MATCH REPLAY. Le jour où... Nice met fin à l'invincibilité des Verts dans le Chaudron.

La défaite de St-Etienne hier (dimanche 27 septembre) sur sa pelouse contre l'O.G.C Nice ressemble beaucoup à celle concédée contre ces mêmes Aiglons, quelques années auparavant. Non pas sur l'ampleur du score, mais dans le contexte où celle-ci intervient, mettant fin à une période d'invincibilité plus ou moins longue des Stéphanois à Geoffroy-Guichard. L'A.S.S.E a subi, dimanche soir, son premier revers à domicile en championnat depuis le mois de janvier (0-1 contre PSG). Une paille cependant à côté de la série entamée par les Verts dans leur « chaudron » au mitan des seventies.

Curko et Lopez sont K.O...
Nous sommes le 19 août 1977 lorsque le Gym se présente à Geoffroy-Guichard pour le compte de la 4ème journée du championnat. Un stade qui ressemble de plus en plus à une forteresse infranchissable tant les hommes de Robert Herbin impressionnent chez eux. L'A.S.S.E reste en effet invaincue à domicile, toutes compétitions confondues, depuis le 23 mars 1973 et une défaite contre Nantes (1-2). Plus de cents matches (106) sans connaître le moindre pépin ! Autant dire que l'équipe niçoise, c'est de la salade verte pour des Stéphanois confiants après un bon début de saison, auteurs de deux nuls à l'extérieur contre Bordeaux (2-2) et Reims (0-0) et une victoire contre l'OM (2-1) à Geoffroy-Guichard. La venue de Marseille est d'ailleurs l'occasion de battre le record d'affluence du stade (41.176 spectateurs).

Ils sont moins nombreux pour la réception de Nice, même si pas loin de 30.000 fidèles remplissent les tribunes. Le peuple vert est venu découvrir la nouvelle recrue André Barthélemy, lequel dans sa jeunesse n'hésitait pas à prendre sa « dodoche » depuis Montélimar pour assister aux exploits européens de Sainté. L'ex-Angevin entre tout de suite en action en ouvrant la marqué dès la deuxième minute. Du moins le croit-il car le but est finalement accordé à Henri Zambelli contre son camp. Une entrée en fanfare avant que tambours et trompettes ne se taisent. Les Verts dominent pendant une demi-heure, butent sur le jeune Jacomo (qui remplace Baratelli indisponible), et finissent par s'époumoner. St-Etienne mène certes à la pause, mais le milieu de terrain niçois prend peu à peu l'initiative du jeu.

Un effort vite récompensé au début de la seconde période lorsque le poison yougoslave Nenad Bjekovic égalise (52ème). C'est une première alerte avant l'estocade de 21h54. Il reste un gros quart d'heure à jouer, Le Gym campe en défense, subit la marée verte et lance des contre-attaques éparses. Sur l'une d'elle, Daniel Sanchez s'échappe sur l'aile gauche et centre. Curko est à la ramasse, Jean-Noêl Huck récupère le ballon et dans un angle impossible, trouve le chemin des filets d'un tir à ras de terre. Après quatre ans d'invincibilité, St-Etienne tombe sur sa pelouse. A l'issue de la rencontre, André Barthelémy laisse échapper sa déception. « Il suffit que j'arrive pour qu'ils perdent chez eux ! » ne décolère pas le héros malheureux du match. Les supporters, peu rancuniers, lancent des « on a perdu... on a perdu » depuis les tribunes et préfèrent en rigoler. Après tout, les séries ont une fin. Celle des Verts se termine un 19 août 1977 à 21h54. C'est un peu près l'heure à laquelle se finit aussi celle de Barthelémy. L'attaquant stéphanois ne joue que huit rencontres avant de pointer avec l'équipe B pour le reste de la saison.

LILLE O.S.C 1976-77 (by Panini).


LILLE OLYMPIQUE 
SPORTING CLUB 1976-77

Debouts : Heidkamp, Chemier, Gardon, Gianquinto, Denneulin, Desmenez, Coste.

Accroupis : Parizon, Besnard, Gauthier, Gauvain, Mézy, Karasi, Simon.




MAILLOT DE LEGENDE. Hamburger S.V.

Après le succès de son club en coupe d'Allemagne (1976), le président du Hamburger S.V Peter Krohn, fondateur d'une agence de publicité Outre-Rhin, décide de passer à la vitesse supérieure à l'entame de la saison 1976-77. « Cela me démange d'aller décrocher la lune », martèle à qui veut l'entendre le boss ambitieux, lui qui rêve de « ramener le H.S.V au sommet de l'Europe ». Une bonne idée qui passe d'abord par le relooking de ses joueurs, lesquels découvrent avec surprise au retour de leurs vacances estivales, un joli maillot rose accroché au porte-manteau des vestiaires. Le Dr Krohn, à la tête du H.S.V depuis 1973, cherche en effet à éponger les dettes du club qui s'élèvent à 3 millions de D.M, et planche alors sur un plan marketing. Le but est d'augmenter l'affluence au Volksparkstadion et toucher le public féminin par le biais de cette nouvelle tunique so flashy. « En me basant sur mon travail de publicitaire, explique Peter Krohn, je savais que les femmes étaient un domaine intéressant. C'est pourquoi j'ai eu l'idée de concevoir un maillot lié aux goûts de ces dernières. » Le bon docteur trouve alors la stratégie qui tue. Il organise un concours relayé par un journal local, puis orchestre un défilé de mode dont le résultat déterminera la couleur du maillot. Le rose l'emporte et le président du H.S.V gagne son pari. A la fin de la saison, la part du public féminin au Volksparkstadion est de 10%, le meilleur pourcentage des stades de la Bundesliga. C'est la jubilation du côté du board hambourgeois. Chez les joueurs, par contre, on dissimule un peu plus sa joie. « Je me souviens bien de la saison 1976-77, intervient l'ex-icône du H.S.V Manfred Kaltz, et pas seulement à cause du jeu que nous pratiquions. Tout le monde se rappelle du HSV de cette époque à cause de son maillot, ou plutôt de sa couleur. Certes, nous paraissions chics mais il faut avouer que nous avons mis du temps à nous y habituer. C'était une couleur audacieuse. On a fait beaucoup de commentaires et bien ri entre nous. Mais à la fin de la saison, on a quand même gagné la coupe des vainqueurs de coupes (2-0 contre Anderlecht, ndr). » C'est la vie en rose en quelque sorte, et le début de la dérive du merchandising pour Kaltz. « Nous avons été des pionniers en matière de mode dans le football, remarque l'ancien international. Tout cela a bien évolué depuis. » A l'été 77, afin de poursuivre son opération commerciale, Peter Krohn débauche Kevin Keegan à Liverpool. Un gars qui voyait sans doute trop rouge à son goût.


HAMBURGER S.V 1976-77
En haut : Dr Krohn (pdt), Nogly, Kovacic, Blankenburg, Steffenhagen, Spincke, Magath, Mackensen, Keller, Kargus, Zaczyk, Memering, Kaltz, Volkert, Kuno Klötzer (ent.).
En bas : Bertl, Sperlich, Eigl, Ettmayer, Ripp, Reimann, Hidien, Winkler, Björnmose.

LA FICHE DETAILLEE. Laurent Pokou.

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La fiche détaillée par les éditions Rencontre Lausanne
LAURENT POKOU
- Un roi en exil -
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F.C ROUEN 1975-76.


F.C ROUEN 1975-76

Debouts : Melchior (ent.), Douis, Polny, Vitulin, Desforges, Sczyrba, Brenier, Henry, Montivero, Pelletier, Bianchi, Lemaître.

Accroupis : Ramos, Dallet, Weiss, Van Gills, Joannès, Horlaville, Carrié, Bienaimé, Amouret, Maas.


Sponsor en toc. PARIS FOOTBALL CLUB (Europe 1).


Pour son retour en première division - après une courte expérience au début des années soixante-dix (1972-74) - le Paris Football Club affiche de grandes ambitions, au coup d'envoi de la saison 1978-79, sur son maillot bleu-ciel dont les liserés reprennent les couleurs de la capitale. P.F.C sera number one en France et en Europe, comme la station de radio qui sponsorise les hommes du président Roger Zeppellini. L'année précédente, le club parisien a dû batailler lors des barrages contre R.C.F.C Besançon (3-1, 3-2) pour obtenir son billet parmi l'élite, mais compte bien en découdre avec les cadors du championnat. Ici c'est Paris ou bien ?

Pour cela, l'ex-entraîneur du P.S.G Robert Vicot a monté un team d'enfer en pillant d'abord son ancien club : Michel Bensoussan dans les bois et le défenseur Lionel Justier. Un recrutement local qui se poursuit avec les arrivées du vieux routier Georges Eo, accompagné du jeunot Jean-Jacques Amorfini, tous deux chipés au Red Star. Du made in Paris et sa banlieue auquel se greffent les signatures de Bernard Caron, tout frais vainqueur de la coupe de France avec Nancy quelques semaines plus tôt, du Bastiais Yves Mariot, qui sort d'une épopée européenne avec le Sporting, et de Jean-Noël Huck, l'élégant milieu de terrain de l'O.G.C Nice. Une équipe qui a fière allure avec le renfort exotique du duo argentin Daniel Alberto-Rafael Humbert Bravo, et s'appuie sur de vieilles cartouches comme Jean-François Beltramini en attaque, Bernard Guignedoux, Bernard Lech, Francis Smerecki et l'inénarrable Jean-Christophe Thouvenel, débauché au Servette de Genève durant l'été.

PARIS F.C 1978-79
(vs S.C.O Angers)
Debout : Cenzato, Aniol, Justier, Laachi, Caron, Alberto, Bensoussan.
Accroupis : Eo, Amorfini, Beltramini, Bravo, Thouvenel, B. Lech.

Sur le papier, P.F.C c'est Paris, c'est Football et c'est du Costaud. Mais « l'autre » club de la capitale perd des plumes dans la bagarre politique amorcée par la mairie de Paris, qui souhaite l'existence d'une seule équipe intra-muros. Entre parigots, Chirac a choisi son camp et c'est le P.S.G qui récolte les subventions de la ville. Un K.O technique dont ne se remettra pas Zeppellini, Vicot et leurs hommes de terrain. Paris Football Club entame sa saison par une défaite à domicile contre Valenciennes (0-2) et dérouille à Furiani face à Bastia (1-5) avant de se faire corriger à Nancy sur le même score. Au soir de la 4ème journée, P.F.C pointe à la dernière place (1 point obtenu contre Lyon au Parc). La victoire contre Marseille (2-1, 5ème journée) et le nul obtenu lors du derby au Parc (2-2, 6ème journée) chassent un temps les nuages au-dessus du ciel parisien. Mais le départ catastrophique du club, et la bataille en coulisses, plombent l'ardeur des hommes de Vicot. Purée de purée, le P.F.C n'arrive pas enchaîner les bonnes performances hormis à l'automne, où il aligne trois victoires consécutives (3-0 contre Nice, 16ème journée ; 2-1 à Bordeaux, 17ème journée et encore 3-0 contre Angers ; 18ème journée). A mi-championnat, le club flirte avec la place de barragiste (17ème) et se laisse griser dans la seconde partie. Le Yougoslave Zlataric et Mariot quittent le navire pendant la trêve hivernale, l'un à Lens et l'autre à Nice. Le torchon brûle d'autant que la défense n'est pas à la hauteur d'une équipe de haut niveau, pilonnée par les attaques adverses (2-4 à Lille, 0-6 à Saint-Etienne, 1-5 à Laval, 1-7 contre Monaco au Parc, 1-5 à Metz, 0-5 à Nice). Une déroute complète, loin des promesses affichées sur la vareuse.

PARIS F.C 1978-79
(vs Lille à gauche et PSG à droite).

Le Paris Football Club termine finalement son championnat à une très modeste 19ème place au classement, à égalité de points avec Valenciennes (28), malgré une timide réaction en fin de saison, notamment grâce aux efforts de Beltramini, meilleur buteur du club avec 14 réalisations. Battu à la différence de buts par l'U.S.V.A, P.F.C file droit à l'étage inférieur. Or, le F.C Gueugnon, vainqueur du groupe A en D.II, refuse la montée. Le Paris Football Club est ainsi repêché pour jouer les barrages et sa survie dans l'élite contre le R.C Lens (2ème du groupe B). Deux matches aller-retour à couteaux tirés (0-0, 0-0) qui se soldent par la victoire des Ch'tis aux tirs au but (3-2). P.F.C retourne ainsi à l'anonymat, mais ça il en avait l'habitude en évoluant à domicile avec des affluences confidentielles (à peine 3.000 spectateurs lors de certaines rencontres). Vraiment loin d'être Europe numéro 1 cette histoire.

PARIS F.C 1978-79
(vs U.S.V.A)
Debout : Amorfini, Justier, Eo, Cenzato, Laachi, Tignard.
Accroupis : Zlataric, Smerecki, B. Lech, Barrientos, Mariot.

L'équipe du dimanche après-midi. ENTENTE-MONTCEAU 1982-83.

Été 82, la France du football est sous le choc après l'élimination des Bleus en ½ finale de la coupe du Monde à Séville, contre de robustes allemands sans foi ni loi. La morosité et la rancune guettent le pays, sauf peut-être en Bourgogne où c'est un peu la fiesta. En effet, au début de la saison 1982-83, la région compte pas moins de quatre représentants évoluant au plus niveau national : l'A.J Auxerre en 1ère division, le leader régional en quelque sorte. Puis le F.C Gueugnon et C.S Louhans-Cuiseaux, tous deux pensionnaires de la D.II. Et enfin le petit dernier : l'Entente-Montceau qui, à l'inter-saison, rejoint ses voisins du 71. Le groupe B a plutôt fière allure avec ses trois représentants de la Saône-et-Loire, un département qui peut pavoiser en cette période douloureuse sur le plan international. Une accession que l'Entente doit à un très bon parcours lors de l'exercice précédent (second du groupe Centre de D.III), mais également à la présence et au travail de deux hommes, les président Gérard Clayeux et entraîneur Prudent Bacquet. Un tandem gagnant, et l'épine dorsale du club, qui file un bon coup de fouet en matière de divertissement dans le coin.

Entente-Montceau 1982-83

Gérard Clayeux arrive à la tête du club fin 1976, et succède à l'intérimaire Thomas Furno, en poste depuis 1974, qui reçoit la patate chaude après le règne du bon président Brezault (1967-74). Il dirige une entreprise de vêtements pour enfant, et applique en quelque sorte les principes de la maison à son club, lequel sort peu à peu de l'amateurisme. Quand il s'assied sur le fauteuil de président, Gérard Clayeux récupère une équipe qui végète au niveau régional (D.H). Deux ans plus tard, l'Entente Montceau évolue en D.III. Une réussite fulgurante ponctuée par la montée en deuxième division après avoir lutté contre les réserves de l'A.J.A et l'A.S.S.E pendant cette saison 1981-82. Que de chemin parcouru depuis la naissance du club de la Saône-et-Loire en 1948, sous l'appellation U.S Blanzy-Montceau, union entre le premier nommé et le Sporting Club Montcellien, Et qui devient l'Entente Montceau-Blanzy-Bois-du-Verne (EMBBDV) après la fusion avec le F.C Bois-du-Verne en 1968. Un patronyme à rallonge qui dure jusqu'à l'arrivée de Clayeux, lequel modernise les structures et les mentalités, à commencer par raccourcir un peu le nom de l'équipe. C'est un homme d'affaires qui ne lâche rien dirait-on aujourd'hui, comme son acolyte sur le terrain, qui gère tout le côté sportif.

Entente-Montceau 1985-86

Le coach, c'est Prudent Bacquet. Il pose ses valises à l'Entente en 1978. Selon le board montcellien c'est l'homme de la situation pour se mesurer à la troisième division, en dépit du travail effectué par Michel Boissy (1973-78), auteur de l'accession à ce niveau. Le C.V cause peut-être un peu plus pour cet ancien défenseur du Stade Français et du Red Star, passé par Béziers et Angoulême. Le Champenois - il est né à Fismes dans la Marne - a de l'expérience. Il pose les bases de jeu - discipline et rigueur, tout ça dans la rigolade - dès la première année en obtenant une 6ème place encourageante au classement (1978-79). Les saisons suivantes, l''Entente s'en sort en milieu de tableau jusqu'à la montée. Le binôme Clayeux-Bacquet gagne sur le terrain mais se heurte à un roc en coulisses. Malgré des résultats probants et un engouement naissant dans le coin, la mairie refuse toute subvention au club lui permettant de se développer et aborder sa première saison en deuxième division dans la sérénité. L'objectif est le maintien. L'Entente compte sur l'apport de Stéphane Solomenko et Gérard Giannetta, des anciens de l'Olympique Lyonnais, pour atteindre sa mission. Et sur le soutien du public aussi, qui découvre une nouvelle enceinte, le stade des Alouettes, dotée d'une capacité de 6.000 places.

F.C Montceau-Bourgogne 1986-87

L'Entente débute son championnat avec deux déplacements pièges à Blénod et Orléans... et ne récolte qu'un seul petit point avant le derby contre Gueugnon qui se solde par une défaite aux Alouettes (1-2). Une entame laborieuse qui reflète le parcours des hommes de Prudent Bacquet. L'écurie montcellienne flirte avec la ligne rouge et obtient son premier succès lors de la 14ème journée contre Fontainebleau (2-0). Difficile de se maintenir dans ces conditions, et au terme de la saison, gâchée par une élimination en 1/32ème de finale de la coupe de France contre St-Dizier (D.III), l' Entente est reléguée avec un faible bilan (16ème au classement avec 5 victoires et 22 points au compteur). Un échec sans conséquence cependant. Suite au retrait de Noeux-les-Mines qui jette l'éponge, la formation bourguignonne est repêchée après une bataille dans les coulisses de la Ligue. Mis en balance avec Alès, qui fut dirigé dans les années 50 par le président de la Ligue à l'époque, Jean Sadoul, l'Entente-Montceau sauve sa peau grâce à un tour de passe-passe très arrangeant. Sadoul décide en effet de garder les deux équipes en D.II, alors que le règlement stipule que l'Entente est prioritaire en raison d'une meilleure affluence moyenne ! Le club de la Saône-et-Loire repart sur de nouvelles bases et avec un nouvel entraîneur, Jean-François Jodar.

F.C Montceau-Bourgogne 1988-89

L'ancien international (6 sélections/1 but) du Stade de Reims, Lyon et Strasbourg ne parvient pourtant pas à élever le niveau de jeu l'Entente qui termine l'exercice 1983-84 à la 17ème place au classement, et seulement trois petites victoires à son actif. Peu importe, Jodar prépare l'avenir et après une année en D.III (1984-85), le club remonte aussitôt et passe à la vitesse supérieure grâce à la ténacité de son président. L'Entente est rebaptisé Football Club Montceau-Bourgogne et, sans un kopek de la municipalité toujours rétive au projet sportif du club, Gérard Clayeux bâtit un empire aux Alouettes. Il se bat pour obtenir le statut professionnel, ouvre un centre de formation et démarche auprès des collectivités locales pour trouver de la caillasse. Clayeux est l'un des premiers présidents à moderniser son enceinte avec la construction de loges qui rapportent un sixième du budget du club (1 million sur les 6 au total). Côté terrain pour son retour en D.II (1985-86), le recrutement est ambitieux avec les arrivées du Luxembourgeois Benny Reiter et Roland Wagner, champion de France avec le R.C Strasbourg en 1979. Le F.C.M.B bataille sur le pré et parvient à se maintenir lors de l'ultime journée.

F.C Montceau-Bourgogne 1989-90

En 1986-87, l'expérimenté Farès Bousdira (ex-Lens, Nice, Angers) débarque en Saône-et-Loire, et Jean-François Jodar fixe l'équipe en milieu de tableau (9ème) avant de laisser sa place à son adjoint Jean-Yves Chay. Le natif d'Angers connaît bien la région puisqu'il arrive à Gueugnon dans les 60's, puis exerce par la suite du côté de Bourbon-Lancy à l'aube des 70's. Le nouveau coach du F.C.M.B pose ses valises à Montceau en 1973, fait une pige à Autun entre 1977 et 1979 avant d'épauler Jodar en 85. Un local par adoption qui réalise la meilleure saison du club en 1987-88. Barragiste à une journée de la fin du championnat, Montceau cède sa place à... Alès qui corrige les Bourguignons lors de la dernière étape (0-4). Une défaite au goût amer sur le terrain qui plombe les relations entre le club, la municipalité et les collectivités locales. Ces dernières ne soutiennent pas suffisamment le F.C Montceau. Pour protester contre cette injustice, Gérard Clayeux envisage même un déménagement à Chalon-sur-Saône avant de se retirer des affaires du football en juin 1989. A son départ, le club affiche une ardoise de 1,4 million de francs et est au bord de la faillite. Alain Ayache, patron de presse et directeur du Meilleur, prend la succession de Clayeux. Le self-made-man obtient de la ligue la qualification du F.C.M.B en D.II, malgré un dépôt de bilan, afin d'éponger les dettes. Mais le ver est dans le fruit. Las des relations entre la mairie et le club, Ayache quitte le navire montcellien en cours de saison, et laisse une équipe à l'abandon qui termine le championnat à la dernière place (1989-90). Une chute inexorable durant laquelle les rétrogradations se succèdent à un rythme régulier. Le Football Club Montceau-Bourgogne vivote aujourd'hui en CFA et fait, parfois, parler de lui comme en 2007 où il atteint la ½ finale de la coupe de France.

Liens :

WAGs RETRO. Roberto Mancini et Monica.

A 17 ans et quelques jours (les photos sont parues dans Guerin Sportivo en février 1982), Roberto Mancini, né le 27 novembre 1964, a vraiment l'air d'un Monsieur de Fursac. L'imper taillé sur mesure assorti d'une écharpe rouge, le jeune prodige de Bologne recruté à l'âge de 13 ans coule des jours heureux chez les « Rossoblù », avec qui il a débuté en Série A quelques mois auparavant, le 13 septembre 1981 en fait. Auréolé du statut de talent précoce (Roberto Mancini jouera 30 matches durant la saison pour un total de 9 buts, soit le meilleur réalisateur de l'équipe), « Bobby-gol » n'est pas le dernier pigeon venu, même si ce dernier se plaît à leur filer des graines sur la Piazza Maggiore, en charmante compagnie. Elle, c'est Monica, à peine pré-pubère comme la perle bolognaise qui a du ballon dans les pattes. « J'ai une petite amie, concède d'ailleurs Bobby-le-rossoblù dans les colonnes du magazine italien. Elle est ma meilleure amie, et c'est pour elle que je me bats tous les jours afin d'être titulaire dans l'équipe. » Voilà c'est dit. Mais les confidences et les bons sentiments prennent parfois du plomb dans l'aile. Recruté dès la saison suivante (1982-83) par la Sampdoria, Roberto Mancini laisse sa ragazza sur le carreau, alors que cette dernière préfère les triangles sur la doudoune empruntée à la skieuse française Perrine Pelen. « Monica était son amour à Bologne, lâche son ex-coéquipier et ancien capitaine des « Rossoblù » Franco Colomba. Mais il a rencontré cette superbe fille à Gênes qui lui a retourné la tête. Il n'avait d'yeux que pour elle, voyez-vous. » Une aventure anonyme parmi d'autres dans la vie de Mancini qui rencontre par la suite Federica Morelli au début des années 90. Le couple se marie et file le parfait amour - ils ont 3 enfants - jusqu'au début de cet été. Après 25 ans de vie commune, Federica vient d'entamer une procédure de divorce. Monica, quant à elle, continue de skier l'hiver du côté des Apennins. Hors-saison, elle met du vieux pain sur son balcon pour attirer les moineaux, les pigeons. Et maudire son Bobby, qui lui promettait une vie meilleure à l'adolescence lorsqu'ils échangeaient des patins sur les toits de la capitale d’Émilie-Romagne.


BIO EXPRESS DEGRADABLE. Patrick Parizon.

PATRICK PARIZON.
C'est un peu le régional de l'étape du Vintage Football Cub. En effet, Patrick Parizon est un Bourguignon pure souche. Mais Attention ! Pas n'importe quel blédard de la Saône-et-Loire. « Papa » - comme l'appellent les copains d'enfance – tient à ses racines.... qui poussent du côté de la gare TGV. « Je suis né le 3 juin 1950, non pas à Montceau-les-Mines comme cela a été souvent écrit, précise notre prof de géo, mais au Creusot ! »  Un détail qui a son importance et marque un vrai départ dans sa vie. Un parcours professionnel tourné très tôt vers le football et le club local. « A l'U.S Blanzy-Montceau, se rappelle avec émotion le Creusotin, dès l'âge de 8 ans, comme centre-avant. J'ai eu pour premier entraîneur Mr Camille Cottin (ancien entraîneur du Stade de Reims, ndr). Je suis resté à Blanzy jusqu'en 1967. J'ai joué avec un double surclassement en Première à l'âge de 17 ans. » C'est le temps de l'amour, des copains et de l'aventure. La vie pépère au village où papa, le vrai, tient une boucherie-charcuterie. Normal au pays du Charollais. Parizon évolue at home. Un environnement familial et sans histoire. Sauf que le jeune attaquant montre des qualités balle au pied. Et saisit l’opportunité de provoquer le destin lors d'un match dans le Chaudron. Les souvenirs qui remontent, Patrick Parizon lâche les vannes et se libère. « Je jouais en sélection de Bourgogne cadets en lever de rideau de Saint-Etienne-Lyon à Geoffroy-Guichard contre la sélection Rhône-Alpes, se souvient notre p'tit gars du Creusot. A la mi-temps, Pierre Garonnaire, à la demande de l'entraîneur stéphanois, Jean Snella, est venu me voir pour me demander les coordonnées de mon père, je l'ai envoyé paître, je lui ai dit que j'avais encore une mi-temps à jouer. » Finalement, c'est le papa-boucher qui négocie avec les dirigeants stéphanois. Et fiston part chez les Verts - il était aussi suivi de près par le rival lyonnais et le Stade de Reims - et en équipe de France juniors dans la foulée. Nous sommes en juillet 1967 et le Général de Gaulle, depuis le balcon de l'hôtel de ville de Montréal où il est en visite officielle de déclarer « Vive Patrick Parizon libre ! »

Après ses coups d'éclats sous le maillot des Bleus chez les juniors, Parizon fait partie de la fameuse génération des « Lionceaux d'Istanbul » avec les potes Jouve, Grava ou Molitor, le jeune apprenti stéphanois commence par le CFA. En 1968, après une saison passée dans le Forez, il intègre le Bataillon de Joinville pour y effectuer son service militaire. L'équipe évolue alors en D.II et les copains de chambrée s'appellent Grava, Molitor ou encore « Tintin » Triantafilos dit « Le Grec ». En gros, ça rigole pas tous les jours sous la douche pour Parizon qui retourne à Sainté après la quille. Chez les Verts, Samardzic est un titulaire indiscutable, or le Yougoslave se blesse gravement en Coupe d'Europe contre Legia Varsovie. La bonne aubaine pour Parizon qui ne rate pas ses débuts chez les pros : « C'était en novembre 1969, se souvient le nouveau titulaire de l'attaque stéphanoise, on recevait Valenciennes sur un terrain gelé. J'avais bénéficié de la grave blessure d'un super Yougo – Samardzic - pour jouer. On gagne 1-0 et c'est moi qui marque, sur une balle donnée en profondeur après un duel avec le gardien. Je n'ai plus quitté l'équipe. » Ou presque. Régulièrement convoqué dans l'équipe type sous l'ère Batteux, les choses se gâtent avec Robert Herbin. Robby ne lui accorde pas ou peu sa confiance malgré des débuts en trombe (doublé coupe-championnat 1970). Un souvenir bien ancré dans sa mémoire, les seuls obtenus d'ailleurs par Parizon au plus haut niveau. « On fait le doublé. On gagne le championnat avec plus de dix points d'avance sur le Marseille de Skoblar et Magnusson, et on met 5-0 en finale de Coupe de France à Nantes. J'avais marqué le premier but. Le jour de la fête des mères, à trois jours de mes 20 ans. Salif Keita était vert parce qu'il n'avait pas marqué et s'était fait piquer le trophée de meilleur but européen par Magnusson avec 44 buts alors que lui en avait mis 42. » Et puis le vide. La méfiance de Robby et les blessures n'épargnent pas le néo-stéphanois qui ronge son frein sur le banc. « Des problèmes d'adducteur que j'ai mis six mois à régler, enrage le poissard, m'ont fait perdre du temps et ont, en partie, brisé ma carrière stéphanoise qui aurait dû être plus longue et plus brillante. » D'autant que le président Roger Rocher fait aussi des siennes et remue un peu le couteau dans la plaie. Nous sommes à l'été 73. « J'étais en vacances à Saint-Jean-de-Luz avec Larqué et Jacquet, intervient le Bourguignon qui se rappelle du boudin basque et des soirées arrosées au patxaran, lorsque j'ai reçu un télégramme en provenance de Troyes qui me demandait d'entrer en contact avec les dirigeants aubois. Ceux-ci me disaient être d'accord avec Saint-Etienne, alors que je n'étais, moi, au courant de rien. » L'attaquant des Verts joue la montre hors du pré. Et alors, dis-nous Papa où t'es ? « J'ai demandé quelques temps de réflexion, car j'en avais gros sur le cœur. Finalement, j'ai dit oui. »


Et voilà Parizon parti dans l'Aube où il s'installe à Montgueux, le paradis des paysans du foot. Au T.A.F, il côtoie Pierre Flamion, un entraîneur à l'ancienne pas très commode lui non plus. Malgré ses méthodes militaires, le club promu végète dans le bas du classement et termine 17ème du championnat (1973-74). Une drôle de galère pour le p'tit gars du Creusot dans l'Aube où tout est triste et plat, comme les résultats de l'équipe troyenne. « J'y suis resté un an et demi. Cela n'a pas été très gai », lâche l'ancien Vert qui décide alors de partir vers le Nord. Et comme le club avait besoin d'argent, c'est moi qui ai été transféré à Lille. » C'est l'hiver 74, décembre et son marché de Noël. L'époque des cadeaux quoi. « Au début, tout a bien marché, résume le jeune chien fou parti chez les Dogues. J'ai d'ailleurs été sélectionné en équipe de France pour jouer contre la Hongrie (le 26 mars 1975, la première de ses 3 capes internationales, ndr). Mais la troisième saison a été catastrophique, le climat s'est dégradé. Georges Peyroche, qui était au départ l'entraîneur miracle aux yeux des dirigeants, a été critiqué injustement et traîné plus bas que terre alors qu'il ne le méritait pas. » Parizon fait aussi les frais dans l'opération et trinque, désabusé par l'attitude des dirigeants lillois. « Cette période m'a laissé un souvenir douloureux et pénible qui m'a longtemps fait mal » renifle l'attaquant nordiste qui cherche une voie de garage pour sa guérison morale.

Il se retrouve alors à Sochaux, chez Peugeot et son vieux stade Bonal. Un bail de trois ans (1977-80) pour se reconstruire et retrouver l'envie de jouer. « Pendant un an, ce fut le trou noir, confie le joueur dans le Doubs ! Moralement, j'ai eu du mal à me remettre de mes déceptions lilloises. » Blessé à l'âme, le Sochalien morfle également sur le plan physique. Conséquence de toutes ces années noires ou simple fragilité ? « J'ai été poursuivi par les ennuis physiques et les blessures. Je n'avais pas le temps de me remettre que déjà j'étais de nouveau blessé et indisponible. » Parizon la poisse réalise cependant une excellent dernière saison à Sochaux aux côtés des « Lionceaux » Stopyra et Genghini. Le club prend la place de dauphin derrière Nantes et se qualifie pour la coupe UEFA. Mais coup de tonnerre ! Papa file à Brest qui vient d'être relégué en D.II. Il participe à la remontée la saison suivante avec un titre de champion de France en conclusion (1981). De retour dans l'élite, Parizon gagne sa place pour un temps avant de jouer à nouveau au coiffeur, la trentaine bien tassée.

En fin de parcours, il fait alors quelques piges à Thonon puis à Niort où il épouse la carrière d'entraîneur. Suit une longue liste de clubs (Grenoble, Melun, Amiens, Rouen, Martigues, Paris F.C, Caen et quelques sélections nationales et exotiques, Côte d'Ivoire, île Maurice). « J'ai très tôt eu envie d'exercer » explique le Bourguignon sur sa passion du coaching qui remonte à sa plus tendre jeunesse sportive. « J'ai plein de bons souvenirs, et particulièrement de rencontres avec des entraîneurs supers comme Snella, Peyroche, Batteux, Flamion qui m'ont influencé dans ce métier. » Surtout des gars qui le titularisait à dire vrai. Les autres, c'est une vieille histoire pour ce sexagénaire qui continue de rendre visite à sa famille du côté de Montceau-les-Mines.