FRANCE-Danemark 1973.


FRANCE-Danemark 1973.
Debout : Bertrand-Demanes, Merchadier, Bracci, Adams, Ravier, Repellini.
Accroupis : Chiesa, Michel, H. Revelli, Bereta, Sarramagna.

- 21 novembre 1973 -
Parc des Princes. Paris. 14.534 spectateurs.
- amical -
FRANCE bat Danemark : 3-0 (0-0). 
Arbitre Mr Heinz Aldinger (Allemagne).
Buts : Bereta (59ème), Larsen (78ème c.s.c), H. Revelli (89ème)  pour la France.
Remplacements : Chiesa par P. Revelli (75ème), Ravier par Papi (80ème) pour la France. Jensen et Björnmose par Larsen et Skouboe (70ème) pour le Danemark.
FRANCE : Bertrand-Demanes – Repellini, Merchadier, Adams, Bracci – Chiesa, Michel, Bereta – Ravier, H. Revelli, Sarramagna. Entraîneur : Stefan Kovacs.
DANEMARK : Birger Jensen – Hansen, Vonsyld Helge, Bjerre, Vigo Jensen – John Steen Olsen, Morten Olsen, Björnmose – Lund, Abech, Henning Jensen. Entraîneur : Rudi Strittich.


- LE MATCH EN IMAGES -

 
Reportages sur le football danois (sources : football magazine).


Le dico argot-foot du professeur Migeon (Part 21).


Gérard Migeon traîne une drôle de réputation sur un terrain. Considéré comme un cave dans ses bois, le prince de la toile est un cador des vestiaires. Un fondu de la langue française qui travaille à la craie. « La Mige », son surnom dans la famille du ballon rond, connaît tout des rouages du football: ses vertus, ses vices et les petites formules qui fleurissent au ras du gazon. Le « Titi parisien » de Longjumeau décrypte et flingue le dictionnaire du foot, celui du temps des grandes heures, sur le tableau noir. Avec sa gouaille et sa moustache malhonnête, notre fine gâchette prend la plume et passe au vitriol les expressions du milieu. Et faut reconnaître, c'est du brutal ! Avis aux non-initiés.

FICELLES :
Les filets de but. Par extension : faire ficelles : marquer.

  • « La vie de gardien ne tient qu'à un bout d'ficelles » (Gérard Migeon, philosophe-funambule sur sa ligne avant un pénalty).
  • « J'vais t'apprendre les ficelles du métier » (Un agent à son jeune poulain).
  • « J'avais pas demandé une ficelle m'dame la boulangère, mais une grosse miche farineuse » (Ribéry dans le pétrin après l'affaire Zahia).

  • - Le cas en image -

    Un gars pris derrière les ficelles (Johan Cruyff, F.C Barcelone, 1976).

    MAILLOT DE LEGENDE. F.C Metz.

    Le derby della mole s'invite sur le maillot du F.C Metz à l'aube de la saison 1976-77. Aux couleurs grenats que le club lorrain a emprunté au Toro s'ajoute le sponsor de la firme italienne automobile de Turin, la FIAT, dirigée par Giovanni Agnelli, lequel est aussi à la tête de l'équipe d'en face, la puissante Juve. Une rivalité qui fait des étincelles de l'autre côté des Alpes, un peu comme le duo d'attaquants lorrain Hugo Curioni-Nico Braun. L'Argentin et le Luxembourgeois s'entendent comme larrons en foire chez Carlo Molinari, et régalent sur le pré (22 et 23 buts chacun). C'est tifo à Saint-Symphorien  avec cette force de frappe, d'apparence improbable sur le papier, qui a déjà allumé quelques mèches depuis son association en 1974. Nos deux capocannoniere sont l'un des atouts majeurs du club avec l'éclosion de ses jeunes talents (Bernard Zénier et Patrick Battiston). C'est l'âge d'or du F.C Metz et le temps des rodéos joyeux sur le parking du stade. Cette même saison 76-77 dans le Calcio, la Juve chipe le titre au Toro pour un point. Une nouvelle victoire pour Agnelli qui se frotte aussi les mains de la hausse des ventes de la Fiat Ritmo dans l'Est de la France. Et c'est la dolce vita comme ça pendant trois ans entre l'Italie et Carlo Molinari. Fiat retire ses billes en 79 et, est remplacé par les Chaussures Bally. Un peu ballot, n'est-ce pas ?



    F.C METZ 1976-77.

    BIO EXPRESS DEGRADABLE. Pierre Pleimelding.

    PIERRE PLEIMELDING.
    C'était il y a maintenant presque deux ans, à l'heure où la planète fêtait le travail dans la rue à grands coups de slogans et de merguez grillées, Pierre Pleimelding s'éteignait chez lui à Colmar, victime d'un malaise cardiaque. Une disparition à l'âge de 60 ans qui a plongé le petit monde du football hexagonal dans l'émoi; une peine partagée du côté de la Suisse où « Ploum » avait exercé au début des années 80 sous les couleurs du Servette de Genève.

    Fils d'un papa footballeur, René, Pierre Pleimelding prend sa première licence à Colmar sous les ordres du daron bien-aimé, ancien international (1 sélection en 1953 contre la Yougoslavie) et capitaine victorieux de la coupe de France avec Toulouse (1957). Du haut de ses 10 ans, il est né à Laxou le 19 septembre 1952, le jeune lorrain débute sa carrière sous la protection paternelle avec l'espoir de suivre le parcours tracé par son modèle. Un message reçu 5 sur 5 par son père, lequel l'emmène dans ses bagages lorsque celui-ci, à la demande du président Claude Cuny, débarque à l'A.S. Nancy-Lorraine en 1967. Le club au chardon est alors tout neuf et vise la montée parmi l'élite du football français en trois ans. Un contrat rempli à terme, mais sans la présence du fiston qui a du mal à s'épanouir au centre de formation, écrasé par le poids de la concurrence et de la pression imposées par le football de haut niveau. Qui s'y frotte, s'y pique et ça gratte un peu pour Pierrot à l'époque. L'accession à la D1 acquise, René quitte la Lorraine et s'installe à Troyes, alors en D2, avec toute la famille (1970).


    « Ploum » signe son premier contrat professionnel dans l'Aube et fait quelques apparitions dans l'équipe fanion (15 titularisations / 2 buts). Trop peu pour les dirigeants du T.A.F. qui virent le père et le fils à la fin d'une saison passée sur le fil du rasoir, hantée par le spectre d'une relégation. Troyes finit par sauver sa peau et la smala Pleimelding retourne à Colmar sans l'aîné, Gérard, resté en Champagne pour quelques années supplémentaires où il obtient le titre de meilleur buteur de deuxième division (groupe A) avec 20 buts en 1972. De son côté, Pierre ronge son frein dans les rangs amateurs et plante des buts sans conviction jusqu'au jour où la chance frappe à la porte de l'attaquant blondinet. A force de pousser son caillou vers un improbable sommet, tel un Sisyphe en short et crampons, « Ploum » atterrit sur le Rocher au mitan des 70's et découvre la première division aux côtés des Delio Onnis, Christian Dalger et Jean Petit. Le Lorrain reste trois ans dans la Principauté. Des années rythmées par le va-et-vient d'un ascenseur, entre descentes et montées, pendant lesquelles le néo-monégasque se cherche sur le terrain. Placé à l'avant pointe de l'équipe monégasque, Pleimelding marque trop peu et subit en quelque sorte la concurrence écrasante et l'efficacité du goleador argentin Onnis.

    Plombé par ses statistiques faméliques, il quitte Monaco et ses émoluments princiers pour rejoindre le LOSC, plus au Nord, afin de ne pas perdre la boussole et de retrouver fissa le chemin des filets. Nous sommes au début de la saison 1977-78, un exercice marqué par un titre de champion de France pour l'A.S.M ! « Ploum » pense avoir raté un truc mais c'est à Lille qu'il se révèle, d'abord en se laissant pousser une belle tignasse frisée parce que Robert Plant(e) comme il rêve de le faire comme tout attaquant lambda. Au bout d'une année dans l'équipe nordiste, plantée à l'échelon inférieur, il trouve enfin la voie en inscrivant une quinzaine de buts dans la saison et une place de titulaire indiscutable. Le LOSC retrouve l'élite et s'y maintient, bien calé dans le ventre mou du championnat, grâce à la réussite de son buteur. C'est d'ailleurs sous les couleurs lilloises que « Ploum » connaît ses meilleures années de footballeur, terminant quatrième puis sur la dernière marche du podium du classement des buteurs lors des saisons 1978-79 (21 buts) et 1979-80 (18 réalisations). Une efficacité récompensée par une sélection internationale (la seule sur son C.V) lorsque Michel Hidalgo l'appelle pour le match amical France-Espagne (1-0) au Parc des Princes le 8 novembre 1978. Une expérience cependant amère pour l'intéressé « malgré la satisfaction familiale d'avoir égalé à ce titre le palmarès de mon père, avoue t-il penaud, mais un souvenir qui ne restera pas le plus beau moment de ma vie de joueur ». Titulaire au coup de sifflet, Pierre Pleimelding est remplacé par Albert Gemmrich à l'heure de jeu. C'est vrai qu'il y a de quoi ressasser, d'autant que le sélectionneur ne lui offrira plus jamais sa chance en Bleu.

    Après cette parenthèse internationale, le Lillois rêve de conquérir le monde et de batailler dans les plus grands championnats européens. Le LOSC est un club trop exigu pour ses talents de finisseur. « Ploum » s'envole alors pour l'étranger et la Suisse où l'on aime choyer les pépites. Pleimelding arrive au Servette (1981-82) avec une bonne réputation qu'il confirme lors des matches de préparation. L'équipe au maillot grenat est en pleine bourre et la nouvelle recrue fait vite oublier les anciennes gloires (Franco Cucinotta, l'Anglais Martin Chivers ou le Néerlandais Piet Hamberg) dans le cœur des supporters. Forte de sept nouveaux joueurs, parmi lesquels Lucien Favre, Michel Decastel et Alain Geiger, l'équipe baptisée « Les millionnaires » par les journalistes locaux se balade jusqu'à la trêve hivernale. Après une pause de trois mois (!!!), les Grenats perdent leur football et manquent le titre pour trois points en fin de saison (au profit des Grasshoppers). Pierre Pleimelding, ayant chanté tout l'été, se trouva fort dépourvu quand la bise fût venu. L'attaquant, comme le reste de l'équipe, marche à côté de ses pompes à la reprise et se retrouve même placé dans la défense genevoise par manque d'efficacité devant les buts, avant d'être expédié à l'A.S Cannes une fois la saison terminée sur un échec au regard de l'investissement financier des dirigeants.


    A 30 ans, « Ploum » est à la retraite anticipée sur la Croisette où il côtoie quelques vieilles gloires (Patrick Revelli, Gilles Rampillon...). Meilleur buteur de l'équipe, une douzaine de réalisations, il quitte la Côte d'Azur en fin de saison et se rapproche de chez lui en signant à Mulhouse où son temps de jeu se compte sur les doigts d'une main. La faute à Gérard Banide et Raymond Domenech, les entraîneurs du F.C.M qui se succèdent à l'époque, lesquels ne comptent pas vraiment sur lui « malgré sa mentalité, son respect envers le club et son métier » selon coach Ray.

    Il est temps de partir pour Pierrot qui termine sa carrière à Epinal, sage comme une image et sans trop faire parler de lui, avec un statut d'entraîneur-joueur. Toujours cette trajectoire du père en toile de fond. Il parvient à faire monter le club vosgien en D2 à l'orée des années 90 avant de prendre la direction de la Côte d'Ivoire en 1994 qu'il qualifie pour la CAN deux ans plus tard. Remercié par les Elephants après son échec dans la compétition, la sélection ivoirienne est éliminée dès le premier tour, « Ploum » se retire définitivement du milieu professionnel pour se consacrer à la formation dans les rangs amateurs dans sa région. Sans trop de regret car, comme il l'affirmait il y a quelques années : « le football professionnel m'a usé aussi bien physiquement que professionnellement ». Une fatigue générale qui l'a foudroyé un 1er mai, jour de repos pour tous. Le sien est désormais éternel. Dors bien, l'ami Pierrot.

    LA FICHE DETAILLEE. Daniel Horlaville.

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    La fiche détaillée par les éditions Rencontre Lausanne
    DANIEL HORLAVILLE
    - Pourquoi viens-tu si tard ? -
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    FEYENOORD ROTTERDAM 1982-83.


    FEYENOORD ROTTERDAM 1982-83

    En haut : Wim van Hanegem, Ivan Nielsen, Peter Houtman, Henk Duut, André Hoekstra, Stanley Brard.

    Au milieu : Johnny Jacobsen, Sjaak Troost, Abe Knoop, Joop Hiele, Andrej Jeliazkov, Ruud Gullit, Pierre Vermeulen.

    En bas : Wim van Til, Carlo de Leeuw, Mike Snoei, Benny Wijnstekers, Jupp Kaczor, André Stafleu, Michel Valke. 


    WAGs RETRO. Ali Parvin et miss baril.


    En Iran, Ali Parvin c'est « le Sultan ». Un surnom qu'il doit à une carrière exemplaire en sélection et avec son club du Persepolis F.C. Ali en laisse plus d'un baba. Un palmarès long comme le bras et des titres en barils. A 31 ans, le milieu de terrain iranien est à l'honneur au moment de s'envoler pour l'Argentine, théâtre de la coupe du Monde 78 et de son « jubilé » international. Parvin tire en effet sa révérence lors « Mundial » après un dernier match contre le Pérou, sa 76ème et dernière sélection. Le sultan a participé à la grande fête du football mondial, comme il avait côtoyé les valeurs de l'olympisme à Montréal (1976), brillé en Coupe d'Asie, il gagne deux trophées (1972 et 76), et illuminé les Jeux Asiatiques qu'il remporte en qualité de joueur (1974) et sélectionneur par la suite (1990). C'est une première au pays. Et encore une statue pour ce héros national. Mais ça c'était hier, du temps de la grande époque et des petites pépées. Ali Parvin est viré de son poste en 93 et paye cher, depuis, le prix de la gloire que jalouse les huiles de la fédération iranienne. L'ancien capitaine puis entraîneur du Persepolis F.C et de la sélection, bardé de médailles, est banni dans son propre pays. interdit d'exercer son métier et de mettre les pieds dans un stade. Un vrai coup de sabre dans le dos du sultan qui n'aurait plus un baril de crédibilité aux yeux des dirigeants iraniens. Une excuse commode qui cache une réelle volonté politique. Ali Parvin fait trop d'ombre, surtout à un certain Mohammad Safizadeh. L'ex-président de la Fédération iranienne (1993-94) a juré la perte de son sélectionneur pour une sombre histoire de différent sportif.. Un règlement de compte interne avec de la jalousie, du pétrole et des femmes. Voilà qui ressemble fort à un « feuilleton pourri dégueulasse ». Ali Parvin n'a même pas Pierre Cangioni pour se consoler avec le football.

    ST-ETIENNE-MANCHESTER UTD 1977. La fin du bal européen pour les Verts.

    Quelques mois après la fin de leur épopée à Anfield Road, où les Verts sont asphyxiés par les chants du Kop et des Reds virevoltants, l'ASSE retrouve un autre club anglais pour la nouvelle saison européenne 1977-78.


    Et encore des Rouges ! Des diables cette fois-ci. Manchester United, à la recherche de son illustre passé, rend visite aux Stéphanois le mercredi 14 septembre à l'occasion du premier tour de la Coupe d'Europe. Mais ce n'est pas la « grande » coupe, celle qui fît la légende des hommes de Robby Herbin. Cette année, St-Etienne joue la Coupe des vainqueurs de Coupes, la C2, un label moins glorieux pour le président Roger Rocher qui déplore le manque d'engouement autour de la rencontre. Le « chaudron » est moins garni qu'à l'accoutumée pour cette soirée de gala. « Ce soir, le stade est stéphanois, lâche le boss des Verts qui a brillé par son absence au repas d'avant-match, alors que d'habitude, il était français ». Sainté ne ferait-il plus recette auprès du grand public ? C'est déjà un peu la gueule de bois à Geoffroy-Guichard envahi par une meute de 1.500 supporters anglais mélangés aux Stéphanois dans les tribunes populaires ! Une mesure qui inquiète d'ailleurs les observateurs de la presse britannique. La « red army » prend place dans le kop sud et ne tarde pas à faire causer d'elle avant le début de la rencontre. La veille déjà, la police locale avait dû en découdre en ville avec quelques agités. Les premiers chants, puis les premiers jets de projectiles. Les hooligans anglais tirent les premiers dans les tribunes et déclenchent des bagarres. C'est la panique à Geoffroy-Guichard où l'on dénombre plusieurs dizaines de blessés. Comme deux ans plus tôt lors de la venue de Leeds au Parc des Princes, la France (re)découvre le hooliganisme « made in Britain ». Le peuple vert a perdu la bataille des gradins, aux poings et à l'intimidation. Sur le pré, les Stéphanois subissent aussi les assauts de Manchester. L'ASSE a pris la direction des affaires en début de rencontre, le public réclame un but. Mais ce sont les anglais qui tirent une nouvelle fois les premiers. Hill marque mais le but est refusé. Hors-jeu. Une première alerte pour des Verts qui butent devant la cage de Stepney. Piazza, Bathenay puis Patrick Revelli, Barthélémy et Santini qui manque l'immanquable juste avant le repos. La défense mancunienne est une forteresse qui opère par des contre-attaques percutantes, McIlroy, Pearson et Hill en tête d'une armée rouge qui a faim de conquêtes.


    La seconde période est un copier/coller de la première mi-temps. Manchester imprime le rythme du match. Rocheteau remplace la jeune recrue Barthélémy en attaque, et les Verts retrouvent des couleurs et du tonus. Un éclair de courte durée puisque les « Red Devils » scorent par deux fois, par Hill, encore lui, et Mc Grath ! Deux buts à nouveau annulés pour ds positions de hors-jeu. St-Etienne ne profite pas de ce coup du sort. A l'entame du dernier quart d'heure, nouvelle alerte dans le camp stéphanois. Pearson échappe à Farison, lequel a perdu ses jambes d'antan, et centre pour... Hill qui place une reprise au fond des filets de Curkovic. United mène à Geoffroy-Guichard. La réaction des Verts ne se fait pas attendre. Synaeghel égalise deux minutes après l'ouverture du score anglaise. St-Etienne maintient ainsi un maigre espoir en vue du match retour, car après la partie, les avis sont unanimes. Les Verts paraissent fatigués et moins concernés par les grands rendez-vous européens. Une mauvaise digestion de la finale de Glasgow ? le départ de Larqué en début de saison ? Les contrats de Synaghael et Bathenay qui arrivent à leur terme ? Des motifs qui soulignent les difficultés rencontrées par l'ASSE sur le pré. Plus de cohésion, ni de solidarité. « Et puis, il s'agissait d'un gros morceau pour un premier tour, tient à se rassurer Robby en conférence de presse. Avant de se confondre en excuses. Je sentais l'équipe moins conquérante que la saison précédente. Contre Manchester, elle a donc paru accuser le contre-coup de la gloire. Et puis, il y a eu les fameux incidents dans les gradins...». Dans le Forez, l'heure n'est pas à la fête mais aux bilans. A l'amorce d'un match retour très incertain, St-Etienne ne semble plus être un grand de la scène européenne.

    - LE MATCH EN VIDEO -



    « Notre qualification sur tapis vert et finalement la match à jouer sur terrain neutre à Plymouth. C'est un passage difficile de notre histoire européenne ». La confrontation entre les Verts et les Diables Rouges a marqué l'esprit de l'entraîneur stéphanois. Celui du public aussi, et de l'UEFA. Après les incidents du match aller provoqués par ses supporters, Manchester United est exclu de la compétition le dimanche 18 septembre. Sainté est qualifié, il n'y aura pas de match retour ! Une décision « pour l'exemple » qui provoque une réaction mitigée en France. La presse et les Stéphanois y voient là une injustice pour l'équipe anglaise, correcte sur la pelouse. « Gagner sur tapis vert ne m'intéresse pas, lance Herbin fair-play. D'autre part, les joueurs de Manchester ne méritent pas ça ». Le lendemain, le jury d'appel de l'UEFA juge l'affaire. Finalement, la rencontre peut avoir lieu. Sur un terrain neutre à au moins deux cents kilomètres de Manchester. « C'est une décision lâche qui équivaut à peu près à taper sur les doigts de Jack l'éventreur et à lui demander d'être un bon p'tit gars » écrit le Daily Mail, courroucé par le jugement. Le club est par ailleurs condamné à payer une lourde amende (30.000 francs suisses). Highbury, l'antre des « Gunners » et Stamford Bridge, l'enceinte des « Blues », sont évoqués pour la recevoir la rencontre. Et puis, c'est Wembley. Ou encore Aberdeen. Le choix se porte enfin sur Plymouth, un port du sud-ouest de l'Angleterre. 


    Le 5 octobre, cent-vingts bobbies et maîtres-chiens sont réquisitionnés pour l'occasion dans le stade champêtre de Plymouth Argyle. Le public anglais applaudit d'ailleurs les invités du soir. Une ambiance bon enfant qui contraste avec les affrontements à Geoffroy-Guichard. La partie est plutôt tranquille lorsque Manchester prend le jeu à son compte. Pearson, qui s'était déjà signalé dans le Forez, ouvre la marque à la demi-heure. St-Etienne est incapable de réagir. Rocheteau ne dribble plus comme à Ibrox, Piazza chevauche dans le vide, les Verts ont perdu leur football labélisé Coupe d'Europe. « Comme lors du match aller, se désole Herbin, il nous a manqué cette flamme qui nous habitait la saison précédente. Le match fut relativement quelconque et Manchester l'a emporté parce qu'il le désirait davantage ». En seconde période, et contre le vent, St-Etienne sombre. L'insaisissable Steve Coppell réalise le break à l'heure de jeu et plonge le peuple vert dans la nostalgie des heures glorieuses. L'ASSE est éliminé au premier tour de la Coupe des vainqueurs de Coupes. Une anomalie qui pointe les limites actuelles de l'équipe, perdue dans son récent passé qu'elle digère difficilement. « Il fallait bien que cela arrive, confie Roger Rocher dans les vestiaires avec la mine des mauvais jours. Mais je ne veux pas avoir l'air abattu, et qu'on ne descende pas St-Etienne en flammes, après l'avoir tellement encensé ». Des propos qui viennent du cœur. L'homme à la pipe sait que son équipe est désormais dépassée, et vit ses dernières heures. Il est temps de passer à une nouvelle génération. Dans la tête d Roger Rocher, elle est composée de stars.


    - LE MATCH EN VIDEO -


    FRANCE-Pays Bas 1980.


    FRANCE - Pays Bas 1980
    Debout : Trésor, Christophe, Janvion, Specht, Bossis, Dropsy, Bathenay.
    Accroupis : Pécout, Couriol, Platini, Six.

    Johnny Rep, Marius Trésor et le chanteur Christophe.

    - 26 mars 1980 -
    Parc des Princes. Paris. 41.477 spectateurs.
    - amical -
    FRANCE et Pays-Bas : 0-0 (0-0). 
    Arbitre Mr Paolo Casarin (Italie).
    Remplacements : Bathenay par Rampillon (64ème), Six par Rouyer (71ème), Christophe par Tusseau (78ème) pour la France. Balkestein et Vermeulen par Willy et René van de Kerkhof (46ème), Kist par Nanninga (73ème) pour la Hollande.
    FRANCE : Dropsy – Janvion, Specht, Trésor, Bossis – Christophe, Platini, Bathenay – Couriol, Pécout, Six. Entraîneur : Michel Hidalgo.
    PAYS-BAS : Schrijvers – Wijnstekers, Balkestein, Krol, Hovenkamp – Schoenaker, Stevens, Thijssen – Rep, Kist, Vermeulen. Entraîneur : Jan Zwartkruis.

    - LE MATCH EN PHOTOS -

    Eric Pécout s'effonce dans la défense néerlandaise.

    Johnny Rep contre les Frenchies (Didier Christophe et Trésor).

    Michel Platini : C'est quel Van de Kerkhof celui-là ? 

    Ballet aérien (Dropsy, Rep, Janvion et Schrijvers).

    Pécout joue et l'arbitre en a ras la hotte !

    Une rencontre très cadenassée au final.

    - LE MATCH EN VIDEO -