FINALE COUPE DES CLUBS CHAMPIONS 1975. Bayern München vs Leeds United.

- 28 mai 1975 -
Parc des Princes. PARIS. 48.000 spectateurs.
Bayern Münich bat Leeds : 2-1 (0-0). Arbitre Mr Kitabdjian (France).
Buts: Roth (71ème) et G. Müller (81ème) pour le Bayern.
Remplacements : Andersson par Weiss (4ème), U. Hoeness par Wunder (42ème) au Bayern. Yorath par E. Gray (80ème) à Leeds.
BAYERN : Maïer – Dürnberger, Schwarzenbeck, Beckenbauer, Andersson – Zobel, Roth, Kapellmann – Torstensson, G. Müller, U. Hoeness. Entraîneur : Dettmar Cramer.
LEEDS UTD : Stewart – Reaney, Madeley, Hunter, F. Gray – Bremner, Giles, Yorath – Lorimer, Jordan, Clarke. Entraîneur : Jimmy Armfield.

Billy Bremner et Franz Beckenbauer.

Ce devait être une fête, celle de la coupe d'Europe des Clubs Champions qui soufflait ses vingt bougies. Elle fût gâchée par les deux équipes qui offrirent un pauvre spectacle sur la pelouse du Parc des Princes, aidées par un arbitre français - Mr Kitabdjian - dépassé par les évènements et la pression d'une finale européenne, mais aussi par les exactions de la colonie anglaise massée en tribune Boulogne. Des actes de « houliganisme », comme on l'écrit à l'époque dans la presse spécialisée française, que les (télé)spectateurs découvrent avec horreur et stupéfaction, choqués par la violence des Anglais qui se conduisent comme des voyous dans les tribunes et le voisinage du Parc au coup de sifflet final. Le personnel du centre commercial qui jouxte l'enceinte parisienne se souvient encore avec quelle sauvagerie ces animaux tentèrent de noyer leur déception dans l'alcool. Un saccage en règle et des centaines de litres absorbés. England's away !

Les Allemands gagnent la bataille des airs.

Et pourtant, tout avait commencé dans la joie et les hommages avec les cérémonies de coutume inhérentes. Pour célébrer le vingtième anniversaire de la Coupe d'Europe, l'UEFA avait en effet invité le gratin des dirigeants de clubs liés à l'histoire de la compétition, et quelques joueurs qui firent les grandes heures de la coupe aux grandes oreilles. Conviés le matin de la finale à une cérémonie à l'hôtel Ambassador, là où est née la C1 vingt ans plus tôt, Keizer, Kopa, Eusebio, Gento, Puskas (et plein d'autres) posent le soir même sur la pelouse, à quelques minutes du coup d'envoi. 20 ans à peine et déjà une légende. Cette finale anglo-saxonne n'en sera pas une. Plutôt un pétard mouillé. Le niveau affiché en tribune présidentielle a t-il perturbé le schéma des deux équipes présentes sur le terrain ?

Leeds United, qui a battu le Barça de Johan Cruyff en demi-finale, est un outsider inattendu. Jimmy Armfield, qui remplacé Brian Clough dès le début de la saison (ce dernier, qui avait succédé à Don Revie durant l'été, est viré au bout de quarante jours), a ressoudé son équipe autour de Billy Bremner, le teigneux écossais qui se masse les chevilles au Whisky. Mal parti en championnat au départ de l'exercice 1974-75, Leeds termine à une modeste 9ème place au classement mais se refait une santé au niveau européen. Coriace sur le pré, parfois violente, l'équipe anglaise élimine d'abord le F.C Zürich (4-1; 1-2), Ujpest Dosza (2-1; 3-0), Anderlecht (3-0; 1-0) et enfin Barcelone (2-1; 1-1) pour valider son ticket au Parc, théâtre de la première finale en 1955. Le Bayern, tenant du titre, est le favori logique même si le club bavarois, à l'instar de leurs adversaires du soir, a connu une saison laborieuse. Dixième du dernier exercice, l'équipe d'Udo Lattek doit sauver sa saison avec un titre européen. Exempt au premier tour, le Bayern écarte difficilement le rival de l'Est Magdeburg (3-2; 2-1) puis Ararat Erevan (2-0; 0-1) avant de mettre un terme à la première épopée des « Verts » en demi-finale (0-0; 2-0). Les Allemand, à défaut d'être spectaculaires sur la pelouse, sont réalistes et efficaces. Un rouleau-compresseur qui détient en outre dans ses rangs une pléiade de champions du Monde.

Les actions litigieuses du match : la faute du Kaiser dans sa surface et le but refusé à Lorimer.

Le schéma de jeu bavarois est d'ailleurs très simple. Attendre l'adversaire pour mieux le contrer par la suite. Saisir le moment opportun pour passer à l'attaque. C'est la tactique défensive utilisée par Beckenbauer et ses troupes au coup d'envoi. Un bon choix favorisé par les hésitations d'un arbitre à la rue, impuissant face à la violence du combat physique proposé par les finalistes. Dès la 4ème minute, l'homme en noir oublie d'expulser le Gallois Yorath, coupable d'une agression sur Andersson. Le ton est donné pour cette soirée pourrie. En compensation, le Français ferme les yeux sur une faute du Kaiser sur Clarke (36ème) dans la surface allemande. Entre ces deux points chauds, les occasions de marquer sont plutôt rares dans cette première période qui ressemble à une lutte au corps à corps. « C'est l'adversaire le plus méchant que j'aie jamais rencontré dans toute ma carrière, avoue le capitaine de la Mannschaft à l'issue de la rencontre. Certains joueurs de Leeds cherchaient à faire mal de manière délibérée ». C'est la guerre entre les deux équipes. Le football est relayé au second plan. Même quand Lorimer croit obtenir l'ouverture du score, l'arbitre refuse d'admettre sa validité (67ème). Et les premier coups de poings dans les travées réservées aux fans anglais. Qui redoublent quatre minutes plus tard après le but de Roth parti dans le dos de la défense adverse (71ème). Le dernier quart d'heure est émaillé par les incidents sur et en dehors du terrain. Le second but, celui du break pour le Bayern, inscrit par Gerd Müller (81ème) est presque anecdotique (c'est toujours le cas contre les Allemands). Une victoire au goût amer au vu de la prestation des vainqueurs (qui réalise le doublé) et des « houligans » anglais. Et de s'interroger le lendemain dans la presse sur la mort du football. « L'Equipe » pointe quatre points essentiels pour rénover un sport en danger : un arbitrage trop faible, voir démuni, et des règles du jeu à modifier, la conception des schémas de jeu jugés trop défensifs, et enfin la purification parmi les supporters. C'était dix ans avant le Heysel, à l'occasion des trente ans de la coupe d'Europe.

Les fans de Leeds en colère.

Bayern Münich, vainqueur de l'édition 1975.
Debout : Roth, Dürnberger, Beckenbauer, Wunder, Weiss, G. Müller, Torstensson.
Accroupis : Kapellmann, Maïer, Zobel, Schwarzenbeck.

- LE MATCH EN PHOTOS -

Sepp Maïer chambre Bremner et lève la coupe.

Leeds United...

... et ses fans.

3 commentaires:

  1. L'année où je suis devenu fan de LEEDS . MOT

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  2. Ouais, l'année où ma mère qui travaillait Porte d'Auteuil a dû fermer le rideau de fer de son magasin. Ils ont tout cassé tes copains de Leeds Porte d'Auteuil.

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  3. Les joueurs de Leeds firent le tour du stade sous l'ovation du public, car ils avaient été volés par l'arbitre français, tout comme ceux du PSG volés par l'arbitre Allemand à Barcelone. En matière d'arbitrage, il n'y a guère eu de progrès.

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