Sponsor en toc. PARIS FOOTBALL CLUB (Europe 1).


Pour son retour en première division - après une courte expérience au début des années soixante-dix (1972-74) - le Paris Football Club affiche de grandes ambitions, au coup d'envoi de la saison 1978-79, sur son maillot bleu-ciel dont les liserés reprennent les couleurs de la capitale. P.F.C sera number one en France et en Europe, comme la station de radio qui sponsorise les hommes du président Roger Zeppellini. L'année précédente, le club parisien a dû batailler lors des barrages contre R.C.F.C Besançon (3-1, 3-2) pour obtenir son billet parmi l'élite, mais compte bien en découdre avec les cadors du championnat. Ici c'est Paris ou bien ?

Pour cela, l'ex-entraîneur du P.S.G Robert Vicot a monté un team d'enfer en pillant d'abord son ancien club : Michel Bensoussan dans les bois et le défenseur Lionel Justier. Un recrutement local qui se poursuit avec les arrivées du vieux routier Georges Eo, accompagné du jeunot Jean-Jacques Amorfini, tous deux chipés au Red Star. Du made in Paris et sa banlieue auquel se greffent les signatures de Bernard Caron, tout frais vainqueur de la coupe de France avec Nancy quelques semaines plus tôt, du Bastiais Yves Mariot, qui sort d'une épopée européenne avec le Sporting, et de Jean-Noël Huck, l'élégant milieu de terrain de l'O.G.C Nice. Une équipe qui a fière allure avec le renfort exotique du duo argentin Daniel Alberto-Rafael Humbert Bravo, et s'appuie sur de vieilles cartouches comme Jean-François Beltramini en attaque, Bernard Guignedoux, Bernard Lech, Francis Smerecki et l'inénarrable Jean-Christophe Thouvenel, débauché au Servette de Genève durant l'été.

PARIS F.C 1978-79
(vs S.C.O Angers)
Debout : Cenzato, Aniol, Justier, Laachi, Caron, Alberto, Bensoussan.
Accroupis : Eo, Amorfini, Beltramini, Bravo, Thouvenel, B. Lech.

Sur le papier, P.F.C c'est Paris, c'est Football et c'est du Costaud. Mais « l'autre » club de la capitale perd des plumes dans la bagarre politique amorcée par la mairie de Paris, qui souhaite l'existence d'une seule équipe intra-muros. Entre parigots, Chirac a choisi son camp et c'est le P.S.G qui récolte les subventions de la ville. Un K.O technique dont ne se remettra pas Zeppellini, Vicot et leurs hommes de terrain. Paris Football Club entame sa saison par une défaite à domicile contre Valenciennes (0-2) et dérouille à Furiani face à Bastia (1-5) avant de se faire corriger à Nancy sur le même score. Au soir de la 4ème journée, P.F.C pointe à la dernière place (1 point obtenu contre Lyon au Parc). La victoire contre Marseille (2-1, 5ème journée) et le nul obtenu lors du derby au Parc (2-2, 6ème journée) chassent un temps les nuages au-dessus du ciel parisien. Mais le départ catastrophique du club, et la bataille en coulisses, plombent l'ardeur des hommes de Vicot. Purée de purée, le P.F.C n'arrive pas enchaîner les bonnes performances hormis à l'automne, où il aligne trois victoires consécutives (3-0 contre Nice, 16ème journée ; 2-1 à Bordeaux, 17ème journée et encore 3-0 contre Angers ; 18ème journée). A mi-championnat, le club flirte avec la place de barragiste (17ème) et se laisse griser dans la seconde partie. Le Yougoslave Zlataric et Mariot quittent le navire pendant la trêve hivernale, l'un à Lens et l'autre à Nice. Le torchon brûle d'autant que la défense n'est pas à la hauteur d'une équipe de haut niveau, pilonnée par les attaques adverses (2-4 à Lille, 0-6 à Saint-Etienne, 1-5 à Laval, 1-7 contre Monaco au Parc, 1-5 à Metz, 0-5 à Nice). Une déroute complète, loin des promesses affichées sur la vareuse.

PARIS F.C 1978-79
(vs Lille à gauche et PSG à droite).

Le Paris Football Club termine finalement son championnat à une très modeste 19ème place au classement, à égalité de points avec Valenciennes (28), malgré une timide réaction en fin de saison, notamment grâce aux efforts de Beltramini, meilleur buteur du club avec 14 réalisations. Battu à la différence de buts par l'U.S.V.A, P.F.C file droit à l'étage inférieur. Or, le F.C Gueugnon, vainqueur du groupe A en D.II, refuse la montée. Le Paris Football Club est ainsi repêché pour jouer les barrages et sa survie dans l'élite contre le R.C Lens (2ème du groupe B). Deux matches aller-retour à couteaux tirés (0-0, 0-0) qui se soldent par la victoire des Ch'tis aux tirs au but (3-2). P.F.C retourne ainsi à l'anonymat, mais ça il en avait l'habitude en évoluant à domicile avec des affluences confidentielles (à peine 3.000 spectateurs lors de certaines rencontres). Vraiment loin d'être Europe numéro 1 cette histoire.

PARIS F.C 1978-79
(vs U.S.V.A)
Debout : Amorfini, Justier, Eo, Cenzato, Laachi, Tignard.
Accroupis : Zlataric, Smerecki, B. Lech, Barrientos, Mariot.

2 commentaires:

  1. A domicile lors de cette saison, le PFC ne jouait pas au Parc mais bien Porte de Montreuil. D'une manière générale, le club n'est pas arrivé en D1 la fleur au fusil comme vous semblez le penser. Il ne visait qu'un maintien confortable et à moyen terme une stabilisation dans l'élite. Bien sûr les gens du PFC espéraient bien concurrencer rapidement le PSG mais le PSG de 1978, s'il avait de très bons joueurs dans son effectif et pouvait par moments titiller les gros du championnat, n'avait vraiment rien de l'ogre qu'il est devenu aujourd'hui... D'ailleurs il était très loin de remplir le Parc et quand il le faisait c'était surtout à cause de l'adversaire (St-Etienne, Nantes...)
    La radio Europe 1 qui via Pierre Bellemare avait été à l'origine de la création du club en 1969 et qui sponsorisait déjà les cadors Lens et Nantes ne rata pas l'occasion de pouvoir défier sa rivale RTL, déjà sponsor du PSG à l'époque. Ce maillot bleu ciel avec les lisérés aux couleurs de la capitale était très beau... Bien plus beau que le maillot actuel du PFC.
    Il est facile aujourd'hui de sourire du PFC de la fin des années 70 et de ses "ambitions" mais vraiment, à l'époque, il n'y avait rien de délirant à penser pouvoir concurrencer le PSG à Paris. Le très sérieux et très peu délirant homme d'affaires JL Lagardère pensait également que c'était possible et il s'y essaya en héritant des droits du premier PFC (en quasi dépôt de bilan) en 1982, qu'il s'empressa de rebaptiser "Racing Paris 1" dans l'attente d'une fusion avec le vrai Racing. Quatre ans après la D1, le PFC fut refondé en tant que club amateur en 1983. Entre temps, les bleus ciel n'avaient pas forcément démérité en D2 et atteignirent même les demi-finales de la coupe de France!

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    1. Hello Mike, je ne souris pas du PFC, loin de là. C'est un club que j'estime beaucoup et me rappelle quelques souvenirs d'enfance. Qui aime bien, châtie bien (un peu bateau mais réel). Sportivement.

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