BIO EXPRESS DEGRADABLE. Laurent Pokou (1947-2016).

LAURENT POKOU.
« Une légende de notre club vient de nous quitter ». L'hommage de Romain Danzé est à la hauteur des souvenirs que laisse Laurent Pokou au Stade Rennais. L'attaquant ivoirien s'est éteint ce dimanche (13 novembre) à 69 ans, vaincu par la maladie, à la veille du match amical opposant les Bleus à la Côte d'Ivoire. Triste nouvelle chez les Elephants, comme en France et particulièrement à Rennes, où Laurent Pokou est toujours considéré comme le meilleur attaquant de l'histoire du club pour les supporters.

L'international ivoirien débarque en Bretagne fin décembre 1973, via l'aéroport du Bourget, grâce à l'influence de François Pinault, alors membre du conseil d'administration du club, qui profite de ses relations professionnelles pour faire venir la perle noire au Stade Rennais. Marseille, Strasbourg, Monaco, Saint-Etienne et surtout Nantes sont sur le coup depuis un bail, mais Laurent Pokou choisit finalement Rennes à la surprise générale alors que l'équipe, depuis sa victoire en coupe de France (1971), cherche un second souffle. Une aubaine pour le Stade Rennais qui accueille le meilleur buteur de l'histoire de la CAN (14 buts entre 1968 et 70, record battu par Samuel Eto'o en 2008) à bras ouverts d'autant que Pelé, himself, n'est pas avare d'éloges à l'endroit du scoreur d'Abidjan. « J'ai trouvé mon successeur, affirme le roi. Il s'appelle Laurent Pokou. Il n'a qu'un défaut, il n'est pas Brésilien. » CQFD.  A peine arrivé, le temps d'enfiler un short et un maillot, et Laurent débute à Troyes. Une réussite pour une première sous le climat plutôt frisquet du stade de l'Aube. Pokou ouvre la marque après une demie-heure de jeu et offre le but de la victoire à Dell'Oste (1-2). Avant son arrivée à Rennes, les Rouge et Noir sont relégables (18ème) et terminent la saison 1973-74 à une honnête 13ème place. Pokou score à 7 reprises pour 13 matches disputés. L'Ivoirien soigne ses statistiques au cours de l'exercice suivant (14 buts) mais ne peut empêcher, cependant, la descente du Stade Rennais. En deuxième division, Pokou se balade. Il inscrit 17 buts en 11 matches mais est victime d'une grave blessure en novembre 1975 lors d'une opposition contre La Bérrichonne de Châteauroux. Il doit passer sur le billard (entorse au genou). Sa saison est terminée. Il revient pour préparer la remontée du Stade Rennais en D.1 (1976-77) mais rechute et doit subir deux nouvelles opérations (ligaments internes du genou, ligaments croisés). La poisse. Son retour à la compétition le 21 janvier 1977 (contre Bordeaux) tourne court. Il doit quitter le pré au bout de vingt minutes, blessé à la cuisse. Pokou sur une jambe, et c'est le Stade Rennais qui boite. Le club descend à nouveau malgré les stats de son attaquant (10 petits matches et 6 buts). 

En proie à des difficultés financières et au désir de son joueur d'évoluer en D.1, Rennes laisse filer son buteur vers Nancy à l'été 1977. En Lorraine, on attend beaucoup de sa collaboration avec un certain Michel Platini. Une association qui vaut de l'or sur le papier mais qui se traduit par un échec sur le terrain. Bête noire du public de Marcel-Picot qui le siffle, Laurent Pokou ne s'impose pas à Nancy, malgré des débuts prometteurs, et cire le banc la majeure partie de la saison. Il assiste, désenchanté, à la victoire de l'ASNL en coupe (1978) depuis les tribunes du Parc. Antoine Redin, l'entraîneur nancéien, ne lui fait pas confiance lorsque débute le championnat 1978-79. Dans son esprit, Bernard Zénier, Robert Pintenat et Ruben Umpierrez, les nouvelles recrues, sont des titulaires indiscutables. Blessé à l'âme, Laurent Pokou quitte Nancy à la mi-septembre et retourne à Rennes (D.II), toujours à sec au niveau trésorerie, grâce au soutien financier de ses supporters. En Bretagne, l'Elephant renaît (6 buts en 12 matches) jusqu'à l'affaire. Au cours d'un match de coupe de France perdu contre les amateurs de St-Pol-de-Léon (7ème tour, 1-3), Pokou pète un plomb. Malmené par ses adversaires et un public hostile, il insulte et file un coup de pied à l'arbitre après que ce dernier accorde un pénalty à l'équipe locale. Expulsé, la FFF le condamne à deux ans de suspension ferme un mois plus tard (janvier 1979) pour l'ensemble de son oeuvre (sanction ramenée à 6 mois ferme et 18 avec sursis quelques jours après). Marqué par ce jugement, Laurent Pokou retourne en Côte d'Ivoire pour rejoindre son club formateur, l'ASEC Abidjan, où il termine sa carrière auprès des siens.

Laurent Pokou au Stade Rennais.

STADE RENNAIS 1975-76
Debouts : D. Bernard, Poli, Mourgaud, Perriault, Arribart, Rizzo.
Accroupis : Rabier, A. Bernard, Guermeur, Pokou, Dell'Oste.

A Nancy avec Platoche et La Rouille.

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