BIO EXPRESS DEGRADABLE. Yasuhiko Okudera.

YASUHIKO OKUDERA.
Né le 12 mars 1952 à Kazuno, pas celui de Deauville mais au Japon, Yasuhiko Okudera possède la sagesse des habitants de l'archipel. « Je ne suis pas prétentieux, lâche l'attaquant nippon en toute modestie, mais je crois que les Japonais possèdent trois qualités essentielles : la technique, l'intuition et la patience. » Sur un plan perso, Oku voit juste . En effet, un an à peine après son arrivée en Allemagne de l'Ouest, sa terre d'exil en Europe, il réalise le doublé coupe/championnat avec Cologne (1978).Une première pour un joueur japonais. Okudera entre par la grande porte dans l'histoire du football allemand. Et toute la Bundesliga de crier « banzaï ! » au passage de celui qui roule en Toyota GT 2000, une manière de ne pas perdre de vue le pays du Soleil-Levant.

Avant de conquérir la Germanie, Yasuhiko Okudera a chaussé les crampons à Furukawa Electric Soccer Club. Il y entre en 1970 et devient vite un joueur à l'avant-garde du football japonais. Deux ans après ses débuts, le jeune attaquant honore sa première sélection internationale contre la République Khmer (Cambodge). L'apprenti fait son chemin jusqu'à la la consécration et les premiers honneurs nationaux. En 1976, Okudera et Furukawa trustent un titre de champion et la coupe de l'Empereur. L'international fait parler de lui, et Outre-Rhin on semble intéressé par le profil atypique du Nippon, peu surpris par les sollicitations étrangères. C'est d'ailleurs une évidence pour lui. « Il y a des dizaines de joueurs de mon niveau au Japon, commente Oku sans prendre de baguettes, plus pratiques que les gants par chez lui. Le football y a conquis une place de choix depuis la troisième place acquise au J.O de Mexico en 1968. » Des progrès notables matérialisés par le transfert de Yasuhiko Okudera au F.C Köln à l'été 77.

Okudera : de l'apprentissage de la langue au titre.

A Cologne, le Japonais doit d'abord adopter un autre style de vie. « Quand je suis arrivé, j'ai dû m'adapter à une vie nouvelle, remarque la curiosité du mercato estival. Okudera se met à la langue de Goethe en mangeant de sushis. Hennes Weisweiler, le coach du F.C.K, est un homme hors-du-commun. Il a inventé le football romantique avec Mönchengladbach au début des 70's., et est passé par Barcelone (1975-76). C'est aussi entre-autre un découvreur de talents, qui mesure le potentiel de sa nouvelle recrue : « C'est un joueur très rapide et qui se met au service de la collectivité sans rechigner. Il est clairvoyant, doté d'une bonne technique, et sait réagir en toute occasion. » Il est patient avec son poulain qu'il lance finalement dans le grand bain le 22 octobre 1977, lors d'une confrontation contre M.S.V Duisburg. Il ne quittera plus l'équipe première après son baptême du feu. Un exemple d'intégration. A Cologne, tout le monde joue le jeu. « Personne ne triche, tout le monde donne le maximum. J'admire mes partenaires » se félicite Okudera qui ne manque pas de citer Heinz Flöhe et Dieter Müller comme références dans l'équipe. Il y a d'autres avec Harald Schumacher, Preben Elkjaer-Larsen et encore Roger Van Gool. L'ensemble est hétérogène mais le collectif est explosif, dirigé par un maître,. Le F.C Kôln est en haut du tableau jusqu'au départ de Weisweiler en 80. Okudera file alors en prêt au Hertha Berlin. En deuxième division allemande. Presque un Hara-Kiri.

Mais le Nippon rebondit à Brême après une année au purgatoire. Et retrouve les premiers rôles en Bundesliga avec le Werder, vice-champion en 1983, 85 et 86. L'équipe est entre les mains d'un autre futur sorcier allemand. Otto Rehhagel débute dans le métier et impose le respect par son schéma de jeu et la gestion humaine. Yasuhiko Okudera est un pilier du système Otto. Le Werder apparaît régulièrement en coupe d'Europe sans casser des briques. Une déception pour l'international japonais qui a connu une demi-finale de C1 avec le F.C Köln (1979). En 1986, en pleine coupe du Monde au Mexique, Okudera retourne au pays ain de prendre une retraite paisible dans le club de ses débuts. Et pour finir en beauté, avec quelques honneurs personnels (dans le top 11 de la JLS en 1987). Depuis sa reconversion, Oku a été aperçu dans le staff de Furukawa Electric, mais aussi aux côtés d'une vieille connaissance (Pierre Littbarski) à Yokohama. Des broutilles pour un pionnier du football nippon.

Okudera époque Werder Bremen.

F.C KÖLN 1977-78

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