la Roumanie et le jeudi avec l'équipe de France militaire à Lagnon. J'ai pas 22 ans à l'époque, et suis incorporé au Bataillon de Joinville. Le vendredi, dans le car qui me ramène à la caserne, j'apprends ma sélection dans l'Equipe et file le soir même pour Bâle où les Bleus doivent affronter la Suisse au St Jakob Park. C'est le stade préféré de Louis de Funès, soit dit en passant. Le match se conclut par une défaite (1-2) et quelques tibias fêlés chez les Helvètes !!! Ma vengeance quoi. Pour l'anecdote, j'avais été sélectionné un mois auparavant pour jouer les Bulgares à Rouen (8 avril 1970) mais je reste en réserve avec Molitor et Lemerre, selon le vœu de Georges Boulogne.

La der ?
Au stade Lénine de Moscou chez les Popov, le 26 mai 1973. On en prend deux dans la musette. C'était très rageant car à l'époque en équipe de France, nous n'étions ni des compétiteurs, ni des bagarreurs. A part moi qui suis remonté comme une pendule, on refuse le combat sur le pré et résultat, on en prend plein la trombine par Ivan Drago et ses potes. Triste période. J'ai les nerfs, d'autant plus que c'était ma première et unique participation à un match de qualification pour une coupe du Monde. A en verser des larmes de crocodile cette affaire.
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Fait marquant en Bleu ?
Hormis quelques mâchoires fêlées, des chicots cassée et des jambes brisées chez l'adversaire, pas grand chose à se mettre sous la dent. Si, il y a peut-être mon unique but en sélection. C'était le 11 novembre 1970 contre la Norvège à Lyon, pour le compte des qualifications au championnat d'Europe. Auparavant, j'avais délivré deux passes décisives à Floch et George Lech. On gagne finalement 3-1. Peut-être mon match le plus complet sous le maillot tricolore.

Anecdote ?
Aussi bien en club qu'avec l'équipe de France, je n'ai jamais tué personne sur un terrain. Et c'est bien là le principal. Il y en a certes qui peuvent jouer aux osselets avec leurs tibias, mais jamais de mort. Comme quoi, je ne suis pas si méchant. Nom d'une pipe en jambe de bois. Tiens, sers-moi une anisette s'il te plaît, j'ai le gosier asséché avec tout ça.

La French touch selon Michel Mézy.

JOHAN CRUYFF. Lettre à un dieu fumeur de gitanes.

Alors comme ça tu viens de passer l'arme à gauche, incapable de dribbler ton dernier adversaire : la mort et ce putain de cancer des poumons, toi le génial inventeur du football moderne. Et tout ça la veille d'un Pays-Bas/France certes sans enjeu. Une manière quelque part de faire un (nouveau) pied-de-nez à la sélection batave avec laquelle tu n'as rien gagné (si ce n'est la considération du grand public).

La Oranje, tu l'as quittée juste avant la coupe du Monde 78 en Argentine, non sans avoir participé aux matches de qualification. Officiellement pour des raisons politiques, en réaction contre la junte militaire du général Videla. Mais le motif est plus personnel et répond à une tentative de kidnapping avant la fin de ton contrat à Barcelone. « J'ai eu un fusil pointé sur ma tête, j'ai été ligoté, ma femme aussi, et mes enfants étaient présents dans mon appartement, finis-tu par avouer sur Radio Catalunya en 2008. Il y a des moments où d'autres valeurs priment dans la vie. Pour jouer une Coupe du monde, il faut être à 200%. » Tu l'étais quatre ans auparavant. Mais le Kaiser et ses troupes te collent du plomb dans l'aile, toi le « Hollandais volant », au stade olympique de Münich. Abattu en plein vol alors que le trophée te tend ses bras dorés. Beautiful loser avec la sélection. Champion total avec ses clubs de toujours.


D'abord avec l'Ajax où tu débutes dès l'âge de 17 ans, épais comme un haricot et déjà virevoltant, plein d'une grâce naturelle. Sous les ordres de Rinus Michels, celui qui rend plus funky le WM '74, tu inventes le football total et remporte tes premiers succès nationaux. Il y en aura un paquet de clopes bien rempli au final, étalés sur trois décennies (8 championnats et 5 coupes). Tu deviens alors roi d'Europe, grâce au travail dans la continuité mené par le Roumain Ștefan Kovács, qui succède à Michels parti pour Barcelone. Trois succès consécutifs en coupe d'Europe des clubs champions (1971,72 et 73) et te voilà désigné ballon d'or à trois reprises (1971, 73 et 74). Une première pour un joueur. Football total et rien pour les autres ! Et tout ça avec les cheveux longs, les pattes d'eph et les rouflaquettes à Neeskens, surnommé Johan II parce toi tu es le premier.


Au soir de ton dernier succès européen sous le célèbre maillot à bande rouge, tu quittes les canaux embrumés pour le soleil de la Catalogne, où tu rejoins ton mentor à Barcelone. Le début d'une histoire d'amour avec ta seconde patrie. Tu as tout fait chez les Blaugranas, à commencer par remporter un titre de champion dès ton arrivée (1974) après 15 ans de disette au Camp Nou. Mais c'est en qualité d'entraîneur que tu connais finalement la consécration avec le Barça, en soulevant la coupe aux grandes oreilles (1992). La première du club catalan qui te doit tant aujourd'hui. Comme le football en général, car avant toi, il n'y avait rien, sans zlataniser mes propos.


Puis tu as connu ton quart d'heure américain au sein de la disco NASL, entre strass et paillettes, pour échapper au fisc espagnol et te refaire financièrement. Trois à quatre paquets de cigarettes par jour, et on grille aussi son compte en banque. Sans se consumer sur le pré néanmoins. Pour ton retour aux Pays-Bas, à l'approche de la retraite, tu glanes tes derniers succès dans un final tour avec Feyenoord (coupe et championnat 1984). Baisser de rideau triomphal. Tu nous quittes un 24 mars, toi qui restes à jamais le porteur du numéro 14 sous le maillot orange.

Salut l'artiste. Moi, je vais m'en griller une petite en pensant à toi et George Best, l'autre rock-star du ballon rond.


RWD MOLENBEEK 1975-76 (by chocolat Perrette).


RWD MOLENBEEK 1975-76
Debout : Gérard de Sanghere, Odilon Polleunis, Benny Nielsen, Kresten Bjerre, Maurice Martens, Nico de Bree.
Accroupis : Eric Dumon, Eddy Koens, Paul van Himst, Jacques Teugels, Karl-Heinz Wissmann.


BIO EXPRESS DEGRADABLE. Tarak Dhiab.

TARAK DHIAB.
« Une classe pétillante, des touches de balle subtiles et un sens aigu de l'organisation. Il était question que Tarak vienne à Nancy prendre ma place, mais il a préféré les pétrodollars. » Les éloges de Michel Platini à l'endroit de Tarak Dhiab mettent en valeur le talent du n°10 tunisien, lequel privilégie une carrière au bled, à l'exception d'une pige en Arabie Saoudite (entre 1978 et 1980), aux bastions du football européen.

Un choix de vie guidé par l'humilité et un profond désir de rester parmi les siens, dans son club de toujours, l'Espérance Sportive de Tunis. Au pays, Tarak Dhiab est une icône, l'idole d'un peuple que l'on n'hésite pas à surnommer « le cerveau » ou « l'empereur du football ». Tarak a le Dhiab au corps, possédé par le ballon qu'il ne quitte pas depuis sa tendre enfance et ses débuts avec l'Association Sportive de l'Ariana. Son entraîneur à Tunis et en sélection nationale, le Polonais Antoni Piechniczek, le porte d'ailleurs aux nues. « Ce joueur est un génie et son complice est un ballon dont il fait ce qu'il veut » lâche l'ancien castelroussin (1972-73) sur son protégé qui bénéficie des largesses du boss de l'Espérance, un banquier du nom de Ben Jedder. Officiellement, le professionnalisme n'existe pas en Tunisie mais comme Tarak Dhiab, employé de banque la semaine, délivre des passes en or sur le pré, ce dernier goûte aux joies d'un statut privilégié. Une politique qui se révèle particulièrement efficace. Le milieu tunisien collectionne les titres et les performances individuelles. Six fois champion avec l'Espérance (1975, 76, 82, 85, 88 et 89), l'empereur participe largement à la domination de son club sur le football local durant les années 1970 et 1980. La consécration arrive en 1977 lorsqu'il décroche le ballon d'or africain. Il est d'ailleurs à ce jour le seul joueur tunisien à obtenir ce trophée qu'il glane à la suite de ses prestations lors des qualifications pour le mundial 1978. En Argentine, emmené par un Tarak Dhiab omniprésent dans le jeu, la Tunisie devient la première équipe africaine à remporter une victoire en coupe du Monde (3-1 contre le Mexique). Le cadeau de l'empereur pour son peuple et tout un continent. Royal. Jusqu'aux premiers couacs.

Malgré son statut, Tarak Dhiab n'est pas à l'abri de décisions parfois surprenantes et injustes. Au cours des Jeux méditerranéens 1983 organisés à Casablanca, l'ambiance est pourrie au sein de la sélection tunisienne et conduit à la déroute face à la Turquie (1-3). En représailles, Mohamed Kraïem, alors ministre de la Jeunesse et des Sports, bannit trois joueurs accusés de laxisme : Dhiab, son ami d'enfance Hédi Bayari et Saber El Ghoul. Le premier est réhabilité cinq ans plus tard alors que les deux autres ont raccroché les crampons entre-temps. Dhiab signe d'ailleurs son retour en qualifiant la Tunisie pour les J.O de Séoul (1988) grâce à deux buts inscrits contre le Maroc (1-0 / 2-2). Le vieil « aigle de Carthage » en a encore sous les crampons malgré la trentaine bien tapée. Il prend sa retraite internationale le 2 juin 1990 lors d'un match contre l'Angleterre avant de raccrocher définitivement en 1992 après une ultime rencontre entre l'Espérance et la Juventus.

Tarak Dhiab coule alors des jours paisibles entre son magasin de sports et la présidence de l'A.S Ariana, le club de ses premiers exploits. Il devient par la suite consultant pour Al Jazeera Sport. Elu joueur tunisien du XXème siècle en 2000, Dhiab enfile le costume de vice-président de l'Espérance en mai 2008. Deux mois plus tard, il est démis de ses fonctions pour avoir refusé de serrer la main du ministre des Sports Abdallah Kaâbi lors de la finale de la coupe de Tunisie. L'empereur, déchu, prend alors du sursis à la suite de cette affaire politique. Un coup monté selon lui. Les faits qui lui sont reprochés : un délit en rapport au code de la route, des propos blasphématoires et une tentative de corruption sur un agent de la police. Pas grave. En 2011, il est nommé à son tour ministre de la Jeunesse et des Sports. L'Empereur retrouve ses lauriers pour un temps, car la politique, c'est pas son truc à Tarak, lequel préfère l'odeur des vestiaires aux coulisses du pouvoir.

Tarak Dhiab : le Platoche du Maghreb.

LA FICHE DETAILLEE. Saar Boubacar.

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La fiche détaillée par les éditions Rencontre Lausanne
SAAR BOUBACAR
- La tornade noire -
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