JOHAN CRUYFF au New-York Cosmos.


Depuis son annonce officielle en début d'année 1978 sur sa décision de ne pas renouveler son contrat avec le F.C Barcelone pour la saison suivante, les rumeurs allaient bon train sur l'avenir de Johan Cruyff. Pour ne rien arranger, son désir de ne pas participer au mondial argentin, et on croyait le « hollandais volant » mort pour le football. A 31 ans tout juste, le finaliste de la coupe du Monde 1974 souhaite prendre sa retraite au moment où ses affaires tournent à la banqueroute. Le rebelle aux cheveux longs se retrouve sur la paille et devient la cible du fisc espagnol. Bondissant sur l'occasion comme au temps du football total du grand Ajax, Cruyff en profite pour filer à l'anglaise vers les Etats-Unis, ce nouvel eldorado pour anciennes gloires en manque de cash. Le numéro 14 aux accélérations foudroyantes répond à l'invitation du New-York Cosmos. Un accord a été signé le 3 août 1978 et porte sur la participation du Néerlandais à deux matches exhibiton. Un bon moyen pour lui de se refaire financièrement. Après Ajax, son club formateur, et le Barça, Johan Cruyff enfile le troisième maillot de sa carrière au cours d'une soirée de gala. Le 30 août, New-York Cosmos affronte une sélection mondiale composée, entre autres, de Boniek, Rivelino, Tarantini, Rep, et dirigée par Luis Cesar Menotti.


Sur le terrain, le meilleur joueur du monde encore en activité étale toute sa classe et délivre des caviars à ses coéquipiers. Dans les coulisses du Giant Stadium, Ehmet Ertegun s'active pour trouver un compromis avec sa majesté Johan. Le boss de la Warner, propriétaire de la franchise new-yorkaise, avance des argument plutôt convaincant sur le papier., un chèque de cinq millions de dollars ! Après Pelé et Beckenbauer, Ertegun tient à s'attacher les services d'un joueur de niveau mondial afin de développer l'audience du soccer et les recettes de son club. De son côté, Cruyff est reste ferme sur ses intentions. Le « flying dutchman » a l'habitude des bras de fer et excelle dans l'art des négociations. Ce dernier ne veut jouer seulement que des rencontres amicales. La partie est serrée entre les deux camps mais l'affaire n'est pas conclue. Trop de désaccords financiers. Johan Cruyff quitte New-York dans la foulée sans jouer le second match prévu trois jours plus tard contre l'Atletico de Madrid.



Afin d'honorer son contrat signé au début de l'été, Cruyff porte à nouveau la tunique du Cosmos alors que la franchise new-yorkaise effectue une tournée en Grande-Bretagne. L'événement a lieu le 26 septembre à Londres. Une rencontre de pré-saison pour les « Blues » de Chelsea à Stamford Bridge. Et la fin de l'aventure avec Big Apple pour Cruyff. Pour des rasions diverses et qui dépassent aussi les histoires de fric. En aparté, l'ancien capitaine de la « Oranje » avoue qu'il déteste la pelouse synthétique du Giant Stadium. En clair, à son âge, Johan n'a pas envie de se niquer les ligaments sur une surface artificielle. Par ailleurs, « el flaco » - le maigre en espagnol, comme on l'appelle à Barcelone - ne voit pas d'un bon œil la qualité de l'effectif du Cosmos. Derrière les critiques tactiques et techniques sur le jeu pratiqué par le team new-yorkais, Cruyff ne supporte pas de partager son statut de star avec le Kaiser. Franz Beckenbauer est arrivé un an auparavant, en compagnie de Carlos Alberto, le capitaine de la Seleçao championne du Monde au Mexique (1970). Trop de gratin pour le Hollandais qui ne souffre pas la concurrence. Son égo est ailleurs, sous le soleil de la Californie. Après le flop de New-York, Johan Cruyff signe en effet un contrat quelques mois plus tard avec L.A Aztecs. Pour y body-builder son porte-monnaie, et le plaisir dit-il d'évoluer sur un vrai gazon. A Los Angeles, Cruyff est une star heureuse, George Best n'est plus là, même si son patron s'appelle Elton John, qui a des billes dans la franchise californienne.


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