PARIS SG 1973-74. Café crème ou café noir ?

PARIS SG 1973-74.
Debout : Laposte, Planchard, Bade, Renaut, Cardiet, Leonetti.
Accroupis : M'Pelé, André, Deloffre, Spiegler, Dogliani.

Saison 1973-74. Le Paris SG évolue dans le bourbier de la D2 - toujours mieux que la D3 mais Miossec ne chante pas encore - et lutte pour l'accession au niveau supérieur en présentant une particularité bien spécifique. C'est en effet le seul club français à accueillir dans ses rangs un véritable contingent de joueurs de couleur. Sept au total. Tous ne sont pas titulaires en équipe première mais avant l'heure et la mode post-98, le PSG est bel et bien à cette époque un modèle d'intégration avec son effectif black (beaucoup), blanc (pas mal aussi) et jambon-beurre parce qu'on est quand même à Paris.

André, Laposte, Bade, Fontaine, Dossevi, Nosibor, Bajoc. Cherchez l'erreur.

Le club dirigé par le président Patrelle (secondé par Daniel Hechter) et entraîné par Robert Vicot avec l'aide de Just Fontaine, se démarque ainsi des autres avec son effectif typé et son goût pour le cinéma en noir et blanc. Ses vedettes du ballon rond ont pour nom Christian André, Jacky Bade, Pierre Bajoc, Otniel Dossevi, Jacques Laposte, Guy Nosibor et François M'Pelé (pour pas copier sur l'autre). La black connection amène donc le soleil dans la Capitale et de la bonne humeur même si, selon Henri Patrelle, quand il fait froid, le moral n'est pas au beau fixe. Mais ils se réunissent souvent, écoutent de la musique et des airs de leur pays ". La danse, c'est un secret pour personne, a cette vertu de réchauffer les corps et les coeurs transis par le climat parisien en hiver. Mais si les métisses du PSG ont le rythme dans la peau sur le dance-floor, c'est la même rengaine sur le terrain.

François M'Pelé porte bien la veste.

Ainsi Jacky Bade, 28 ans, l'aîné de la Compagnie Créole, qui prépare des études de médecine en même temps qu'il joue au football est comparé par Justo comme un défenseur qui aurait pu faire une carrière aussi brillante que Trésor ". Mais lui songe plutôt à son avenir, et c'est dans un cabinet qu'il le préfère. Sans faire de boudin. Christian André, 23 ans, passe d'abord par l'athlétisme avant de choisir le foot. Au poste de gardien de but. Puis il devient attaquant sur ordre de ses parents qui ont peur pour ses mains. Vif et rapide comme l'éclair, Justo le considèreencore perfectible et fera un ailier de grande valeur quand il disciplinera son jeu ". Autre chien fou, Jacky Laposte, 22 ans, est un jeune milieu offensif lui aussi un peu timbré sur les bords et son seul facteur de réussite, c'est en short sur un terrain plutôt qu'à vélo avec une sacoche qu'il le voit malgré son côté un peu foufou dans son jeu " aux yeux du pimpant Just Fontaine encore lui. Pierre Bajoc et Guy Nosibor, 19 et 20 ans à peine, sont les cadets du clan. Des jeunes qui attendent patiemment dans la pépinière de St Germain avant d'éclore ...dans le grand bain [...] pour faire de grandes choses ". A 27 ans, Otniel Dossevi est l'autre intello de la bande. Attaquant confirmé très pris par ses études ", il est agrégé de Lettres et prépare un Doctorat afin d'exercer plus tard dans son Togo natal. Ce qui ne l'empêche pas d'inscrire une flopée de pions sur son tableau noir avec son sens du but ". Tous sont classés amateurs, hormis le Congolais François M'Pelé qui fait figure d'exception en étant le seul pro. C'est aussi le dernier arrivé à Paris en provenance de l'AC Ajaccio, recruté au nez et la barbe de Nice et Bastia après quelques épisodes guignolesques concernant le montant du transfert. Un PSG tout blanc dans cette affaire ? Pas si sûr finalement au vu de son effectif et sa propension à enchérir sur l'Or noir...

Visiblement y aura pas assez de ballons pour tout le monde.

La garde noire du PSG.
En haut: Christian André, François M'Pelé, Guy Nosibor.
En bas: Jacky Bade, Otniel Dossevi, Pierre Bajoc.

L'effectif du PSG en détail.



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