MATCH REPLAY. Le jou où... Serge Chiesa dit fuck et s'en va.

Pour Sarko, la France, tu l'aimes ou tu dégages. "Et c'est pareil pour le foot " aurait-il pu rajouter. Au moins c'est clair, net, mais pas sans bavure. Et ça, Serge Chiesa, alors que notre président résident de la République (oh Gaby !) n'était pas grand-chose à l'époque, juste un gars avec des tics sans plus, l'avait pigé bien avant tout le monde. En tous cas bien avant les branleurs de Knysna et leur grève à 2 euros. A deux balles pour se remettre dans le contexte de l'époque. Et sans faire de chichis non plus, ni à vouloir chercher absolument une quelconque taupe alors que le problème demeure ailleurs. Sans langue de bois, ni vouloir jouer les caïds. Bref, à une époque où les problèmes se règlent à l'aube dans un pré plutôt que dans la presse.

Serge Chiesa donc, meneur de jeu à l'Olympique Lyonnais, est précoce. Il est jeune et a du talent plein les (poils aux) pattes. Du coup, il est très vite sélectionné en équipe de France. Nous sommes en 1969. Il a 18 ans et quelques mois. Même Platoche n'a pas fait mieux ! Pour beaucoup, Chiesa représente l'avenir à une époque où jouer sous le maillot bleu n'est pas vraiment une sinécure. En gros, les Tricolores sont des blaireaux et perdent contre tout le monde. Mais très vite, Serge se rend compte que les stages de la sélection sont une vraie galère pour lui, et commence à faire du boudin avant un match contre le Danemark en 1973 : "J'ai hésité avant France-Danemark. Désormais j'ai décidé de me rendre à toutes les convocations du sélectionneur". Le Lyonnais est donc prêt à faire des efforts même s'il n'aime pas partager sa piaule avec un gars qui pue des pieds et pète au lit tout en matant un bon vieux film de boules. Lui préfère le ballon et le foot. Or, il se trouve que justement, côté football, c'est pas la joie. La durée des stages trop longue, l'éloignement avec la famille. C'est une contrainte pour ce joueur à l'esprit plutôt casanier et pantouflard. "L'équipe de France ? On a trouvé le moyen de m'y faire venir. De gré ou de force... ". Ça en dit long sur le personnage et son caractère. En plus, il se fait royalement chier lors des entraînements et pourtant c'est pas coach Ray qui les mène. Trop jeune à l'époque. Par contre ils portent les mêmes couleurs en club. Coïncidence ou pas, un beau jour, Serge Chiesa passe à l'acte. Il remballe ses gaules en plein stage, juste avant un match crucial contre la RDA qualificatif pour le championnat d'Europe 1974 et lâche tout, un peu vénère, à Stefan Kovacs, le sélectionneur français (qui est Roumain mais ne vit pas dans une caravane) : " ...Mes dirigeants et Aimé Mignot (entraîneur de l'OL) ont exigé que je vienne. Mais je ne resterai pas ici. J'ai rien contre personne. Seulement les stages m'ennuient. Même si mon club en organisait, je n'irais pas". Panique à bord du bateau bleu. Stefan Kovacs, la Fédé tentent de l'amadouer d'abord, puis le menacent. Peau de zob. Serge Chiesa reste ferme et intransigeant. Le foot, c'est bien mais faut pas que ça lui prenne la tête non plus. Il laisse alors tout son monde en plan et quitte pour toujours l'équipe de France et ses stages pour se consacrer uniquement à son club malgré les appels du pied de Michel Hidalgo, le successeur de Kovacs. Non, c'est non pour Serge ! Puis c'est pas la punition qu'il écope pour son attitude qui lui donne les chocottes. Cinq mille francs d'amende et 2 matches de suspension. De quoi faire tordre de rire Anelka mais il était pas né à l'époque...!

Avec l'équipe de France, Chiesa préfère jouer seul sinon il s'en va.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire