Y A PAS QU'LE FOOT (pas sûr). Carlos Bianchi.


Lorsqu'il signe à Strasbourg à l'été 79, Carlos Bianchi pense uniquement au ballon rond et à la coupe d'Europe. Ça tombe plutôt bien, le Racing vient d'être sacré champion de France la saison précédente. La C1 le fait rêver, donc le Ballon d'Alsace et le tourisme, pas le temps d'y penser ni trop son truc en fait. Rien n'est plus beau qu'un ballon qui transperce les filets pour le « Goléador » dont le cerveau pense foot 24/24. A la famille aussi, comme il l'affirme en alexandrin (ou presque) : « Quand je ne pense pas au football, je pense aux miens. Quand je ne pense pas aux miens, je pense au football et à mes futurs buts ». Et Fernande sinon, pas un peu des fois? L'ancien Rémois reste coi, sourd aux vannes comme aux discours politiques. Pourtant Strasbourg, le Parlement, tout ça. L'Argentin fait mine de tomber dans la surface plutôt que dans le panneau : « D'abord je mets les points sur les i : je ne fais et ne ferai jamais de politique. En Argentine, l'homme qui ne discute pas football, qui ne vit pas pour le football, est rare. Chez vous, c'est celui qui ne parle pas politique qui est considéré comme un paria ». Un ton ferme et accusateur qui n'empêche pas le buteur argentin de partir en campagne quand il pose ses valises en Alsace, et de prendre la posture d'un député gaulliste pour afficher ses opinions qu'il clame comme un slogan : « Manger des saucisses ». Du côté de la Meinau, on appelle ça de la politique d'intégration. Un peu plus lourd à digérer que les pommes de Chirac quand même. Et l'ex-attaquant du PSG de recentrer le débat dans la foulée du jogging matinal en évoquant sa ligne idéologique et son statut de joueur étranger du championnat :  « Je vis à la française dans la journée. Je redeviens un peu Argentin le soir. Je me couche vers minuit après avoir discuté... foot bien sûr, avec les copains ». Incorrigible Carlos qui rêve en secret d'un portefeuille au Ministère des sports après avoir compté les moutons jusqu'à 11 sans oublier les remplaçants.

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