Alors, EURO ? France-Espagne 1984. Finale.

Finale.
Parc des Princes, Paris. 27 juin 1984. 47.368 spect.
FRANCE 2
ESPAGNE 0
Buts:
Platini (56ème), Bellone (88ème) pour la France.
France: Bats; Battiston (Amoros, 72ème), Le Roux, Bossis, Domergue; Fernandez, Giresse, Platini, Tigana; Lacombe (Genghini, 79ème), Bellone.
Espagne: Arconada; Urquiaga, Salva (Roberto, 84ème), Gallego, Camacho; Francisco, Julio Alberto (Sarabia, 76ème), Senor, Victor; Santillana, Carrasco.

L'équipe de France...
... et la séléction espagnole durant les hymnes.
Du beau monde en tribune pendant l'échange des fanions entre Platini et Arconada.

Après un début poussif et hésitant face au Danemark (1-0) pour son entrée dans la compétition, match durant lequel Amoros joue du coup de boule, l'équipe de France trouve par la suite son rythme de croisière. Devant les Belges, c'est même la puissance de feu d'un croiseur serait-on tenté de dire. Un match dominé de la tête et des pieds. Du droit et du gauche. A Nantes, Michel Platini entame son festival dans cet Euro 84 et atomise les Diables Rouges à lui tout seul (5-0). Un triplé, après son but victorieux lors du match d'ouverture, qu'il réédite quelques jours plus tard à Geoffroy Guichard pour marquer son retour dans le Chaudron, un an après avoir quitté St-Etienne pour la Juventus. La victime du soir, la Yougoslavie, donne cependant du fil à tordre aux Bleus durant toute la rencontre. Une victoire à l'arrachée (3-2) qui ouvre la voie du sacre pour l'équipe de France. A Marseille, dans un stade Vélodrome archi-comble, les hommes de Michel Hidalgo jouent une demi-finale d'anthologie contre le Portugal de Chalana, remportée au bout d'un suspense haletant, de nombreux coups de théâtre et un dernier rush de Tigana à la fin des prolongations. Les Tricolores évitent ainsi de justesse les tirs aux buts. Un mauvais souvenir qui ramène à deux ans plus tôt et cette séance fatale, injuste, de Séville qui reste encore dans toutes les mémoires. L'équipe de France se retrouve en finale de son championnat d'Europe face l'Espagne. La Roja, loin d'être favorite au départ, a su déjoué les pièges du premier tour en éliminant la RFA, le champion en titre et grand prétendant à sa propre succession, puis les surprenants Danois en demi-finale à Lyon. La France, qui organise ce tournoi, attend logiquement un premier titre devant son public, lequel doit consacrer à jamais son fameux « carré magique » et une génération dorée surnommée sans flatterie le « Brésil de l'Europe ».

Tiens, il est passé où le ballon ?
Fernandez et Domergue au duel.
Gigi danse le flamenco.
Olé. Platini joue au torero.

Une finale équilibrée et crispante en première mi-temps. Les Français ont peur comme dirait Roger Gicquel, freinés par l'enjeu, le trac et une sélection espagnole qui suit les consignes de son entraîneur à la lettre. Une bataille du milieu de terrain où chaque mètre se gagne au prix d'un duel au corps-à-corps. La France hésite à développer son jeu et les Espagnols en profitent pour placer quelques banderilles, certes timides mais qui suffisent à refroidir l'ambiance du Parc des Princes. C'est en seconde période que le match prend une tournure favorable aux Bleus, grâce à un coup-franc pas si génial de Platoche pour une fois, que le gardien basque Arconada laisse passer sous son corps. La boulette en quelque sorte, entrée depuis dans le langage familier du football. Platini et sa bande exultent. 1-0. Les Bleus touchent la Lune. Il reste une demi-heure à jouer et à se bouffer les ongles jusqu'au coup de sifflet final libérateur. Plus qu'un quart d'heure à jouer: Battiston, beau joueur, cède sa place à Manu Amoros de retour de suspension après son coup de folie contre le Danemark. Les Espagnols pressent plus haut sur le terrain et c'est au tour d'Yvon Le Roux de voir rouge. Expulsé, l'équipe de France termine la rencontre à dix pour les cinq dernière minutes. Longues, interminables. L'Espagne jette son va-tout jusqu'à la délivrance. Bruno « Lucky Luke » Bellone, lancé à la vitesse d'un TGV tire la dernière cartouche et marque le but du KO, servi par une passe lumineuse de Jeannot Tigana, encore lui, admirable de courage et d'abnégation. C'est terminé, la France obtient son premier titre international et Michel Hidalgo de quitter la sélection sur un succès. Un triomphe à mettre sur le compte de son capitaine Michel Platini, auteur de neuf réalisations dans le tournoi. Le chef d'oeuvre de sa carrière. Record à battre.

Platoche au coup-franc. Le tournant du match.
Bellone s'échappe pour inscrire le but du break.

- SCENES DE JOIE -

Michel Platini reçoit la coupe...
... et Michel Hidalgo fait un tour d'honneur...
... avant de poser une dernière fois avec ses joueurs.

- EQUIPE DE FRANCE - EURO 84 -

En haut: Amoros, Domergue, Tigana, Battiston, Bellone, Tusseau, Ferreri, Bravo.
Au milieu: Rust, Genghini, Le Roux, Bergeroo, Bossis, Fernandez, Bats.
En bas: Giresse, Lacombe, Rocheteau, Hidalgo (sél.), Six, Platini.

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