JAÏRZINHO et PAULO CESAR à l'OM.


JAIRZINHO et PAULO CESAR.
Marseille. Milieu des années soixante-dix. Les dirigeants de l'OM en ont marre de se taper du folklore tzigane avec Skoblar. Michel Méric, le président olympien, veut quelque chose de plus exotique pour remplir son stade Vélodrome. Il décide alors d'engager deux Brésiliens pour danser sur le rythme de la samba. Des champions du monde de surcroît : Paulo Cesar et Jaïrzinho. Avec eux, on fera vite oublier l'autre gitan de yougo, respect quand même, viré comme un malpropre pour favoriser justement la venue de Jaïr, qui débarque sur le Vieux-Port début octobre 1974, alors que son pote au collier capillaire de marin a déjà posé ses bagages depuis l'inter-saison. Et commence à distiller ses pas de danse à tous ses coéquipiers. L'OM va mettre le feu grave partout avec son tandem amsud.


Nos deux Arnold et Willy brésiliens vont péter des flammes et Marseille retrouver son lustre d'antan. Mais évidemment, comme dans toute histoire d'amour du maillot, les choses ne vont pas se passer comme l'entend le président Méric. La saison des Olympiens débute assez mal, Paulo Cesar ne ramasse que quelques lauriers pour ses prestations jugées timides. Au début de l'automne, l'OM pointe en milieu de tableau à l'arrivée du très funky Jaïrzinho, qui débute officiellement contre Monaco le 18 octobre 1974 au Vélodrome. L'enceinte est comble pour accueillir celui qui a marqué la Coupe du Monde 70 (7 buts). Mais ça, c'est pour le cv. Deux mois après leur période d'essai, l'OM et ses Brésiliens sont toujours dans le ventre mou du championnat. Puis d'un coup, le moteur tourne à plein régime au début de l'année 1975. Marseille enquille les victoires (15 points en 7 journées) et remonte jusqu'à la deuxième place derrière les Verts. Le leadership stéphanois vacille un peu sous les coups du collectif olympien bien organisé au pastis, et commence à trembler des mollets. C'est alors que survient l'impensable au printemps. Une sorte de révolution jaune et verte qui se déroule le 13 mai 1975, lors d'un quart retour de coupe de France au Parc des Princes, contre PSG. Quelques jours plus tôt au match aller, l'OM mène par deux buts d'avance au Vél' lorsque des Parisiens euphoriques remontent la pente en fin de rencontre (2-2). A Paris, Floch ouvre rapidement marque. Voilà qui a le don d'énerver nos deux Brésiliens, lesquels commencent par chambrer sévère leurs adversaires du soir, puis les arbitres et pourquoi pas le public aussi. Marseille piétine et s'en prend un deuxième dans les cinq dernières minutes du match. La sortie des vestiaires est houleuse. Jaïrzinho, qui a raté toutes ses têtes pendant le match, ne manque pas celle d'un juge de touche dans les couloirs du Parc. Direct en pleine tronche. Paulo Cesar, lui, participe en jouant le rôle du roquet qui insulte à côté d'un mec balaise. Conséquence inévitable : commission de discipline et tout le tralala pour nos compères. Jaïrzinho prend deux ans de suspension (dont un avec sursis) et son pote trois matchs. L'OM, qui n'a pas besoin de cette publicité, s'arrange alors pour faire partir son duo après une petite saison en France. Michel Méric est un pragmatique. Le lien est rompu. L'OM voulait des joueurs spectaculaires et en a pour son argent. Trop peut-être. Paulo et Jaïr sont aussi autant spectaculaires sur et en dehors du terrain. En plus de quelques baffes durant la saison, Jaïrzinho réalise un bon score, neuf buts en dix-huit apparitions. Son pote Paulo Cesar fait aussi le job. Il plante 16 buts et assure la recette du club avec un stade comble à chaque rencontre au Vélodrome.


Un provoque (Paulo Cesar) et l'autre se frite (Jaïrzinho).

Fin du bal pour Paulo Cesar.

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