BIO EXPRESS DEGRADABLE. René Marsiglia (1959-2016).


RENE MARSIGLIA.
Décédé le dimanche 25 septembre dernier (25/10) après un long combat contre la maladie, un cancer du rein contracté en 2007, René Marsiglia a mené sa carrière en deux parties. D'abord dans le Nord de la France où il pose ses valises en 1976. Le natif d'Aubagne, licencié au S.O Caillols chez les jeunes, signe à l'U.S Boulogne alors dirigée par le Camerounais Antoine « Douglas » Essembé, l'ancien buteur du club dans les 60's. Deux saisons en D.II à assurer le maintien au stade de la Libération, se laisser pousser la moustache pour avoir la gueule du défenseur-type de l'époque, et se faire un nom dans le métier.

Un nom qui court aux oreilles des dirigeants du LOSC. Après deux années à batailler sur les terrains de deuxième division, le jeune Marsiglia – il a alors 19 ans – arrive chez les Dogues avec les dents longues et une farouche envie de s'imposer. « C’était un jeune joueur talentueux, charmant et rieur, qui s’est tout de suite bien entendu avec Pierre Dreossi et Arnaud Dos Santos » se rappelle Patrick Robert, président du LOSC association et des anciens Dogues. « J’en garde le souvenir d’un garçon sympathique, toujours prêt à rigoler, mais aussi d’un vrai bon joueur » ajoute-t-il à l'endroit du disparu, lequel reste cinq saisons au LOSC avec le sentiment du travail bien accompli à l'heure du départ en 1983, et pas loin de 150 matches sous le maillot lillois. Son meilleur pote, Roger Ricort, presque son frère, arrive à Grimomprez-Jooris dans l'espoir d'y retrouver René, mais ce dernier file chez le rival lensois (1983-85). Ricort ne s'attarde pas dans le Nord (1983-84) et rejoint Toulon. René Marsigilia, après quelques matches européens avec les Sang et Or, le retrouve la saison suivante. C'est la deuxième partie de sa carrière, dans le Sud.

Au Sporting Club Toulon, sous les ordres de Courbis, René Marsiglia tient la baraque en défense avec Alfano, Boissier, Bérenguier. Une sorte de cercle de poètes disparus que l'on retrouve sur le pré  à louer la muse du tacle assassin. Dans la Rade, avec le copain Ricort qui crèche à 200m de la maison, c'est la semelle des quatre jeudis, les entraînements sous le cagnard et l'opération maintien à chaque journée. Trop de pression ? Plutôt un manque d'oseille. Les deux compères sont transférés à l'O.G.C. Nice contre Joël Henry et un peu d'argent. 

« Mario Innocentini (président de l'O.G.C.N. De 1981 à 91) tenait à nous faire venir tous les deux » se souvient Roger Ricort. Faut dire que René était l'un des trois meilleurs latéraux de France. Il avait tout : la vitesse, la technique, un super pied gauche et un bon timing de la tête. » Le Gym, c'est aussi une équipe au niveau du standing de Marsiglia qui, sous la houlette de Nenad Bjekovic, prend une bonne 6ème place en championnat et atteint les ½ finales de la coupe (1988-89). C'est la grande époque des Bocandé, Kurbos, Bravo, Amitrano avant que les Aiglons ne se brisent les ailes sur l'autel de leurs ambitions. En 1991, Nice est relégué administrativement et René se pète le tendon. La période noire puis la lumière en 1994  lorsque le Gym remporte le championnat de Division 2. Le seul titre dans la carrière de René Marsiglia qui s'en va prendre sa retraite de joueur après une ultime saison à Amiens (1994-95).

De retour dans le Nord, Marsiglia entame une carrière d'entraîneur, toujours sous la protection du frangin Roger Ricort qui le marque à la culotte. Un marquage qui s'accentue en 2007 lorsque celui-ci apprend le mal qui ronge son ancien coéquipier. « Je savais que c'était un cancer. Il a dit - Je ne me battrai pas. Il s'est battu pendant neuf ans. Je l'ai accompagné. Je l'ai suivi : il m'a donné une leçon de vie par jour. Moi, le réputé costaud, le fort, j'étais K.O pendant que René a lutté. Quand il a pris le Gym en novembre 2011 pour une opération sauvetage réussie, il allait parfois faire sa chimio au lendemain d'un match gagné ou perdu. On parlait tactique, il jouait sa vie. Il respirait le foot. C'était un grand coach. Un grand monsieur. Il aimait ses joueurs et les joueurs l'adoraient. Ça le rendait heureux et fier. » No comment.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire