FAN PICS. Liverpool.

Mick Jagger prend un bain de foule à Anfield Road. (Spion kop 1977).

EN TOUCHE. La photo (pas très) finish de... Kevin Keegan.


Le père Noël est vraiment une sale ordure. On l'a retrouvé bien Red - ou complètement noir comme dans la chanson - après sa tournée du côté de Disneyland. Sans hotte ni barbe, mais avec un habit de Kevin Keegan. L'année prochaine, n'oublie pas mes petits souliers et modère un peu ta consommation de bière de Noël. Cimer. Sinon, sympa quand même tes pompes.

F.C MAGDEBOURG 1978-79.


F.C MAGDEBOURG 1978-79.


BIO EXPRESS DEGRADABLE. Jürgen Sparwasser.

JÜRGEN SPARWASSER.
Grâce à son but historique contre la RFA lors du duel fratricide qui oppose les deux Allemagne à Hambourg durant la coupe du Monde 1974, Jürgen Sparwasser devient une sorte de héros, un symbole de la lutte contre le fascisme et le capitalisme comme on aime les fabriquer dans les pays de l'Est à l'époque des deux blocs. Pas vraiment une aubaine pour celui qui compose plus qu'il ne collabore avec le régime - le SED - lequel exploite ce succès de manière temporaire, l'impact des J.O étant plus important aux yeux des dirigeants de la RDA avec la présence d'athlètes américains, dont l'intéressé tire peu de profit malgré les rumeurs sur son compte qu'il tacle à pieds joints : « On a dit que j'avais été richement récompensé avec une voiture, une maison et une prime en espèce, mais ce n'est pas vrai ». Jürgen Sparwasser, qui préfère le foot à la politique, n'est pas un inconditionnel du parti ni de ses méthodes et paiera au prix fort son manque de loyauté juste avant la chute du Mur, 15 ans après son exploit perdu dans les archives de la Stasi depuis fort longtemps.


Né à Halberstadt au sortir de la guerre le 4 juin 1948 en zone d'occupation soviétique, Jürgen Sparwasser apprend très vite à jongler entre le bien et le mal avant de s'exercer avec un ballon. En Allemagne, la cohabitation entre les Alliés ne cesse de se dégrader sous l'influence des deux puissances dominantes qui contrôlent le pays, lesquelles s'opposent et rompent tout échange diplomatique sur le statut de Berlin-Ouest qui débouche sur le blocus de la ville ordonné par l'URSS. Nous sommes le 24 juin, Jürgen n'a pas encore un mois mais déjà une vie bien conditionnée. La bataille de Berlin perdue, les Soviétiques instituent alors la RDA le 7 octobre 1949 en réponse à la création de la RFA quelques mois auparavant côté Ouest. Dans sa petite ville natale de 40.000 âmes coincée entre le rideau de fer et Magdebourg, Sparwasser apprend à marcher droit et taper dans la balle sous l'impulsion du père, entraîneur de l'équipe locale - BSG Lokomotive Halberstadt - que Jürgen intègre à 12 ans, et pépinière régionale du SC Aufbau Magdebourg qui forme les juniors du F.C Magdebourg. DDR style. La carrière du jeune milieu de terrain est toute tracée d'autant que Jürgen montre de bonnes dispositions vite remarquées par les dirigeants de l'équipe nationale junior est-allemande. Lors de sa première sélection contre la Bulgarie en 1964, il inscrit le but de la victoire. A 16 ans, Sparwasser a son destin (presque) entre les pieds et remporte dans la foulée le tournoi international junior de l'UEFA avec sa sélection (1965) aux dépens de l'Angleterre (3-2). Jürgen ouvre la marque et frappe à la porte de l'équipe première du F.C Magdebourg qui lui donne sa chance juste avant ses 18 ans, le 26 février 1966, contre Hansa Rostock. Quinze jours plus tard, le milieu est-allemand ouvre son compteur but en Oberliga contre Rot-Weiß Erfurt (12/3/1966). Une saison marquée par un bilan timide (6 matches/2 buts) mais plein d'espoir avec la satisfaction d'honorer pour la première fois le maillot des – de 21 ans la même année. Une sélection (7 au total) avec laquelle il ira chercher la médaille de bronze aux J.O de Münich (1972).


Dès l'exercice suivant, Sparwasser s'impose dans l'équipe et devient un titulaire indiscutable. Un statut qui ne le quitte plus jusqu'à la retraite et facilité par la descente de son club à l'échelon inférieur. Meilleur buteur de l'équipe (22 buts), Sparwasser participe activement à la remontée (1966-67) et permet par la suite à Magdebourg de s'installer durablement vers le haut du tableau, en terminant meilleur canonnier du club pendant trois années successives (1968, 69 et 70). Des titres honorifiques qui ne remplacent pas un vrai trophée qui tarde à venir malgré son jeune âge. Jürgen patiente jusqu'à la fin de la saison 1969. Cette année-là, Magdebourg remporte pour la 3ème fois de son histoire la coupe de RDA après les succès de 1964 et 65. Vainqueur à quatre autres reprises (1973, 78, 79 et 83), le club du bord de l'Elbe est d'ailleurs co-détenteur du record de victoires (7), un titre qu'il partage avec Dynamo Dresde. Une coupe dans les mains, Jürgen Sparwasser goûte aussi aux amuses-gueules et une première sélection chez les A - contre le Chili (22/6/1969) - avec qui il entretient des rapports ambigus. Pas vraiment un taulier malgré ses 53 capes (15 buts) et sa participation aux tournois majeurs (J.O et coupe du Monde). Peu importe, Sparwasser se concentre sur son club et connaît ses meilleures années à l'aube des seventies. Sous la houlette de l'entraîneur Heinz Krügel, Magdebourg remporte trois titres de champions (1972, 74 et 75) et écrase la concurrence en RDA, voir ailleurs. Le point culminant de cette domination: la victoire en coupe des vainqueurs de coupes (C2) face au Milan A.C à Rotterdam (2-0). Magdebourg devient alors le premier club est-allemand à remporter un trophée européen. Un titre définitif aujourd'hui.


Consacré meilleur buteur de l'équipe en 74 et 76, Sparwasser perd peu à peu le fil de sa carrière à l'approche de la trentaine, et prend sa retraite au terme de la saison 1978-79 à cause d'une douleur récurrente à la hanche. A 31 ans et diplômé en génie mécanique, Sparwasser poursuit une formation de professeur d'éducation physique (1980). La reconversion classique des anciens sportifs de haut niveau dans les pays de l'Est. Mais Jürgen se heurte à ses positions politiques et son refus de collaborer activement à l'appareil de l'état malgré son intégration au parti dès 1973. Nommé entraîneur-adjoint de son club, on lui refuse le poste d'entraîneur en chef auquel il postule à plusieurs reprises. Pas assez socialiste. Sparwasser devient alors assistant de recherche à l'université de Magdebourg - la récompense pour les services rendus à la nation - et n'a plus qu'une idée en tête: fuir son pays et la répression politique subie par sa famille. En 1988, un an avant la chute du Mur, Jürgen profite d'un match à Sarrebrück avec les anciens du F.C Magdebourg pour passer à l'Ouest, chez l'ennemi, et devient pour le coup « un traitre à la patrie » selon le Neues Deutschland, quotidien est-allemand et organe officiel du SED. Le but de la 77ème minute est définitivement aux oubliettes. Sauf pour lui, et peut-être quelques nostalgiques, qui déclare avec philosophie : « Si vous voyez un jour écrit sur une tombe, Hambourg 74, tout le monde saura qui se cache en dessous ». Un secret de polichinelle en quelque sorte, comme l'histoire du maillot de Paul Breitner, mis au enchères depuis au profit d'une association caritative, qu'il garda jalousement chez lui après l'avoir échangé contre le sien dans les vestiaires du Volksparkstadion. Pour ne pas froisser les dirigeants de son pays qui avaient l'oeil sur tout. Principalement sur lui. Les héros ont rarement fait long feu en ex-RDA.

Schwarzy sort les muscles.

Un but pour l'éternité.

Stadium view. ERNST GRUBE STADION.


Stade: ERNST GRUBE STADION.
Lieu: MAGDEBOURG.
Pays: ALLEMAGNE (ex-RDA).
Club résident: F.C MAGDEBOURG.
Année: 70's/80's.


Ernst Grube stadion en 1996 avant sa rénovation en 2004.

Belgique-FRANCE 1970.


FRANCE 1970.
Belgique-FRANCE.
- 15/11/1970 -
Debout: Djorkaeff, Lemerre, Bosquier, Novi, Huck, Carnus.
Accroupis: Floch, Michel, Molitor, G. Lech, Rico.

La grosse cylindrée de l'EQUIPE DE FRANCE.

Des Bleus émerveillés par la technique allemande.

Au cours de sa tournée en Amsud (janvier 1971), la délégation française en profite pour visiter les stands du circuit de Buenos Aires et assister à la Temporada - les 1000 kms locaux - endeuillée cette année-là par la mort de Ignacio Giunti, victime d'un crash fatal avec la Matra de Beltoise qui alimente la polémique et les débats sur son attitude durant la course (voir les vidéos). L'occasion pour les Tricolores d'approcher au plus près les prototypes, dont la mythique Porsche 917, celle de Marko-Van Lennep sur la photo, et les pilotes français (Pescarolo, Larrousse...) engagés sur l'épreuve, lesquels ne tarissent pas d'éloges sur le comportement des Bleus face à l'Argentine : « Depuis la tribune du stade de Boca, le spectacle donné par les Tricolores a été formidable. Leur départ audacieux, pied au plancher, leur réussite immédiate, leur technique surprenante et enfin leur résistance héroïque ». Des louanges qui entraînent en retour quelques réflexions de la part des joueurs français, les yeux encore écarquillés par le ronflement des bolides sur la piste, et des idées de reconversion à Marcel Aubour, spécialiste en réparation dans sa surface : « Je suis ravi de me retrouver dans ce milieu fabuleux, au contact de pilotes étourdissants, de voir à l'œuvre ces mécanos capables de régler n'importe quel problème à la seconde. Je vous annonce que je ferai des rallyes […] car j'adore la conduite sportive ». Le casque sur la tête, le gardien français est déjà sur la grille de départ comme son compère Jacky Novi qui « admire ces voitures sensationnelles, mises au point au millimètre, et ces pilotes qui ont presque l'air de cosmonautes ». Un peu dans la lune, Novi rêve de conquêtes et de vitesse au contraire du Stéphanois Hervé Revelli, plus terre-à-terre et prudent sur le sujet : « Quand je pense que j'ai un peu peur de pousser ma 504 toute neuve... ». Là, c'est au tour de Pesca et Larrousse d'avoir les yeux grands ouverts, la bouche béante, surpris de la comparaison entre Henri Michel et Didier Deschamps. La Ferrari et la 2CV quoi.

Lien:
http://www.f1-web.com.ar/1000KmBuenosAires1971.htm



PUB. Adidas. France.

- Adidas -
- F.F.F Argentine '78 -
1977

MAILLOT DE LEGENDE. Malmö FF.

Depuis sa création en 1910, Malmö Fotbollförening a déjà goûté au succès - 7 titres nationaux et 6 coupes - mais c'est à partir de 1970 que l'équipe au maillot bleu ciel et blanc connaît sa meilleure période. Une décennie triomphale entamée sous l'ère d'Antonio Durán (1964-71), un ancien de l'Atlético Madrid, qui laisse par la suite les commandes du club à l'Anglais Bob Houghton (1974) après un court passage du Suédois Karl-Erik Hult (1972-73). Durant cette période dorée, Malmö enchaîne les couronnes nationales - champion 1970, 71, 74, 75 et 77 - et les coupes de champagne locales - vainqueur en 1973, 74, 75, 78 et 1980. Di blåe, les bleus, dominent alors le football suédois et signent leur plus bel exploit en coupe d'Europe des clubs champions. Le sorcier britannique mène son équipe jusqu'à la finale de la C1 contre Nottingham Forest au cours de la saison 1978-79, éliminant au passage Monaco, Dynamo Kiev, Wisla Cracovie et Austria Vienne. Battu à Münich (0-1), Malmö obtient tout de même la récompense de l'exploit sportif de l'année en Suède - aucune équipe du pays n'a atteint ce niveau de compétition depuis la création de la coupe d'Europe - et le droit de défier Club Olimpia (Uruguay) en finale de la coupe intercontinentale, les Anglais ayant décliné l'invitation. Une nouvelle défaite (0-1/1-2) qui entame peut-être le moral de Bob Houghton qui part l'année suivante (1980) et laisse des joueurs, recrutés à 60 km à la ronde, orphelins sur le terrain. A cette date, Malmö FF rentre peu à peu dans le rang et perd sa place en haut de la hiérarchie du football suédois malgré de nouveaux titres et des joueurs emblématiques comme Stefan Schwarz, Jonas Thern, Martin Dahlin et Zlatan Ibrahimovic.

 MALMÖ FF 1978-79.
Debout: Houghton (ent.), Larsson B., Kristensson, Möller, Ljungberg, Hansson, Larsson T., Jönsson (pdt).
Assis: Andersson R., Andersson M., Andersson T., Malmberg, Erlandsson, Sjöberg, Andersson Roy.

  MALMÖ FF 1977-78.

FAN PICS. Danemark.

Visiblement Vic le Viking a des supporters. (Arnesen, Lerby et Olsen).

ALLAN SIMONSEN. Ballon d'or 1977.

Allan Simonsen a trouvé un ballon à sa taille.

Allan Simonsen se fait une place parmi les grands à la fin de l'année 1977. Du haut de ses 165cm, le petit ailier danois remporte la course au ballon d'or devant Keegan et Platini. Une lutte indécise et serrée jusqu'au bout. Le lutin de Mönchengladbach est élu avec 74 points, contre 71 au lilliputien de Liverpool et 70 au Nancéien. Un trio qui se détache d'une meute de prétendants relégués à plusieurs longueurs, Bettega (4ème) obtient 39 points, Cruyff 23 et Fisher 21. Les autres poursuivants (Nyilasi, Rensenbrink et Georgescu) étant définitivement largués. Un titre de meilleur footballeur européen de l'année qui récompense les excellents résultats obtenus avec Borussia MönchenGladbach, l'équipe la plus romantique de la Bundesliga des 70's. Depuis son arrivée en Allemagne, Simonsen collectionne les trophées - championnat d'Allemagne (1975, 76 et 77), la coupe (1973) et supercoupe d'Allemagne (1976) et une coupe UEFA (1975) - mais rate la dernière marche en finale de la coupe des clubs champions contre Liverpool (1977). A Rome, le Danois marque mais les Anglais sont plus forts (1-3). Une défaite amère qui ne plombe pas la décision des journalistes. Simonsen devance d'une semelle le King de Liverpool. Et Platoche peut attendre encore un peu. 1983. L'année du premier sacre pour le Français de Turin. A cette époque, Simonsen apparaît de nouveau sur le podium, sur la dernière marche à 31 ans.

Ouais j'ai gagné !

- LE BALLON D'OR 1977 EN DETAIL -


FAN PICS. Angleterre.

The Who en concert. (1972).

ANGLETERRE 1986.


Egypte-ANGLETERRE. (29-1-1986).
Debout : Wright, Fenwick, Hateley, Shilton, Stevens, Lineker.
Accroupis : Cowans, Sansom, Wallace, Wilkins, Steven.

Y'A PAS QU'LE FOOT. Bobby Moore et Franz Beckenbauer.

Franz Beckenbauer-Bobby Moore: un duel de grands maîtres.

Sur un terrain, Franz Beckenbauer et Bobby Moore étaient des pièces essentielles dans leur club ou en sélection. Copains dans la vie, les deux stars se retrouvent souvent chez l'un ou l'autre pour le barbecue du dimanche qui se termine toujours par une partie d'échec au fond du jardin. Une manière pacifique de revenir sur les rencontres entre la Mannschaft et l'Angleterre, des matches sous tension et serrés comme un duel Karpov-Kasparov depuis une finale de coupe du Monde.
- « En 1966, mes deux tours de Wembley étaient imprenables. Échec et mat les boches ! Et God save la Reine. Sinon, la famille, ça va bien Franzy? ».
- « Ach ja, mais au Mexique elles sont tombées comme le World Trade Center tes tours. En fumée. Grâce à notre « der Bomber » Müller. Oui, ça va bien merci. Et très bonnes les côtelettes au grill Bobby ».
Le Kaiser parle en capitaine. Fin et courtois. La grande classe qu'il porte sur le pré comme dans le civil, ne manquant pas d'ajouter de la coquetterie au chic et d'assortir sa chemise avec les chaises de son hôte. La fameuse vision du jeu sans doute.

A la fin, tout le monde se serre la main.

CHELSEA F.C 1971-72. By Soccer stars.


CHELSEA F.C 1971-72.
Debout : Ian Hutchinson, David Webb, John Dempsey, Micky Droy, Derek Smethurst, Stewart Houston, John Boyle, John Hollins, Paddy Milligan.
Au milieu : Keith Weller, Peter Osgood, Tommy Baldwin, Ron Harris, Peter Houseman, Charlie Cooke, Eddie McCreadie.
En bas : Peter Bonetti, Alan Hudson, Peter Feely, John Philips.




FAN PICS. Chelsea F.C.

Ramzy Bedia aime bien aller au stade en famille.

Welcome to Stamford Bridge !

L'équipe du dimanche après-midi. EN AVANT GUINGAMP 1976-77.

EN AVANT GUINGAMP 1976-77.
Debout : Druda (ent.), Sylvestre Salvi, Reyt, Didier Salvi, Schmitt, Hervé Le Goff, Le Coz, Learanguer, Loubière (dirigeant).
Accroupis : Sourdes (ent. adj.), Anthoine, Gill, Le Quéré, André, Patrick Le Goff, Le Guyader, Briand (dir. tech.).

Sur le papier, une équipe qui ne paie pas de mine. Pas de vedettes, ni de machines à laver. A Guingamp, on lave tout à la main. Une majorité de joueurs issus de la région qui font de la résistance au professionnalisme. Animé par un esprit de famille et un public fidèle, En Avant Guingamp réalise cependant des miracles depuis le titre en DHR (1971-72) et son épopée en coupe de France (1973) durant laquelle les Bretons accèdent aux 1/8è en éliminant quatre équipes de division 2. 

C'est le début de l'ère Le Graët et des ambitions légitimes d'un club qui ne cesse alors de grimper les échelons, et de grandir par la même occasion. 1974 : accession en DH. 1976 : un parcours en coupe qui s'arrête en 1/16è, le titre de DH en poche, Guingamp accède à la D.III. Les Le Goff, Le Quere, Le Guyader et Stephan vont enfin fouler autre chose que les pelouses pelées des terrains promotionnels. Une adaptation rapide dans le grand bain. Au cours de la saison 1976-77, En Avant se fait remarquer une nouvelle fois en coupe, et élimine le Red Star avant de tomber les armes à la main devant Bordeaux (1/32è). En championnat, Guingamp termine à la seconde place de son groupe derrière la réserve du F.C Nantes. C'est l'accession en D.II après une saison seulement en D.III. Une réussite qui s'explique par la volonté du président Le Graët de bâtir sur du solide en misant sur la formation et un encadrement stable - la mission de Daniel Druda à la tête du club depuis 76 - et de fidéliser les joueurs au maillot - Guy Stephan contacté par Metz refuse de quitter la Bretagne en fin de saison. Une recette fructueuse. En Avant joue la montée en D.I dès la saison 1979-80 - troisième du groupe A, battu à la différence de buts par le Stade Rennais - et devient par la suite un pilier du championnat de D.II jusqu'en 1993, année de la descente en National. Deux montées d'un coup et le club se retrouve en D.I au début de la saison 1995-96. Trois années parmi l'élite durant lesquelles En Avant tâte de la coupe d'Europe et l'Internazionale. Puis c'est la descente à l'heure où la France défile sur les Champs en fêtant Zidane. Grâce à Guy Lacombe, En Avant retrouve la D.1 en 2000 avec des tueurs sur le pré (Fiorèse-Michel). Moustache lance par la suite un duo infernal (Malouda-Drogba) qui se disperse à l'appel des grandes écuries. En Avant dégringole une nouvelle fois, retrouve le National à la fin de la saison 2009-10 après un ultime exploit, le plus beau à ce jour pour le club, la victoire en coupe de France (2009).

- LA RETRO PHOTO DE EN AVANT GUINGAMP EN D2 -

- saison 1980-81 -

- saison 1982-83 et 1986-87 -

- saison 1982-83 -

MAILLOT DE LEGENDE. S.E.C Bastia.

Le maillot à tête de Maure sur le dos, les Bastiais font les punks au cours de la saison 1977-78. La star hollandaise Johnny Rep arrive en Corse pour remplacer le buteur yougoslave et idole de Furiani, Dragan Dzajic. Lacuesta et Larios, prêtés par Herbin, débarquent de St-Etienne les dents longues. Avec les jeunes du coin (Papi, Marchioni, Orlanducci, De Zerbi...), l'effectif a de la gueule sur le papier et confirme cette impression sur le terrain dès la reprise du championnat. Les « étrangers » bien intégrés dans l'ïle, le Sporting aborde la coupe UEFA l'esprit tranquille. L'avantage du sans-grade libéré de toute pression du résultat. Un premier tour réussi contre un autre Sporting, Portugal, un favori de l'épreuve, lance Bastia sur la voie d'un improbable destin européen. Newcastle et Torino, encore de grosses écuries, tombent à leur tour dans le guet-apens des hommes de Cahuzac avant la fin de l'année. L'affaire fait grand boum en Corse et partout ailleurs d'autant qu'au printemps le Sporting exécute Carl Zeiss Iéna à Furiani (7-2) en ¼. Le vieux stade gronde et accueille Grasshoppers à grands coups de pétard agricole. Une spécialité locale. Bastia parvient en finale en peinant avant de s'écrouler contre PSV Eindhoven, l'ennemi préféré des clubs français en coupe d'Europe à l'époque. Le combat de trop pour des corps usés. Mais le drapeau à tête de Maure à de quoi flotter haut dans les tribunes de Furiani cette année-là. Et les joueurs de lever la tête. Bastia is not dead !

Johnny Rep et son t-shirt tête de Maure.

BIO EXPRESS DEGRADABLE. Johnny Rep.

JOHNNY REP.
A soixante ans, il les a fêté le 25 novembre, Johnny Rep est l'idole de toute une génération avec sa tête d'ange, ses cheveux blonds et son sourire de crooner. Une vedette comme on dit à l'époque, consacrée en France, notamment du côté de Sainté, par le single éponyme de Mickey 3D, et sur l'île de Beauté où ses exploits européens sont encore gravés dans toutes les mémoires des supporters bastiais. Johnny-belle-gueule c'est la star étrangère du championnat de France, le footballeur-total de la Oranje 74 importé du terrible Ajax du début des 70's, qui n'hésite pas à enregistrer un 45trs (« Singing in the morning / « Hey Johnny ») à l'époque où Michael Furnon gratouille ses premiers accords. Un people qui brise à la fois le cœur des jolies filles, de son regard à la Robert Redford, tout en conservant un esprit rebelle parmi ses illustres partenaires de club, des monstres de la profession comme Cruijff, Kempes, Platini ou Jean-Louis Zanon.

Johnny Rep à Ajax.

Originaire de Zaandam, dans la banlieue industrielle d'Amsterdam, John Nicholaas Rep ne tarde pas à combler le vide laissé par un père exportateur de primeurs, laissant sa femme élever seule les trois enfants du foyer. Très vite, John Nicholas et ses frères Martin et Robby deviennent les petites frappes du quartier et multiplient les conneries avec les copains : « J'étais un grand bandit. Tout ce qui était interdit, je le faisais. J'ai donné beaucoup de soucis à ma mère. Elle a souvent tremblé ». Une éducation en mode libre. John Nicholaas trouve un pseudo de rang, Johnny, et déconne à l'école qu'il largue à 16 ans après quelques démêlées avec le dirlo, un certain Van Veen : « Personne ne l'aimait. C'était un vrai SS. Je me souviens comme si c'était hier du jour où il a levé la main sur moi. Je n'ai pas pleuré, mais j'ai rêvé de vengeance ». Un truc qui le travaille encore des années après les faits, quand il rend visite aux parents dans la maison familiale et croise parfois le regard du tyran dans la rue, les dents serrées: « Je ne le salue pas. J'ai même envie de lui mettre mon poing dans la figure ». Le bahut derrière lui, Johnny Rep se consacre entièrement à sa passion, le football, au sein du F.C Zaandam tout en chargeant des caisses de primeurs pour papa. Une première licence à 8 ans parce que « le maillot de Zaandam était rouge et blanc. Comme celui d'Ajax ». L'équipe dont il rêve en secret de porter les couleurs qui le contacte un soir à la maison, après un match de juniors contre Haarlem que son oncle et deux dirigeants ajacides sont venus espionner incognito. A 16 ans, Johnny Rep réalise son rêve d'ado et signe un premier contrat de stagiaire à 17. Deux ans à faire ses classes dans la réserve et Johnny obtient la récompense: un contrat pro à 19 ans, et une idée bien en tête, nullement complexé par la présence des Cruijff, Neeskens, Haan, Suurbier : « Je pouvais vivre du football. Il me restait néanmoins à faire le plus difficile: m'imposer au plus haut niveau ». Sa première chance d'atteindre son objectif, Kovacs lui donne lors d'un match amical contre Mönchengladbach. Plusieurs titulaires sont blessés, l'entraîneur est obligé de puiser dans la réserve. Un baptême plutôt mitigé pour le joueur : « Nous avons perdu 3-0. Je n'étais pas satisfait de moi. J'avais la désagréable impression d'avoir laisser passer une belle occasion de m'imposer ». Le sorcier roumain à l'humour des Carpates - « Johnny est un gentil garçon, surtout quand il dort! » - laisse effectivement mariner le jeunot sur le banc, comme en ce 28 septembre 1972. Ajax et Independiente s'affrontent en finale de la coupe intercontinentale. Rep remplace Swart et colle deux buts. Ajax s'impose. Johnny savoure : « Ce soir là a été le premier grand moment de ma carrière. Ma première grande joie. Mon premier doublé en match officiel avec les professionnels » mais Kovacs s'obstine. Pendant plusieurs mois, Johnny joue les coiffeuses à son grand étonnement et la surprise des dirigeants, obligés d'intervenir en faveur du joueur qui obtient réparation par la suite au cours de la saison 1973-73 où il devient un titulaire indispensable. Une année exceptionnelle pour l'ailier qui marque en finale de la coupe d'Europe des clubs champions (victoire 1-0 contre la Juve), remporte le championnat avec Ajax et connaît les honneurs de la sélection. Une première contre l'Espagne avant son nouvel objectif; la coupe du Monde 1974 en Allemagne : « Un événement que je ne voulais manquer à aucun prix ». Un tournoi magique pour la Hollande et Rep, titulaire (4 buts), brisé par le réalisme allemand en finale : « Aujourd'hui encore, j'ai du mal à comprendre ce qui s'est produit. Pourquoi nous sommes passés à côté. Nous n'étions ni fatigués ni saturés. Michels nous avait mis en garde. Nous avons pêché par excès de confiance. Ce pénalty marqué d'entrée de jeu nous a fait plus de mal que de bien. Il a renforcé notre conviction. Dans notre esprit, l'Allemagne était K.O. Nous avions déjà triomphé. Nous avons peut-être oublié qu'il restait quatre-vingt neuf minutes à jouer ». Une explication à chercher peut-être du côté des orgies organisées par les joueurs à leur hôtel lors de leur séjour allemand. Johnny Rep ne cherche aucune consolation, qu'il ne trouve plus en club.

Johnny Rep à Bastia.

Cruijff parti au Barça, suivi de Neeskens, Keizer, Haan, Muhren, Ajax perd son football et son premier match à domicile depuis 1969 le 23 février 1975 contre F.C Amsterdam. A la fin de la saison, Johnny Rep prend le large pour l'Espagne et Valence, afin de remettre un peu de soleil à son palmarès. Une expérience mitigée - les résultats sont décevants - qui se solde par un départ en claquant la porte deux ans plus tard, après quelques accrocs avec son coach, Herriberto Herrera, et une dernière engueulade du président à fin d'un match contre Sarragosse (saison 76-77) : « Il m'a reproché d'avoir manqué un but et accusé d'avoir été payé pour ça. C'en était trop. Je n'en pouvais plus, je voulais partir ». En vacances, Rep étudie les propositions: AZ'67, Cologne. C'est finalement à Bastia que le Néerlandais débarque au début de la saison 1977-78. Un joli coup monté par le directeur sportif Jules Filippi, pat hibulaire mais presque - « J'ai eu aussitôt confiance en lui, malgré son apparence » - grâce à une pirouette financière - « Pour mon transfert, il a réussi à obtenir l'aide du Club Méditerranée, qui était le sponsor de l'équipe » - et une petite ruse locale à l'encontre des joueurs étrangers qui déboulent dans la région : « J'ai demandé plusieurs fois à Jules de me montrer le stade. A chaque fois, il a trouvé une excuse pour échapper à cette corvée. Sans doute pensait-il que je n'aurais jamais signé mon contrat si j'avais vu Furiani. Je m'étais tout de même tenu au courant. En Hollande, j'avais obtenu certains renseignements. J'étais prévenu. Et l'important, c'était que je connaisse la valeur de l'équipe ». Johnny s'impose rapidement en Corse où le soleil brille plus qu'en Espagne finalement. Cinquième du championnat, Bastia réalise un brillant parcours en UEFA, ne s'inclinant qu'en finale devant les compatriotes du PSV Eindhoven. Pour sa première saison avec le Sporting, Rep est plutôt gâté malgré quelques prises de tête avec son coéquipier François Félix qui l'accuse de lui préférer Krimau sur le terrain - « Jamais je ne pourrai l'oublier. Elle a été trop belle. Cela reste un souvenir merveilleux » - d'autant qu'il doit participer à sa seconde coupe du Monde en Argentine. Comme quatre ans plus tôt, la Hollande atteint la finale et sort vaincue par le pays organisateur. Une défaite (3-1) qu'il impute à l'homme en noir : « Avec le recul du temps, je pense que nous n'aurions jamais pu remporter cette finale. Je suis certain que l'arbitre aurait trouvé un prétexte pour nous refuser un deuxième but, car il savait qu'il ne serait pas sorti vivant du stade ». Johnny ne le sait pas encore. Il ne jouera plus de phase finale de coupe du Monde, barré notamment par la France lors des qualifications au mondial en Espagne. La saison suivante, Bastia ne confirme pas les résultats de l'année précédente et flirte avec la relégation (14ème). Les caisses du club sont vides et Rep d'être placé sur la liste des transferts.

A.S Saint-Etienne 1979-80

Strasbourg et Marseille sont sur les rangs mais c'est Pierre Garonnaire qui remporte la mise. Johnny Rep arrive à St-Etienne en juillet 1979 où il cohabite avec l'autre star de l'équipe: Michel Platini. Une collaboration (de 1979 à 82) en demi-teinte marquée par un seul titre, le championnat de France 1981, quelques exploits européens (victoires contre le PSV et Hambourg) ternies par des gifles monumentales à Geoffroy-Guichard (Monchengladbach et Ipswich) et les défaites en finale de coupe de France contre Bastia et PSG. Herbin accuse le Batave de choisir ses matches, principalement en coupe d'Europe ou à la veille des convocations internationales, et ralentir l'équipe. Pas trop d'accord non plus avec la volonté du président Rocher de stariser le club. Pris dans l'affaire de la caisse noire (1982) et la guerre désormais ouverte entre Herbin et Rocher, Johnny Rep quitte une formation stéphanoise en pleine tourmente au cours de la saison 1983-84, fuyant à l'occase le fisc français qui lui demande des comptes et pas uniquement sur son statut de meilleur buteur en coupe d'Europe (11 buts) devant Hervé Revelli (10), Platoche (9) et Jean-Mimi (7). De retour au pays, Johnny Rep s'installe à Zwolle. Une pige d'un an avant de rejoindre Feyenoord (1984-86), champion en titre, et terminer sa carrière sur un dernier gospel à Haarlem (1987). Depuis, Johnny profite de la retraite et du printemps, sa saison préférée, surtout « en avril, quand le soleil caresse les premiers bourgeons ». Là normalement, Johnny Rep enlève son pantalon comme dans la chanson de Furnon.


- LA RETRO PHOTO DE JOHNNY REP EN FRANCE -